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Le choix Immoweek : les plaintes des usagers du logement ont bondi de 25 % sur un an

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le 10 Oct 2016

Pour ce rendez-vous d’Immoweek consacré au « chiffre », penchons-nous sur les raisons de la colère : le septième baromètre de la Confédération générale du logement (CGL) révèle qu’en 2015, les plaintes des usagers du logement (locataires, propriétaires ou copropriétaires) auront bondi de 25 %, avec 2 934 plaintes en 2015, contre 2 344 en 2014. Une augmentation que la CGL tente d’expliquer…

Sans surprise, les trois quarts des plaintes concernent le secteur locatif (76,07 %), suivi par la « consommation généraliste » (soit les fournisseurs d’énergie, d’accès Internet, la téléphonie mobile ou les sites d’achat par Internet, ne concernant pas directement le logement, à 10,09 %), l’accession et la vente (6,95 %), la copropriété (5,18 %) et la propriété individuelle (1,70 %). Alors qu’en France, les locataires ne représentent que 39,3 % des habitants, la location est donc l’objet de la grande majorité des plaintes.

Parmi ces plaintes sur le locatif, 12,20 % concernent le dépôt de garantie, et un pourcentage égal les troubles de jouissance ; 8,66 % les charges locatives, 8,38 % les réparations et travaux, 5,39 % les préavis bailleur/locataire et 4,64 % les expulsions. Les plaintes liées au dépôt de garantie ont légèrement augmenté par rapport à 2014 (11,86 %) : il ne faut pas y voir une hausse de la mauvaise volonté des bailleurs, mais plutôt un désaccord entre les deux parties lors de l’état des lieux de sortie du logement. Les troubles de jouissance sont en baisse relative (13,05 % en 2014), ce qui constitue un encouragement vis-à-vis de l’état des logements mis sur le marché. Les autres chiffres restent stables, hormis une hausse de 1,12 % des plaintes sur les délais de préavis.

Par ailleurs, la CGL, qui comptabilise ces plaintes depuis sept ans, remarque qu’un tel volume est resté constant, aux environs de ces trois quarts, avec un pic en 2014 (76,54 % des plaintes concernant le locatif) et un taux le plus bas en 2010 (66,98 %). Sur ces sept années, la CGL constate une hausse des réclamations liées aux réparations et travaux ainsi que des demandes d’aides pour cause d’exclusion. En revanche, les litiges liés aux loyers ont chuté pendant la même période

Le président de la CGL, Michel Fréchet, affirme qu’il faudra encore un ou deux ans pour voir si cette hausse est indicatrice d’une vraie tendance ou s’il ne s’agit que d’un feu de paille. Il avance une meilleure notoriété de la CGL auprès des consommateurs aussi qu’un « possible changement d’esprit des locataires, qui se laisseraient aujourd’hui peut-être un petit peu moins faire qu’avant ». Il avance aussi un marché du logement qui s’assouplit tout en restant toujours tendu, avec un progrès dans la construction depuis un ou deux ans. Enfin, il évoque une moindre qualité des biens qui se sont loués ces dernières années, en raison du manque chronique de logements. Le maintien à un haut niveau des questions autour du dépôt de garantie et des troubles de jouissance montre, selon Michel Fréchet, que les politiques menées ces dix dernières années n’ont eu guère d’effet : par exemple, la loi Alur de 2014, qui n’a apporté aucun changement significatif dans la restitution du dépôt de garantie, en raison d’une mauvaise prise en compte de « la psychologie des locataires »…

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Pascal Bonnefille

le 16/03/2022

Un ministre et rien d’autre !

L’absence d’un titulaire du portefeuille du Logement est révélatrice de bien des aspects de la France contemporaine : d’abord, elle montre combien libéraux et interventionnistes sont d’accord sur un seul point : il (leur) faut un ministre (on lira à ce sujet le « Point de vue » de Philippe Pelletier). Tous les professionnels, comme les analystes, même ceux qui réclament à grands cris moins d’État ont communiqué leur frustration, voire leur colère à l’énoncé de la nouvelle équipe gouvernementale.

Logiquement, les partisans d’une action publique forte en cette matière ont entonné le même lamento. Il est donc probable que le remaniement post législatives fasse apparaître un ministre délégué ou un secrétaire d’État affecté au Logement et attribué à un rallié de la majorité sortie des urnes (si c’est le cas).

Mais cette absence est surtout le signe d’un phénomène que nous avons déjà évoqué (on le retrouve d’ailleurs dans notre série documentaire de podcasts « Ma vie de ministre du Logement ») : quand le chef de l’État, ou à tout le moins, la Première ministre (qui, au début de sa carrière dans le cabinet de Lionel Jospin avait portant le logement dans ses attributions — mais c’est à l’époque Serge Contat qui suivait spécifiquement les questions de logement —), ne s’intéressent pas au sujet, celui-ci est relégué dans les questions techniques… que le politique néglige. Et ce désintérêt se traduit immédiatement par des conséquences budgétaires : Bercy en profite comme au début du précédent quinquennat. Il n’est donc pas impossible que nous vivions un scenario du même type que la diminution forcée des APL, il y a cinq ans ; cette fois, c’est le blocage des loyers qui se profile à l’horizon. Personne n’ignore les effets dévastateurs, à terme, d’une telle mesure. Mais c’est une des rares dispositions qui ne coute rien — en apparence et au début — au budget de l’Etat, ce que, même en période de « quoi qu’il en coûte » est délicieusement apprécié par le grand argentier. Ajoutons que ce blocage est populaire (il y a beaucoup plus de locataires que de bailleurs) : il n’est donc pas impossible qu’Amélie de Montchalin (qui a fini par revendiquer ce sujet parmi ses attributions) ou mieux, son ministre délégué ait à défendre, demain, cette mesure qui devrait, elle aussi, réaliser la quasi-unanimité des acteurs contre elle…

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