Chargement

retour Accueil > Territoires > Interviews > Nos questions à Patrick Ollier (MGP) : « 2017...

Nos questions à Patrick Ollier (MGP) : « 2017 est l’année de la planification »

InterviewsTerritoires

le 20 Oct 2017

Région Ile-de-France et Métropole du Grand Paris ont ou auront chacune leur rôle à jouer en matière de production de logement social et privé. Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris, revient sur les grands enjeux logement du territoire et le rôle qu’y jouera la MGP.

La politique locale de l’habitat est l’une des cinq compétences que la MGP exercera de plein droit. Quel sera votre plan d’action ? Quelles seront vos priorités ?

Cette compétence s’exerce en deux temps : en 2017, c’est la planification. Nous sommes chargés de réaliser le Plan Métropolitain de l’Habitat et de l’Hébergement (PMHH). En tant que député, j’avais voté un amendement pour allonger d’un an l’élaboration du PMHH — afin qu’il soit terminé à la fin 2018 — car il fallait plus de 9 mois pour tracer un plan concernant 131 villes. Cet amendement a été adopté. Lorsque ce PMHH sera terminé, nous commencerons à exercer pleinement cette compétence, et des crédits nous seront alloués.

La Région s’est désengagée du financement du logement dans le périmètre de la MGP, quelles sont les conséquences pour vous ?

Je suis surpris de ce désengagement dès 2017, car il n’est pas conforme à la loi. Je le répète, notre compétence ne sera effective qu’à partir du 1er janvier 2019. La Région ne peut pas se désengager aujourd’hui de l’aide au logement social au prétexte que la MGP est compétente : elle ne l’est pas encore. La région est souveraine, elle prend ses décisions. L’Etat a exprimé son désaccord. Pour l’instant, nous en sommes là…

Fin de la taxe d’habitation, baisse exigée des loyers des bailleurs sociaux : comment vont faire les communes ?

Je ne sais pas. Je suis interrogatif quant au résultat de cette opération. J’espère que le gouvernement a bien réfléchi, j’attends les mesures de compensation pour être certain que les communes ne perdent pas de revenu. C’est la préoccupation principale des maires. On retire les dotations de l’Etat et on soumet les communes à la péréquation horizontale nationale, à la péréquation régionale, sans oublier qu’on nous prive des recettes de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Nous n’en pouvons plus…

Un mot sur l’attribution des Jeux Olympiques 2024 ?

L’attribution des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris pour 2024, 100 ans après les JO de Paris de 1924, c’est n’est pas seulement la victoire du sport, de Paris, de la Région ou de la Métropole, c’est la victoire de la France. J’étais à Lima pour la fin heureuse de cette belle aventure. L’issue était connue et nous avions quand même les larmes aux yeux, nous étions fous de joie. Avec Anne Hidalgo et Valérie Pécresse, nous sommes entrés dans l’équipe de Tony Estanguet et Bernard Lapasset avec beaucoup d’humilité. Ils ont fait un travail formidable.

La MGP est compétente pour l’organisation des événements sportifs nationaux. A ce titre, elle a été désignée pour construire le seul équipement durable de ces Jeux : elle va assurer la maitrise d’ouvrage du futur centre aquatique olympique (CAO), à Saint- Denis, en associant les autres collectivités concernées (ville de Paris, EPT Plaine Commune, ville de Saint-Denis). Ce projet, estimé à plus de 100 millions d’euros, nous donne une très grande responsabilité. Nous serons très attentifs au respect des délais et du budget.

Thomas Renou

Édito
par Pascal Bonnefille

le 22/06/2018

La mort du Crédit Foncier ou la fin d’une époque

On l’avait annoncé, avec une certaine avance il y a un peu plus de vingt ans, après la perte du monopole des prêts d’accession, mais cette fois, la nouvelle semble incontestable : le Crédit Foncier va disparaître.

Ainsi va s’achever une histoire commencée au début du Second empire, en 1852 : le départ, il y a quelques mois, de Bruno Deletré (devenu le patron de la Caisse d’Epargne Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne) et l’arrivée de Benoît Catel, un banquier issu du sérail BPCE, étaient déjà des signes avant-coureurs. Ce dernier d’ailleurs laissait entendre, en privé, la difficulté de trouver un « modèle économique » à une banque mono-activité, dans un contexte, extrêmement concurrentiel, de taux très bas. Laurent Mignon, qui a pris ses fonctions il y a juste quinze jours à la tête du groupe BPCE, a donc décidé de tourner la page : il est toujours plus facile de « tailler dans le vif » lorsque l’on débarque. C’est chose faite.

La question bancaire se règlera sans doute au sein du groupe : restent les filiales très immobilières. Quid du devenir de Crédit Foncier Immobilier (qui repris en son temps l’activité d’Ad Valorem créé par Stéphane Imowicz) et qui fédère les métiers de la transaction et de la gestion avec l’expertise, qui fut longtemps le « fleuron » de la maison (on trouve encore sur le site de CFI, cette phrase superbe : « pour les collaborateurs de Crédit Foncier Immobilier – Expertise, être le premier expert de France est une fierté ») ? Ce morceau intéressera peut-être quelques acteurs du secteur… Pour la Socfim (qui s’intitule, non sans raison, « la banque des promoteurs »), l’intégration au groupe BPCE est déjà largement entamée : la mort du Foncier ne devrait pas avoir de conséquences directes. Même chose pour Locindus, acquis par le Foncier il y a plus de dix ans.

Cette disparition donnera « un coup de vieux » supplémentaire à tous ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont connu « la grande époque » du Foncier : celle où, précédé d’un huissier (à chaîne s’il vous plait), on pénétrait dans le magnifique bureau du gouverneur ou d’un de ses deux sous-gouverneurs (!), dans un somptueux hôtel particulier de la rue des Capucines. Le départ de tout ce monde à Charenton avait constitué la première étape de ce qui, aujourd’hui, obéit à une logique économique et conjoncturelle sans appel.

Portrait

Chargement