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Colliers Global : les utilisateurs voient leurs stratégies immobilières chamboulées… pas forcément pour le pire

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le 03 Avr 2020

Salle – virtuelle – pleine (s’il en est techniquement possible) pour le webinaire de Colliers, qui a rassemblé plus de 1 530 spectateurs, désireux d’en savoir plus sur les impacts de la crise sanitaire pour les entreprises à l’international. Animée par Chris Zlocki, « head of service excellence occupier services » de Colliers Global, et Scott Nelson, « CEO occupier services », la web-conférence a donné la parole aux responsables des différents « occupier services » du groupe à travers le monde.

Comme une première preuve que « l’après crise » révèlera des mutations profondes dans nos échanges, Scott Nelson a, dans un premier temps, souligné le caractère inédit de ce webinaire, tout autant que son exceptionnelle participation. Une « opportunité extraordinaire d’apprendre collectivement », qui « pourrait devenir la nouvelle normalité à l’issue de cette crise ».
De manière générale, si les premiers moments de cette crise ont généré un report des prises de décision à travers le monde, Scott Nelson a rappelé que, à terme, ce ne pouvait pas être une option pérenne.

Rappelant la diversité des entreprises et de leur exposition, et donc l’impossibilité de généraliser à outrance, Colliers note quatre éléments qui animaient, pré-crise, les réflexions stratégiques des utilisateurs en matière d’immobilier : la recherche d’économie, l’optimisation, l’expérience de ses salariés et la croissance. A l’aune du Covid-19, ceux-ci se retrouvent chamboulés.

  1. Recherche d’économie : les loyers devraient globalement baisser, le travail à distance devrait prendre de l’importance, rebattant les cartes en matière de valorisation des actifs tertiaires.
  2. Optimisation : à la clé, des réagecements d’espaces de travail, mais aussi de la densité au sein de ces espaces. Les supply-chains seront, bien évidemment, affectées.
  3. Expérience : le confinement a fait passer de nombreuses sociétés en mode télétravail, une pratique qui devrait perdurer et qui aura un impact sur les designs, les plans et les solutions d’aménagement et de management.
  4. Croissance : comme dit plus haut, certains engagements devraient être mis en pause, les transactions immobilières devront prendre en compte plus de flexibilité, la « guerre pour les talents » pourrait s’achever dans les mois qui viennent et l’économie collaborative (« gig economy ») va prendre de l’ampleur.

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Concernant l’activité des utilisateurs en zone EMEA, Andrew Hallissey (« head of occupiers services EMEA Colliers ») note que l’activité ne s’est pas arrêtée, mais « les reports sur les décisions transactionnelles se généralisent », avançant le chiffre de « 50 à 60 % de transactions concernées ». L’effet devrait ainsi être modéré sur les marchés où les taux de vacance sont faibles (dont Paris). L’activité de chaque société est également crucial, personne ne sera logé à la même enseigne ! De nombreux utilisateurs cherchent déjà des réductions de leur coût immobilier. A cet effet, « la collaboration preneur-bailleur sera essentielle afin de favoriser les situations gagnant-gagnant ».

Le marché des commerces souffre globalement ; seuls les secteurs de l’alimentation et des produits de première nécessité sont épargnés. Peu de visibilité, à court ou moyen terme.

Il est un marché qui semble prendre de la valeur actuellement : celui des data-centers. La société de conseil note un rebond en matière de valorisation de ces actifs au cours des dernières semaines, après une légère baisse. L’activité du e-commerce et des solutions de travail à distance et de virtualisation ont boosté la demande.

Au final, Colliers livre une analyse synthétique de l’exposition de chaque secteur d’activité au risque du Covid-19, que nous partageons avec vous ci-dessous (source : Moody’s) :

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Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Thierry Mouthiez

le 25/05/2020

Commerce : le « core » dans tous ses états…

Le contexte dans lequel s’inscrit actuellement le commerce en général et les centres commerciaux en particulier amène, logiquement, à anticiper un moindre attrait de cette classe d’actifs auprès des investisseurs.

La plupart des conseils (comme certains institutionnels également) l’ont souligné dans leurs récentes analyses du marché de l’investissement. Mais toujours en distinguant le qualitatif. Ainsi, dernièrement, Savills parlait, dans une étude ad-hoc et à propos de perspective, d’« expectative pour le commerce et l’hôtellerie, dès lors qu’on sortira des segments « core » ».

Mais, actuellement, cette notion de « core » est parfois rendue plus flou, notamment s’agissant du segment particulier des centres commerciaux. En effet, en matière d’actifs « core », les grands ensembles bien placés, en font, sans aucun doute, partie. Néanmoins, dans ce contexte de crise sanitaire, ils ne sont donc pas tous traités à la même enseigne, suivant leur gabarit et leur situation géographique.

Un « paradoxe » pour l’Alliance du Commerce, le Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC) et la Fédération pour la Promotion du Commerce Spécialisé (Procos), que cette « décision de maintenir fermés certains centres commerciaux de plus de 40 000 m2, situés principalement en Ile-de-France et dans l’agglomération lyonnaise ». Et de souligner que cette catégorie de centres « est celle qui est la mieux équipée pour accueillir ses clients en toute sécurité, disposant des moyens techniques et humains pour ce faire » ou encore que « ces équipements et les commerces qui y sont implantés représentent un quart du chiffre d’affaires de la filière et jouent donc un rôle économique et social essentiel dans leurs territoires d’implantation ». Sans compter que « la coexistence de lieux de commerce ouverts et d’autres qui restent fermés conduit les clients à se déplacer pour leurs achats vers des lieux plus éloignés de leurs domiciles et, donc, à la concentration des flux »…

Ce qui a amené, le 19 mai dernier, le CNCC, associé à Procos et à l’Alliance du Commerce (première organisation professionnelle dans l’équipement de la personne) à appeler « le gouvernement à reconsidérer sa position en autorisant la réouverture, dès que possible, des centres commerciaux de plus de 40 000 m2 ».

La décision du tribunal administratif de Paris de suspendre, dans une ordonnance prise en référé le même jour, l’arrêté de fermeture du centre Beaugrenelle pourrait peut-être accélérer la décision, même s’il s’agit d’un centre dont la surface commerciale utile est inférieure à 40 000 m2…

Une décision d’autant plus importante que l’activité des centres commerciaux semble, en matière de reprise, sur la bonne voie. En tous cas, Eurocommercial, qui détient 11 actifs en France (dont Les Grands Hommes, à Bordeaux), mais tous d’une surface inférieure à 40 000 m2, « a pu ré-ouvrir l’ensemble de ses centres commerciaux le lundi 11 mai dernier ». Surtout, pour la foncière, le « bilan de la première semaine de reprise d’activité est positif et encourageant pour la suite » et fait valoir, entre autre, une « fréquentation globale équivalente à deux tiers de la fréquentation du lundi au samedi sur la même semaine en 2019 »…

De quoi redonner de l’attrait à ce segment de marché (à condition que tous les centres puissent être en activité) et peut-être faire cesser le massacre en Bourse de certains titres de grandes foncières spécialisées…

Portrait

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