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Le choix Immoweek : voici les « Conseils » de ces « Pierres d’Or 2020 »

ActualitésBureaux

le 06 Déc 2019

Il vous reste dorénavant une semaine pour voter aux « Pierres d’Or 2020 » et élire les pros (et le programme !) qui ont marqué cette année 2019. Les « choix Immoweek » de ces derniers jours (et ceux à venir) sont une bonne occasion de vous présenter les nommés. Aujourd’hui, voici les cinq « Conseils ».

Vincent Bollaert est le « head of capital markets » chez Knight Frank, fonction qu’il occupe depuis 2016. Ce MSG Finance de Paris Dauphine était auparavant chez Cushman & Wakefield, d’abord au département bureaux en début de carrière, entre 1998 et 2007, puis partner et directeur investissement bureaux (« head of office investment ») de 2008 à 2016. Il a été nommé aux « Pierres d’Or » dans la catégorie « Conseils » en 2016 et en 2019.

Jean-Laurent de La Prade est le directeur général adjoint pôle régions de BNP Paribas Real Estate Transaction France. Diplômé de l’ESLSCA, il a passé toute sa carrière au conseil de la maison BNP, auparavant Atisreal. En 1988, il entre en tant que consultant chez Atisreal Auguste-Thouard et devient associé, directeur adjoint de l’équipe Paris bureaux location QCA un an plus tard. En 2001, il prend la direction du département bureaux nord et est Ile-de-France, puis la direction de Paris bureaux location en 2006, étendue en 2009 au sud Ile-de-France. En 2011 et 2012, il chapeaute l’intégralité du pôle bureaux en Ile-de-France, sur les surfaces de 0 à 5 000 m2. Il relève un nouveau défi en 2013, sort de la « zone de confort » francilienne, et devient directeur du pôle Régions « letting » et « invest ». Poste qu’il occupe actuellement. Il a été nommé aux « Pierres d’Or », en 2008, 2009 et 2018.

Marina Lavrov est en charge du « tenant representation retail » chez CBRE. BSC Honors, mathematics & management du King’s College London en 2006, elle démarre sa carrière en tant qu’analyste au sein de RAB Capital. En 2011, elle rejoint Paris Seine Immobilier pour prendre la responsabilité de l’immobilier commercial. Elle rejoint CBRE en 2012 au poste qu’elle occupe actuellement.

Sébastien Martyn est le directeur du département investissement de Strategies & Corp. Diplômé d’HEC en 2003, il rejoint la maison fondée par Angélique de Rougé et Eric Lavigne-Delville à l’investissement. Il devient directeur de ce département en 2010. Il a été nommé aux « Pierres d’Or » dans cette catégorie en 2015, 2016, 2017 et 2018.

Nils Vinck est le « head of french capital markets » de Cushman & Wakefield. Cet autodidacte est passé par de multiples carrières professionnelles avant de rejoindre l’immobilier, en 2000 : il rejoint JLL en qualité de négociateur au sein du département Agence Paris CDB. Il est promu associate director du département capital markets en 2005. En 2012, il rejoint CBRE pour occuper un poste similaire et y reste une année avec de rejoindre DTZ France, en 2013, comme senior director et « head of french capital markets ». Au moment de la fusion avec Cushman & Wakefield en 2015, il est nommé « international partner – head of french capital markets » et membre du board et du comité de direction. Depuis janvier 2019, il est très exactement « managing director »/directeur général, « head of french capital markets » et membre du board et du comité de direction de Cushman & Wakefield.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Arthur de Boutiny

le 28/01/2020

Quand Le Corbusier voulait transformer Paris

A l’heure actuelle, la proposition de campagne de Benjamin Griveaux de déménager la gare de l’Est en banlieue et de remplacer son emprise foncière par « un Central Park à la française » est âprement commentée, que ce soit pour faire l’objet de quolibets ou de commentaires enthousiastes ; le fait est qu’un projet d’une telle ampleur changerait radicalement la face de Paris. C’est l’occasion de nous rappeler le Plan Voisin, ce célèbre plan du Corbusier pour le centre de Paris, qui prévoyait tout bonnement de raser le centre de la Capitale et de le remplacer par d’immenses tours d’habitation. En toute simplicité.

Imaginez La Défense, 50 % plus grand (soit 240 hectares), s’étendant de la place de la République à la rue de Louvre, et de la gare de l’Est à la rue de Rivoli. A proximité, un quartier résidentiel constitué de 18 gratte-ciels cruciformes de 60 étages pouvant loger 500 000 personnes, n’occupant que 5 % du sol du centre de Paris, allant de la rue des Pyramides au rond-point des Champs-Elysées et de la gare Saint-Lazare à la rue de Rivoli. Entre les deux, rien. Seules les églises et les portes Saint-Denis et Saint-Martin auraient survécu ; tout le reste, dominé par deux artères de circulation percées à travers la ville, sur des axes Est-Ouest et Nord-Sud, pouvant faire 120 mètres de large, avec de vastes jardins, aurait été dévolu à la circulation automobile, avec une gare centrale souterraine établie entre quartier d’affaires et quartier résidentiel.
Autant dire que si la voiture vous fait horreur, que vos coins préférés à Paris sont les Halles, l’Opéra et le Marais, leurs hôtels particuliers haussmanniens et leurs petites rues, le Plan Voisin tient du plus effroyable cauchemar fiévreux.

Le Corbusier prévoit son plan radical dès 1922, où il est présenté au Salon d’Automne et séduit les grandes fortunes de l’automobile, notamment Gabriel Voisin, constructeur d’avions et de voitures, qui demanda une étude pour que ce projet s’applique au centre de Paris, donnant son nom à ce projet tentaculaire, présenté au Salon des Arts Décoratifs de 1925. Outre cette reconstruction radicale du centre de Paris, la nouvelle cité se serait vue adjoindre, en banlieue, des périphéries d’usines et des cités-jardins, ainsi qu’un nouveau centre de commandement au pied de Montmartre, face à l’île de la Cité, qui aurait pu diriger une France entièrement revitalisée à l’image de sa Capitale.

Les détracteurs du Corbusier y voient l’application des idées totalitaires en vogue alors, faisant table rase du passé pour rationaliser à l’extrême l’espace public et ordonner pour de bon la vie sociale, à l’instar du brutalisme soviétique. Ses zélateurs, eux, y voient la volonté utopique de provoquer de la part d’un jeune architecte fourmillant d’idées, même si Le Corbusier travaillera sur ces plans jusqu’en 1945 ; il faut dire qu’avec la guerre, reconstruire de grandes villes sera de plus en plus nécessaire.

Au-delà des considérations sur Le Corbusier, il faut surtout voir dans un tel projet le reflet d’une époque : les années 1920 sont l’ère de l’organisation scientifique du travail et de la rationalisation à l’extrême et il s’agit de pouvoir régler (déjà !) le problème du logement et de l’espace dans les grandes villes à l’aune des nouvelles technologies de construction. C’est aussi une réponse au débat sur la création d’une nouvelle cité administrative en banlieue de Paris, qui donnera naissance à La Défense. Mais le reflet est surtout dans la révolution de l’automobile, qui a profondément chamboulé la conception du temps et de l’espace, avec la volonté de permettre une meilleure circulation des personnes et de raccourcir le temps du trajet entre leur domicile et leur bureau (déjà, derechef !). « L’automobile a tué la grande ville. L’automobile doit la sauver. Voulez-vous doter Paris d’un plan n’ayant pas d’autre objet que la création d’organes urbains répondant à des conditions de vie si profondément modifiées par le machinisme ? » commente Le Corbusier dans son essai « Urbanisme » (1925).

Comment imaginer une telle vision de la Rive Droite, avec seulement quelques monuments qui survivraient dans un immense terrain vague dévolu aux voitures, assombri par des tours monolithiques et austères ? On pense à Chandigarh, dessinée par Le Corbusier, et Brasilia, pensée par Oscar Niemeyer et Lucio Costa, tous deux disciples du Corbusier, mais on parle d’une ville spécialement créée pour servir de capitale, pas d’une telle table rase, entièrement constituée d’immeubles de grande hauteur. Sans aller jusqu’à la science-fiction, avec les gratte-ciels démesurés à perte de vue de la planète Coruscant dans Star Wars ou du Los Angeles de Blade Runner, on peut avoir une petite idée avec Playtime, où Jacques Tati promène Monsieur Hulot dans une ville de béton aliénante et trépidante…

Toujours est-il que ce plan de Paris fait la part belle à l’automobile, la même qui à présent fait l’objet d’un débat toujours virulent lors des municipales, sur sa limitation ou non désormais. Tout comme, avec le « Central Park » de la gare de l’Est, la question de l’espace. A presque 100 ans d’écart, les parties du débat sont les mêmes, mais dans d’autres problématiques…

Portrait

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