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Laurent Saint-Aubin (Sofidy) : « le monde de demain sera-t-il le monde d’hier ? »

Points de vueFinance & Bourse

le 06 Mai 2020

Dans un bilan du FCP Sofidy Sélection 1, le gérant actions immobilier Europe de Sofidy, Laurent Saint-Aubin, livre plusieurs pistes post-déconfinement. La situation est certes inédite, mais il propose d’orienter ses réflexions à la lumière des exemples historiques de pandémie. Pour lui, le principe d’une « économie sans contact » devrait prévaloir…

Sofidy Sélection 1 a repris 4,2 % en avril, contre +3,6 % pour son indice immobilier de référence (FTSE Epra/Nareit Eurozone capped). Sofidy Sélection 1 réduit, ainsi, sa baisse à -12,1 % depuis le début de l’année (et -3,3 % sur un an glissant) contre, respectivement, -23,7 % et -16,75 % pour son indice de référence.

La remontée de Sofidy Sélection 1 en avril tient, avant tout, aux titres de portefeuille exposés à l’immobilier alternatif, non présents dans l’indice : stockage pour les particuliers (Shurgard), entrepôts logistiques (Segro, VIB Vermoegen, VGP), résidences étudiantes sur lesquelles nous avons ré-augmenté l’exposition jugeant que la baisse était excessive par rapport aux solides perspectives structurelles du segment (Unite), foncières technologiques (Equinix, Cellnex). Par ailleurs, le portefeuille a tiré profit de son absence d’exposition à certaines valeurs de commerce (Carmila, Lar Espana, IGD) et à des foncières de bureau non « prime » (Icade, Intervest, CA Immo).

Nous conservons des liquidités voisines de 9 % qui pourront nous permettre d’être actifs en cas de creux de marché dans un environnement de volatilité toujours élevée.

L’étape du déconfinement partiel en Europe dans laquelle nous entrons maintenant doit nous conduire à réfléchir sur les impacts sur l’immobilier dans la vie d’après. Les exemples historiques de pandémie (peste noire au XIVème siècle, grippes espagnole, puis asiatiques au XXème siècle) peuvent nous orienter même si une réponse immédiate à la question de ce à quoi ressemblera le monde de demain relève largement de l’ordre de la croyance.

On pourra, néanmoins, tirer de l’histoire quelques points communs quant à la situation post épidémique : changement dans les relations sociales et remise en cause des élites passées, concentration de l’économie sur les acteurs les plus forts pré-crise (logique malthusienne), reconcentration de la production au niveau local ou régional et réduction du commerce international. De plus, on pourrait pointer un phénomène nouveau qui est la probable mise en œuvre massive d’une économie du sans contact (robotisation/usage accéléré du commerce électronique, développement du télétravail) déjà engagée depuis longtemps.

La traduction immobilière de ces tendances conduirait à une moindre demande de surfaces de bureaux (extension du travail « nomade » à l’ensemble des actifs qui affectera les zones périphériques) et à une concentration de nos échanges avec le monde par le biais du numérique, avec pour conséquences la hausse de la demande de data centers et la remise en question du modèle du commerce physique existant jusqu’alors. A l’inverse, on assisterait à l’accélération de la montée en puissance du commerce électronique et de la demande d’entrepôts additionnels.

Dans l’attente d’y voir plus clair, il peut être également opportun, dans notre domaine, de mesurer la nécessité et l’utilité sociale des actifs immobiliers qui nous entourent et de les surpondérer : le logement, y compris les résidences étudiantes, structures d’accueil de personnes âgées, stockage ; de même que des immeubles conçus pour les services publics figurent certainement en tête de la liste. Cette conviction nous conduit, par exemple, à conserver une ligne supérieure à 4 % de Sofidy Sélection 1 dans la foncière scandinave SBB.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Catherine Bocquet

le 24/11/2020

Transition énergétique : « doit mieux faire », dit le Haut Conseil pour le Climat à la France

La France ne va pas assez loin ni assez vite dans sa politique en faveur de la transition énergétique. C’est le constat que pose le Haut Conseil pour le Climat (HCC) présidé par la climatologue Corinne Le Quéré dans un rapport qui vient d’être remis à la ministre de la Transition Ecologique, Barbara Pompili.

Alors, certes, le HCC concède  que « l’effort de transition » dans notre pays est « déjà en route », mais il dit surtout que celui-ci doit s’accélérer. Pour cela, le Conseil considère que seule la bonne volonté ne suffira pas et que, si l’axe  « rénovation énergétique » traduit dans le plan France Relance est une bonne idée, des moyens autrement plus significatifs devraient y être consacrés. Se référant notamment au « bon élève »  en la matière qu’est la Suède (le seul pays à avoir réussi une décarbonation quasi-totale du secteur des bâtiments) , le HCC préconise à la France de s’en inspirer, avec une stratégie en trois points : une bonne efficacité énergétique des bâtiments, en particulier via une construction neuve performante ; la décarbonation des vecteurs énergétiques pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire, via notamment le développement massif et continu des réseaux de chaleur en milieu urbain et péri-urbain et, enfin, l’évolution du parc de bâti afin d’éradiquer les situations de précarité énergétique (les fameuses « passoires thermiques »). Les moyens qui devraient être consacrés à ces objectifs sont autrement plus colossaux que ceux engagés aujourd’hui. « La massification de la rénovation énergétique nécessite d’accroître fortement et de manière pérenne les montants investis par rapport aux tendances passées »  estiment les membres du Conseil qui affirment que l’investissement annuel total (public et privé) en rénovation énergétique, actuellement estimé à environ 13 milliards d’euros, devra être multiplié au moins par deux en quelques années. Pour soutenir cet effort, les dispositifs de soutien public, actuellement de l’ordre de 4 milliards d’euros, devront être quadruplés. Et de plaider, comme l’a proposé la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC) de compléter le dispositif public en fixant une trajectoire d’obligation de rénovation globale avec un fort soutien  financier des ménages modestes, « ceci dans une logique de justice sociale ». Ainsi, le Haut Conseil propose tout simplement de supprimer, d’ici trois ans, toutes les aides aux gestes individuels pour MaPrimeRénov’ et les certificats d’économie d’énergie (CEE), pour ne proposer que des aides « conditionnées à l’atteinte d’un niveau de performance (que l’aide soit globale ou qu’elle inclue un groupe de gestes cohérents avec un parcours global) et au recours à une assistance à la maîtrise d’ouvrage (AMO), qui doit devenir la clé de voûte du soutien public à la rénovation ». A noter que ce même HCC plaide aussi en faveur de l’éco-PTZ – dispositif qui peine à trouver son public et ses banquiers (litote) – pour augmenter son montant et sa durée en s’inspirant de l’exemple allemand (jusqu’à 120 000 euros sur 30 ans)…

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