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SCPI, OPCI Grand Public : collecte en hausse de 47 % sur un an

ActualitésFinance & Bourse

le 19 Mai 2020

L’insolente progression constante des performances des OPCI et SCPI, tout autant que leur attrait, se poursuit, même en période de crise sanitaire. Selon les derniers chiffres de l’Aspim, les SCPI et OPCI Grand Public ont collecté 3,8 milliards d’euros, un volume en hausse de 47 % sur un an.

« S’il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences des crises sanitaire et économique sur le secteur et la performance des fonds, force est de constater que les SCPI et OPCI ont abordé la crise en bonne condition. Non seulement la croissance de la collecte a été solide pour les deux véhicules au premier trimestre, mais aucun mouvement significatif de retraits n’est à signaler sur les mois de mars et d’avril » commente Frédéric Bôl, président de l’Aspim.

Dans le détail, Les SCPI immobilier d’entreprises et fiscales ont collecté 2,56 milliards d’euros au premier trimestre 2020, en progression de 24 % par rapport au premier trimestre 2019 et réalisé pour 1,45 milliard d’euros d’acquisitions (contre 1,6 milliard au premier trimestre 2019). Les bureaux représentent toujours la majorité des acquisitions en valeur (61 %), suivis par la logistique (14 %), les commerces (9 %), l’hôtellerie (9 %) et la santé (6 % pour les Ehpad et centre de santé).
D’un point de vue géographique, les acquisitions ont concerné d’abord l’étranger (45 %), puis l’Ile-de-France (38 %, dont 10 % à Paris) et, enfin, les régions (17 %). L’Allemagne (19 %) reste la première destination d’investissement à l’étranger, particulièrement privilégiée pour la logistique durant ce trimestre. Le Benelux (9 %) et l’Espagne (6 %)
complètent le top 3 des destinations. Ces chiffres confirment la tendance à l’européanisation des investissements initiée depuis les années 2013-2014.
Les SCPI ont également arbitré des actifs pour 234 millions d’euros, contre 308 millions d’euros lors du premier trimestre 2019. Les bureaux comptent pour 81 % des actifs cédés en valeur, aux deux tiers localisés en régions. Le résidentiel parisien représente 11 % des actifs cédés.

Les OPCI grand public, majoritairement distribués par le biais des contrats d’assurance-vie, ont collecté un total de 1,28 milliard d’euros, en progression de 130 % par rapport au premier trimestre 2019. Il s’agit de la deuxième plus forte collecte trimestrielle depuis la création du véhicule en 2007. En dépit de la chute des marchés de valeurs mobilières à partir de la mi-mars, et en particulier des foncières cotées, aucun ralentissement notable des souscriptions n’est à relever avant la première quinzaine du mois d’avril, celles-ci restant excédentaires. Les souscriptions nettes s’établissent à 60 millions d’euros sur la première quinzaine d’avril, contre 190 millions d’euros pour la dernière quinzaine de mars.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Thierry Mouthiez

le 25/05/2020

Commerce : le « core » dans tous ses états…

Le contexte dans lequel s’inscrit actuellement le commerce en général et les centres commerciaux en particulier amène, logiquement, à anticiper un moindre attrait de cette classe d’actifs auprès des investisseurs.

La plupart des conseils (comme certains institutionnels également) l’ont souligné dans leurs récentes analyses du marché de l’investissement. Mais toujours en distinguant le qualitatif. Ainsi, dernièrement, Savills parlait, dans une étude ad-hoc et à propos de perspective, d’« expectative pour le commerce et l’hôtellerie, dès lors qu’on sortira des segments « core » ».

Mais, actuellement, cette notion de « core » est parfois rendue plus flou, notamment s’agissant du segment particulier des centres commerciaux. En effet, en matière d’actifs « core », les grands ensembles bien placés, en font, sans aucun doute, partie. Néanmoins, dans ce contexte de crise sanitaire, ils ne sont donc pas tous traités à la même enseigne, suivant leur gabarit et leur situation géographique.

Un « paradoxe » pour l’Alliance du Commerce, le Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC) et la Fédération pour la Promotion du Commerce Spécialisé (Procos), que cette « décision de maintenir fermés certains centres commerciaux de plus de 40 000 m2, situés principalement en Ile-de-France et dans l’agglomération lyonnaise ». Et de souligner que cette catégorie de centres « est celle qui est la mieux équipée pour accueillir ses clients en toute sécurité, disposant des moyens techniques et humains pour ce faire » ou encore que « ces équipements et les commerces qui y sont implantés représentent un quart du chiffre d’affaires de la filière et jouent donc un rôle économique et social essentiel dans leurs territoires d’implantation ». Sans compter que « la coexistence de lieux de commerce ouverts et d’autres qui restent fermés conduit les clients à se déplacer pour leurs achats vers des lieux plus éloignés de leurs domiciles et, donc, à la concentration des flux »…

Ce qui a amené, le 19 mai dernier, le CNCC, associé à Procos et à l’Alliance du Commerce (première organisation professionnelle dans l’équipement de la personne) à appeler « le gouvernement à reconsidérer sa position en autorisant la réouverture, dès que possible, des centres commerciaux de plus de 40 000 m2 ».

La décision du tribunal administratif de Paris de suspendre, dans une ordonnance prise en référé le même jour, l’arrêté de fermeture du centre Beaugrenelle pourrait peut-être accélérer la décision, même s’il s’agit d’un centre dont la surface commerciale utile est inférieure à 40 000 m2…

Une décision d’autant plus importante que l’activité des centres commerciaux semble, en matière de reprise, sur la bonne voie. En tous cas, Eurocommercial, qui détient 11 actifs en France (dont Les Grands Hommes, à Bordeaux), mais tous d’une surface inférieure à 40 000 m2, « a pu ré-ouvrir l’ensemble de ses centres commerciaux le lundi 11 mai dernier ». Surtout, pour la foncière, le « bilan de la première semaine de reprise d’activité est positif et encourageant pour la suite » et fait valoir, entre autre, une « fréquentation globale équivalente à deux tiers de la fréquentation du lundi au samedi sur la même semaine en 2019 »…

De quoi redonner de l’attrait à ce segment de marché (à condition que tous les centres puissent être en activité) et peut-être faire cesser le massacre en Bourse de certains titres de grandes foncières spécialisées…

Portrait

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