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Le choix Immoweek : Paris accueille la plus grande fresque de street art en Europe

ActualitésTerritoires

le 11 Juin 2019

L’art graphique et l’immobilier font décidément bon ménage : alors que les premiers prix de l’initiative « 1 immeuble, 1 œuvre » ont été dévoilés, alors que le logement social prend conscience de l’impact positif de ce type d’ouvrage sur l’urbanisme de projets, Paris va accueillir la plus grande fresque d’art urbain d’Europe. Voici le « choix Immoweek » de ce mardi 11 juin.

Le duo d’artistes Ella et Pitr a été sélectionné par Viparis afin de peindre la plus grande fresque d’Europe sur le toit du Pavillon 3 de Paris-Expo Porte de Versailles, une œuvre qui sera coupée en son milieu par le périphérique. L’opérateur de 9 lieux événementiels majeurs du Grand Paris a lancé, en 2015, un vaste programme de modernisation du site, qui accueillera, en 2020, la plus grande ferme urbaine en toiture au monde sur le pavillon 6, actuellement en cours de construction.

Ella & Pitr, 34 et 37 ans, sont déjà connus pour leurs fresques monumentales sur des toits, des champs, des façades. Originaires de Saint-Etienne, ils forment un duo artistique depuis 2007. Maîtres du collage et de l’affichage de rue, ils ont créé des grands personnages coincés dans leur cadre, qui dorment dans la ville. Les deux artistes français vont battre leur propre record, une oeuvre en Norvège réalisée en 2015 pour le Nuart Festival.
Pour cette grande fresque de 2,3 hectares (l’équivalent de quatre terrains de football), Ella & Pitr ont choisi de représenter l’un de leurs personnages fétiches : une dame âgée, posée dans un environnement urbain, qui observera sereinement et avec recul le tumulte environnant, et notamment l’axe le plus bruyant que constituent les 2×3 voies du « périph ». « Dans le cadre sans charme d’une gigantesque foire commerciale où l’homme est seul dans la foule, leur oeuvre doit créer du mouvement et être piquante, et non confortable et tiède, comme souvent ces fresques décoratives sur les immeubles qui suivent les effets de mode et questionnent sur l’avenir du street art » expliquent-ils. Un sac géant en plastique peint donnera l’impression de voler sur la scène, préoccupation environnementale oblige. L’oeuvre sera diffusée en ligne, via des photographies prises par drone et une vidéo. Le nom de l’oeuvre ? Pitr s’en amuse : « on avait pensé « Elle pensait à son potager ». Finalement, on a choisi : « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Et quel temps fera-t-il demain ? » ». Une matière à réflexion dans une zone urbanistique pour le moins compliquée, en recherche d’identité… sans parler des réflexions récentes sur l’avenir du périph’ parisien.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Arthur de Boutiny

le 06/12/2019

EuropaCity : et après ?

Les tribulations d’EuropaCity étaient devenues pratiquement une arlésienne pour l’immobilier et les pouvoirs publics français, un feuilleton qui se rapprochait de Notre-Dame des Landes, mais dont le retentissement était néanmoins moindre et dont l’issue semblait incertaine, partagée entre la perspective de création d’emplois dans le Val d’Oise rural et l’impact écologique d’un chantier de cette ampleur. Jusqu’à ce que le 7 novembre 2019, le chantier soit purement et simplement abandonné. Maintenant que le mégacomplexe de loisirs et de commerces n’ouvrira jamais, quel destin pour le Triangle de Gonesse ?

La Région Ile-de-France a décoché la première, en proposant un « plan d’urgence » à 1 milliard d’euros pour aider le Val d’Oise, région avec un taux de 40 % de chômage dans certains quartiers, dont les élus attendaient une aide bienvenue de plus de 3 milliards d’euros, la création de 10 000 emplois et la transformation du Triangle de Gonesse, zone enclavée entre Roissy et Le Bourget, en poumon économique du département. Sous réserve du feu vert du gouvernement, Valérie Pécresse a dévoilé une série de propositions destinées à remplacer EuropaCity : nouveaux transports en commun et travaux routiers, déploiement de l’énergie solaire, lancement d’une filière horticole, ouverture d’un lycée international et d’un internat d’excellence, création d’un grand lieu culturel, financement de maisons médicales ou de petites gares… Le préfet du département, Francis Rol-Tanguy, a été chargé d’une mission pour définir le futur projet économique.

Au-delà de cet investissement bienvenu, que faire ? Ceux-ci pourront-ils garantir la création de 10 000 emplois ? Oui, affirme la Communauté d’Agglomération Roissy Pays de France, par la voix de son président Patrick Renaud cité par « Le Monde » :  « notre agglomération n’a jamais négligé les enjeux de développement durable au profit du développement économique, Roissy Pays de France soutient pleinement les démarches de la région auprès de Grand Paris Aménagement, pour la réalisation de nouvelles études de sols sur tout le secteur du Triangle de Gonesse. » L’arrivée du Grand Paris Express en 2027, par la ligne 17, doit déjà être effectif et permettre d’intégrer le secteur à la Métropole. Valérie Pécresse, citée également par « Le Monde », appelle à rassurer les investisseurs après cet abandon brutal au lendemain de dix ans de développement : « Tesla a hésité entre l’Ile-de-France et Berlin pour implanter son usine géante ; quand ils ont vu EuropaCity, ils sont partis en Allemagne. (…) Tant qu’on n’y voit pas plus clair sur les intentions de l’Etat, on ne peut pas construire de projet alternatif ». La Région a mis en oeuvre un « plan friches » pour identifier les sites désaffectés où des projets de développement pourraient être implantés sans urbanisation de terrains agricoles ; reverrait-on Europacity revenir sous une autre forme ?

Aujourd’hui, l’Etat se penche sur la création d’industries du futur, d’agroalimentaire, de bureaux, de services… Des positions qui ne rassurent guère les élus locaux, qui craignent de tout perdre et de voir leurs administrés être les grands sacrifiés du Grand Paris. Sans projet d’envergure, pourquoi faire venir le métro jusqu’au Val d’Oise, dans un endroit qui ne serait pas urbanisé mais demeurerait agricole ?

La question de l’après-Europacity pose la question du Grand Paris Express et surtout de la direction du Grand Paris. Autant dire que le feuilleton n’est pas fini…

Portrait

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