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Édito
par Brice Lefranc

le 23/07/2019

Eloge de la méthode

Attention, ceci n’est pas un éditorial classique, mais un éloge de la méthode. Celle adoptée par trois entrepreneurs (deux au départ, plus un qui les rejoint) qui n’avaient plus rien à prouver dans leurs domaines d’excellence, pour prendre le pouvoir dans une filière qui n’était pas la leur, celle du bois construction. Soit précisément l’acquisition récente de 50 % de Woodeum Résidentiel par Altarea Cogedim ou le plus récent épisode d’une révolution qu’« Immoweek » vous fait suivre depuis ses débuts.

Il y a quatre ans, en effet, Guillaume Poitrinal, ex-plus jeune patron du Cac 40 chez Unibail-Rodamco d’une part, et Philippe Zivkovic, promoteur émérite, après quinze ans à la tête de BNP Paribas Real Estate, s’associaient pour développer la PME Woodeum et promouvoir le bois massif dans l’immobilier, en important d’Europe du Nord le Cross Laminated Timber ou CLT, solution constructive quasiment absente de France bien que mise au point au lendemain de la guerre à Nancy par l’équipe du génial ingénieur autodidacte Jean Prouvé, mais refusée par l’orthodoxie architecturale et réglementaire du tout béton dans la reconstruction : soit un come-back home discret après un long détour par l’Autriche qui déposa le premier brevet, puis l’Allemagne et les pays scandinaves. Le CLT revient chez nous et s’impose désormais comme une véritable innovation-rupture. Sa production industrielle commence tout juste en France, avec des essences domestiques. Il n’est jamais trop tard.

Le premier chantier de Woodeum, un village commercial à Aubergenville, dans les Yvelines, fut commandé en 2015 par Altarea Cogedim et son président fondateur Alain Taravella.

Quatre ans plus tard, ce même président et son groupe multi métiers (résidentiel, bureaux, commerce, logistique, hôtellerie) acquièrent 50 % de Woodeum Résidentiel, filiale conséquemment valorisée à 100 millions d’euros, d’un groupe Woodeum conservant en propre ses autres métiers. Ce n’est pas encore une Licorne, mais ce partenariat lui donne les moyens de son ambition, notamment 50 millions d’apports supplémentaires en compte-courant. Woodeum Residentiel devrait livrer 700 logements 100 % bois cette année (Altarea, de son côté, en aura livré 12 000 à la fin révolue de 2019, mais en matériaux traditionnels) et, progressivement, arriver à tripler ce nombre avant trois ans. Une création de valeur inédite dans la filière bois.

Ce faisant, Altarea ne fait pas qu’ajouter du bois à son offre de produits immobiliers déjà conséquente, une page de plus dans son catalogue, elle s’adjoint une marque. L’exploit de Guillaume Poitrinal et de Philippe Zivkovic est bien d’avoir construit une marque forte, aux traits d’image extrêmement positifs (innovation, environnement, qualité) en seulement quatre ans ; celui d’Alain Taravella est de ne pas se contenter d’augmenter le chiffre d’affaires par croissance externe du groupe qu’il préside, mais de respecter un marketing qui n’est pas le sien. Altarea, premier-client-premier-servi, était aux premières loges pendant ces quatre années pour observer Woodeum, nouvel entrant dans la filière bois, startup au pays des grands groupes, déployer l’argumentaire de la séquestration du carbone par la forêt, de l’étanchéité des parois de bois, de la rapidité conjuguée à la propreté des chantiers de la filière « sèche » grâce au levage facile en ville des grands voiles de bois massif fabriqués hors-site et livrés sans poussière, sans parler d’une fin de vie facilitée par le recyclage intégral. Le discernement de Woodeum et le coup d’avance qu’il a acquis, puis aujourd’hui le partenariat ambitieux d’Altarea risquent bien de transformer le triptyque historique « délai-qualité-prix », paradigme universel et que l’on croyait intemporel, en celui de « carbone-performance-métropole ». Et de quelle façon !

Portrait

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