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Inventons la Métropole du Grand Paris… en bois

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le 21 Déc 2017

Quelque onze sites sur les cinquante-et-un lauréats de l’appel à projets Inventons la Métropole du Grand Paris ont principalement recours au bois comme matériau de construction. Ce qui pourrait faire de Paris une inattendue première mégapole en bois en Europe…

Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris ; Michel Cadot, préfet de la Région d’Ile-de-France, préfet de Paris et Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris peuvent être légitimement fiers du succès remporté par l’appel à projets dont ils sont les pères, désormais qualifié par ses seules initiales IMGP. Un succès autant quantitatif (153 groupements finalistes ont été auditionnés) que qualitatif (des innovations comme s’il en pleuvait et dans tous les secteurs : logement, tertiaire, loisirs, espaces verts, sites sportifs, lieux culturels). « Immoweek », qui suit pour ses lecteurs la chronique du bois dans la construction, avait souligné dans son précédent numéro (septembre-octobre 2017), l’importance des 13 projets d’immeubles de grande hauteur en bois retenus par l’appel à manifestations d’intérêt (AMI) lancé par Adivbois. Mais attention, ne pas confondre AAP et AMI. Le concours des Immeubles à Vivre en Bois a été lancé par la filière professionnelle forêt bois, avec l’appui des pouvoirs publics, pour faire valoir la modernité du matériau bois. IMGP, quant à lui, n’a jamais eu pour objectif de promouvoir un matériau spécifique ou une solution constructive plutôt qu’une autre.

Des projets avec une appréciation économique

On notera également que les manifestations de l’intérêt des territoires pour accueillir des immeubles en bois de belle facture dans le cadre d’Adivbois n’ont pas toujours trouvé leur promoteur et encore moins souvent leur constructeur, au moment où elles sont primées, faisant par-là naître une relative incertitude quant à leur réalisation, alors que l’intégralité des onze lauréats d’IMGP qui ont choisi le bois a été présentée par un mandataire (souvent le promoteur) et une équipe nommément constituée. Il s’agit là, autrement dit, de onze projets lauréats qui ont déjà subi une appréciation économique par un mandataire-promoteur qui engage sa responsabilité sur des budgets chiffrés. Et sur leur financement. De quoi rassurer les jurys, constitués majoritairement d’élus territoriaux (communes de la métropole, Ville de Paris, départements et Région d’Ile-de-France).

De plus, on peut estimer que les onze îlots bois IMGP ont gagné, précisément à cause du choix du bois, devant des projets qui n’en présentaient pas, des projets pourtant majeurs, portés par des compétiteurs aguerris comme Bouygues, Eiffage ou Vinci, des groupes qui se sont déjà dotés, par acquisition, de solides PMI de construction bois.

balcon-sur-paris

Des équipes singulières

Précisons à nouveau qu’aucun des onze mandataires qui émergent grâce au bois n’avaient d’intérêt personnel à privilégier le bois plutôt qu’un autre matériau, si ce n’est Woodeum, pour le projet Paris-Vanves, Porte Brancion. Le seul des onze îlots inclus dans les murs de Paris, ou plus précisément à cheval sur la dalle du périphérique, entre Paris et Vanves, avec trois bâtiments « en continuité urbaine » aux façades transparentes, offrant à la vue leur trame constructive en bois. Une exception qui confirme la règle qu’il faut promouvoir le bois pour de bonnes raisons, pas seulement parce qu’on appartient à la filière forêt bois. Avec cette distance épistémologique qu’on exige des prescripteurs de l’intérêt général. Ce qui n’empêche qu’il faudra un jour écrire la saga de Woodeum, rachetée par Guillaume Poitrinal, qui quitta la présidence d’Unibail-Rodamco pour faire de cette TPE une startup de solutions en bois massif puis, tout aussi vite, une des foncières d’avenir.

Autre équipe lauréate singulière, celle formée par Michel Cantal-Dupart, urbaniste aussi politique que chevronné, et de deux vrais compagnons tailleurs de pierres devenus architectes diplômés, Eric Bernard et Arnaud de Benoist. Ils prévoient d’allier pierre de taille et bois massif sur l’îlot de Bondy-Noue Caillet, du bois fournis par l’ONF (Office National des Forêts) ! C’est la première fois que l’Office, établissement public, gestionnaire de forêts de l’Etat et de communes, et qui fournit à lui seul 40 % du volume du bois d’œuvre produit en France, s’engage dans une compétition ouverte.

Enfin, le projet hors norme de « Balcon sur Paris » porté par la Compagnie de Phalsbourg a réuni une « dream team » formée des plus grands architectes bois contemporains : Kengo Cuma, qui conçoit des bâtiments comme des origamis ; Stéfano Boeri, le premier à avoir fait pousser des forêts verticales sur les balcons de ses tours à Milan ; XTU, le jeune cabinet Montreuillois qui a signé la Cité du vin de Bordeaux ; l’architecte ingénieur canadien Michael Green, qui dessine des gratte-ciels en bois de dimensions nord-américaines, sans oublier les cabinets Oxo et Koz.

Initié par l’aménageur Epamarne, le « Balcon sur Paris », avec ses 127 000 m2 de surface de planchers, constitue le deuxième îlot le plus étendu du concours, après la gare Saint-Denis-Pleyel, mais devrait accueillir le plus grand — et le plus haut — de tous les éco-quartiers en Europe.

Un premier milliard de financement privé serait déjà acquis pour la construction (et les honoraires) des onze îlots bois (voir ci-après), sur les 4,5 milliards pour la totalité des 51 projets IMGP. Les bâtiments bois pourraient accueillir jusqu’à 10 000 habitants…

Les onze projets bois

L’énumération des onze îlots bois du concours IMGP a des airs, bien involontaires, de « Bataille de Paris ». Quand en 1814, les forces européennes massées autour de la Capitale ont conduit à la première abdication de Napoléon. Mais la bataille béton/bois, si elle a lieu, sera pacifique… Retrouvez ici les 11 projets bois.

Brice Lefranc

chef de rubrique

Édito
par Arthur de Boutiny

le 18/09/2018

La logistique ne décélère pas

L’intérêt pour la logistique ne décélère pas après une année 2017 de tous les records, y compris à l’échelle de l’Europe, comme le montre une étude de BNP Paribas Real Estate pour le premier semestre 2018. Si le volume de transactions d’entrepôts de plus de 5 000 m2 baisse de 14 %, c’est après une année historique. Et en Espagne, en Allemagne et aux Pays-Bas, le volume record a même été conservé…

Même chose pour les investissements, qui se sont ajustés d’eux-mêmes à la baisse : leur volume baisse de 21 %, mais atteint néanmoins les 14 milliards d’euros à l’échelle de l’Europe, dopé par la croissance du PIB dans la Zone euro (+2,2 % en 2018) et la pétulance de l’e-commerce, qui a augmenté son poids européen de 14 % en 2017 et devrait encore enregistrer une croissance à deux chiffres cette année. L’Allemagne et les Pays-Bas ont de nouveau bien démarré l’année avec un niveau d’activité élevé, tandis que le marché français, après avoir connu une forte croissance pendant trois ans consécutifs, a baissé au cours du premier semestre 2018. Le marché britannique est demeuré dynamique, avec un volume de transactions d’1,6 million de mètres carrés au premier semestre 2018. Les taux de vacance des entrepôts XXL, où l’offre a de plus en plus de peine à suivre la demande, sont inférieurs à 5 % en Espagne, aux Pays-Bas, en Pologne et en République Tchèque. Les loyers ont augmenté de 2 % dans les principaux marchés européens, tout particulièrement à Milan, Berlin et dans les villes régionales britanniques.

BNP Paribas Real Estate note, également, que « le marché des locaux d’activité et logistiques a atteint son second volume d’investissement semestriel le plus élevé, avec 14 milliards d’euros enregistrés au cours du premier semestre 2018. » L’activité du marché britannique est restée robuste avec 4,3 milliards d’euros investis au cours du premier semestre 2018 et les loyers logistiques « prime » sont demeurés relativement stables dans l’ensemble, tandis que les taux de rendement « prime » se sont stabilisés à 4,25 %. En Allemagne, les investissements en locaux d’activité et logistiques sont restés très soutenus, avec 3 milliards d’euros enregistrés au cours du premier semestre 2018. Malgré une baisse d’environ 47 % par rapport au premier semestre 2017, il s’agit de loin du deuxième meilleur résultat jamais atteint. Aux Pays-Bas, les investissements en locaux d’activité et logistiques ont fortement augmenté au cours du premier semestre 2018, pour atteindre 2 milliards d’euros (+ 57 % comparé au 1er semestre 2017). Cette catégorie d’actifs est particulièrement solide aux Pays-Bas, où elle représente 25 % du total des investissements en immobilier commercial au premier semestre 2018. Le marché français a représenté 1,4 milliard d’euros au cours des six premiers mois de l’année, stimulé une fois de plus par les cessions de portefeuilles. En Espagne, après deux années d’activité sans précédent, l’investissement a atteint 390 millions d’euros, soit une baisse de 33 % par rapport au premier semestre 2017. En Pologne, l’investissement a, quant à lui, augmenté de manière significative pour se situer à 400 millions d’euros, avec des taux de rendement « prime » en baisse ce trimestre à 5,25 %.

La logistique toujours conquérante…

Portrait

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