Chargement

fredday : bool(true)
retour Accueil > Logement > Actualités > Ian Brossat : « la trêve hivernale, pour les...

Ian Brossat : « la trêve hivernale, pour les logements sociaux, est prolongée jusqu’en octobre »

ActualitésLogement

le 15 Mai 2020

La Mairie de Paris va prolonger la trêve hivernale « jusqu’en octobre » dans les logements sociaux pour les locataires qui « n’arrivent pas à payer leur loyer », allant au-delà de la date fixée par le gouvernement, a annoncé l’adjoint PCF en charge du Logement, Ian Brossat.

Cette annonce intervient après celle du ministre du Logement, Julien Denormandie, qui avait indiqué poser un nouveau report de la trêve hivernale des expulsions locatives, fixée normalement au 31 mars. Dans la foulée, l’Assemblée Nationale l’avait
fixée au 10 juillet.

« C’est bien, mais pas suffisant » a jugé Ian Brossat, dans une interview au « Parisien ». « La crainte est d’avoir beaucoup de familles qui se retrouveraient sous la menace d’une expulsion ou à la rue au coeur de l’été. » « Depuis le 15 mars, 7 500 familles (sur 200 000 logements sociaux de la Ville de Paris) se sont retrouvées pour la première fois en situation d’impayé » explique l’adjoint. « C’est une augmentation notable par rapport à une période normale. Et c’est évidemment un bilan provisoire », prévient l’élu, qui redoute les conséquences de la crise économique et sociale.

Ainsi, « les trois bailleurs sociaux parisiens (Paris Habitat, la RIVP et Elogie Siemp) ont fait le choix de prolonger cette trêve hivernale jusqu’au mois d’octobre prochain. Ce qui nous permettra de faire le pont avec la trêve suivante et d’avoir une année
blanche » ajoute-t-il. Pendant la période, les locataires concernés « pourront payer de toutes petites sommes en attendant que leur situation s’améliore », assure l’adjoint, précisant que la mesure ne concerne pas « ceux qui font l’objet d’un congé pour
trouble de jouissance ». Pour les locataires du parc privé, Ian Brossat se dit favorable, comme la Fondation Abbé Pierre, à « la mise en place d’un fonds national d’aide au paiement des loyers. Un fonds auquel la Mairie de Paris pourrait contribuer ».

La décision des bailleurs sociaux parisiens sera évoquée lors du Conseil de Paris de ce jour, largement consacré au plan d’aides de la Ville aux acteurs économiques et culturels. (avec AFP)

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Thierry Mouthiez

le 19/10/2020

Le télétravail en question…

L’analyse des conséquences du développement du télétravail à la suite de la crise sanitaire est loin d’être achevée. Ainsi, le 13 octobre dernier, le quotidien « Les Echos » consacrait sa « une » au thème « bureaux : l’onde de choc du Covid-19 », avec des sous-titres tels que « la généralisation du télétravail pour cause d’épidémie favorise la chasse aux mètres carrés » ou encore « l’impact sur l’immobilier de bureaux pourrait être majeur ».

Le lendemain, « Libération » titrait, pour sa part, un article ainsi : « le télétravail abandonné malgré la « deuxième vague » du Covid-19 ».

De son côté, Jean-Marc Peter publiait une analyse dans laquelle le directeur général de Sofidy soulignait, entre autre, qu’« au vu de ses nombreux effets négatifs et nocifs, il peut paraître étonnant de vouloir faire du télétravail la nouvelle règle. L’exemple d’IBM est, à ce titre, très instructif. Pionnier dès 1998 et champion du télétravail pendant près de deux décennies, le géant américain a fait machine arrière en 2017. Certes, IBM a économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux, mais le retour d’expérience est sévère : selon la direction, le télétravail altère la créativité et l’enthousiasme de ses salariés. Pour redynamiser l’innovation et accompagner sa transformation vers le « cloud » et l’intelligence artificielle, IBM a donc demandé au cinquième de ses effectifs qui travaillaient à temps plein à domicile de retourner au bureau. Ce n’est d’ailleurs pas la seule entreprise américaine à avoir fait volte-face. Yahoo !, Best Buy, Honeywell International ou encore Bank of America avaient déjà, plus tôt, stoppé net l’expérience »…

Bien sûr, dans un tel contexte, la référence aux enquêtes d’opinion réalisées auprès des salariés apporte des éléments de réflexion non négligeables. Ainsi, récemment, la société de gestion de SCPI Atland Voisin « a sollicité l’institut OpinionWay pour interroger les Français dont le métier permet le télétravail (55 % des actifs) afin d’avoir leur vision du sujet en dépassant le cadre de la crise sanitaire ». Parmi les résultats, on relève que si « plus de quatre actifs dont le métier leur permet de télétavailler sur cinq estiment que le recours au télétravail en entreprise va se développer à l’avenir en France (85 %) », « seuls 4 % des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15 % à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63 % pensent qu’il se pratiquera un à deux jours par semaine ». Autre enseignement : « si 81 % des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne »… Et « in fine, 73 % des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel (0, 1 ou 2 jours par semaine) ». En précisant que « 80 % des répondants pensent que la visio aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Cet outil va remplacer les déplacements professionnels selon 83 % des répondants »… Et Jean-Christophe Antoine, président d’Atland Voisin, de conclure : « il est très clair que la crise sanitaire a accéléré l’adoption forcée du télétravail par les entreprises, dans un processus qui était déjà entamé depuis plusieurs années. Et il est également clair que le télétravail a montré son efficacité pour maintenir un certain niveau d’activité. Toutefois, nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas (…) Loin d’être « mort » comme certains ont pu l’annoncer, le bureau va néanmoins devoir s’adapter et se réinventer pour mieux prendre en compte des situations inédites telles que celle que nous venons de traverser. Le rapport à l’open space va sans doute changer, la gestion des flux de personnes sera sans doute repensée, la prise en compte des enjeux environnementaux va sans doute s’accélérer, mais ici aussi ce sont des processus entamés que la pandémie n’a fait qu’accélérer… »… De son côté, la Chaire Workplace Management de l’Essec Business School, qui a réalisé une enquête en ligne sur ce sujet, conclut que « le bureau n’a pas dit son dernier mot ! »…

Et, si les institutionnels poursuivent leurs investissements dans les bureaux, c’est bien qu’ils considèrent que le tout télétravail n’est pas pour demain…

Portrait

Chargement