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BNP Paribas Real Estate passe les marchés en revue

ActualitésBureaux

le 26 Mar 2020

BNP Paribas Real Estate publie une note d’analyse sur l’impact de la crise sanitaire sur le marché immobilier en France, pour l’ensemble des classes d’actifs.

BNP Paribas Real Estate estime qu’il « est aujourd’hui difficile d’établir une projection économique à court terme et d’évaluer, ainsi, l’impact sur la croissance économique de l’épidémie et de ses mesures associées pour l’année 2020 ».

En matière de bureaux, « même s’il existe une forte disparité suivant les secteurs, l’offre est globalement maîtrisée en France. Peu de risque de forte progression de la vacance à très court terme. Seuls les marchés déjà sur-offreurs pourraient connaître un réajustement à la baisse des valeurs locatives en cas de prolongement du confinement. De son côté, le volume des transactions devrait être impacté par le recul de plusieurs pans de l’économie. Certaines signatures vont se maintenir, mais être décalées dans le temps ».

En commerce, c’est une troisième crise en 14 mois ! « La fermeture des commerces physiques non alimentaires depuis le 15 mars a fortement pénalisé de nombreuses enseignes. La vente à distance leur est alors essentielle pour garantir la continuité d’une activité commerciale significative. D’autre part, la gestion des baisses de chiffre d’affaires liées au ralentissement de la demande et le maintien d’une trésorerie pour la reprise seront déterminantes pour les enseignes ». Pour autant, le groupe fait valoir une augmentation des ventes de 44 % dans les supermarchés dans la semaine du 9 au 15 mars (source : cabinet Nielsen).

En logistique, « l’implantation des entrepôts près des bassins de consommation et d’emploi est aujourd’hui essentielle à l’optimisation de l’ensemble de la chaîne logistique. Dans ces conditions, la baisse du volume des transactions pourrait être plus limitée car la demande restera portée par le développement du e-commerce et la refonte de la supply-chain chez beaucoup d’acteurs. La robotisation pourrait également s’intensifier ».

En matière d’hôtellerie, soulignant « l’arrêt des vols en provenance de plusieurs pays asiatiques et, depuis peu, la fermeture des frontières à l’entrée de l’espace Schengen », ainsi que la mise en place du confinement, « le nombre d’hôtels fermés dépasse 18 000 pour le Groupement national des chaînes, soit plus de la moitié de son parc. L’hôtellerie étant très liée aux flux internationaux, une normalisation des taux d’occupation ne pourra être que très progressive »… BNP Paribas Real Estate met tout de même en avant la solidarité des organisations professionnelles, qui ont mobilisé plus de 500 hôtels, en faveur des personnels soignants, routiers et SDF. En mars 2020, le RevPar hôtels en France baisse de 35,7 % par rapport à la même date en 2019.

Enfin concernant le résidentiel, « à l’image des autres actifs, il est encore trop tôt pour quantifier l’impact du coronavirus sur l’immobilier résidentiel, mais le volume des transactions devrait ralentir très fortement au cours des prochaines semaines. Néanmoins, les fondamentaux en faveur de la demande devraient persister. Ainsi, il existe structurellement un manque d’offre de logements par rapport à la demande dans les principales métropoles françaises. Ce déséquilibre devrait favoriser une reprise rapide des transactions quand l’activité économique redémarrera. Deuxième facteur de soutien : les taux d’intérêt très bas, qui devraient perdurer. Enfin, le revenu disponible des ménages devrait rester solide, grâce notamment aux mesures de soutien. Ces deux derniers facteurs contribuent à solvabiliser la demande des ménages qui voient leur pouvoir d’achat augmenter de +21 % comparé à la moyenne de long terme ».

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Thierry Mouthiez

le 21/09/2020

Complexe !

Pour l’instant, le bureau reste (avec la logistique et, de plus en plus, l’habitation, qui redore son blason auprès des institutionnels) la classe d’actifs immobiliers lorgnée par les professionnels. Il n’empêche que la prudence demeure, néanmoins, de mise.

« Dans la situation actuelle, nous craignons une vague dont on ne connaît ni la date d’arrivée ni la violence. S’agira-t-il d’une grande marée ou plus ?… » : c’est l’image employée par Stéphane Guyot-Sionnest pour illustrer ses inquiétudes, comme celle de nombre d’autres conseils, quant à la santé des entreprises et ses conséquences inéluctables en matière de demande placée de bureaux. Le co-président de Catella fait valoir que « si la crise de 2007/2008 avait un caractère essentiellement financier, la raisonnance économique de la crise sanitaire actuelle est beaucoup plus forte ». Non seulement certaines entreprises devraient être contraintes de réduire la voilure en matière d’occupation de bureaux, mais, plus généralement, la crise sanitaire et les multiples incertitudes qui l’accompagnent constituent autant de facteurs d’immobilisme. « Un contexte qui amène plutôt à anticiper une nouvelle hiérarchisation des valeurs locatives » souligne Stéphane Guyot-Sionnest. D’ailleurs, dans une récente étude sur le marché locatif francilien, Savills estime que « l’évolution des loyers est amenée à évoluer à terme. Dans les prochains mois, il est probable d’assister à une stabilisation, voire une baisse des valeurs locatives. D’une part, parce que la demande devrait continuer de baisser à l’échelle régionale ; d’autre part, parce qu’avec les livraisons attendues en cours d’année, la remontée de la vacance devrait se poursuivre ». Et la société de conseil de faire également un parallèle avec la précédente crise : « cette accalmie est, toutefois, susceptible de ne se concrétiser qu’à partir du troisième trimestre 2020. Pourrait alors se mettre en oeuvre un mécanisme correctif proche, par son ampleur, de celui qui avait prévalu suite à la crise financière de 2007/2008 (avec une baisse de l’ordre de 15 % du loyer « prime ») »…

Et Stéphane Guyot-Sionnest de conclure que « les experts devront prendre en compte, en fin d’année, la situation de chacun des locataires, ainsi que l’évolution des valeurs locatives. Avec leurs conséquences, par exemple, sur les LTV »… Ce qui amène le co-président de Catella à parler d’un « contexte nettement plus complexe en matière d’anticipation », dans lequel « l’expérience et le travail feront la différence »…

Portrait

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