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Covid-19 : stupeur et espoirs

Points de vueFinance & Bourse

le 02 Avr 2020

Créée en 2007, Amplegest, société de gestion indépendante exerçant, pour une clientèle institutionnelle et privée, la gestion privée, la gestion d’actifs et le « family office », livre sous la plume d’Emmanuel Auboyneau, gérant associé, un point de vue macro économique lié à la crise sanitaire du Covid-19.

Un peu plus de trois mois après l’apparition du coronavirus en Chine, le choc macroéconomique dans le monde est majeur

Aujourd’hui, la moitié de la planète est confinée, entraînant un arrêt brutal de l’économie et beaucoup d’incertitudes quant à la sortie de crise. Une récession mondiale parait inéluctable. Elle devrait, toutefois, être courte et laisser place à un rebond significatif dans la seconde partie de l’année. Il faudrait pour cela que la pandémie donne des signes clairs de recul dans les prochaines semaines, tant en Europe qu’aux Etats-Unis. L’exemple chinois et les dernières indications que l’on a de l’Italie, premier foyer majeur en Europe, font croire à ce scénario.

L’Amérique, principal moteur de l’économie mondiale jusqu’en février, est aujourd’hui très durement touchée. Le récent chiffre des demandes d’allocations chômage, qui s’est élevé à 3 200 000, est considérable. Il faut, toutefois, nuancer ce chiffre qui intègre beaucoup de chômage technique qui sera annulé en cas de reprise prochaine. Toutefois, la stratégie américaine face à la pandémie est aujourd’hui la principale interrogation. Les atermoiements du Président Trump, en pleine campagne électorale, font craindre une explosion des cas aux Etats-Unis. C’est aujourd’hui une grande préoccupation pour le monde économique.

Une reprise en V de l’économie mondiale espérée

Quand on se trouve au cœur de la crise, il est difficile de ne pas avoir un raisonnement négatif. Pourtant, un certain nombre d’éléments « positifs » dans cette crise nous laissent espérer une reprise en v de l’économie mondiale. Tout d’abord, fortes de l’expérience de 2008, les banques sont aujourd’hui en bien meilleure santé qu’il y a douze ans, en termes de solvabilité et de liquidité. Les banques sont un socle moins fragile pour l’activité planétaire. Ensuite, la réponse unanime et concertée des autorités politiques et monétaires ne fait place à aucune polémique et répond à la même nécessité : faire tout ce qu’il faut, quoiqu’il en coûte, pour éviter que le monde ne tombe en dépression. L’exemple chinois laisse espérer une sortie prochaine de la spirale négative. La Chine a publié pour mars un PMI industriel en forte hausse (au-dessus de la barre des 50 %) après la dégringolade de février. Trois mois et demi après le début officiel de la pandémie, la plupart des entreprises chinoises ont retrouvé entre les deux tiers et les trois quarts de leur activité initiale. Enfin, la chute du pétrole est un facteur favorable à une reprise de la consommation au second semestre.

Dans cette crise sanitaire inédite, tous les actifs financiers ont été touchés. Le choc d’offre a provoqué un krach financier rapide et brutal. Certains secteurs liés aux services (tourisme, loisirs, restauration, commerce non alimentaire) ont été encore plus durablement touchés par le confinement et mettront du temps avant de retrouver le chemin de la progression. Une bonne analyse financière est cruciale dans cette période pour sélectionner dans différents secteurs des sociétés résistantes aux bilans sains et aux capacités de croissance intactes.

L’économie mondiale ne sortira pas indemne de cet épisode. Des comportements nouveaux vont apparaître. Il faudra saisir ces évolutions et en tenir compte dans notre gestion. Profitons de cette période pour réfléchir à l’après et aux conséquences économiques et sociétales à long terme de cette crise et à leur impact sur notre gestion…

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 25/05/2020

Commerce : le « core » dans tous ses états…

Le contexte dans lequel s’inscrit actuellement le commerce en général et les centres commerciaux en particulier amène, logiquement, à anticiper un moindre attrait de cette classe d’actifs auprès des investisseurs.

La plupart des conseils (comme certains institutionnels également) l’ont souligné dans leurs récentes analyses du marché de l’investissement. Mais toujours en distinguant le qualitatif. Ainsi, dernièrement, Savills parlait, dans une étude ad-hoc et à propos de perspective, d’« expectative pour le commerce et l’hôtellerie, dès lors qu’on sortira des segments « core » ».

Mais, actuellement, cette notion de « core » est parfois rendue plus flou, notamment s’agissant du segment particulier des centres commerciaux. En effet, en matière d’actifs « core », les grands ensembles bien placés, en font, sans aucun doute, partie. Néanmoins, dans ce contexte de crise sanitaire, ils ne sont donc pas tous traités à la même enseigne, suivant leur gabarit et leur situation géographique.

Un « paradoxe » pour l’Alliance du Commerce, le Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC) et la Fédération pour la Promotion du Commerce Spécialisé (Procos), que cette « décision de maintenir fermés certains centres commerciaux de plus de 40 000 m2, situés principalement en Ile-de-France et dans l’agglomération lyonnaise ». Et de souligner que cette catégorie de centres « est celle qui est la mieux équipée pour accueillir ses clients en toute sécurité, disposant des moyens techniques et humains pour ce faire » ou encore que « ces équipements et les commerces qui y sont implantés représentent un quart du chiffre d’affaires de la filière et jouent donc un rôle économique et social essentiel dans leurs territoires d’implantation ». Sans compter que « la coexistence de lieux de commerce ouverts et d’autres qui restent fermés conduit les clients à se déplacer pour leurs achats vers des lieux plus éloignés de leurs domiciles et, donc, à la concentration des flux »…

Ce qui a amené, le 19 mai dernier, le CNCC, associé à Procos et à l’Alliance du Commerce (première organisation professionnelle dans l’équipement de la personne) à appeler « le gouvernement à reconsidérer sa position en autorisant la réouverture, dès que possible, des centres commerciaux de plus de 40 000 m2 ».

La décision du tribunal administratif de Paris de suspendre, dans une ordonnance prise en référé le même jour, l’arrêté de fermeture du centre Beaugrenelle pourrait peut-être accélérer la décision, même s’il s’agit d’un centre dont la surface commerciale utile est inférieure à 40 000 m2…

Une décision d’autant plus importante que l’activité des centres commerciaux semble, en matière de reprise, sur la bonne voie. En tous cas, Eurocommercial, qui détient 11 actifs en France (dont Les Grands Hommes, à Bordeaux), mais tous d’une surface inférieure à 40 000 m2, « a pu ré-ouvrir l’ensemble de ses centres commerciaux le lundi 11 mai dernier ». Surtout, pour la foncière, le « bilan de la première semaine de reprise d’activité est positif et encourageant pour la suite » et fait valoir, entre autre, une « fréquentation globale équivalente à deux tiers de la fréquentation du lundi au samedi sur la même semaine en 2019 »…

De quoi redonner de l’attrait à ce segment de marché (à condition que tous les centres puissent être en activité) et peut-être faire cesser le massacre en Bourse de certains titres de grandes foncières spécialisées…

Portrait

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