Chargement

fredday : bool(true)
retour Accueil > Territoires > Actualités > Vertige de la tour

Vertige de la tour

ActualitésTerritoires

le 11 Oct 2019

A s’en démettre les cervicales. Une ballade dans les rues de Chicago peut être source d’accidents tant la tentation de n’avancer que tête en l’air est forte.

Car la ville des vents (« Windy City ») qui fut découverte au milieu du 17ème siècle par deux missionnaires français, n’a pas la timidité des villes européennes face aux gratte-ciel. Le choix de construire en hauteur, ce parti-pris d’aller plus haut, Chicago l’a adopté il y a fort longtemps, après le grand incendie qui détruisit la ville (principalement constituée de bois) en 1871. D’une catastrophe, les élus ont fait une aubaine, en réinventant la ville non plus en l’étalant, mais en la grandissant. Dans les années 1890, le premier gratte-ciel y fut construit, le Monadnock Building. En 1893, Chicago célébrait son renouveau en accueillant l’Exposition Universelle. A l’inverse, alors qu’elle a formé quelques uns des grands architectes du Nouveau Monde, l’Europe, et la France en particulier ont toujours eu, à l’égard des tours, une relation ambiguë.

La grande hauteur est certes aujourd’hui plus présente dans le débat architectural et économique, mais elle existe peu, hormis dans quelques îlots du territoire. Si, à La Défense, les tours font désormais partie du paysage – encore que celles voulues par Hermitage fassent, pour d’autres raisons aussi, beaucoup grincer des dents -, elles sont toujours loin de faire l’unanimité. Les récentes levées de bouclier contre des tours en centre-ville – Toulouse, qui verra bien le jour, ou Grenoble, qui est tombée aux oubliettes – le montrent. Le plafonnement à 37 mètres à Paris (avec des dérogations dans certaines Zac) limite les ambitions.

Pourtant, que la tour peut être belle – et « durable » ! Et s’envisager non pas seulement comme un objet froid, mais un ensemble élégant, qui peut accueillir de multiples fonctions. Atout non négligeable, la tour peut s’accommoder de parcelles assez modestes et s’insérer dans des îlots plus historiques. Pourquoi alors ne pas s’inspirer – pour une bonne raison cette fois – de ce qui se réussit ailleurs ? Certains aménageurs y réfléchissent, dit-on.  Mais à la veille des municipales – et nous sommes toujours à la veille d’une élection – il semble que les élus, eux, y sont moins prêts.

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Jean-Baptiste Favier

le 12/11/2019

Commerce et logistique, un mariage de raison

Alors que le Mapic ouvre ses portes aujourd’hui, le traditionnel rendez-vous cannois pour tous les professionnels de l’immobilier de commerce donnera, une fois de plus, la part belles aux innovations dans ce secteur ô combien touché par la technologie, exigence du client oblige.

Inutile de le prouver par A+B, la consommation en ligne porte la croissance et a même pris l’avantage sur le commerce classique dans certains domaines (high-tech pour n’en citer qu’un). Alors au moment où ce phénomène a pris de l’ampleur, nombreux jouaient les prédicateurs apocalyptiques, annonçant la mort du commerce physique et préparant déjà la couronne mortuaire. Puis, on s’est rendu compte que le « tout digital » ne suffisait pas à satisfaire la demande des clients : commander en ligne, d’accord ; se faire livrer chez soi, super ; mais avoir un lieu physique pour « vivre une expérience avec le produit » ou encore tout simplement avoir une autre option de livraison (près du bureau, par exemple), c’est encore mieux !

Et s’est ainsi créée une sorte d’alchimie nécessaire, vitale, une corrélation naturelle entre l’immobilier de commerce et celui de la logistique… via la supply-chain. C’est ce que pointe la dernière étude de JLL, pour qui « la stratégie omnicanale accélère le développement d’une logistique et d’une supply chain nouvelle génération, générant des opportunités et des défis importants tant pour les enseignes que pour les promoteurs immobiliers et les investisseurs »…

Véritable « avantage concurrentiel » qui pourrait permettre de « créer de la valeur au sein d’un environnement très compétitif », cette fameuse « supply-chain » reste, toutefois, un défi de taille. Pour le comprendre, il suffit de le résumer à ce postulat : faire coïncider le « temps long » de l’immobilier logistique – ses baux, ses temps de construction… – et celui du transport – ses aléas, ses coûts… – avec la demande – fluctuante, capricieuse et difficilement prévisible – du consommateur en ligne. Aussi, la société de conseil y voit de nouvelles opportunités pour les investisseurs, pour peu que ceux-ci prennent bien en compte les exigences des enseignes – « les actifs ou les emplacements qui ne répondent pas aux exigences des enseignes et des consommateurs deviendront désuets » met en garde JLL. Pour cela, plusieurs points de vigilance : « devenir un des opérateurs immobiliers à l’écoute de leur client en vue de développer les services adéquats » ; « changer la façon d’évaluer l’immobilier commercial » (la société de conseil met en avant la valeur immatérielle et de services d’une marque) ou encore « intégrer le développement durable aux vues des réglementations qui deviendront plus rigoureuses ». Tout un programme pour les investisseurs, à qui l’on souhaite bon courage !

Portrait

Chargement