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Covid-19 : le CNCC en appelle « à la solidarité de l’Etat, des assureurs et des « pure-players » »

ActualitésCommerces

le 02 Avr 2020

Face au développement de l’épidémie du Covid-19 et à l’annonce de la prolongation des mesures de confinement, le Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC), après avoir annoncé ses propres recommandations à ses adhérents bailleurs et gestionnaires, en appelle « à la solidarité de l’Etat, des assureurs et des « pure-players » ».

Deux semaines après la décision de fermeture de la plupart des commerces, « 80 % des centres commerciaux demeurent ouverts pour assurer l’accès aux surfaces alimentaires, pharmacies et quelques autres commerces spécialisés, assurant ainsi aux Français le minimum vital nécessaire. Malgré tout, la baisse de fréquentation des centres commerciaux depuis la décision d’un confinement généralisé atteint 79,6 % selon l’indice Quantaflow/CNCC. Cette diminution spectaculaire, bien que prévisible, impacte l’ensemble des adhérents du CNCC ».

Le CNCC rappelle, tout d’abord, que « les relations entre un propriétaire de centre commercial qui a engagé de lourds investissements pour le réaliser et ses locataires relèvent d’un contrat de longue durée établi entre personnes privées et qu’il leur revient d’examiner et, le cas échéant, d’agréer, au cas par cas et d’un commun accord, les conditions d’une modification dudit contrat ».

Afin de faire face à cette situation inédite de fermeture sanitaire de la plupart des commerces, le CNCC a « recommandé, dès le 16 mars, la mensualisation des loyers et charges facturés au titre du second trimestre, ainsi que la suspension temporaire de la mise en recouvrement des mêmes loyers et charges pour le mois d’avril. Cette annonce a été saluée positivement par Bruno Le Maire et a été, d’ores et déjà, mise en œuvre par la plupart des adhérents-bailleurs du CNCC ».

Par ailleurs, le CNCC s’est « associé à la signature d’un accord le 20 mars avec le ministère de l’Economie et les principales associations et fédérations représentatives des bailleurs concernant la suspension des loyers et charges des TPE et PME à partir du 1er avril et à l’expiration d’un délai de deux mois après la date de cessation de l’état d’urgence sanitaire ».

Le CNCC a pris acte de « l’ordonnance relative au paiement des loyers prévoyant que les locataires éligibles au fonds de solidarité ne pourraient encourir de pénalités financières, d’intérêts de retard, de dommages et intérêts ou d’exécution de la clause résolutoire jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire ».

Face à la crise qui s’amplifie et pour assurer la survie d’un certain nombre de ses adhérents et « pérenniser les 525 000 emplois qu’ils représentent », le CNCC formule quatre nouvelles propositions :

1/ Prévoir un abattement, prorata temporis de leur fermeture administrative, de la fiscalité locale pesant sur les centres commerciaux (CFE, taxe foncière, taxe d’enlèvement des ordures ménagères, TASCOM), ainsi qu’une non-augmentation de la hausse éventuelle desdites taxes par rapport à l’année 2019 sur l’ensemble de l’année 2020.

2/ Demander à l’Etat de se porter garant du paiement, à terme, des reports d’échéances de loyers et charges qui ont été consentis par les bailleurs comme mesures d’aide à la trésorerie des locataires.

3/ Requalifier le Covid-19 en « catastrophe naturelle sanitaire » et non plus seulement en « catastrophe majeure d’origine naturelle ». Un tel changement de statut permettrait d’activer la couverture du sinistre économique correspondant, à savoir les charges d’exploitation des commerçants pendant la période de fermeture au travers de la Caisse Centrale de Réassurance gérée par l’Etat, quitte à augmenter pendant une période de 10 ans les cotisations finançant cet organisme, les assureurs pouvant en prendre une part raisonnable à leur charge.

4/ Faire contribuer les « pure-players » au fonds de solidarité nationale mis en œuvre par le gouvernement afin de soutenir financièrement les commerçants indépendants, alors que les flux d’achats physiques se réorientent naturellement vers les plus gros acteurs du e-commerce, principalement Amazon, qui bénéficient d’un traitement fiscal particulièrement favorable et inéquitable par rapport au commerce physique.

Le CNCC place au premier rang de ses priorités « la santé des consommateurs et de tous les collaborateurs de la filière qu’il représente. Il s’associe pleinement aux remerciements envers tous ceux qui gèrent la crise sanitaire et souligne l’engagement du gouvernement et de l’ensemble des services publics pour faire face à la crise économique et sociale provoquée par l’épidémie du Covid-19 ».

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 25/05/2020

Commerce : le « core » dans tous ses états…

Le contexte dans lequel s’inscrit actuellement le commerce en général et les centres commerciaux en particulier amène, logiquement, à anticiper un moindre attrait de cette classe d’actifs auprès des investisseurs.

La plupart des conseils (comme certains institutionnels également) l’ont souligné dans leurs récentes analyses du marché de l’investissement. Mais toujours en distinguant le qualitatif. Ainsi, dernièrement, Savills parlait, dans une étude ad-hoc et à propos de perspective, d’« expectative pour le commerce et l’hôtellerie, dès lors qu’on sortira des segments « core » ».

Mais, actuellement, cette notion de « core » est parfois rendue plus flou, notamment s’agissant du segment particulier des centres commerciaux. En effet, en matière d’actifs « core », les grands ensembles bien placés, en font, sans aucun doute, partie. Néanmoins, dans ce contexte de crise sanitaire, ils ne sont donc pas tous traités à la même enseigne, suivant leur gabarit et leur situation géographique.

Un « paradoxe » pour l’Alliance du Commerce, le Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC) et la Fédération pour la Promotion du Commerce Spécialisé (Procos), que cette « décision de maintenir fermés certains centres commerciaux de plus de 40 000 m2, situés principalement en Ile-de-France et dans l’agglomération lyonnaise ». Et de souligner que cette catégorie de centres « est celle qui est la mieux équipée pour accueillir ses clients en toute sécurité, disposant des moyens techniques et humains pour ce faire » ou encore que « ces équipements et les commerces qui y sont implantés représentent un quart du chiffre d’affaires de la filière et jouent donc un rôle économique et social essentiel dans leurs territoires d’implantation ». Sans compter que « la coexistence de lieux de commerce ouverts et d’autres qui restent fermés conduit les clients à se déplacer pour leurs achats vers des lieux plus éloignés de leurs domiciles et, donc, à la concentration des flux »…

Ce qui a amené, le 19 mai dernier, le CNCC, associé à Procos et à l’Alliance du Commerce (première organisation professionnelle dans l’équipement de la personne) à appeler « le gouvernement à reconsidérer sa position en autorisant la réouverture, dès que possible, des centres commerciaux de plus de 40 000 m2 ».

La décision du tribunal administratif de Paris de suspendre, dans une ordonnance prise en référé le même jour, l’arrêté de fermeture du centre Beaugrenelle pourrait peut-être accélérer la décision, même s’il s’agit d’un centre dont la surface commerciale utile est inférieure à 40 000 m2…

Une décision d’autant plus importante que l’activité des centres commerciaux semble, en matière de reprise, sur la bonne voie. En tous cas, Eurocommercial, qui détient 11 actifs en France (dont Les Grands Hommes, à Bordeaux), mais tous d’une surface inférieure à 40 000 m2, « a pu ré-ouvrir l’ensemble de ses centres commerciaux le lundi 11 mai dernier ». Surtout, pour la foncière, le « bilan de la première semaine de reprise d’activité est positif et encourageant pour la suite » et fait valoir, entre autre, une « fréquentation globale équivalente à deux tiers de la fréquentation du lundi au samedi sur la même semaine en 2019 »…

De quoi redonner de l’attrait à ce segment de marché (à condition que tous les centres puissent être en activité) et peut-être faire cesser le massacre en Bourse de certains titres de grandes foncières spécialisées…

Portrait

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