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En confinement avec… Thomas Georgeon

ActualitésBureaux

le 03 Avr 2020

Thomas Georgeon, directeur général de la Société de la Tour Eiffel, se prête au jeu de notre « questionnaire du confinement » ! Merci à lui et bienvenue à vous qui souhaitez aussi nous raconter cette parenthèse dans nos vies : redaction@immoweek.fr

Comment se déroule votre journée ?

Sur un rythme somme toute assez normal : beaucoup de travail la semaine, un vrai break le week-end. J’ai de nombreux contacts avec les équipes dont, notamment, une « pause café des confinés » que j’ai instaurée tous les jours de la semaine à 9h30 en « visio » et qui rencontre un beau succès.  Les collaborateurs me manquent, se manquent et ce sont des manques dont je suis assez fier.

Bon côté des choses également, je passe beaucoup plus de temps en famille avec ma femme et mes trois enfants ; on prend un rythme différent, un peu plus lent. Je ne suis pas sûr que cela me convertisse définitivement au télétravail ; moi qui suis en perpétuelle recherche d’efficacité,  je n’en suis pas un grand « fan », mais cela se passe globalement bien.

Où êtes-vous ?

A Versailles, dans ma maison ; je suis un vrai privilégié, j’ai un jardin, des enfants plutôt autonomes, une femme compréhensive, je mesure la chance que j’ai !

Quelle est la pièce préférée de votre logement ?

Nous avons eu le nez creux en faisant aménager l’entresol de notre maison en décembre… Du coup, j’y suis souvent, pour des « visios » ou du travail de fond. Mais comme c’est également le lieu de la PS4, il me faut parfois déménager pour laisser la place aux ados… En ce moment, je suis aussi beaucoup dans la cuisine, où je me découvre un intérêt pour certaines recettes (mais peu de talent… !).

Que lisez-vous ? Avez-vous un livre à nous recommander ?

J’ai pour habitude, pendant l’année, d’alterner polars ou récits d’exploration, romans historiques et ouvrages plus philosophiques. Ainsi, j’ai lu Pierre Lemaître (Couleurs de l’Incendie) ; je suis dans un Sylvain Tesson (L’Axe du Loup), un de mes auteurs préférés. J’enchaînerai sur Jacqueline Kelen (Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien), sur les conseils d’une de mes amies, bonne conseillère et lectrice patentée.

Un film ou une série télé que vous allez revoir ? Que vous nous recommandez ?

J’ai vu « Green Book. Sur les routes du Sud » de Peter Farrelly, magnifique film, magistralement interprété, que je recommande. Film sur la tolérance et l’amitié entre deux hommes que tout sépare. Cela m’a parlé, surtout en ces temps troublés où l’on ne sait pas quelles seront les conséquences à long terme de  nos questionnements sur l’Autre. Dérive hygiéniste ou rapprochement des êtres ? Dématérialisation de la relation ou retour à la présence réelle ? Management du risque ou management des hommes ? Ce virus va forcément déplacer certains curseurs…

Un album de musique à nous conseiller ?

J’ai redécouvert Marillion, un groupe de rock britannique progressif que j’écoutais pendant mes études d’ingénieur). L’album live « Made Again » est une merveille (et, en plus, c’est majoritairement une captation française…). Steve Hogarth est un artiste comme je les aime : technique, inspiré et modeste.

Comment faites-vous pour garder la forme ?

Je prends un temps spirituel quotidien, tôt le matin. Je fais du sport une heure chaque soir, avec un « vélo d’appartement de jardin » et quelques exercices. Et comme mes fils commencent à me battre au ping-pong, j’évite…

Avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs et aux autres confinés ?

Prenez soin de vous et de vos proches : observez ce confinement avec assiduité et sérieux. Innovez pour aider vos voisins, les personnes seules. Prenez des nouvelles de vos amis, familles et collègues. Evidemment, cette épidémie causera de nombreux décès et c’est horrible ; mais je crains les conséquences psychologiques de ce confinement qui pourraient être désastreuses ; certaines personnes ne s’en relèveront pas. Aussi, cela nécessite que nous mettions toute l’énergie dont nous disposons au service des plus faibles et des démunis.

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Thierry Mouthiez

le 19/10/2020

Le télétravail en question…

L’analyse des conséquences du développement du télétravail à la suite de la crise sanitaire est loin d’être achevée. Ainsi, le 13 octobre dernier, le quotidien « Les Echos » consacrait sa « une » au thème « bureaux : l’onde de choc du Covid-19 », avec des sous-titres tels que « la généralisation du télétravail pour cause d’épidémie favorise la chasse aux mètres carrés » ou encore « l’impact sur l’immobilier de bureaux pourrait être majeur ».

Le lendemain, « Libération » titrait, pour sa part, un article ainsi : « le télétravail abandonné malgré la « deuxième vague » du Covid-19 ».

De son côté, Jean-Marc Peter publiait une analyse dans laquelle le directeur général de Sofidy soulignait, entre autre, qu’« au vu de ses nombreux effets négatifs et nocifs, il peut paraître étonnant de vouloir faire du télétravail la nouvelle règle. L’exemple d’IBM est, à ce titre, très instructif. Pionnier dès 1998 et champion du télétravail pendant près de deux décennies, le géant américain a fait machine arrière en 2017. Certes, IBM a économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux, mais le retour d’expérience est sévère : selon la direction, le télétravail altère la créativité et l’enthousiasme de ses salariés. Pour redynamiser l’innovation et accompagner sa transformation vers le « cloud » et l’intelligence artificielle, IBM a donc demandé au cinquième de ses effectifs qui travaillaient à temps plein à domicile de retourner au bureau. Ce n’est d’ailleurs pas la seule entreprise américaine à avoir fait volte-face. Yahoo !, Best Buy, Honeywell International ou encore Bank of America avaient déjà, plus tôt, stoppé net l’expérience »…

Bien sûr, dans un tel contexte, la référence aux enquêtes d’opinion réalisées auprès des salariés apporte des éléments de réflexion non négligeables. Ainsi, récemment, la société de gestion de SCPI Atland Voisin « a sollicité l’institut OpinionWay pour interroger les Français dont le métier permet le télétravail (55 % des actifs) afin d’avoir leur vision du sujet en dépassant le cadre de la crise sanitaire ». Parmi les résultats, on relève que si « plus de quatre actifs dont le métier leur permet de télétavailler sur cinq estiment que le recours au télétravail en entreprise va se développer à l’avenir en France (85 %) », « seuls 4 % des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15 % à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63 % pensent qu’il se pratiquera un à deux jours par semaine ». Autre enseignement : « si 81 % des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne »… Et « in fine, 73 % des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel (0, 1 ou 2 jours par semaine) ». En précisant que « 80 % des répondants pensent que la visio aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Cet outil va remplacer les déplacements professionnels selon 83 % des répondants »… Et Jean-Christophe Antoine, président d’Atland Voisin, de conclure : « il est très clair que la crise sanitaire a accéléré l’adoption forcée du télétravail par les entreprises, dans un processus qui était déjà entamé depuis plusieurs années. Et il est également clair que le télétravail a montré son efficacité pour maintenir un certain niveau d’activité. Toutefois, nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas (…) Loin d’être « mort » comme certains ont pu l’annoncer, le bureau va néanmoins devoir s’adapter et se réinventer pour mieux prendre en compte des situations inédites telles que celle que nous venons de traverser. Le rapport à l’open space va sans doute changer, la gestion des flux de personnes sera sans doute repensée, la prise en compte des enjeux environnementaux va sans doute s’accélérer, mais ici aussi ce sont des processus entamés que la pandémie n’a fait qu’accélérer… »… De son côté, la Chaire Workplace Management de l’Essec Business School, qui a réalisé une enquête en ligne sur ce sujet, conclut que « le bureau n’a pas dit son dernier mot ! »…

Et, si les institutionnels poursuivent leurs investissements dans les bureaux, c’est bien qu’ils considèrent que le tout télétravail n’est pas pour demain…

Portrait

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