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Alain Dinin : « mes objectifs pour la nouvelle gouvernance de Nexity »

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le 29 Mar 2019

Info immoweek

Alain Dinin est une figure « à part » du monde de la pierre : il affirme d’ailleurs, mi-sérieux mi-moqueur, dans le vaste bureau où il nous reçoit et où l’on découvre (presque) tout Paris : « je ne suis pas un homme de l’immobilier ». A la tête de Nexity depuis près de vingt ans, il a fait de la maison dont il est un des principaux fondateurs, le leader que l’on sait avec un chiffre d’affaires dépassant les 4 milliards d’euros, en intégrant la diversité des métiers, l’irruption des services, la digitalisation, la création d’une structure « non profit ». Bref, ce grand pro, couronné bien logiquement d’une « Pierre d’Or » et d’un « Trophée Logements et Territoires » (entre autres !), n’a pas chômé : à le voir, vif et bougonnant comme à son habitude, on l‘imagine assez mal d’ailleurs ne rien faire. Mais, à 68 ans, il veut passer à une autre étape dans la vie de l’entreprise. Il en dit plus sur ses intentions et sur l’organisation de la nouvelle gouvernance du groupe.

Où en est Nexity aujourd’hui ?
Notre groupe a doublé de taille en 5 ans, en terme de chiffre d’affaires comme de résultat (le chiffre d’affaires du groupe était, en 2013, de 2,37 milliards d’euros et le résultat net, de 100 millions d’euros, NDLR). Nexity est devenu le premier groupe immobilier français intégré intervenant sur l’ensemble des métiers de la promotion et des services immobiliers : l’immobilier résidentiel, bien sûr, mais aussi l’immobilier d’entreprise, les services immobiliers aux particuliers et aux entreprises. Et le groupe est au service de trois types de clients : les clients particuliers, les entreprises et les investisseurs, ainsi que les collectivités locales. Cette diversité d’intervention est un atout majeur de l’entreprise et nous en avons mené la transformation en une véritable plate-forme de services : je le dis souvent, notre valeur ajoutée, c’est l’intégration. En plus de tout cela, et des résultats qui en découlent, notre souhait est de faire de Nexity une entreprise à mission d’intérêt collectif.

Que signifie « entreprise à mission d’intérêt collectif » ?
Cela veut dire, très profondément, qu’au-delà de la fonction lucrative, dont nous sommes collectivement responsables vis-à-vis de nos actionnaires, nous avons, en tant qu’intervenant majeur du secteur, une forme d’utilité sociétale, pour tout le pays et que notre engagement vis-à-vis des collectivités territoriales est un élément essentiel de notre activité. Nous ne sommes pas – ou plus – un « fabricant de logements ou de bureaux », mais une entreprise utile aux habitants, aux salariés, aux communes concernées. La création de Nexity non profit, qui déposera cette année 600 permis de construire pour créer des logements en pension de famille, est un sujet passionnant et motivant. Nous sommes ainsi devenus, en très peu de mois, un des premiers contributeurs de cette production ! Cette mission, j’en ai pris progressivement conscience et je crois qu’elle est aujourd’hui plus essentielle que jamais. D’où les décisions que j’ai prises concernant la gouvernance du groupe.

Quelles sont ces décisions et en quoi vont-elles apporter des changements ?
Il me semble qu’aujourd’hui, ma valeur ajoutée pour l’entreprise est de traiter de ces sujets fondamentaux avec tous nos grands partenaires, élus et acteurs ; que j’aurai plus d’utilité pour le groupe en me consacrant à l’essentiel. Je vais donc proposer aux instances de Nexity de me nommer en tant que président du conseil d’administration, à compétence étendue.

C’est-à-dire…
Je définirai directement les enjeux stratégiques, mais aussi je continuerai à représenter le groupe au plus haut niveau, auprès des grands clients comme des pouvoirs publics (on se souvient de la lettre ouverte d’Alain Dinin au Président de la République et au Premier ministre où il affirmait : « si votre gouvernement ne corrige pas très rapidement les choix faits en matière de logement, d’ici 20 ans, plus de 10 millions de personnes n’auront pas accès à un logement décent ou adapté et pour certains pas de logement du tout. Il est urgent d’agir !» NDLR). Toujours dans ce sens, je suivrai également la communication externe et interne ; je validerai le budget et présiderai le Comité d’investissement qui sera rebaptisé Comité stratégique et des investissements ; je veillerai de près au respect des principes de la responsabilité sociétale d’entreprise et environnementale… Il me reviendra donc de définir les grands axes d’action, mais je n’aurai plus à m’occuper de la gestion quotidienne du groupe, fonction qui est particulièrement chronophage.

Qui sera donc chargé de cette partie directement exécutive ?
Nous allons donc logiquement modifier en ce sens la gouvernance du groupe. Jean-Philippe Ruggieri, aujourd’hui directeur général délégué en charge du client particulier, deviendra directeur général. Il dirigera avec trois directeurs généraux délégués qui sont, comme lui, actuellement aux responsabilités et qui connaissent bien l’entreprise, ses enjeux et ses objectifs : Julien Carmona, en charge du client interne, Véronique Bédague, aujourd’hui en charge des clients entreprises et collectivités, et Frédéric Verdavaine, en charge du client particulier. Les mandataires sociaux demeurent Jean-Philippe Ruggieri et Julien Carmona. Mais cette réorganisation va s’étendre à d’autres structures dans l’entreprise : nous allons accueillir à nouveau Fabrice Aubert (maître des requêtes au Conseil d’Etat, qui quitte son poste de conseiller au cabinet du Président de la République NDLR), mais aussi réorganiser notre direction de la communication. Et d’autres encore.

Pourquoi une telle décision maintenant ?
J’aurai pu, en effet, poursuivre mes fonctions actuelles pendant deux ans encore. Je suis en bonne forme (on approuve en écoutant Alain Dinin, NDLR), mais je ne supporte pas l’idée d’être « indispensable ». Personne ne m’a rien demandé et j’ai pris cette décision en connaissance de cause et je dirai même, avec joie. J’agis en homme responsable et j’ai la responsabilité de 10 000 personnes travaillant pour le groupe ! Mais il m’a semblé d’abord, comme je vous l’ai déjà dit, que je pouvais être plus utile dans des fonctions de conception, de définition des grands axes et de représentation. Ensuite, ma responsabilité dans le cadre de l’action de concert représentant 20 % du capital (constitué par les salariés actionnaires, Arkéa et moi-même) justifie mon implication totale à long terme. Mais aussi, car je crois que la situation actuelle de l’entreprise permet une telle mutation. Nous avons, en effet, devant nous un carnet de commandes bien rempli, les perspectives sont excellentes et les engagements que nous avons pris jusqu’à 2021 seront tenus. C’est donc le moment où jamais. Et puis, il n’est pas interdit de surprendre dans la vie. Enfin, il est utile de rappeler que ces décisions doivent être ratifiées le 22 mai par l’assemblée générale des actionnaires de Nexity. C’est à ce moment-là seulement que la nouvelle gouvernance sera véritablement en place. Et je vais vous faire une confidence : ça va marcher… encore mieux ! ».

Alain Dinin en 5 dates
1951 : naissance à Boulogne-Billancourt
1979 : chez Férinel, devenu en 1989 groupe George V (CGIS)
1996 : administrateur-directeur général de la CGIS
2004 : PDG de Nexity
2019 : président du conseil d’administration de Nexity

Nexity en 5 chiffres
CA 2018 : 4,11 milliards d’euros
EBITDA : 523 millions d’euros
Résultat net : 198 millions d’euros
Backlog promotion : 4,5 milliards d’euros
Objectif 2018-2021 : + 10 % / an CA et EBITDA

Pascal Bonnefille

Directeur de la publication

Édito
par Jean-Baptiste Favier

le 23/01/2020

Visibilité internationale pour le luxe « à la Parisienne »

Encore une bonne nouvelle pour le marché parisien. Nous avons pu évoquer dans nos colonnes – et pas plus tard que dans l’édito d’hier – la très bonne santé du marché tertiaire au cours de l’année 2019. Et bien, il en est de même pour le marché résidentiel du luxe de la Capitale qui, selon Barnes, fait tourner les têtes des plus riches fortunes mondiales.

Une « surprise » pour la société de conseil spécialisée dans l’immobilier résidentiel de luxe : « Paris est devenue, l’an dernier, la ville préférée par les clients internationaux pour investir dans l’immobilier, devant New York, Tokyo, Los Angeles et Hong Kong ». Et ce, malgré la crise des gilets jaunes, les grèves et les difficultés de circulation, entre autres freins cités par Barnes dans son « Global Property Handbook 2020 ».

Pour Thibault de Saint Vincent, président de la société, « Paris allie intérêt historique et touristique et jouit d’une bonne santé économique ». Sont également mis en avant une offre « de grande qualité dans la quasi-totalité de[s] arrondissements [de la Capitale] » – offre de luxe s’entend – « avec des immeubles en pierre de taille typiques de l’histoire de la ville ». L’Haussmannien fait vendre, donc. Et l’histoire rattachée au « vieux continent » aussi. Et la barre symbolique des 10 000 euros du mètre carrés dépassée cette année n’a pas refroidi les ardeurs des « high-net-worth individuals ». « Dans le très haut de gamme, de plus en plus de ventes approchent, voire dépassent, une autre barre symbolique : celle des 30 000 euros le mètre carré  » ajoute Thibault de Saint Vincent.

Alors, pour ces fortunes internationales, une offre à saisir rapidement et qui leur permettra – aussi – de participer à la régénération urbaine et architecturale de Paris : le bâtiment du 12, rue Oudinot, dans le très chic 7ème arrondissement, est à vendre aux enchères. Et son adjudication démarre à 14h ! Il s’agit d’un ensemble de plus de 1 500 m2 (sur une parcelle de 2 032 m2) donnant sur rue, dont la façade – murée – est très dégradée. Il abrite toutefois une belle surprise : derrière la bâtisse se cache une maison de campagne de près de 600 m2 datant de la fin du 19ème, dans un jardin privatif de 950 m2. L’un comme l’autre nécessitent d’importants travaux estimés à environ 10 millions d’euros. « Le Figaro » indique que le vendeur, un marchand de biens néerlandais, espère tirer de cette vente plus de 20 millions d’euros ; une somme qui « lui permettrait de rembourser une partie de sa dette de 35,5 millions d’euros (sans les intérêts) qu’il doit à la banque américaine JP Morgan, selon le cahier des conditions de vente ». La banqueroute des uns faisant le bonheur des autres…

Portrait

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