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Carmila suspend les charges et loyers de ses commerçant et aménage sa dette

ActualitésCommerces

le 19 Mar 2020

Tout comme Klépierre hier, Carmila rassure : sa solidité financière « lui permet de passer sereinement la crise sanitaire actuelle et d’accompagner ses commerçants ».

Présent dans trois pays touchés par les restrictions d’ouverture des commerces – la France, l’Espagne et l’Italie -, Carmila explique que ses galeries marchandes, toutes rattachées à des hypermarchés Carrefour, restent accessibles au public, les commerces essentiels étant maintenus. Dans le même temps, « les équipes de Carmila et de Carrefour Property continuent à gérer localement les sites ; le dialogue et le travail avec les commerçants sont permanents, que leur magasin soit ouvert ou fermé » précise le groupe présidé par Alexandre de Palmas (lire son interview parue lundi dernier).

Carmila a, par ailleurs, décidé de suspendre le règlement de la prochaine échéance de loyer et de charges jusqu’à fin avril. Ainsi, « sur l’ensemble des trois géographies et pour l’intégralité du deuxième trimestre 2020 », le groupe aménage les loyers et charges en les facturant en trois échéances mensuelles à terme échu. « Ces mesures visent à protéger la trésorerie des commerçants dans l’attente de la mise en place des dispositifs publics annoncés ».

Une mesure rendue possible par sa « forte solidité financière, des lignes de crédit non tirées et une trésorerie excédentaire qui lui permettront de faire face sereinement à cette crise sanitaire, même si celle-ci était amenée à se prolonger plusieurs mois ».
Le groupe précise « dispose[r] dans ses trois pays d’une trésorerie positive et de la capacité à renforcer rapidement celle-ci : à date le programme de billet de trésorerie d’un maximum de 600 millions d’euros est utilisé à hauteur de 13 % et le groupe vient, par mesure de sécurité, d’exercer ses droits à hauteur de 200 millions d’euros sur sa ligne de crédit non tirée de 750 millions d’euros. Des mesures ont été prises pour reporter les investissements non indispensables et renforcer davantage la trésorerie de la société »…

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Thierry Mouthiez

le 19/10/2020

Le télétravail en question…

L’analyse des conséquences du développement du télétravail à la suite de la crise sanitaire est loin d’être achevée. Ainsi, le 13 octobre dernier, le quotidien « Les Echos » consacrait sa « une » au thème « bureaux : l’onde de choc du Covid-19 », avec des sous-titres tels que « la généralisation du télétravail pour cause d’épidémie favorise la chasse aux mètres carrés » ou encore « l’impact sur l’immobilier de bureaux pourrait être majeur ».

Le lendemain, « Libération » titrait, pour sa part, un article ainsi : « le télétravail abandonné malgré la « deuxième vague » du Covid-19 ».

De son côté, Jean-Marc Peter publiait une analyse dans laquelle le directeur général de Sofidy soulignait, entre autre, qu’« au vu de ses nombreux effets négatifs et nocifs, il peut paraître étonnant de vouloir faire du télétravail la nouvelle règle. L’exemple d’IBM est, à ce titre, très instructif. Pionnier dès 1998 et champion du télétravail pendant près de deux décennies, le géant américain a fait machine arrière en 2017. Certes, IBM a économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux, mais le retour d’expérience est sévère : selon la direction, le télétravail altère la créativité et l’enthousiasme de ses salariés. Pour redynamiser l’innovation et accompagner sa transformation vers le « cloud » et l’intelligence artificielle, IBM a donc demandé au cinquième de ses effectifs qui travaillaient à temps plein à domicile de retourner au bureau. Ce n’est d’ailleurs pas la seule entreprise américaine à avoir fait volte-face. Yahoo !, Best Buy, Honeywell International ou encore Bank of America avaient déjà, plus tôt, stoppé net l’expérience »…

Bien sûr, dans un tel contexte, la référence aux enquêtes d’opinion réalisées auprès des salariés apporte des éléments de réflexion non négligeables. Ainsi, récemment, la société de gestion de SCPI Atland Voisin « a sollicité l’institut OpinionWay pour interroger les Français dont le métier permet le télétravail (55 % des actifs) afin d’avoir leur vision du sujet en dépassant le cadre de la crise sanitaire ». Parmi les résultats, on relève que si « plus de quatre actifs dont le métier leur permet de télétavailler sur cinq estiment que le recours au télétravail en entreprise va se développer à l’avenir en France (85 %) », « seuls 4 % des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15 % à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63 % pensent qu’il se pratiquera un à deux jours par semaine ». Autre enseignement : « si 81 % des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne »… Et « in fine, 73 % des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel (0, 1 ou 2 jours par semaine) ». En précisant que « 80 % des répondants pensent que la visio aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Cet outil va remplacer les déplacements professionnels selon 83 % des répondants »… Et Jean-Christophe Antoine, président d’Atland Voisin, de conclure : « il est très clair que la crise sanitaire a accéléré l’adoption forcée du télétravail par les entreprises, dans un processus qui était déjà entamé depuis plusieurs années. Et il est également clair que le télétravail a montré son efficacité pour maintenir un certain niveau d’activité. Toutefois, nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas (…) Loin d’être « mort » comme certains ont pu l’annoncer, le bureau va néanmoins devoir s’adapter et se réinventer pour mieux prendre en compte des situations inédites telles que celle que nous venons de traverser. Le rapport à l’open space va sans doute changer, la gestion des flux de personnes sera sans doute repensée, la prise en compte des enjeux environnementaux va sans doute s’accélérer, mais ici aussi ce sont des processus entamés que la pandémie n’a fait qu’accélérer… »… De son côté, la Chaire Workplace Management de l’Essec Business School, qui a réalisé une enquête en ligne sur ce sujet, conclut que « le bureau n’a pas dit son dernier mot ! »…

Et, si les institutionnels poursuivent leurs investissements dans les bureaux, c’est bien qu’ils considèrent que le tout télétravail n’est pas pour demain…

Portrait

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