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Yves Ferré (Alex Bolton) : « si simple de supprimer temporairement le droit de préemption »…

ActualitésBureaux

le 02 Avr 2020

alex_bolton_Julien_Cresp

« Les collectivités locales sont autorisées à décaler l’instruction du droit de préemption pour cause d’urgence sanitaire jusqu’au 25 juin à minima ! » rappelle Yves Ferré, « ce qui veut dire que les actes de ventes seront décalés après l’été » souligne le président-fondateur de la société de conseil Alex Bolton.

Or, « dans un contexte où les signatures de promesses sont déjà actuellement exceptionnelles, les actes ne pourront (sauf si les promesses sont déjà purgées) être délivrées avant le mois de septembre… ». Du coup, « le chiffre d’affaire des agences immobilières, qui se réalisent à la vente… risque d’être quasi nul d’ici septembre prochain »… Ce qui fait dire au conseil qu’« il aurait été si simple, pour cause d’urgence sanitaire, de supprimer temporairement le droit de préemption des collectivités locales ». Et de préciser qu’Alex Bolton « a une large part de son chiffre d’affaires sous promesse à signer d’ici juin et le report est très incertain »… Bref, « la situation est déjà complexe et, en la matière, les pouvoirs publics semblent la complexifier un peu plus… ».

Thierry Mouthiez

Directeur de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 16/03/2022

Un ministre et rien d’autre !

L’absence d’un titulaire du portefeuille du Logement est révélatrice de bien des aspects de la France contemporaine : d’abord, elle montre combien libéraux et interventionnistes sont d’accord sur un seul point : il (leur) faut un ministre (on lira à ce sujet le « Point de vue » de Philippe Pelletier). Tous les professionnels, comme les analystes, même ceux qui réclament à grands cris moins d’État ont communiqué leur frustration, voire leur colère à l’énoncé de la nouvelle équipe gouvernementale.

Logiquement, les partisans d’une action publique forte en cette matière ont entonné le même lamento. Il est donc probable que le remaniement post législatives fasse apparaître un ministre délégué ou un secrétaire d’État affecté au Logement et attribué à un rallié de la majorité sortie des urnes (si c’est le cas).

Mais cette absence est surtout le signe d’un phénomène que nous avons déjà évoqué (on le retrouve d’ailleurs dans notre série documentaire de podcasts « Ma vie de ministre du Logement ») : quand le chef de l’État, ou à tout le moins, la Première ministre (qui, au début de sa carrière dans le cabinet de Lionel Jospin avait portant le logement dans ses attributions — mais c’est à l’époque Serge Contat qui suivait spécifiquement les questions de logement —), ne s’intéressent pas au sujet, celui-ci est relégué dans les questions techniques… que le politique néglige. Et ce désintérêt se traduit immédiatement par des conséquences budgétaires : Bercy en profite comme au début du précédent quinquennat. Il n’est donc pas impossible que nous vivions un scenario du même type que la diminution forcée des APL, il y a cinq ans ; cette fois, c’est le blocage des loyers qui se profile à l’horizon. Personne n’ignore les effets dévastateurs, à terme, d’une telle mesure. Mais c’est une des rares dispositions qui ne coute rien — en apparence et au début — au budget de l’Etat, ce que, même en période de « quoi qu’il en coûte » est délicieusement apprécié par le grand argentier. Ajoutons que ce blocage est populaire (il y a beaucoup plus de locataires que de bailleurs) : il n’est donc pas impossible qu’Amélie de Montchalin (qui a fini par revendiquer ce sujet parmi ses attributions) ou mieux, son ministre délégué ait à défendre, demain, cette mesure qui devrait, elle aussi, réaliser la quasi-unanimité des acteurs contre elle…

Portrait

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