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Adrien Blanc (Altarea Entreprise) : « la restructuration créative représente plus de 50 % de notre activité sur le territoire français »…

InterviewsBureaux

le 26 Mar 2020

22 édition des Pierres d'Or au Trianon le 29 janvier 2020

Nous poursuivons la mise en ligne des « trois questions à… », issus de notre dernier magazine « spécial Mipim » avec, aujourd’hui, Adrien Blanc, président d’Altarea Entreprise, lauréat de la « Pierre d’Or Promoteur 2020 », décernée lors de la 22ème édition des « Pierres d’Or » qui s’est tenue le 29 janvier dernier.

Quels sont les nouveaux programmes tertiaires en cours ?

Nous menons plusieurs programmes tertiaires, qui s’achèveront pour la plupart cette année. Il y a évidemment notre nouveau siège: 30000 m2 de bureaux, modernes et spacieux, rénovés par Wilmotte & Associés, qui accueilleront nos collaborateurs à partir du deuxième trimestre 2020.

Nous travaillons également sur deux programmes emblématiques, « Bridge » et « Issy Cœur de Ville », à Issy-les-Moulineaux. J’en profite, d’ailleurs, pour louer le partenariat noué avec le maire et les élus. Le premier programme, pensé par Jean-Paul Viguier et Associés, accueillera le nouveau siège social monde d’Orange, sur une surface totale de 57000 m2. Le second, dans le futur écoquartier Issy Cœur de Ville, se compose de trois immeubles de bureaux d’une superficie de 40 000 m2, vendus à CNP Assurances. Ils y installeront leur siège à horizon 2022. À La Défense, nous allons livrer « Eria », un immeuble de 26000 m2 de bureaux et « Landscape », dont nous sommes copropriétaires avec Goldman Sachs. Ce dernier, un projet de 70000 m2, proposera des espaces exceptionnels et flexibles, ainsi qu’un programme d' »hospitality management » pensé pour faciliter la vie de ses occupants. Sera installée une offre de restauration inédite à La Défense, avec comme idée directrice d’inviter Paris à La Défense : on y retrouvera des enseignes très appréciées des Parisiens (Fuxia, King Marcel, Christophe Michalak…).

Enfin, L’emLyon Business School nous a choisi comme promoteur de son futur « Early Makers Hub ». Premier projet de notre groupe dans le secteur de l’éducation, conçu avec Philippe Chiambarretta, il se veut particulièrement créateur de valeur d’usage.

Comment répondez-vous aux (nouvelles) demandes des utilisateurs ?

Nous avons de fortes convictions en immobilier tertiaire: un emplacement « prime », une exigence architecturale forte, une ouverture sur la ville, l’intégration des nouveaux usages tant dans les espaces extérieurs qu’intérieurs. Ces convictions se traduisent sur l’ensemble de nos opérations et répondent parfaite- ment à la demande du marché et à celle, diverse, des utilisateurs ; nous prenons en compte chaque besoin. Si l’on prend l’exemple de « Landscape », nous avons dû revisiter les codes afin que l’humain, quel que soit son statut dans l’entreprise, soit placé au cœur du projet et bénéficie d’espaces très qualitatifs. Ce qui se traduit notamment par des espaces double hauteur, des espaces extérieurs ou encore des espaces de coworking. Ainsi, 7 000 m2 sont dédiés aux services destinés à faciliter la vie des utilisateurs. Nous nous assurons de construire des immeubles agiles et flexibles pour qu’ils puissent accueillir des concepts qui

n’existent pas encore. Il y a également le futur siège d’Orange, « Bridge », où nous sommes co-investisseur, concepteur et développeur. Il a été imaginé selon une nouvelle vision du bureau de demain, au service du bien-être des utilisateurs et en fonction des nouveaux modes de travail. L’objectif, ici, est d’offrir la meilleure expérience salarié qui soit.

Quelles initiatives en matière de construction, notamment en matière de construction bois ?

Dans une société où il devient nécessaire de mesurer notre impact environnemental, le bois apparaît comme l’un des matériaux qui va tendre vers la neutralité carbone. Pour exemple, Pitch Promotion, en co-promotion avec OSAE, est actuellement en cours de réalisation de « NeyWork », un immeuble de bureaux d’une superficie de 6 350 m2 et 64 % du bâti est fait avec du bois.
Enfin, notre groupe préfère réaliser des restructurations, comme ce fut le cas sur le projet « Kosmo » ou encore sur le projet « Landscape », plutôt que de détruire les bâtiments existants, puis les reconstruire. Au-delà de notre excellence environnementale et sociale des programmes tertiaires neufs ou rénovés, nous apportons une réelle réflexion innovante sur la structure et le fonctionnement général de nos constructions. Aujourd’hui, la restructuration créative représente plus de 50 % de notre activité sur le territoire français.

La rédaction d'immoweek

Édito
par Thierry Mouthiez

le 30/03/2020

Délicate anticipation…

Anticiper n’est jamais aisé, d’autant plus en pleine crise sanitaire mondiale. Mais tout comme les pouvoirs publics commencent à se pencher sur l’après-confinement, tant d’un point de vue physique qu’économique, dans ce dernier cas à coups de milliers de milliards de dollars, d’euros…, les acteurs des marchés immobiliers doivent aussi se pencher sur leurs stratégies de l’après… De ce point de vue, les études et autres analyses des acteurs des marchés immobiliers que nous publions quotidiennement (et vous êtes, chaque jour, plus nombreux à nous lire) constituent autant de pistes…

Ainsi, BNP Paribas Real Estate a récemment fait valoir, dans une note sur l’impact de la crise sanitaire sur le marché immobilier français, qu’il « est aujourd’hui difficile d’établir une projection économique à court terme et d’évaluer, ainsi, l’impact sur la croissance économique de l’épidémie et de ses mesures associées pour l’année 2020 ». Cependant, le conseil souligne qu’en matière de bureaux, « même s’il existe une forte disparité suivant les secteurs, l’offre est globalement maîtrisée en France. Peu de risque de forte progression de la vacance à très court terme. Seuls les marchés déjà sur-offreurs pourraient connaître un réajustement à la baisse des valeurs locatives en cas de prolongement du confinement. De son côté, le volume des transactions devrait être impacté par le recul de plusieurs pans de l’économie. Certaines signatures vont se maintenir, mais être décalées dans le temps »…

Pour ce qui concerne les entrepôts, en ce temps de confinement et de recours massif à l’e-commerce, la « supply chain » est devenue un maillon essentiel de l’économie. Ce qui fait dire à Jean-Claude Le Lan, président d’Argan, dans nos colonnes, qu’« il faut que la vie économique puisse continuer. Et à cet effet, les entrepôts sont incontournables ». Bref, cette classe d’actifs qui avait déjà, depuis quelque temps, la faveur des investisseurs face à une demande en constate hausse, devrait la conserver…

Ce qui ne semble pas, pour l’instant et logiquement, le cas de l’immobilier commercial. BNP Paribas Real Estate précise, à propos de ce sujet, que « pour la troisième fois consécutive en 14 mois, les commerces français sont à nouveau frappés par une crise d’ampleur, sanitaire cette fois-ci après l’épisode des gilets jaunes en 2018 et les grandes grèves de décembre 2019 contre le projet de réforme des retraites. La fermeture des commerces physiques non alimentaires depuis le 15 mars, a fortement pénalisé de nombreuses enseignes. La vente à distance leur est alors essentielle pour garantir la continuité d’une activité commerciale significative. D’autre part, la gestion des baisses de chiffre d’affaires liées au ralentissement de la demande et le maintien d’une trésorerie pour la reprise seront déterminantes pour les enseignes ». Cependant, le conseil estime que « ces baisses, voire arrêts de fréquentation devraient laisser place à un retour à la normale assez rapidement dès la fin du confinement »… Mais, visiblement, les investisseurs ont du mal à l’anticiper.

S’agissant, en particulier, des centres commerciaux, nous avons eu l’occasion de l’évoquer à plusieurs reprise, un bon indicateur est représenté par l’évolution du titre de la foncière Unibail-Rodamco-Westifield (URW), tout simplement parce qu’il s’agit d’un leader mondial, au patrimoine « prime » s’il en est.

S’agissant d’une valeur cotée, il convient de noter les propos de Xavier Lépine dans une récente chronique. Le président de La Française soulignait que « coté valeurs mobilières, la rapidité des baisses de valeurs tant des actions que des obligations a été quasiment sans précédent, à l’exception de mémoire d’investisseur « moderne », celle d’octobre 1987… dans un monde beaucoup moins financiarisé. La chute de 2008 a été encore plus importante, mais un peu plus étalée dans le temps »… Surtout, « la discrimination s’est, en premier lieu, portée sur la liquidité possible des actifs et, en deuxième lieu, sur la perception de l’impact de cette crise par secteur : évidemment la santé, les télécoms, l’économie digitale étant moins affectés que la grande distribution physique, le tourisme ou le transport, sans compter les banques, les foncières de commerce.

Citons, par exemple, URW dont le rendement du dividende 2020, après une annonce de baisse temporaire de 50 %, est de 8 %, une capitalisation boursière qui a chuté à 8,7 milliards d’euros pour un patrimoine immobilier, y compris endettement, de 60 milliards. Les valeurs de dividendes/cours, même avec quelques trimestres de vaches maigres qui entraîneraient une baisse durable du dividende de… 30 %, ne justifient pas une telle décote »…

Tandis que les pouvoirs publics incitent aujourd’hui les entreprises à « la plus grande modération » dans le versement de dividendes en 2020, URW divisait de moitié le sien. Une sage décision, visant à privilégier le long terme au court terme. Mais loin de considérer les fondamentaux du groupe et sa stratégie, la Bourse, qui d’habitude se fait une règle de l’anticipation, l’a d’évidence oubliée. Pour l’instant…

Portrait

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