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Le choix Immoweek : viens chez moi, j’habite aux Bains Douches

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le 16 Jan 2020

Les projets de Réinventer Paris (la première édition, bien sûr) commencent à se concrétiser et à être présentés au grand public : ce fut le cas, hier, de l’ancien bâtiment des bains-douches du 34, rue Castagnary (Paris 15ème), transformé par Swiss Life, Atixis et Red Architectes en « Bains Douches & Co », une résidence étudiante de 17 logements. Un pari architectural et patrimonial relevé avec brio, qui l’imposait comme « immeuble de la semaine ».

Ce bâtiment historique de 1932, typique de l’Art Déco avec ses briques, s’est vu totalement préservé, hormis une ancienne structure accolée aux bains-douches qui fut, elle, démolie. A sa place a été érigé un immeuble à ossature bois de 8 étages, qui profite de l’exposition de l’ensemble au Sud pour exploiter les apports solaires dans une logique bioclimatique. Des balcons filants et une façade végétalisée ont été ajoutés afin de préserver les logements de la chaleur l’été et du froid l’hiver. L’ensemble permet un bilan carbone réduit de moitié par rapport à une construction béton traditionnelle, tandis que l’ossature est composée de voiles en panneaux bois contrecollés et d’un ensemble poteaux/poutres rayonnant. Les planchers sont aussi réalisés en panneaux bois contrecollés. L’arrière du bâtiment ancien a été paré d’une façade vitrée sur toute sa hauteur.

Signés par Gaston Lefol, les bains douches de la rue Castagnary faisaient partie intégrante de la politique d’hygiène qui s’est généralisée en France après la Première Guerre mondiale, permettant aux locataires des habitations bon marché à proximité de bénéficier de salles d’eau, souvent absentes de ces dernières. Avec ses 56 cabines, dont la moitié réservée aux femmes, l’établissement fut fréquenté jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. Il ferme ses portes en 2011 et un collectif d’artistes, La Main, occupe les locaux jusqu’en 2017.

Aujourd’hui, ce sont 17 logements et 56 chambres (à loyers modérés, reparties en 5 grands appartements de 4 à 5 pièces) sur 1 400 m2 au total, qui sont réservés à la colocation étudiante. Ces logements sont été acquis par In’li, filiale d’Action Logement présidée par l’ancien ministre du Logement Benoist Apparu.  In’li a mandaté Colivys, startup incubée au In’li Lab et spécialisée dans le colocation de logements de grandes surfaces, pour assurer l’aménagement et la décoration intérieure des chambres et accompagner l’entrée dans les lieux des nouveaux colocataires.

350 m2 de coworking complètent l’ensemble. Swiss Life, propriétaire de l’ensemble, louera chaque chambre séparément, à un loyer modéré. Une belle histoire d’eau…

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Thierry Mouthiez

le 19/10/2020

Le télétravail en question…

L’analyse des conséquences du développement du télétravail à la suite de la crise sanitaire est loin d’être achevée. Ainsi, le 13 octobre dernier, le quotidien « Les Echos » consacrait sa « une » au thème « bureaux : l’onde de choc du Covid-19 », avec des sous-titres tels que « la généralisation du télétravail pour cause d’épidémie favorise la chasse aux mètres carrés » ou encore « l’impact sur l’immobilier de bureaux pourrait être majeur ».

Le lendemain, « Libération » titrait, pour sa part, un article ainsi : « le télétravail abandonné malgré la « deuxième vague » du Covid-19 ».

De son côté, Jean-Marc Peter publiait une analyse dans laquelle le directeur général de Sofidy soulignait, entre autre, qu’« au vu de ses nombreux effets négatifs et nocifs, il peut paraître étonnant de vouloir faire du télétravail la nouvelle règle. L’exemple d’IBM est, à ce titre, très instructif. Pionnier dès 1998 et champion du télétravail pendant près de deux décennies, le géant américain a fait machine arrière en 2017. Certes, IBM a économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux, mais le retour d’expérience est sévère : selon la direction, le télétravail altère la créativité et l’enthousiasme de ses salariés. Pour redynamiser l’innovation et accompagner sa transformation vers le « cloud » et l’intelligence artificielle, IBM a donc demandé au cinquième de ses effectifs qui travaillaient à temps plein à domicile de retourner au bureau. Ce n’est d’ailleurs pas la seule entreprise américaine à avoir fait volte-face. Yahoo !, Best Buy, Honeywell International ou encore Bank of America avaient déjà, plus tôt, stoppé net l’expérience »…

Bien sûr, dans un tel contexte, la référence aux enquêtes d’opinion réalisées auprès des salariés apporte des éléments de réflexion non négligeables. Ainsi, récemment, la société de gestion de SCPI Atland Voisin « a sollicité l’institut OpinionWay pour interroger les Français dont le métier permet le télétravail (55 % des actifs) afin d’avoir leur vision du sujet en dépassant le cadre de la crise sanitaire ». Parmi les résultats, on relève que si « plus de quatre actifs dont le métier leur permet de télétavailler sur cinq estiment que le recours au télétravail en entreprise va se développer à l’avenir en France (85 %) », « seuls 4 % des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15 % à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63 % pensent qu’il se pratiquera un à deux jours par semaine ». Autre enseignement : « si 81 % des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne »… Et « in fine, 73 % des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel (0, 1 ou 2 jours par semaine) ». En précisant que « 80 % des répondants pensent que la visio aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Cet outil va remplacer les déplacements professionnels selon 83 % des répondants »… Et Jean-Christophe Antoine, président d’Atland Voisin, de conclure : « il est très clair que la crise sanitaire a accéléré l’adoption forcée du télétravail par les entreprises, dans un processus qui était déjà entamé depuis plusieurs années. Et il est également clair que le télétravail a montré son efficacité pour maintenir un certain niveau d’activité. Toutefois, nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas (…) Loin d’être « mort » comme certains ont pu l’annoncer, le bureau va néanmoins devoir s’adapter et se réinventer pour mieux prendre en compte des situations inédites telles que celle que nous venons de traverser. Le rapport à l’open space va sans doute changer, la gestion des flux de personnes sera sans doute repensée, la prise en compte des enjeux environnementaux va sans doute s’accélérer, mais ici aussi ce sont des processus entamés que la pandémie n’a fait qu’accélérer… »… De son côté, la Chaire Workplace Management de l’Essec Business School, qui a réalisé une enquête en ligne sur ce sujet, conclut que « le bureau n’a pas dit son dernier mot ! »…

Et, si les institutionnels poursuivent leurs investissements dans les bureaux, c’est bien qu’ils considèrent que le tout télétravail n’est pas pour demain…

Portrait

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