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Bernard Devert : « 2021, un combat contre l’indifférence »

ChroniquesLogement

le 13 Jan 2021

Bernard Devert (Habitat et Humanisme)

C’est un appel à l’accueil, à la solidarité, à « ne pas laisser le prochain à sa solitude, à sa mort » que souhaite adresser aux lecteurs d’Immoweek Bernard Devert, président d’Habitat et Humanisme. Voici son texte :

Une année nouvelle ! Une chance pour faire du neuf. Quelle belle aventure avec ces inattendus qui ne manqueront pas de survenir pour refuser de pactiser avec l’indifférence.

L’engagement donné aux convictions est une invitation pressante à prendre des positions et décisions qui, sans nul doute, étonneront pour s’entendre dire : « tu as changé ».

Et si nous nous souhaitions mutuellement d’entendre un telle parole qui interroge, mais aussi émerveille.

Changer, n’est-ce pas précisément aller vers ce qui est meilleur ou, plus exactement, devenir meilleur pour que surgissent les transformations que nous désirons voir. Or, ne les attendons pas, nous en sommes des acteurs. Vous, moi.

Où sont-elles ces abominables et tragiques situations qui déshumanisent. Là, au coin de la rue, sous un pont, autant de places – si on peut parler ainsi – qui devraient glacer tant elles hurlent une inhumanité à laquelle on s’est trop habitué.

Que d’hommes ont dû s’éloigner de leur territoire mis à feu et à sang par la barbarie. Je pense à ces femmes yézidies, violées, massacrées ou encore à ces frères qui, pour ne point sombrer dans l’esclavage, se sont mis en quête de trouver une terre d’hospitalité.

Que de déceptions, la promesse est en attente ! Ces femmes et ces hommes se sont mis en marche vers une terre ensemencée par la culture, l’art et une économie portant la trace d’une solidarité. Autant de conditions réunies pour espérer un accueil, au sens où Emmanuel Lévinas dit très justement que les hommes pleinement hommes sont ceux pour qui la spiritualité est fondamentalement une hospitalité exigeante.

Quelle exigence ? Ne pas laisser le prochain à sa solitude, à sa mort.

Or, voici que ces frères en déshérence, venus du bout du monde ou d’un monde, se trouvent sur le pavé. Quelle fin d’un voyage éprouvant qui fut porté par l’espoir d’une vie nouvelle.

Ils pensaient quitter la nuit et trouver au moins une aube, trace d’une lueur d’espérance qu’offrent les signes de la fraternité.

La nuit est encore là. Ecoutons ce jeune soudanais de 22 ans qui a fui la guerre civile dans son pays. Il raconte : « toutes les nuits, on marche. On n’a rien pour dormir, sillonnant la ville dans l’espoir de trouver un point de chute décent ». Il ne trouve au mieux que la pile d’un pont.

C’est aussi Moussa qui avoue : « je suis malade et nous sommes beaucoup – pour reprendre ses mots ‑ à avoir des problèmes au corps ». Il tire un document de l’hôpital Bichat, précisant qu’il souffre d’une pneumonie ; il est dehors.

Ils sont dehors et nous restons en dedans de nous-mêmes, en toute quiétude, alors qu’il y a tant et tant de logements libres… des milliers.

La solidarité d’une civilisation ne s’évalue pas à partir des injonctions, telles les réquisitions ; elle l’est quand l’attention à la fragilité ouvre les cœurs blessés à raison de l’absence du respect de la vie.

L’invisibilité des pauvres ne traduirait-elle pas notre cécité, ce déni de la misère ? Sommes-nous des vivants pour ne point s’indigner de la souffrance que subissent ces frères.

Victor Hugo disait : « je suis de ceux qui pensent et affirment qu’on peut détruire la misère ». Interrompu par ses pairs, il quittera la majorité, ajoutant préférer la consigne à la conscience, non.

La préférence donnée à la conscience est le chemin qui nous met debout. Inutile d’aller bien loin, ils sont là, ces frères, au bout de nos trottoirs pour être aussi à bout de leur espoir.

N’attendons pas, sans espoir, ils ne sont pourtant pas sans espérance.

Bernard Devert
Janvier 2021

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Thierry Mouthiez

le 10/05/2021

Des perspectives de bon augure en régions…

Récemment, nous basant sur deux études conjoncturelles portant sur les marchés lyonnais et lillois, nous affirmions qu’elles « laissent à penser que les régions font parfois mieux que résister ».

En effet, tandis que la demande placée de bureaux a enregistré une baisse de 30 % en Ile-de-France au 1er trimestre, « le marché des bureaux en régions des six principales villes (Lyon, Lille, Nantes, Aix/Marseille, Bordeaux et Toulouse, ndlr) reste stable » sur la même période par rapport à l’année dernière souligne BNP Paribas Real Estate dans une nouvelle analyse.

Le conseil précise que « le volume global des transactions atteint 197 300 m2, soit une légère progression de 1 % sur un an à la même période ». Ou encore qu’ « avec un volume de transactions similaire au premier trimestre 2020, l’offre disponible à un an connait une hausse de 14 % sur un an et représente désormais 1,71 million de mètres carrés ».

Un constat qui « concerne aussi bien l’offre neuve (+22 %, soit 605 300 m²) que celle de seconde main (+10 %, soit 1,1 million de m²). Ce qui fait dire à Jean-Laurent de La Prade que « les bureaux devront répondre aux nouveaux usages afin d’attirer les salariés, en proposant une qualité architecturale irréprochable, avec des espaces extérieurs et un soin particulier sur le design ou encore le bien-être. Roof top et terrasses sont plébiscitées et deviennent a minima du « nice to have », sans oublier l’agilité avec des espaces réversibles et/ou des espaces de coworking qui permettent d’envisager de mixer le bail classique et le flex. Enfin, l’impact RSE est déterminant, tout comme l’inclusivité et l’ouverture sur la ville ».

Concernant les loyers, la société de conseil précise que « malgré le contexte de crise, les valeurs locatives en régions demeurent stables et ne fléchissent pas. On assiste, globalement, à une nouvelle hiérarchisation des valeurs locatives selon les qualités intrinsèques du bâtiment avec des mesures d’accompagnements qui sont en légère hausse pour atteindre parfois 15 % ». Et le directeur général adjoint de BNP Paribas Real Estate Transaction, en charge des régions, de conclure : « au-delà de ces chiffres très rassurants quant à la résilience de nos marchés, nous constatons que la demande exprimée auprès de BNP Paribas Real Estate au cours des trois premiers mois n’a baissé que de 13 % par rapport à l’an dernier, voire de seulement 2 % par rapport à la moyenne à cinq ans. Les mesures annoncées et la vaccination devraient accélérer la sortie de la crise et engendrer un rebond et un effet de rattrapage. Dans ce contexte, les perspectives d’évolution du marché des bureaux en régions sont de bon augure »…

Ce qui ne peut, très certainement, que réjouir un peu plus les dirigeants d’Inéa, par exemple, qui parient sur les marchés régionaux depuis plus d’une vingtaine d’années maintenant ! En effet, cette foncière qui se présente elle-même comme « spécialiste des bureaux neufs dans les principales métropoles régionales » peut faire valoir de beaux résultats, y compris en cette période de crise sanitaire : un chiffre d’affaires consolidé pour le premier trimestre en hausse de 12,6 %, après 7,4 % au 1er trimestre 2020, ou encore un taux d’encaissement des loyers du premier trimestre qui s’élève à… 99 % ! Et Philippe Rosio, son président, de déclarer que « les résultats enregistrés en ce début d’année confortent le positionnement de la société. Le taux de recouvrement des loyers et l’activité locative soutenue reflètent à la fois la qualité des locataires et l’attractivité des immeubles de bureaux neufs dans les régions ». Tout en soulignant que « le développement des métropoles régionales a été considérable : nouvelles infrastructures, nette amélioration de l’accessibilité (lignes de tramway et LGV) et, aujourd’hui, le haut débit. En 20 ans, ces villes ont connu un véritable boom démographique (+16 % en moyenne, voire +25 % à Toulouse, Nantes, Rennes ou Montpellier) »… Et la crise sanitaire et ses conséquences laissent supposer que ce n’est pas fini…

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