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Benjamin Delaux (habx) : « le confinement permet à tout un chacun de s’interroger sur son logement »…

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le 15 Avr 2020

C’est un véritable euphémisme que de dire que le confinement nous a tous confrontés, plus ou moins brutalement, a ce qu’était notre logement, notre façon d’y vivre, d’y travailler. Or, une start-up de plus en plus importante de la PropTech comme habx, spécialisée dans le logement personnalisé, a bien des choses à dire vis-à-vis de cette prise de conscience : Benjamin Delaux, son président, montre les leçons à tirer de cette crise pour le résidentiel…

Où en était habx avant la crise sanitaire ?

Nous restons dans une dynamique de « crowdbuilding » en privilégiant la demande du client, mais aujourd’hui, l’évolution de nos technologies et de notre savoir-faire nous ont amenés à ne plus agir dans une perspective de commercialisation auprès des promoteurs, mais à anticiper, grâce à notre logiciel habxMatch et au « data » que nous avons réuni, les besoins et les envies de nos clients. On a pu, ainsi, identifier que 20 % de demandes spécifiques permettaient de satisfaire 80 % de la demande. Afin de rendre plus efficiente et productive l’expérience utilisateur, nous anticipons l’offre de logements sur les opérations, en économisant le temps qui nous était nécessaire aux allers-retours entre clients, promoteurs et architectes. Plutôt qu’un promoteur dispose d’un plan différent par logement pour quatre typologies distinctes, l’intelligence artificielle et le design augmenté et génératif permettent de générer des milliers de plans par anticipation et de créer une librairie virtuelle de plus de 1 600 plans et de centaines de typologies différentes. Des contrats de réservation pour chacun de ses plans virtuels sont générés et, en un instant, nous pouvons répondre directement aux demandes du client. Quinze millions d’euros ont été investis dans la recherche et le développement à cette fin…

Quelles sont les conséquences de la crise sanitaire pour votre entreprise ?

L’impact est majeur : tout est à l’arrêt, production, revenus, salariés, industrie immobilière, construction, promotion, vente, développement, investissement… Tout le monde pare au plus pressé et gère l’urgence avant de gérer le business ; l’impact est général et absolu. Vis-à-vis d’habx, avant la crise, nous étions en pleine levée de fonds et nous sommes certains de pouvoir surmonter cette période avec le soutien de nos investisseurs, tels qu’Eurazeo, Indinvest et XAnge, ainsi que nos partenaires ; nous profitons de ce temps de crise pour développer la qualité de nos produits.

Quels enseignements sont à tirer de cette crise ?

D’une part, tous les processus et solutions liés à la santé sont au premier plan, et les entreprises de la Tech à cet égard seront aussi privilégiées. D’autre part, il y a bien sûr l’habitat, puisqu’à l’heure actuelle, chacun redécouvre son logement et son propre mode de vie. Chacun se retrouve à gérer, depuis des semaines, dans son appartement, une crèche, une école, un ou deux bureaux, une ou deux salles de sport, une ou deux salles de jeu… Tout le monde reconsidère la manière dont on a envie de vivre son logement. On trouve là toutes les promesses que l’on porte depuis plusieurs années chez habx, qu’un logement doit être dédié à l’usage, que l’usage appartient à chacun, que chacun ait la capacité d’exprimer ses modes de vie et usages spécifiques pour que son logement réponde à ces attentes, et que chacun soit dans une dynamique de logement choisi, durable et je l’espère, abordable.

En effet, le confinement pousse chacun à s’interroger sur le concept de logement personnalisé que propose habx…

Bien sûr, le confinement est un repli chez soi pour chacun d’entre nous, qui permet à tout un chacun de s’interroger sur son logement. Je pense que tout le monde a passé beaucoup de temps à réaménager et réorganiser son propre logement d’une part, et de l’autre, de prendre en compte la production de logements, qui est vouée à devenir la plus grande des industries de demain. Dans un contexte de choc démographique et d’exode rural dans le monde entier, 750 millions de logements nouveaux seront nécessaires à l’horizon 2050, 2 milliards en 2100. Cette production-là doit se faire dans une logique de préservation de notre planète et dans une logique de développement durable. Cette crise permet de nous rendre compte combien nous sommes fragiles face à la nature et, donc, de la respecter encore plus. En construisant un logement que l’on apprécie et dans lequel on se projette à long terme, on n’en construit pas deux et on économise donc les ressources. En créant des logements qui permettent le multi-usages et d’éviter de se déplacer tous les jours, cela permet d’éviter toute surconsommation.

Le télétravail s’est imposé de lui-même…

Plusieurs acteurs de l’immobilier français profitent de la crise pour reconsidérer l’usage des bureaux, en prenant en compte, sérieusement, ce que le télétravail peut apporter à chacun. Au lieu de créer des valeurs absolument hallucinantes pour certains investisseurs, avec des taux de capitalisation et des loyers records, amenant les prix du bureau à Paris à 60 000 euros le mètre carré, pourquoi ne permettrions-nous pas à chaque employeur de donner 300 à 400 euros à chaque employé pour s’équiper d’un véritable bureau chez eux ? Et de pouvoir télétravailler non plus une fois par mois, mais deux jours par semaine, en évitant trois à cinq heures de transports et de travailler efficacement pendant que les enfants sont à l’école ? Cela permet de créer une boucle vertueuse : chez habx, nous disons « votre maison est votre chemin, être bien chez soi c’est être bien dans sa vie ».

La crise devrait donc amener une véritable prise de conscience…

J’espère que tout ça ne sera pas vain et servira de leçon. A la différence de ce que disait Christine Lagarde, ce serait dramatique que tout reparte de plus belle ! Je suis très optimiste pour l’après, habx prépare déjà des solutions. Nous dématérialisons tout en transformant la relation client, remettons l’utilisateur au cœur du processus de production, permettons gratuitement au client de faire prendre en compte ses envies et ses goûts. Nous sommes les premiers à offrir une vraie solution de personnalisation qui est un véritable gage de développement durable. Nous avions déjà constaté une prise de conscience au sein du secteur qu’il ne s’agissait plus de produire en fonction du « push », mais bien de respecter les règles d’accessibilité et de développement durable, ainsi que le mode de vie de chacun. L’impact social et environnemental de la demande sera tout autre que l’impératif de produire pour consommer.

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Thierry Mouthiez

le 22/11/2021

Logistique : vers un record européen

Outre la France, le dynamisme du marché de l’immobilier logistique se vérifie dans nombre d’autres pays. La preuve : « 2021 sera une année record pour le marché immobilier de la logistique en Europe » affirme Knight Frank dans une étude ad hoc.

« Au terme des neuf premiers mois de 2021, les sommes investies sur le marché européen de l’immobilier industriel totalisent 38,3 milliards d’euros, niveau jamais atteint auparavant entre les 1er et 3ème trimestres d’une année. Après un 1er semestre exceptionnel, l’activité n’a pas faibli au 3ème trimestre avec 11,1 milliards d’euros investis, soit une hausse de 27 % par rapport à la même période en 2020 » précise Richard Laird, co-directeur du département investissement Europe de Knight Frank. La société de conseil précise que « sur une année entière, le précédent pic date de 2017, avec 46 milliards d’euros investis en Europe grâce notamment à l’acquisition par le fonds chinois CIC, auprès de Blackstone, de sa filiale Logicor, pour 12 milliards d’euros. Dès lors, il suffirait de moins de 8 milliards d’euros investis au 4ème trimestre pour faire de 2021 une nouvelle année record, ce qui semble tout à fait réalisable au regard des opérations en cours de finalisation et des performances récentes du marché de la logistique »…

Si « la dynamique est particulièrement positive au Royaume-Uni qui, avec 5,1 milliards d’euros investis au 3ème trimestre (+ 120 % sur un an), conforte sa position de plus grand marché européen devant l’Allemagne et les Pays-Bas », Richard Laird fait valoir que « le marché français est également dynamique. 3,8 milliards d’euros ont été investis dans l’Hexagone lors des neuf premiers mois de 2021, soit une hausse de 46 % sur un an. L’année 2021 pourrait, là aussi, constituer un nouveau record grâce notamment au dynamisme des ventes de portefeuilles »…

Côté intervenants, « les plus actifs sur le marché français de la logistique avec 29 % des volumes investis lors des neuf premiers mois de 2021, les Nord-Américains jouent également un rôle moteur à l’échelle du Vieux continent. Au 3ème trimestre, ces derniers ont ainsi concentré 43 % de l’ensemble des sommes engagées en Europe, devant les Britanniques », qui arrivent aussi en bonne place dans l’Hexagone,  « mais Français, Allemands et Asiatiques sont aussi à l’origine de transactions significatives ».

Pour l’avenir, « les externalisations continueront d’animer le marché ces prochains mois » anticipe Knight Frank. « Le contexte est particulièrement propice à ce type d’opérations, qui permettent aux acquéreurs de pallier le manque d’offres sécurisées et aux vendeurs de profiter de la hausse des valeurs vénales » ajoute Richard Laird. Sachant que « d’autres facteurs permettront de prolonger le bouillonnement du marché de l’investissement en immobilier industriel. Malgré la reprise actuelle de l’épidémie, l’activité économique et le marché locatif restent bien orientés en Europe, ce dernier bénéficiant notamment de la forte croissance du e-commerce. Les plateformes XXL ne sont pas les seuls actifs recherchés. Les besoins liés à la livraison du dernier kilomètre alimentent également l’appétit des investisseurs pour les zones les plus proches des agglomérations, la rareté du foncier faisant notamment de la reconversion de bâtiments obsolètes en parcs d’activités et sites logistiques de dernière génération une solution de plus en plus pertinente et recherchée par les investisseurs »…

Bien sûr, « l’engouement des investisseurs pour la logistique et la rareté de l’offre continuent d’exercer une pression baissière sur les taux de rendement ». Le co-directeur du département investissement Europe de Knight Frank estimant que  « les taux de rendement « prime » de la logistique sont aujourd’hui inférieurs à 4 % dans la majorité des grands marchés européens et se rapprochent même peu à peu des 3 % en Allemagne, aux Pays-Bas et en France. Dans l’Hexagone, ils s’établissaient à 3,50 % à la fin du 3ème trimestre, mais subiront une nouvelle compression d’ici la fin de 2021 »… La rançon du succès, en quelque sorte…

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