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L’Insee estime la perte d’activité économique à 35 %

ActualitésFinance & Bourse

le 26 Mar 2020

L’Insee fait une première évaluation sur la situation économique à l’occasion de la deuxième semaine de confinement, en prévenant, néanmoins, que « ses résultats, en raison de la situation inédite, sont susceptibles d’être révisés », l’Institut ayant dû recourir à d’autres sources et méthodes que celles habituellement éprouvées, en raison de la crise sanitaire.

Le climat des affaires perd 10 points, à 95, soit la plus forte baisse mensuelle depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008 (-9 points), alors que le climat de l’emploi perd 9 points et atteint 96, la plus forte chute depuis 1991. Au niveau sectoriel, les indicateurs de climat des affaires se dégradent considérablement dans les services (-14 points) et dans le commerce de détail (-13 points). Ils se détériorent également dans le commerce de gros (-5 points) et dans l’industrie (-3 points). En particulier, les perspectives générales d’activité dans chaque secteur sont jugées en nette baisse : les soldes d’opinion correspondant perdent 15 points dans les services, 25 points dans le commerce de détail, 33 points dans l’industrie et dans le commerce de gros. Le climat pour l’industrie du bâtiment apparaît stable, une invitation supplémentaire à la prudence vis-à-vis de ces chiffres de l’aveu même de l’Insee.

La perte d’activité économique est actuellement estimée à 35 % par rapport à une situation dite « normale », tout comme la consommation des ménages. La perte d’activité par rapport à la « normale » dans le secteur de la construction est estimée à 89 %, tandis que les ménages consomment 90 % de moins dans ce secteur, avec la suspension des travaux de rénovation. Les versements de loyers immobiliers, étant inertes, devraient être peu affectés à court terme.

L’Insee tient, cependant, à rappeler que l’évolution de la croissance du PIB sera étroitement liée au scénario de sortie de la crise sanitaire et reste dépendante des mesures de soutien aux ménages et aux entreprises et du comportement des entreprises. Une visibilité nulle, qui pousse l’Institut à la prudence.

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Thierry Mouthiez

le 28/09/2020

Commerce : lorsque la communication devient stratégique…

« L’impact de la pandémie devrait accélérer la pénétration du commerce de détail en ligne d’un an en moyenne, dopant la demande d’espaces logistiques « prime » sur le continent » relève Savills dans une récente étude sur l’immobilier logistique en Europe.

Le conseil fait ainsi valoir qu’« avant la pandémie, les prévisions indiquaient que l’activité en ligne représenterait, en moyenne, 15,3 % du total des ventes de détail en Europe occidentale d’ici 2022. Toutefois, le Center for Retail Research (CRR) pense, désormais, que ce taux de pénétration sera atteint d’ici 2021, indiquant une accélération d’environ un an de la pénétration du commerce électronique, imputable à la pandémie. Le constat se retrouve en France où l’e-commerce devrait représenter 14,3 % du total des ventes de détail en 2020, contre 10,9 % en 2019, avant de se stabiliser à 13,8 % l’an prochain ». Bref, on peut légitimement en déduire que l’on reste encore loin d’un écroulement du commerce physique.

Une bonne nouvelle dans un contexte où les actifs d’immobilier de commerce n’ont pas, actuellement, la faveur des investisseurs. Les cours des grandes foncières spécialisées cotées en témoignent. Et ce, alors même qu’une autre tendance est à relever comme le souligne Antoine Grignon dans une étude sur les « tendances pour le marché immobilier des commerces. Le directeur du département commerces de Knight Frank souligne, ainsi, que « sur l’ensemble de 2020, seuls 150 000 m2 de centres commerciaux, dont 44 % de créations pures, sont attendus en France, soit une chute de 15 % sur un an et de 58 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le volume des ouvertures de parcs d’activités commerciales est plus important, avec 235 000 m2 attendus en 2020, dont 79 % de créations pures. Mais la tendance est, là aussi, fortement baissière, avec une chute de 54 % sur un an et de 46 % sur cinq ans, dans un contexte politique de plus en plus favorable à la limitation des créations de nouvelles surfaces commerciales ».

Autant d’évolutions qu’il serait bon que (notamment) les foncières concernées mettent en avant, d’autant plus lorsque, comme l’affirme Laurent Saint Aubin, gérant actions, immobilier Europe chez Sofidy, « les foncières de centres commerciaux ne pourront se réapprécier qu’à la condition que des transactions significatives sur le marché aient lieu et redonnent un peu de crédibilité aux actifs nets réévalués rapportés par les acteurs cotés » (un sujet que nous évoquions dans notre édito du 7 septembre dernier). De ce point de vue, les nouveaux arbitrages annoncés par Unibail-Rodamco-Westfield dans le cadre de son plan « reset » devront, bien entendu, être suivis de prêt.

Encore que l’on s’aperçoit que la politique en matière de communication de ces grandes foncières de commerce, réellement stratégique dans ce contexte de crise, reste particulièrement… discrète.

Portrait

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