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Olivier Colonna d’Istria (Socfim) : « la « banque des promoteurs » devient « la banque immobilière »

InterviewsFinance & Bourse

le 13 Mar 2019

Discrète et pourtant très présente dans le monde de l’immobilier, la Socfim, est, depuis 25 ans, la banque des promoteurs. Au lendemain de l’annonce de l’absorption de Crédit Foncier – dont elle est une filiale – par le Groupe BPCE, son président, Olivier Colonna d’Istria revient sur les perspectives du groupe.

Pourriez-vous dresser un portrait de la Socfim ?

Créée en 1993, la Socfim est l’établissement leader sur le marché des prêts aux promoteurs, avec environ entre 20 et 25 % de parts de marché et 6,5 milliards d’euros d’engagements. Nous accompagnons près de 99 % des grands promoteurs et plus d’un tiers des promoteurs multirégionaux. Ceci représente, en stock, 60 000 logements et 1,5 million de mètres carrés d’immeubles tertiaires, soit 19 milliards de chiffre d’affaires à la vente. Nous finançons en général les opérations dont la taille débute à environ 5 millions d’euros et peut aller jusqu’à 300 millions d’euros. Nous sommes par exemple présents aux côtés des opérateurs de Sully-Morland, Grand Central, ou, dans le cadre des concours comme Inventons la Métropole du Grand Paris, sur « Les Lumières Pleyel », le projet porté notamment par Sogelym Dixence. En prolongement de cette activité de financement, la Socfim délivre l’ensemble des garanties nécessaires au développement des projets – comme les cautions fiscales par exemple – et intervient également au-delà du seul financement, dans le développement des besoins de type corporate des entreprises du secteur de l’immobilier.

Qu’est ce qui fait votre différence ?

L’un de nos points forts est d’avoir, au cours de ces années, instauré un climat de confiance et de proximité avec nos clients, ce qui nous conduit aussi parfois à accompagner leurs innovations. Ce fut le cas tout récemment avec un soutien à des opérateurs de crowdfunding ou à des spécialistes de la transformation d’immeubles. Nous sommes en permanence à la recherche de nouvelles solutions : par exemple, nous travaillons avec HabX à la création d’une plateforme de financement de la promotion à travers ce modèle HabX.

L’année 2018, qui a vu l’annonce de l’extinction du foncier dont vous étiez une filiale, fut une année un peu particulière…

L’année 2018, fut d’abord pour nous une très belle année, avec 2,9 milliards d’euros d’engagements contre 2,3 milliards en moyenne les années précédentes. Il est vrai aussi que notre actualité fut et est marquée par l’arrêt des activités de Crédit Foncier. Dans ce cadre, deux évolutions importantes sont à venir pour la Socfim : d’une part, son rattachement direct à BPCE et, d’autre part, la reprise de l’activité de financement des foncières et autres opérateurs long terme jusqu’alors assurée par le Foncier. Aux prêts de 24 à 36 mois jusqu’alors octroyés pour des programmes de logements, s’ajouteront des crédits à plus long terme qui permettront de financer des projets mixtes ou tertiaires. Un certain nombre d’opérations entrant sur cette ligne d’activité seront annoncées au Mipim, mais on enregistre déjà près de 150 millions d’euros générés par cette seule nouvelle activité.

Ceci implique des évolutions au sein de vos équipes ?

Les équipes seront étoffées pour répondre à l’ensemble de ces projets : nous sommes aujourd’hui 80 personnes et devrions atteindre un effectif de 100 personnes à la fin de cette année. Par ailleurs, ces changements nous ont conduit à faire évoluer aussi notre communication : nous venons juste de changer notre logo et notre « baseline » -qui était « la banque des promoteurs »- pour celle de « banque  immobilière ».

Quel est l’intérêt pour la Socfim d’intégrer cette activité en direction des foncières ?

Nous couvrirons grâce à elle l’ensemble de la demande des opérateurs quand nous ne pouvions, jusqu’alors, pas financer des opérations long terme. Ceci répond à un vrai besoin, alors que les opérations immobilières sont de plus en plus complexes et longues. Le raisonnement est celui d’une logique « client », un client auquel nous pouvons, grâce à cette nouvelle activité, apporter une solution. Les nouveaux comportements des ménages comme des entreprises entraînent la conception de nouveaux produits – immeubles transformables, coliving, logements multi générationnels – que nous serons à même d’accompagner. Une autre des raisons pour lesquelles il nous a semblé important d’exercer désormais cette double activité est le fait que le meilleur moyen d’être sûr qu’un bien verra son usage se perpétuer est que celui qui concevra le bien sera celui qui l’exploitera.

Quelles conséquences pour votre modèle économique ?

Ceci se traduira par une forte hausse des encours gérés, puisque nous devrions très vite atteindre le nombre de 10 milliards d’euros. Ceci rééquilibrera par ailleurs la typologie des actifs financés : nous sommes pour l’heure financeurs à 70 % de projets de logements ; avec cette activité, cela devrait changer.

Quel regard portez-vous sur les marchés logements et bureaux ?

En 2019, le marché devrait être moins dynamique même si le début de l’année, fut, lui, plutôt intense. Le ralentissement attendu l’est surtout pour le logement, avec une baisse probable de la production de l’ordre de 5 % dans les deux ans qui viennent. Nous n’avons cependant aucune inquiétude sur le marché du résidentiel dans un contexte où les taux ne devraient pas augmenter très vite. De plus, l’immobilier résidentiel ancien est un secteur qui fonctionne très bien, avec des valeurs certes élevées, mais de très belles opérations de revente pour lesquelles les investisseurs sont bel et bien présents.  Pour le neuf, en revanche, les prix restent trop élevés, en lien avec la hausse des prix des terrains, du coût de la construction et de celui des normes. Il faut donc travailler sur le prix de revient du logement neuf. Pour y parvenir, il faudrait agir sur le coût du foncier et celui de la construction.

Le marché des bureaux ne devrait pas connaître ce même ralentissement, les élus étant moins « réticents » s’agissant des immeubles tertiaires. Il faut toutefois observer ce marché avec vigilance, alors que les valeurs sont très fortes dans les secteurs prime, dans un contexte de demande elle aussi forte. Le moment est intéressant car nous sommes sur une rupture, avec une contradiction entre l’usage et la réalité qui oblige les acteurs à fonctionner différemment. Les marchés de la logistique et de l’hôtellerie sont, quant à eux, très dynamiques et nous sommes présents actuellement sur de beaux sujets. Pour l’heure le ralentissement ne se traduit pas dans nos chiffres, mais nous avons néanmoins prévu un budget prudent et anticipons 2,3 milliards d’euros d’engagements en 2019.

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Jean-Baptiste Favier

le 23/01/2020

Visibilité internationale pour le luxe « à la Parisienne »

Encore une bonne nouvelle pour le marché parisien. Nous avons pu évoquer dans nos colonnes – et pas plus tard que dans l’édito d’hier – la très bonne santé du marché tertiaire au cours de l’année 2019. Et bien, il en est de même pour le marché résidentiel du luxe de la Capitale qui, selon Barnes, fait tourner les têtes des plus riches fortunes mondiales.

Une « surprise » pour la société de conseil spécialisée dans l’immobilier résidentiel de luxe : « Paris est devenue, l’an dernier, la ville préférée par les clients internationaux pour investir dans l’immobilier, devant New York, Tokyo, Los Angeles et Hong Kong ». Et ce, malgré la crise des gilets jaunes, les grèves et les difficultés de circulation, entre autres freins cités par Barnes dans son « Global Property Handbook 2020 ».

Pour Thibault de Saint Vincent, président de la société, « Paris allie intérêt historique et touristique et jouit d’une bonne santé économique ». Sont également mis en avant une offre « de grande qualité dans la quasi-totalité de[s] arrondissements [de la Capitale] » – offre de luxe s’entend – « avec des immeubles en pierre de taille typiques de l’histoire de la ville ». L’Haussmannien fait vendre, donc. Et l’histoire rattachée au « vieux continent » aussi. Et la barre symbolique des 10 000 euros du mètre carrés dépassée cette année n’a pas refroidi les ardeurs des « high-net-worth individuals ». « Dans le très haut de gamme, de plus en plus de ventes approchent, voire dépassent, une autre barre symbolique : celle des 30 000 euros le mètre carré  » ajoute Thibault de Saint Vincent.

Alors, pour ces fortunes internationales, une offre à saisir rapidement et qui leur permettra – aussi – de participer à la régénération urbaine et architecturale de Paris : le bâtiment du 12, rue Oudinot, dans le très chic 7ème arrondissement, est à vendre aux enchères. Et son adjudication démarre à 14h ! Il s’agit d’un ensemble de plus de 1 500 m2 (sur une parcelle de 2 032 m2) donnant sur rue, dont la façade – murée – est très dégradée. Il abrite toutefois une belle surprise : derrière la bâtisse se cache une maison de campagne de près de 600 m2 datant de la fin du 19ème, dans un jardin privatif de 950 m2. L’un comme l’autre nécessitent d’importants travaux estimés à environ 10 millions d’euros. « Le Figaro » indique que le vendeur, un marchand de biens néerlandais, espère tirer de cette vente plus de 20 millions d’euros ; une somme qui « lui permettrait de rembourser une partie de sa dette de 35,5 millions d’euros (sans les intérêts) qu’il doit à la banque américaine JP Morgan, selon le cahier des conditions de vente ». La banqueroute des uns faisant le bonheur des autres…

Portrait

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