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Le choix Immoweek : qui sera « Professionnel(le) de l’Année » aux « Pierres d’Or » ?

ActualitésBureaux

le 13 Déc 2019

Attention : les votes sont bien terminés et le suspense va, à présent, durer jusqu’au 29 janvier 2020… Mais il reste une catégorie sur laquelle nous pencher ; même s’il n’est plus aucun besoin de les présenter, notre tour d’horizon des nommés aux « Pierres d’Or » 2020 n’aurait pu être complet sans eux… Nous parlons, bien sûr, de la catégorie-reine, celle du (ou de la ?) « Professionnel(le) de l’Année » !

Frédéric Bôl est fondateur, président du directoire de Swiss Life Asset Managers France depuis 2019. Diplômé de la Société Française des Analystes Financiers, titulaire d’une licence et d’une maîtrise en Sciences Economiques et d’un DESS Finances de l’université Aix-Marseille IH, il entre à la direction financière de l’Européenne de Banque en 1986. Il rejoint ensuite Martin Maurel comme sous-directeur à Paris en 1989, avant d’être directeur à Marseille pour Martin Maurel Gestion en 1992. Président du directoire de Prado Epargne et Prado Epargne Gestion de 1998 à 2002, Frédéric Bôl est ensuite directeur général adjoint finance du groupe Prémalliance de 2002 à 2007, avant de fonder Swiss Life Reim France en 2007. En 2011, il devient « chief executive officer » Reim France Belgique, Espagne, Portugal et Italie, pays qu’il reprend sous son escarcelle à partir de 2016 pour Swiss Life Asset Managements à partir de 2016 ; il fut également CEO de Swiss Life Reim Luxembourg de 2012 à 2015. Il était aussi directeur général de Swiss Life Asset Management France depuis 2018 avant que Swiss Life Asset Management et Swiss Life Reim ne soient fusionnées pour donner naissance en 2019 à Swiss Life Asset Managers France. Président de l’Aspim, président d’honneur de l’AF2i, membre des conseils d’administration de l’Aspim, de l’IEIF, de SOS Sahel et de Carrefour Property, il fut nommé aux « Pierres d’Or » dans la catégorie « Asset, Property, Facility Manager » en 2011, 2017 et 2018.

Alain Dinin est président du conseil d’administration de Nexity depuis 2019. Diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Lille, Alain Dinin entre chez Férinel en 1979, devenu le Groupe George V en 1989 ; il en est directeur, puis directeur général. Quand, en 1995, la société est cédée à la Compagnie Générale d’Immobilier et de Service, il devient administrateur-directeur général de CGIS à partir de 1996 puis, à la création de Nexity en 2000, vice-président directeur général, avant de devenir président du directoire en 2003 et président directeur général en 2004, avant qu’il ne fasse évoluer la gouvernance du groupe en 2019. Officier de la Légion d’Honneur, Commandeur de l’Ordre National du Mérite, FRICS, Alain Dinin a reçu une « Pierre d’Or Manager » en 2006 et le « Trophée Logement & Territoires » du « Professionnel de l’Année » en 2015.

Karim Habra est directeur général Europe et Asie-Pacifique d’Ivanhoé Cambridge depuis 2019. Titulaire d’un Master en Finance d’Entreprise de l’université Paris-Dauphine, il commence sa carrière en 1998 chez GE Real Estate aux investissements européens, avant d’être promu directeur général Europe Centrale en 2001. De 2009 à 2012, il est directeur général fonds européens chez JER Partners Europe avant d’entrer chez LaSalle Investment Management où il gravit les échelons : directeur général Europe Centrale (2012-2014), président France (2015-2017), directeur général Europe Continentale (2017-2018)… Il entre chez Ivanhoé Cambridge en 2018 comme directeur général Europe, avant d’ajouter l’Asie-Pacifique à ses prérogatives l’année suivante. Karim Habra a été, en 2018, « Pierre d’Or Asset Manager ».

Christophe Kullmann est, depuis 2011, directeur général de Covivio. Titulaire d’un DEA Gestion, il assure notamment la direction financière d’Immobilière Batibail, de 1992 jusqu’à sa fusion en 1999 avec Gecina, dont il prend alors la direction financière. Il rejoint Covivio (alors Foncière des Régions) en 2001 comme président du directoire. Président de la FSIF, il reçut deux « Pierres d’Or » en 2010, comme « Professionnel de l’Année » et « Investisseur ».

Isabelle Scemama est « chief executive officer » d’AXA Investment Managers Real Assets depuis 2017. Diplômée de l’IEP de Paris, elle a débuté sa carrière en 1989 chez Paribas dans le département corporate financing, puis rejoint en 1995 le département du financement immobilier, où elle était responsable de l’activité de financement des investisseurs. Elle entre chez AXA REIM en 2001, pour prendre la responsabilité de l’activité structuration et financement de fonds immobilier. En 2005, elle lance la plate-forme de gestion des créances immobilières. Et en 2013, celle de dette infrastructure. Au moment de sa nomination en 2017, elle était alors directeur général d’AXA REIM SGP et membre du management board d’AXA Real Estate Investment Managers.

Alain Taravella est, depuis 2007, président-fondateur d’Altarea Cogedim. Diplômé de HEC, il prend la direction du pôle loisirs du groupe Brémond en 1975, avant de devenir directeur général de Pierre & Vacances en 1985. En 1994, il crée Altarea, qui entre en Bourse en 2004 et rachète en 2007 Cogedim, permettant de créer le promoteur que l’on connaît actuellement. Chevalier de la Légion d’Honneur, Alain Taravella fut « Professionnel de l’Année » aux « Pierres d’Or » 2012.

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Arthur de Boutiny

le 28/01/2020

Quand Le Corbusier voulait transformer Paris

A l’heure actuelle, la proposition de campagne de Benjamin Griveaux de déménager la gare de l’Est en banlieue et de remplacer son emprise foncière par « un Central Park à la française » est âprement commentée, que ce soit pour faire l’objet de quolibets ou de commentaires enthousiastes ; le fait est qu’un projet d’une telle ampleur changerait radicalement la face de Paris. C’est l’occasion de nous rappeler le Plan Voisin, ce célèbre plan du Corbusier pour le centre de Paris, qui prévoyait tout bonnement de raser le centre de la Capitale et de le remplacer par d’immenses tours d’habitation. En toute simplicité.

Imaginez La Défense, 50 % plus grand (soit 240 hectares), s’étendant de la place de la République à la rue de Louvre, et de la gare de l’Est à la rue de Rivoli. A proximité, un quartier résidentiel constitué de 18 gratte-ciels cruciformes de 60 étages pouvant loger 500 000 personnes, n’occupant que 5 % du sol du centre de Paris, allant de la rue des Pyramides au rond-point des Champs-Elysées et de la gare Saint-Lazare à la rue de Rivoli. Entre les deux, rien. Seules les églises et les portes Saint-Denis et Saint-Martin auraient survécu ; tout le reste, dominé par deux artères de circulation percées à travers la ville, sur des axes Est-Ouest et Nord-Sud, pouvant faire 120 mètres de large, avec de vastes jardins, aurait été dévolu à la circulation automobile, avec une gare centrale souterraine établie entre quartier d’affaires et quartier résidentiel.
Autant dire que si la voiture vous fait horreur, que vos coins préférés à Paris sont les Halles, l’Opéra et le Marais, leurs hôtels particuliers haussmanniens et leurs petites rues, le Plan Voisin tient du plus effroyable cauchemar fiévreux.

Le Corbusier prévoit son plan radical dès 1922, où il est présenté au Salon d’Automne et séduit les grandes fortunes de l’automobile, notamment Gabriel Voisin, constructeur d’avions et de voitures, qui demanda une étude pour que ce projet s’applique au centre de Paris, donnant son nom à ce projet tentaculaire, présenté au Salon des Arts Décoratifs de 1925. Outre cette reconstruction radicale du centre de Paris, la nouvelle cité se serait vue adjoindre, en banlieue, des périphéries d’usines et des cités-jardins, ainsi qu’un nouveau centre de commandement au pied de Montmartre, face à l’île de la Cité, qui aurait pu diriger une France entièrement revitalisée à l’image de sa Capitale.

Les détracteurs du Corbusier y voient l’application des idées totalitaires en vogue alors, faisant table rase du passé pour rationaliser à l’extrême l’espace public et ordonner pour de bon la vie sociale, à l’instar du brutalisme soviétique. Ses zélateurs, eux, y voient la volonté utopique de provoquer de la part d’un jeune architecte fourmillant d’idées, même si Le Corbusier travaillera sur ces plans jusqu’en 1945 ; il faut dire qu’avec la guerre, reconstruire de grandes villes sera de plus en plus nécessaire.

Au-delà des considérations sur Le Corbusier, il faut surtout voir dans un tel projet le reflet d’une époque : les années 1920 sont l’ère de l’organisation scientifique du travail et de la rationalisation à l’extrême et il s’agit de pouvoir régler (déjà !) le problème du logement et de l’espace dans les grandes villes à l’aune des nouvelles technologies de construction. C’est aussi une réponse au débat sur la création d’une nouvelle cité administrative en banlieue de Paris, qui donnera naissance à La Défense. Mais le reflet est surtout dans la révolution de l’automobile, qui a profondément chamboulé la conception du temps et de l’espace, avec la volonté de permettre une meilleure circulation des personnes et de raccourcir le temps du trajet entre leur domicile et leur bureau (déjà, derechef !). « L’automobile a tué la grande ville. L’automobile doit la sauver. Voulez-vous doter Paris d’un plan n’ayant pas d’autre objet que la création d’organes urbains répondant à des conditions de vie si profondément modifiées par le machinisme ? » commente Le Corbusier dans son essai « Urbanisme » (1925).

Comment imaginer une telle vision de la Rive Droite, avec seulement quelques monuments qui survivraient dans un immense terrain vague dévolu aux voitures, assombri par des tours monolithiques et austères ? On pense à Chandigarh, dessinée par Le Corbusier, et Brasilia, pensée par Oscar Niemeyer et Lucio Costa, tous deux disciples du Corbusier, mais on parle d’une ville spécialement créée pour servir de capitale, pas d’une telle table rase, entièrement constituée d’immeubles de grande hauteur. Sans aller jusqu’à la science-fiction, avec les gratte-ciels démesurés à perte de vue de la planète Coruscant dans Star Wars ou du Los Angeles de Blade Runner, on peut avoir une petite idée avec Playtime, où Jacques Tati promène Monsieur Hulot dans une ville de béton aliénante et trépidante…

Toujours est-il que ce plan de Paris fait la part belle à l’automobile, la même qui à présent fait l’objet d’un débat toujours virulent lors des municipales, sur sa limitation ou non désormais. Tout comme, avec le « Central Park » de la gare de l’Est, la question de l’espace. A presque 100 ans d’écart, les parties du débat sont les mêmes, mais dans d’autres problématiques…

Portrait

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