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BNP Paribas Real Estate/Ifop : trois quarts des Français vivent « bien » le confinement…

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le 20 Avr 2020

BNP Paribas Real Estate (BNPPRE) prend le pouls des Français en période de confinement, leur façon d’habiter, de travailler et de consommer…, ainsi que leurs visions du monde d’après. Le groupe dévoile les résultats de la première vague d’une enquête barométrique menée avec l’Ifop.

Si près des trois-quarts des Français déclarent « bien vivre » le confinement (à la question « Diriez-vous que vous vivez très bien, plutôt bien, plutôt mal ou très mal le fait d’être confiné à votre domicile ? », 72 % répondent « très bien » ou « plutôt bien »), les disparités se font sentir en fonction de l’âge (65 % des 18-24 ans affirment bien vivre le fait d’être confinés, contre 80 % des 65 ans et plus), du niveau de vie (61 % des catégories modestes vivent bien les restrictions en place, contre 79 % des catégories les plus aisées), de la composition des personnes dans un même logement (les personnes en couple sont plus nombreuses à avoir un ressenti positif du confinement (75 %) que les personnes seules (67 %) ou vivant dans un foyer de plus de 3 personnes (68 %) ou 4 personnes et plus (71 %) ou encore du milieu urbain (la quasi totalité des Français en zone rurale – 95 % – ont un regard positif sur leur logement, contre 78 % des Franciliens).
Pour les 22 % de Français qui avaient un projet immobilier avant confinement, 4 % ont dû l’annuler, 14 % le maintiennent avec du retard et 4 % le maintiennent dans les délais prévus. Comme il a déjà été vu par ailleurs, les espaces extérieurs sont très nettement en tête des critères auxquels les Français accordent désormais plus d’importance.

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« La période de confinement, si elle est bien vécue par une majorité de Français, permet malgré tout de réévaluer les critères d’appréciation de son logement. A force de rester chez eux, les Français perçoivent mieux ce qui leur manque au quotidien et dessinent les contours de leur habitat idéal. Ouverture vers l’extérieur et la nature, localisation, plus d’espaces communs et privés : une chose est sûre, les futurs propriétaires envisageront différemment leur achat immobilier. C’est en écoutant ces évolutions structurantes pour le marché que nous saurons répondre au mieux à ces nouvelles attentes et imaginer la ville de demain » analyse Olivier Bokobza, directeur général du pôle résidentiel de BNP Paribas Real Estate.

Travail confiné moins efficace ; les échanges entre collègues manquent

« Si les Français ont globalement le sentiment de bien vivre cette période sur le plan personnel, les aspects professionnels font moins consensus » note BNP Paribas Real Estate. Ainsi, 39 % des actifs estiment moins bien travailler en période de confinement, et seul 1 sur 10 pense mieux travailler en étant à distance, « même si le télétravail en confinement n’a rien du télétravail classique » précise le groupe immobilier. Parmi les freins rencontrés, les actifs évoquent la difficulté à se concentrer (51 %) et le sentiment d’être moins productif (53 %). Ce qu’il manque le plus aux actifs qui travaillent de chez eux par rapport aux conditions de travail au bureau ? Les échanges professionnels avec les collègues (41 %), la distinction plus forte entre vie professionnelle et vie personnelle (28 %), ainsi que les outils de travail (27 %). « A noter que les réunions ne manquent qu’à 1 actif sur 10 ! » ajoute BNP Paribas Real Estate.

Parmi les avantages avancés par les sondés, arrive en tête la suppression du temps de transport (56 %) et la flexibilité des horaires (44 %). Mais au-delà de l’organisation d’un télétravail forcé, la pratique garde un écho dans leur esprit : « plus de la moitié des interviewés souhaite davantage de journées en télétravail à l’issue de la crise (53 %) et plus de flexibilité dans l’organisation de leur temps de travail (48 %) » relève le sondage.

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« Le recours au travail à distance, quand il est organisé et non subi, est porteur de productivité et d’un meilleur équilibre vies privée et professionnelle. En somme, il présente des atouts indéniables pour maintenir nombre d’entreprises à flot durant cette période de confinement. Néanmoins, cet observatoire démontre que le télétravail, à l’image de l’enseignement à distance, peut, dans certains cas, accélérer de nombreuses inégalités sociales. Les actifs les plus seniors souvent mal préparés ou mal formés sont exposés à la fracture numérique et à la forme d’exclusion que cela génère. Par ailleurs, il est important de garder en tête que le confinement lié à l’épidémie de Covid-19 n’est en rien comparable à un télétravail organisé et planifié. Le niveau de stress, la peur de contracter le virus et la gestion des enfants rendent la situation beaucoup plus difficile à assumer. Durant cette période contrainte, les organisations auront beaucoup appris, souvent dans la précipitation, sur les modalités du travail à distance ; technologie, bonnes pratiques, sans oublier la notion d’engagement des équipes » explique Sylvain Hasse, head of corporate services de BNP Paribas Real Estate.

Commerce : plus de proximité, moins de livraisons

BNP Paribas Real Estate a dédié un volet entier du sondage aux habitudes de consommation des Français en période de confinement. Des habitudes « très concrètement » bouleversées, qui « s’orientent vers une consommation plus solidaire et locale dans les commerces physiques, avec des conséquences certaines sur la chaîne d’approvisionnement et la logistique urbaine » : plus d’un quart des Français (27 %) indique se rendre davantage dans les commerces de proximité et plus d’un tiers (35 %) déclare avoir diminué les commandes alimentaires en ligne livrées à domicile. Les raisons d’une telle consommation ? D’abord, par solidarité pour 65 % d’entre eux, afin de soutenir financièrement leurs commerçants locaux ; mais aussi car c’est l’occasion de tester une consommation plus locale, pour 57 % d’entre eux, voire même de changer leurs habitudes (27 %).

Ce dernier point fait déjà présager des bouleversements dans le monde du commerce dans ce « monde de l’après » : 35 % des Français souhaite d’avantage fréquenter ses commerces de quartier à l’issu du confinement. Les services de livraison de repas sont également l’objet d’une forte remise en question : 45 % des Français déclarent y avoir moins recours ces dernières semaines et 38 % souhaitent diminuer les livraisons de repas par les restaurants à l’issue du confinement.

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« Le confinement génère des évolutions significatives dans les comportements de consommation des Français, qui se tournent vers des alliés de confiance, également moteurs de l’économie du pays, à l’instar des commerçants de proximité et des produits locaux. Si l’on s’interroge sur la durabilité de ces transformations, nous pouvons être sûrs que ces bouleversements vont amener à repenser le commerce en centre-ville : plus durables, plus connectés, plus serviciels… Ces mutations feront rentrer le commerce de centre-ville dans une nouvelle ère » relève Thierry Bonniol, directeur associé retail de BNP Paribas Real Estate.

Le confinement réinterroge complétement des schémas urbains pensés pour la mobilité. La ville se dé-fonctionnalise, avec la fermeture des lieux de vie collective, des écoles, des bureaux et révèle tout l’enjeu d’un immobilier mixte et réversible, capable d’héberger des usages temporaires. En miroir inversé, l’habitat se sur-fonctionnalise, avec la nécessité d’y travailler, d’y faire du sport, d’y faire l’école à ses enfants… et, bien sûr, avant tout, d’y vivre ensemble !
En tant qu’acteur majeur de la ville, nous sommes en première ligne pour contribuer aux dynamiques solidaires et agiles et œuvrer à fabriquer une ville résiliente et inclusive.

Séverine Chapus, directrice en charge des grands projets mixtes, BNP Paribas Real Estate France

Méthodologie : l’enquête a été menée par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 8 avril 2020, auprès d’un échantillon de 1 508 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et par catégorie d’agglomération.

Jean-Baptiste Favier

Chef des informations

Édito
par Thierry Mouthiez

le 19/10/2020

Le télétravail en question…

L’analyse des conséquences du développement du télétravail à la suite de la crise sanitaire est loin d’être achevée. Ainsi, le 13 octobre dernier, le quotidien « Les Echos » consacrait sa « une » au thème « bureaux : l’onde de choc du Covid-19 », avec des sous-titres tels que « la généralisation du télétravail pour cause d’épidémie favorise la chasse aux mètres carrés » ou encore « l’impact sur l’immobilier de bureaux pourrait être majeur ».

Le lendemain, « Libération » titrait, pour sa part, un article ainsi : « le télétravail abandonné malgré la « deuxième vague » du Covid-19 ».

De son côté, Jean-Marc Peter publiait une analyse dans laquelle le directeur général de Sofidy soulignait, entre autre, qu’« au vu de ses nombreux effets négatifs et nocifs, il peut paraître étonnant de vouloir faire du télétravail la nouvelle règle. L’exemple d’IBM est, à ce titre, très instructif. Pionnier dès 1998 et champion du télétravail pendant près de deux décennies, le géant américain a fait machine arrière en 2017. Certes, IBM a économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux, mais le retour d’expérience est sévère : selon la direction, le télétravail altère la créativité et l’enthousiasme de ses salariés. Pour redynamiser l’innovation et accompagner sa transformation vers le « cloud » et l’intelligence artificielle, IBM a donc demandé au cinquième de ses effectifs qui travaillaient à temps plein à domicile de retourner au bureau. Ce n’est d’ailleurs pas la seule entreprise américaine à avoir fait volte-face. Yahoo !, Best Buy, Honeywell International ou encore Bank of America avaient déjà, plus tôt, stoppé net l’expérience »…

Bien sûr, dans un tel contexte, la référence aux enquêtes d’opinion réalisées auprès des salariés apporte des éléments de réflexion non négligeables. Ainsi, récemment, la société de gestion de SCPI Atland Voisin « a sollicité l’institut OpinionWay pour interroger les Français dont le métier permet le télétravail (55 % des actifs) afin d’avoir leur vision du sujet en dépassant le cadre de la crise sanitaire ». Parmi les résultats, on relève que si « plus de quatre actifs dont le métier leur permet de télétavailler sur cinq estiment que le recours au télétravail en entreprise va se développer à l’avenir en France (85 %) », « seuls 4 % des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15 % à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63 % pensent qu’il se pratiquera un à deux jours par semaine ». Autre enseignement : « si 81 % des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne »… Et « in fine, 73 % des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel (0, 1 ou 2 jours par semaine) ». En précisant que « 80 % des répondants pensent que la visio aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Cet outil va remplacer les déplacements professionnels selon 83 % des répondants »… Et Jean-Christophe Antoine, président d’Atland Voisin, de conclure : « il est très clair que la crise sanitaire a accéléré l’adoption forcée du télétravail par les entreprises, dans un processus qui était déjà entamé depuis plusieurs années. Et il est également clair que le télétravail a montré son efficacité pour maintenir un certain niveau d’activité. Toutefois, nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas (…) Loin d’être « mort » comme certains ont pu l’annoncer, le bureau va néanmoins devoir s’adapter et se réinventer pour mieux prendre en compte des situations inédites telles que celle que nous venons de traverser. Le rapport à l’open space va sans doute changer, la gestion des flux de personnes sera sans doute repensée, la prise en compte des enjeux environnementaux va sans doute s’accélérer, mais ici aussi ce sont des processus entamés que la pandémie n’a fait qu’accélérer… »… De son côté, la Chaire Workplace Management de l’Essec Business School, qui a réalisé une enquête en ligne sur ce sujet, conclut que « le bureau n’a pas dit son dernier mot ! »…

Et, si les institutionnels poursuivent leurs investissements dans les bureaux, c’est bien qu’ils considèrent que le tout télétravail n’est pas pour demain…

Portrait

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