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Christophe Demerson (UNPI) : son « appel à la responsabilité de tous les acteurs immobiliers »

Points de vueLogement

le 24 Mar 2020

Le président de l’Union Nationale des Propriétaires Immobiliers (UNPI) lance un appel aux bailleurs et au gouvernement. Nous  reproduisons ce texte ci-après :

« J’ai appelé en premier lieu l’ensemble des propriétaires et Chambres de propriétaires de France à respecter les règles de confinement annoncées par le Président de la République. Mieux nous les respecterons, plus tôt nous retrouverons nos libertés individuelles et plus tôt l’activité économique repartira.

J’ai immédiatement soutenu le report de la trêve hivernale de 2 mois pour toutes les personnes en situation d’expulsion sans solution de relogement. Il est bien évident qu’en cette période difficile pour les Français, il n’est pas question d’ajouter de la fragilité à la fragilité. J’appelle, dans la mesure de leurs possibilités, à la solidarité des bailleurs privés durant cette période de confinement.

J’appelle l’Etat à mobiliser le parc social pour que chaque français puisse être relogé et que les bailleurs privés ne soient pas l’unique amortisseur de la politique du logement.

J’appelle le gouvernement à mobiliser les Caisses d’allocations familiales afin de suspendre temporairement l’arrêt du versement des APL en cas d’incident de paiement des loyers.

J’appelle, ceux qui le peuvent, à suspendre temporairement les loyers des locaux commerciaux et professionnels des TPE et PME dont l’activité est totalement suspendue pendant la crise, et étaler les paiements dans le temps, après celle-ci. Je m’y suis engagé avec les principales organisations représentatrices des bailleurs auprès de Bruno LE MAIRE (cf. annexe). J’appelle à la solidarité des bailleurs pour cette suspension qui ne peut être systématique et qui ne doit pas devenir une annulation. Il est indispensable dans le même temps que les échéances de prêt soient suspendues et reportées sans frais ni pénalités pour que les bailleurs puissent renégocier leurs crédits auprès de leurs partenaires financiers. Les propriétaires ne peuvent pas être les banquiers de notre économie.

J’appelle enfin à la responsabilité des acteurs du logement pour ne pas appeler à la cessation du paiement des loyers : le Gouvernement a pris un certain nombre d’engagements sur les salaires et en faveur des entreprises afin de stabiliser au mieux la situation. Les assurances de l’Etat et de la BCE sont massives et, pour l’ instant à la hauteur des enjeux. Appeler à un moratoire des loyers dans le parc privé d’habitation est donc démagogique et irresponsable. Ne jetons pas 2,7 millions de petits bailleurs dans une situation catastrophique. N’ajoutons pas de la fragilité à la fragilité.

Je sais que les bailleurs privés sont des acteurs responsables, je sais aussi compter sur les locataires pour ne pas les mettre en difficulté. Les bailleurs ont besoin de leurs loyers : soit pour rembourser un crédit et payer de nombreuses charges, soit, le plus souvent pour avoir un complément de revenus pour leur faible retraite. C’est, à n’en point douter, toute une chaine économique qui perdrait pied face à un incident massif de paiement des loyers ».

Christophe Demerson
Président UNPI France

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Thierry Mouthiez

le 21/09/2020

Complexe !

Pour l’instant, le bureau reste (avec la logistique et, de plus en plus, l’habitation, qui redore son blason auprès des institutionnels) la classe d’actifs immobiliers lorgnée par les professionnels. Il n’empêche que la prudence demeure, néanmoins, de mise.

« Dans la situation actuelle, nous craignons une vague dont on ne connaît ni la date d’arrivée ni la violence. S’agira-t-il d’une grande marée ou plus ?… » : c’est l’image employée par Stéphane Guyot-Sionnest pour illustrer ses inquiétudes, comme celle de nombre d’autres conseils, quant à la santé des entreprises et ses conséquences inéluctables en matière de demande placée de bureaux. Le co-président de Catella fait valoir que « si la crise de 2007/2008 avait un caractère essentiellement financier, la raisonnance économique de la crise sanitaire actuelle est beaucoup plus forte ». Non seulement certaines entreprises devraient être contraintes de réduire la voilure en matière d’occupation de bureaux, mais, plus généralement, la crise sanitaire et les multiples incertitudes qui l’accompagnent constituent autant de facteurs d’immobilisme. « Un contexte qui amène plutôt à anticiper une nouvelle hiérarchisation des valeurs locatives » souligne Stéphane Guyot-Sionnest. D’ailleurs, dans une récente étude sur le marché locatif francilien, Savills estime que « l’évolution des loyers est amenée à évoluer à terme. Dans les prochains mois, il est probable d’assister à une stabilisation, voire une baisse des valeurs locatives. D’une part, parce que la demande devrait continuer de baisser à l’échelle régionale ; d’autre part, parce qu’avec les livraisons attendues en cours d’année, la remontée de la vacance devrait se poursuivre ». Et la société de conseil de faire également un parallèle avec la précédente crise : « cette accalmie est, toutefois, susceptible de ne se concrétiser qu’à partir du troisième trimestre 2020. Pourrait alors se mettre en oeuvre un mécanisme correctif proche, par son ampleur, de celui qui avait prévalu suite à la crise financière de 2007/2008 (avec une baisse de l’ordre de 15 % du loyer « prime ») »…

Et Stéphane Guyot-Sionnest de conclure que « les experts devront prendre en compte, en fin d’année, la situation de chacun des locataires, ainsi que l’évolution des valeurs locatives. Avec leurs conséquences, par exemple, sur les LTV »… Ce qui amène le co-président de Catella à parler d’un « contexte nettement plus complexe en matière d’anticipation », dans lequel « l’expérience et le travail feront la différence »…

Portrait

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