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Covid-19 : les architectes proposent de travailler avec le Gouvernement

ActualitésBureaux

le 06 Avr 2020

Suite à la publication par le Gouvernement du guide des bonnes pratiques à propos de la reprise des chantiers de construction, l’Ordre des Architectes et l’UNSFA (l’Union Nationale des Syndicats Français d’Architectes) n’ont pas tardé à réagir. Les architectes « paient un lourd tribut économique à la crise » et aimeraient « pouvoir reprendre [leurs] activités et assurer la maîtrise d’œuvre de [leurs] chantiers ». Ils considèrent que le guide, « malgré tout l’intérêt d’avoir enfin un support pour organiser les interventions, ne suffit pas ». Les architectes proposent de « travailler avec le Gouvernement sur le rôle des différents acteurs pour gérer cette période et aborder les dispositions nécessaires à mettre en œuvre selon les différents cas de figure rencontrés ».

« Ce guide permet-il vraiment une reprise d’activité du secteur ? Apporte-t-il une réponse au discours paradoxal du Gouvernement qui appelle à un confinement de plus en plus sévère et qui, dans le même temps, pour des raisons économiques, demande au secteur du bâtiment de reprendre le chemin des chantiers ?

Le guide a pris en compte plusieurs des remarques émises, mais la question reste entière de savoir quand et dans quelles conditions il pourra effectivement être utilisé.

Est-il vraiment adapté à la situation sanitaire et logistique d’aujourd’hui ? Et qu’en sera-t-il dans deux semaines ou quand le déconfinement progressif de la population commencera ?

Quand les entreprises auront-elles les masques, le gel hydro alcoolique et autres matériels pour respecter les mesures proposées ? Certainement pas avant que toutes les populations prioritaires en disposent en nombre suffisant, c’est-à-dire les soignants, les malades, les résidents des Ehpads, les personnes à risque et toutes les personnes exposées qui réalisent des missions d’intérêt général.

Quand pourrons-nous considérer comme raisonnable que le secteur du bâtiment, le plus accidentogène, avec environ 7 000 à 8 000 accidents du travail par mois, puisse reprendre son activité sans engorger davantage les services d’urgence des hôpitaux ?

Enfin, les conditions d’intervention déterminées dans le guide sont suffisamment contraignantes pour que l’on se pose réellement la question du rythme et des coûts d’une reprise anticipée des travaux ».

Et de conclure : « il faut attendre que le comité scientifique et les médecins spécialisés dans ce type de pathologie donnent un avis favorable à une reprise d’activité sans risque pour toutes les personnes qui se rendent sur les chantiers, mais également sans risque pour la population. Il est, en revanche, envisageable dès aujourd’hui, en respectant strictement les consignes de sécurité du guide, d’organiser certains chantiers sans co-activité ou de travaux publics ».

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 27/07/2020

Un élan pour la rentrée…

Finalement, le marché de l’immobilier d’entreprise en général et celui des bureaux en particulier ont, effectivement, démontrer leur résistance au terme d’un premier semestre où l’activité a été pour le moins bouleversée.

Certes, logiquement, l’activité locative s’est inscrite en retrait. Une baisse que Knight Frank a récemment qualifiée de « conséquente ». Le conseil précise, ainsi que « les volumes placés au 2èmetrimestre portent à près de 755 000 m2 la somme des surfaces commercialisées depuis le début de l’année. Le recul est de 33 % par rapport au 1er semestre 2019 et de 31 % par rapport à la moyenne décennale ». Cependant, « avec 2,99 millions de mètres carrés de bureaux immédiatement disponibles en Ile-de-France, l’offre progresse de 4 % sur un trimestre et de 9 % depuis le début de 2020. Amorcée avant l’apparition du virus, la hausse des disponibilités est donc, pour l’instant, assez modeste ». Etant précisé que « les disponibilités restent particulièrement limitées dans Paris (2,6 %) ». Ici réside un vrai signe de la solidité du marché.

D’ailleurs, les investisseurs ne s’y trompent pas puisque, comme le relève CBRE, 11,5 milliards d’euros ont été investis en immobilier d’entreprise au 1er semestre, « soit un niveau comparable à la moyenne semestrielle des trois dernières années ». Et, bien entendu, le bureau arrive en tête (suivi par la logistique avec 20 % des investissements, comme nous le soulignions dans notre édito de la semaine dernière). Comme l’affirme Knight Frank, « ce qui est sûr, c’est que le temps n’est pas à « l’entreprise sans bureau ». Les exemples de « full remote » sont d’ailleurs très rares, tandis que les diverses enquêtes menées depuis le déconfinement montrent qu’un tel bouleversement n’est pas souhaité par les salariés. Pour une majorité d’entre eux, le travail à distance doit, en effet, se limiter à un ou deux jours par semaine afin de réallouer une partie du temps gagné sur leurs trajets domicile-travail ; une organisation dans laquelle le bureau conserve toute sa place. De fait, l’une des conséquences de la crise sanitaire aura été de prendre la mesure de l’importance des rapports humains, soulignant le rôle central des bureaux comme vecteurs de lien social »…

Un contexte dans lequel nombre d’acteurs du secteur ont fait preuve, avant et après le confinement, d’une rapidité d’analyse et de réaction tout-à-fait remarquables. Sur ce thème, le dernier numéro de notre magazine intitulé « Vive la reprise » en apporte un vrai témoignage. De nouvelles initiatives et offres sont déjà à l’ordre du jour et vont évidemment se poursuivre… Comme si le marché prenait son élan pour aborder le plus vite possible une nouvelle phase de son évolution et, peut-être, tourner la page de cet épisode qui, néanmoins, restera dans la mémoire de tous…

Portrait

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