Chargement

fredday : bool(true)
retour Accueil > Logement > Actualités > Le choix Immoweek : les propositions de Philippe...

Le choix Immoweek : les propositions de Philippe Pelletier pour éradiquer les passoires thermiques

ActualitésLogement

le 07 Juil 2017

Dans sa présentation du Plan Climat, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a indiqué vouloir faire de la lutte contre la précarité énergétique l’une de ses priorités. Il précise se fixer comme objectif « de faire disparaître en 10 ans les passoires thermiques, c’est-à-dire les logements qui, mal isolés, conduisent à une précarité énergétique ». Ce sujet est l’un des thèmes de travail du Plan Bâtiment Durable. Son président, Philippe Pelletier, en dit plus sur les actions déjà conduites en la matière et formule ses propositions dans une interview exclusive qu’il nous livre. C’est notre choix Immoweek pour le « pro » de ce 7 juillet.

 

 

Le discours du ministre Nicolas Hulot met l’accent sur la précarité énergétique, un sujet sur lequel le Plan Bâtiment Durable a déjà beaucoup travaillé…

Eradiquer les passoires thermiques occupées par les ménages les plus modestes est, en effet, l’un des sujets de prédilection du Plan Bâtiment Durable. Cela fut même l’une de nos premières missions, dès 2009. Nous avions alors imaginé, dans le cadre d’un groupe de travail copilote par Alain de Quero (Anah) et Bernard Lapostolet (alors Fondation Abbé Pierre), un dispositif très novateur qui a préfiguré l’actuel programme « Habiter mieux ». Nous avions repéré que la précarité énergétique concernait principalement les maisons individuelles, dans des territoires ruraux et périurbains, dont les propriétaires étaient le plus souvent des personnes très modestes qui ne bénéficiaient d’aucune aide, notamment pour chauffer leur logement. Nous avons alors fait de ces publics une priorité et ce pour plusieurs raisons : écologique, car une maison qui se chauffe mais chauffe surtout l’air extérieur, c’est deux fois plus d’émission de gaz à effet de serre qu’un appartement ; économique, car ces personnes disposaient d’un reste à vivre très faible ; de santé, car comme l’ont montré les Britanniques, une Livre investie dans l’isolation d’une maison équivaut à 40 cents d’économie sur les dépenses de santé. Enfin, faire de l’éradication des passoires thermiques est aussi motivé par une raison sociale : ces ménages sont une part importante de ceux qui se sont rabattus sur un vote populiste. La carte de la précarité énergétique est la même que celle du nouveau vote populiste : quand les politiques parlent logement, ils oublient souvent ces maisons et ces territoires que les services publics ont parfois quitté.

Quel dispositif ou disposition avez-vous alors engagé ?

Nous avons adopté une démarche nouvelle : plutôt que de mettre en place des aides et attendre que les personnes demandent à en bénéficier, nous sommes allés à leur rencontre. Cette approche est le socle du programme dédié intitulé « Habiter Mieux » et porté par l’Agence nationale de l’Habitat. L’Anah a décentralisé les aides au niveau des départements, traitant avec des opérateurs pour repérer et soutenir ensuite les ménages précaires potentiellement concernés. Nous avons accompagné ces personnes, les avons encouragées à engager des travaux dans leur maison, en les accompagnant dans le choix entreprises et des artisans et en apportant une subvention de l’ordre de 80 % du montant des travaux, grâce aux aides de l’Etat et des collectivités territoriales. L’Anah, pour les plus pauvres, procède quant à elle à l’avance financière (les 30 %) pour lancer les travaux. Nous sommes aujourd’hui en train d’inventer un mécanisme, par le biais d’un éco-prêt à taux zéro dédié, pour permettre le paiement des coûts non pris en compte dans la subvention, c’est-à-dire du reste à charge pour les ménages.

Cette forme de soutien est-elle suffisante ?

Pour l’année 2017, l’objectif du programme « Habiter Mieux » est de rénover 100 000 logements, dont environ 70 000 maisons individuelles. Cet objectif n’a pas été atteint en 2016 (il était alors de 70 000 logements) mais un tel volume annuel n’est, de toutes façons, pas à l’échelle voulue par le Président de la République et le ministre de la Transition écologique et solidaire. Leur objectif est, en 10 ans, d’éradiquer les passoires thermiques, dont le nombre estimé est de 7 millions, dont 2,7 millions logent des personnes très modestes. D’évidence, nous sommes donc loin de l’objectif, qui impliquerait de « traiter » a minima 270 000 logements par an, si une priorité particulière était donner à l’éradication des passoires occupées par les ménages les plus modestes.

Comment y parvenir ?

J’imagine plusieurs propositions pour cela. La première étape est de parvenir à mettre en place, de manière conjointe à celle de l’Anah, d’autres interventions, moins lourdes, en prenant en considération des solutions nées de l’initiative privée. Par exemple, celle proposée avec les « combles à 1 euro ». Le principe : la société isole les combles non utilisables pour 1 euro et se rémunère grâce au dispositif des Certificats d’Economie d’Energie (CEE). Des solutions comme celles-ci pourraient être industrialisées. Il faut pour cela pouvoir assurer visibilité et pérennité des dispositifs sur la durée du quinquennat. Avec cette stabilité, nous serons alors en capacité de mobiliser nombre d’acteurs qui auront à cœur de s’impliquer, à l’instar des grands groupes de BTP. Reste aussi à établir une autre gouvernance : qui sera en charge du pilotage de l’ensemble de ces outils ? C’est un sujet qui doit être réfléchi.

Nicolas Hulot évoque un financement issu du plan d’investissements de l’Etat annoncé par Edouard Philippe, « à hauteur de 4 milliards d’euros, ainsi que des solutions de tiers financeurs ». Comment l’interpréter ?

Quatre milliards d’euros en cinq ans permettraient parfaitement d’atteindre l’objectif de 270 000 rénovations par an. Ce chiffre constitue un cap important, mais il est atteignable en étant innovant, en impliquant de nouveaux acteurs, notamment privés, et en transformant peut-être aussi le rôle de l’Anah, qui pourrait s’intéresser plus particulièrement aux questions d’adaptation du logement au vieillissement de la population, autre enjeu majeur évoqué par le Président de la République. Il y a sur ce champ-là d’importantes possibilités de coupler les travaux de rénovation énergétique et les travaux d’adaptabilité du logement. Il conviendrait sans doute d’harmoniser la fiscalité, de faciliter les parcours de travaux, d’accompagner les occupants. Ces idées devraient pouvoir trouver une traduction concrète facilement.

Propos recueillis par Catherine Bocquet

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Thierry Mouthiez

le 20/01/2020

Investissement : vers la poursuite de la croissance des valeurs…

« 2019 a été une excellente année pour le marché de l’investissement, avec un volume approchant les 40 milliards d’euros placés en immobilier non résidentiel dans l’Hexagone, positionnant la France en numéro 3 au niveau européen, derrière l’Allemagne et la Grande-Bretagne » constate Emmanuel Schreder.

Le coprésident de Catella France rappelle qu’après le « pic » de 2007 à 30,8 milliards d’euros, les volumes avaient été divisés par deux en 2008 (à 14 milliards) et en 2009 (à 8 milliards) « et depuis, la croissance est continue et quasi exponentielle »… Pour 2019, le conseil relève « le poids des grosses opérations avec 57 transactions de plus de 100 millions d’euros représentant les deux tiers du volume global, dont 23 supérieures à 300 millions d’euros » ; le fait qu’ »à l’exception des locaux d’activités et de l’immobilier de santé, toutes les classes d’actifs ont progressé, de 9 % pour les bureaux, 14 % pour le commerce ou encore… 57 % pour la logistique », ainsi que le poids des investisseurs étrangers « dans un marché où les investisseurs nationaux ont accru de 22 % (4 milliards d’euros) leurs interventions ».

Pour ce qui est de l’année qui s’ouvre, le conseil estime que « les premières semaines s’inscrivent dans la même dynamique qu’en 2019 » avec des collecteurs d’épargne, notamment des assureurs-vie qui, « après avoir placé leur forte collecte à taux négatifs l’an passé, sont, désormais, résolument orientés vers l’immobilier »… Surtout, Emmanuel Schreder souligne que le taux des OAT 10 ans est « repassé en terrain positif à 0,05 % » et que le « spread » entre taux d’intérêt et taux de rendement immobilier « demeure élevé à près de 300 points de base en se basant sur un taux de rendement « prime » dans Paris intra-muros qui tourne autour des 3 % ». Il fait également valoir que le marché locatif, « bien que son évolution ait été nuancée en 2019, se porte bien, avec des taux de vacance historiquement bas dans de nombreux secteurs, ce qui permet d’anticiper de la réversion positive avec un différentiel positif entre le loyer existant et le loyer de marché potentiel. Ce qui ne manque pas d’encourager les investisseurs à parier sur un tassement des rendements et ce qui participe, ainsi, à la valorisation des actifs ». Enfin, le conseil ajoute l’insuffisance de l’offre sur le marché de l’investissement. Si celle-ci avait répondu à la demande, « ce sont, certainement, au minimum entre 5 et 10 milliards d’euros supplémentaires qui auraient pu être investis sur le marché » !

Au final, ces trois évolutions du marché de l’investissement « sont les garants de la poursuite de la croissance des valeurs en 2020 ». Cependant, le coprésident de Catella estime qu’il « convient de conserver à l’esprit que, dans le cadre de valorisations déjà élevées, tout évènement lié à la conjoncture économique ou géopolitique pourrait entraîner un « repricing » ». Néanmoins, « ce n’est pas le cas pour l’instant »…

Portrait

Chargement