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Le choix Immoweek : qui sera la « Pierre d’Or Promoteur » ?

ActualitésBureaux

le 05 Déc 2019

Vous le savez, le bulletin de vote des « Pierres d’Or » 2020 est désormais en ligne et les votes sont ouverts jusqu’au 12 décembre. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir les nommés dans la catégorie « Promoteur ».

Adrien Blanc est président d’Altarea Cogedim Entreprise depuis 2018. Titulaire d’un DESS gestion et stratégie de la construction et de l’aménagement urbain et d’un bachelor finance Université Paris-1 Sorbonne-Ecole des Ponts et Chaussées, il commence sa carrière comme manager chez Archon Group en 1998. De 2000 à 2010, Adrien Blanc est vice-président de Morgan Stanley Investment Management. Il fut tour à tour « head of France, executive director » d’UBS Global Asset Management (2010-2011), « principal » de Batipart (2011-2012), « chief investment officer » d’Eurosic (2012-2017) et directeur général délégué de Paref (2017-2018).


Patrick Bosque est directeur général adjoint de Hines France depuis 2010. Titulaire d’une maîtrise de gestion et finance de l’Université Paris-Dauphine, il débute sa carrière comme chargé de projets et du développement chez Bouygues Immobilier en 1987, avant d’entrer chez Hines France dont il gravira les échelons : directeur projets de 1996 à 2007, directeur du développement de 2007 à 2010 et son poste actuel, à partir de 2010, où il participa à la tour Hekla, « Pierre d’Or Programme » 2019.


Laurent Dumas est président fondateur d’Emerige. Après avoir été conseiller financier chez Worms Gestion (1984-1986) puis indépendant, il créé Transimmeubles en 1989, qui deviendra Emerige en 2008. Président de la Villa Emerige, du Fonds de dotation Emerige, de la Compagnie Française de l’Orient et de la Chine, du conseil d’administration du Palais de Tokyo, secrétaire général de la société des Amis du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Chevalier de l’Ordre National du Mérite, Chevalier des Arts et des Lettres. Il a obtenu la « Pierre d’Or Promoteur » en 2013 et 2017. Il a également été élu « Professionnel de l’Année » aux « Trophées Logement & Territoires » en 2016.


Philippe Journo est président fondateur de la Compagnie de Phalsbourg, créée par ce diplômé de l’Essec en 1989. Administrateur du Conseil national des centres commerciaux, de l’Arop et de la Fondation de l’Opéra de Paris, Commandeur des Arts et des Lettres, Chevalier de la Légion d’Honneur, il fut récompensé dans la catégorie « Promoteur » aux « Pierres d’Or » 2018.


Julie de Roujoux est directrice générale de la promotion immobilière du groupe Pichet depuis 2018. Diplômée de l’Ecole Polytechnique, de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées et architecte DPLG, Julie de Roujoux a commencé sa carrière en 2004 en tant que directrice de programmes pour l’Agence de Maîtrise d’Ouvrage du ministère de la Justice, puis en tant que conseillère technique en charge des affaires immobilières auprès du cabinet de la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à partir de 2007, et enfin en tant que directrice de l’urbanisme et de l’aménagement pour le Conseil général des Hauts-de-Seine de 2009 à 2010. Après avoir été directrice de la stratégie, de qualité et de la communication externe chez Akerys de 2010 à 2011, elle rejoint le groupe Bouygues Immobilier en tant que directrice de l’activité Rehagreen. Au sein du groupe, elle fut tour à tour directrice régionale logement Ile-de-France Nord (2014-2015), directrice de grande région Ile-de-France Nord (2016-2017) et directrice générale de partenariats (2017-2018).

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Arthur de Boutiny

le 28/01/2020

Quand Le Corbusier voulait transformer Paris

A l’heure actuelle, la proposition de campagne de Benjamin Griveaux de déménager la gare de l’Est en banlieue et de remplacer son emprise foncière par « un Central Park à la française » est âprement commentée, que ce soit pour faire l’objet de quolibets ou de commentaires enthousiastes ; le fait est qu’un projet d’une telle ampleur changerait radicalement la face de Paris. C’est l’occasion de nous rappeler le Plan Voisin, ce célèbre plan du Corbusier pour le centre de Paris, qui prévoyait tout bonnement de raser le centre de la Capitale et de le remplacer par d’immenses tours d’habitation. En toute simplicité.

Imaginez La Défense, 50 % plus grand (soit 240 hectares), s’étendant de la place de la République à la rue de Louvre, et de la gare de l’Est à la rue de Rivoli. A proximité, un quartier résidentiel constitué de 18 gratte-ciels cruciformes de 60 étages pouvant loger 500 000 personnes, n’occupant que 5 % du sol du centre de Paris, allant de la rue des Pyramides au rond-point des Champs-Elysées et de la gare Saint-Lazare à la rue de Rivoli. Entre les deux, rien. Seules les églises et les portes Saint-Denis et Saint-Martin auraient survécu ; tout le reste, dominé par deux artères de circulation percées à travers la ville, sur des axes Est-Ouest et Nord-Sud, pouvant faire 120 mètres de large, avec de vastes jardins, aurait été dévolu à la circulation automobile, avec une gare centrale souterraine établie entre quartier d’affaires et quartier résidentiel.
Autant dire que si la voiture vous fait horreur, que vos coins préférés à Paris sont les Halles, l’Opéra et le Marais, leurs hôtels particuliers haussmanniens et leurs petites rues, le Plan Voisin tient du plus effroyable cauchemar fiévreux.

Le Corbusier prévoit son plan radical dès 1922, où il est présenté au Salon d’Automne et séduit les grandes fortunes de l’automobile, notamment Gabriel Voisin, constructeur d’avions et de voitures, qui demanda une étude pour que ce projet s’applique au centre de Paris, donnant son nom à ce projet tentaculaire, présenté au Salon des Arts Décoratifs de 1925. Outre cette reconstruction radicale du centre de Paris, la nouvelle cité se serait vue adjoindre, en banlieue, des périphéries d’usines et des cités-jardins, ainsi qu’un nouveau centre de commandement au pied de Montmartre, face à l’île de la Cité, qui aurait pu diriger une France entièrement revitalisée à l’image de sa Capitale.

Les détracteurs du Corbusier y voient l’application des idées totalitaires en vogue alors, faisant table rase du passé pour rationaliser à l’extrême l’espace public et ordonner pour de bon la vie sociale, à l’instar du brutalisme soviétique. Ses zélateurs, eux, y voient la volonté utopique de provoquer de la part d’un jeune architecte fourmillant d’idées, même si Le Corbusier travaillera sur ces plans jusqu’en 1945 ; il faut dire qu’avec la guerre, reconstruire de grandes villes sera de plus en plus nécessaire.

Au-delà des considérations sur Le Corbusier, il faut surtout voir dans un tel projet le reflet d’une époque : les années 1920 sont l’ère de l’organisation scientifique du travail et de la rationalisation à l’extrême et il s’agit de pouvoir régler (déjà !) le problème du logement et de l’espace dans les grandes villes à l’aune des nouvelles technologies de construction. C’est aussi une réponse au débat sur la création d’une nouvelle cité administrative en banlieue de Paris, qui donnera naissance à La Défense. Mais le reflet est surtout dans la révolution de l’automobile, qui a profondément chamboulé la conception du temps et de l’espace, avec la volonté de permettre une meilleure circulation des personnes et de raccourcir le temps du trajet entre leur domicile et leur bureau (déjà, derechef !). « L’automobile a tué la grande ville. L’automobile doit la sauver. Voulez-vous doter Paris d’un plan n’ayant pas d’autre objet que la création d’organes urbains répondant à des conditions de vie si profondément modifiées par le machinisme ? » commente Le Corbusier dans son essai « Urbanisme » (1925).

Comment imaginer une telle vision de la Rive Droite, avec seulement quelques monuments qui survivraient dans un immense terrain vague dévolu aux voitures, assombri par des tours monolithiques et austères ? On pense à Chandigarh, dessinée par Le Corbusier, et Brasilia, pensée par Oscar Niemeyer et Lucio Costa, tous deux disciples du Corbusier, mais on parle d’une ville spécialement créée pour servir de capitale, pas d’une telle table rase, entièrement constituée d’immeubles de grande hauteur. Sans aller jusqu’à la science-fiction, avec les gratte-ciels démesurés à perte de vue de la planète Coruscant dans Star Wars ou du Los Angeles de Blade Runner, on peut avoir une petite idée avec Playtime, où Jacques Tati promène Monsieur Hulot dans une ville de béton aliénante et trépidante…

Toujours est-il que ce plan de Paris fait la part belle à l’automobile, la même qui à présent fait l’objet d’un débat toujours virulent lors des municipales, sur sa limitation ou non désormais. Tout comme, avec le « Central Park » de la gare de l’Est, la question de l’espace. A presque 100 ans d’écart, les parties du débat sont les mêmes, mais dans d’autres problématiques…

Portrait

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