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En confinement avec… Yann Videcoq

ActualitésBureaux

le 14 Avr 2020

Yann Videcoq, directeur du fund management de Perial Asset Management, partage avec nous son confinement à Rueil-Malmaison, d’où il revoit la série « Friends », indémodable !
Merci à tous les professionnels du secteur qui jouent le jeu du questionnaire « à la Proust ». Votre adresse : redaction@immoweek.fr

Comment se déroule votre journée ?

Le déroulement des journées professionnelles n’a pas fondamentalement changé car l’organisation mise en place est très fluide et l’accès aux outils informatiques très faciles. Nous avons décidé de garder le rythme habituel des différents comités et réunions. Seul la fréquence du comité de direction a été revue pour un rythme hebdomadaire. Au final, je trouve les journées plus intenses car il faut superviser les devoirs des enfants et tous les midis, préparer à déjeuner pour toute la famille. Etant six à la maison, cela prend un peu de temps et de logistique, mais cela permet de se changer aussi les idées. J’essaye également de prendre mon café tous les jours au soleil, histoire de faire le plein de vitamine D et d’énergie. Mais c’est vrai que depuis trois semaines, j’ai plus l’impression de passer ma journée « au travail » qu’à la maison.

Où êtes-vous ?

Dans une maison située dans le centre-ville de Rueil-Malmaison.

Quelle est la pièce préférée de votre logement ?

Mon atelier au sous-sol. J’aime y construire différents objets. Bricoler est une forme de méditation. Cela vide l’esprit et permet d’atteindre une sensation de détachement que j’apprécie.

Que lisez-vous ? Avez-vous un livre à nous recommander ?

Je n’ai pas eu le temps d’ouvrir un livre depuis deux semaines, mais je feuillète régulièrement les pages d’un ouvrage sur l’Expédition Lapérouse de Bernard Jimenez, c’est passionnant et ça permet de s’évader. Côté roman, mon écrivain français préféré de ces dernières années est Virginie Despentes. Vous pouvez en profiter pour relire les Vernon Subutex ou même Apocalypse Bébé qui est mon préféré.

Un film ou une série télé que vous allez revoir ? Que vous nous recommandez ?

Si vous voulez vous remonter le moral, la série « Friends » qui arrive toujours à me faire rire régulièrement. Si vous êtes suffisamment détachés, le film « The Road » avec Vigo Mortensen qui raconte l’histoire d’un père et de son fils sur la route dans un monde post-apocalyptique. Il est tiré d’un excellent livre de Cormac McCarthy. Attention, car le point de vue n’est pas très optimiste.

Un album de musique à nous conseiller ?

Un seul… c’est très compliqué. Deux que j’écoute très souvent : Molly Johnson « Another Day », cette chanteuse de jazz n’est pas assez connue et, pourtant, je trouve ces interprétations extraordinaires. Et, sinon, mon album de jazz préféré « Something Else »  de Cannonball Alderley, avec une version de « Autumn Leaves » qui, à chaque fois, me prend aux tripes.

Comment faites-vous pour garder la forme ?

Je sors à pied ou en vélo pour faire les courses au maximum une fois tous les deux jours. Nous avons également la chance d’avoir un tapis de course à la cave. Il n’a servi que très peu depuis cinq ans, mais il a son heure de gloire depuis 15 jours. Mais pour être honnête, je ne suis pas celui qui l’utilise le plus à la maison…

Avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs et aux autres confinés ?

Je suis quelqu’un de profondément optimiste et je pense que cela m’aide beaucoup à passer ce confinement en toute sérénité. Ce n’est pas toujours facile de voir le côté positif, mais j’essaye au maximum de profiter de mes proches que je ne vois pas si souvent. C’est le bon moment pour savoir si le lieu où on vit est le bon. Je trouve que vivre le confinement en centre-ville est particulièrement facile car tout est à portée de main. Nous faisons tout à pied ou en vélo, tout en ne nous sentant pas coupé du monde. Bizarrement, je conseillerais également à ceux qui ont la chance de travailler de prendre un jour off par semaine. J’ai commencé la semaine dernière et ça m’a fait un bien fou. Du coup, je vais faire de même pour tous les vendredi d’avril. Le télétravail nécessite de s’imposer des plages « off », sinon le surmenage est vite arrivé.

Une photo qui illustre, selon vous, le confinement ?

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Thierry Mouthiez

le 19/10/2020

Le télétravail en question…

L’analyse des conséquences du développement du télétravail à la suite de la crise sanitaire est loin d’être achevée. Ainsi, le 13 octobre dernier, le quotidien « Les Echos » consacrait sa « une » au thème « bureaux : l’onde de choc du Covid-19 », avec des sous-titres tels que « la généralisation du télétravail pour cause d’épidémie favorise la chasse aux mètres carrés » ou encore « l’impact sur l’immobilier de bureaux pourrait être majeur ».

Le lendemain, « Libération » titrait, pour sa part, un article ainsi : « le télétravail abandonné malgré la « deuxième vague » du Covid-19 ».

De son côté, Jean-Marc Peter publiait une analyse dans laquelle le directeur général de Sofidy soulignait, entre autre, qu’« au vu de ses nombreux effets négatifs et nocifs, il peut paraître étonnant de vouloir faire du télétravail la nouvelle règle. L’exemple d’IBM est, à ce titre, très instructif. Pionnier dès 1998 et champion du télétravail pendant près de deux décennies, le géant américain a fait machine arrière en 2017. Certes, IBM a économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux, mais le retour d’expérience est sévère : selon la direction, le télétravail altère la créativité et l’enthousiasme de ses salariés. Pour redynamiser l’innovation et accompagner sa transformation vers le « cloud » et l’intelligence artificielle, IBM a donc demandé au cinquième de ses effectifs qui travaillaient à temps plein à domicile de retourner au bureau. Ce n’est d’ailleurs pas la seule entreprise américaine à avoir fait volte-face. Yahoo !, Best Buy, Honeywell International ou encore Bank of America avaient déjà, plus tôt, stoppé net l’expérience »…

Bien sûr, dans un tel contexte, la référence aux enquêtes d’opinion réalisées auprès des salariés apporte des éléments de réflexion non négligeables. Ainsi, récemment, la société de gestion de SCPI Atland Voisin « a sollicité l’institut OpinionWay pour interroger les Français dont le métier permet le télétravail (55 % des actifs) afin d’avoir leur vision du sujet en dépassant le cadre de la crise sanitaire ». Parmi les résultats, on relève que si « plus de quatre actifs dont le métier leur permet de télétavailler sur cinq estiment que le recours au télétravail en entreprise va se développer à l’avenir en France (85 %) », « seuls 4 % des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15 % à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63 % pensent qu’il se pratiquera un à deux jours par semaine ». Autre enseignement : « si 81 % des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne »… Et « in fine, 73 % des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel (0, 1 ou 2 jours par semaine) ». En précisant que « 80 % des répondants pensent que la visio aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Cet outil va remplacer les déplacements professionnels selon 83 % des répondants »… Et Jean-Christophe Antoine, président d’Atland Voisin, de conclure : « il est très clair que la crise sanitaire a accéléré l’adoption forcée du télétravail par les entreprises, dans un processus qui était déjà entamé depuis plusieurs années. Et il est également clair que le télétravail a montré son efficacité pour maintenir un certain niveau d’activité. Toutefois, nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas (…) Loin d’être « mort » comme certains ont pu l’annoncer, le bureau va néanmoins devoir s’adapter et se réinventer pour mieux prendre en compte des situations inédites telles que celle que nous venons de traverser. Le rapport à l’open space va sans doute changer, la gestion des flux de personnes sera sans doute repensée, la prise en compte des enjeux environnementaux va sans doute s’accélérer, mais ici aussi ce sont des processus entamés que la pandémie n’a fait qu’accélérer… »… De son côté, la Chaire Workplace Management de l’Essec Business School, qui a réalisé une enquête en ligne sur ce sujet, conclut que « le bureau n’a pas dit son dernier mot ! »…

Et, si les institutionnels poursuivent leurs investissements dans les bureaux, c’est bien qu’ils considèrent que le tout télétravail n’est pas pour demain…

Portrait

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