Chargement

Le palmarès des pierres d'or

L'édition 2019

2018

Le Professionnel de l'année

Christophe Cuvillier

Unibail-Rodamco-Westfield

Lire le portrait

La gloire de l'empire

Quelle histoire ! L’annonce du rachat par Unibail-Rodamco de Westfield valorisé à 21 mil- liards d’euros a suscité moult réactions dans le monde des foncières, et largement au-delà… Pour l’AFP, c’était la création d’un « géant des complexes commerciaux », LSA saluant « l’avènement du premier créateur et opérateur global de centres de shopping de destination » et Immoweek titrait « Unibail-Rodamco devient le numéro 1 mondial de l’immobilier commercial ». Quelques chiffres pour montrer l’ampleur du deal : la nouvelle structure, nommée Unibail-Rodamco-Westfield (avec le W rouge comme nouveau logo, annonciateur du changement de nom de la maison ?) réunit 102 centres de shopping dans 13 pays, dont 56 « flagships », dans les villes les plus dynamiques d’Europe et des Etats-Unis. Ces centres (parmi lesquels l’iconique World Trade Center ou, en France, le Forum des Halles) accueillent chaque année la bagatelle de plus d’un milliard (!) de visites. Le portefeuille total représente, lui, près de 64 milliards d’euros dont l’écrasante majorité (88 %) en commerces, 7 % en bureaux et 6 % en sites de congrès & expositions. Sans oublier un portefeuille de projets en développement de 12,55 milliards d’euros… L’homme qui est à la tête de cet empire depuis cinq ans, c’est

Christophe Cuvillier : un « Professionnel de l’Année » qui s’imposait à l’évidence…
Allure sportive (il aime le ski, le tennis, la voile, le golf… et ça se voit, pas d’embonpoint, mais une silhouette juvénile !), sourire très professionnel, notre « Pierre d’Or » est un vrai fort en thème. Né en Belgique (son père était un diplomate de haut rang qui fut notamment ambassadeur en Suisse, au Brésil et en Italie – occupant ainsi ce qui est, peut-être, le plus beau bureau du monde !), il fréquente le lycée français de Londres, puis Louis Le Grand. Reçu major (dit-il avec un sourire modeste) au concours des trois meilleures écoles de commerce, il choisit, bien sûr, HEC. Son diplôme en poche, il va entrer dans ce que l’on appelle par- fois « l’école L’Oréal », une entreprise dit-il « où l’on peut avoir rapidement des responsabilités importantes »… et où la dimension internationale compte. D’abord chef de produit à Milan, il ira notamment en poste à Londres, puis sera promu directeur général France. Mais en 2000, les propositions du groupe alors nommé Pinault-Printemps-Redoute ne le laissent pas insensibles : il sera, durant une dizaine d’années, le patron de Surcouf, Conforama et de la Fnac. Joli palmarès. La dimension immobilière n’y est pas majeure… mais le commerce, si ! En 2011, le voici donc chez Unibail-Rodamco : d’abord au poste (plein d’avenir) de directeur général opérations puis, deux ans plus tard, après la démission surprise d’un autre HEC, Guillaume Poitrinal (détenteur de trois « Pierres d’Or »…), à la présidence du groupe. C’est peu de dire qu’il s’est parfaitement adapté à ses nouvelles fonctions, et au monde de l’immobilier. Et quand on l’interroge sur la « dureté » reconnue (et parfois reprochée) à la maison dans ses négociations, il répond dans un sourire : « les enseignes avec qui nous négocions sont elles-mêmes souvent exigeantes ». Il faut dire aussi que notre homme est à la tête du plus beau portefeuille mondial de ce que l’on n’appelle plus les « centres commerciaux » : U-R-W (on ne veut pas dire encore Westfield), c’est « le premier développeur et opérateur global de centres de shopping de destination ». Et dans un paysage profondément en mutation, et très différent selon les continents. On sent tout l’intérêt porté par notre « Pierre d’Or » au monde américain (il en revenait quand nous l’avons rencontré) qui a été ouvert par la fusion des deux mastodontes. On l’interroge ainsi sur l’inouï Westfield World Trade Center, véritable cathédrale de la consommation (34 000 m2, une nef incroyable dessinée par Santiago Calatrava), « les enseignes locomotives ne sont pas là-bas un hypermarché comme souvent en France, mais l’Apple center et, de l’autre côté du centre, Eataly ». Et cette diversité n’in- quiète pas notre « Pierre d’Or » qui semble d’un calme olympien. Il en faut, sans doute, face à la diversité des questions et des enjeux, et à des marchés boursiers bien ingrats avec la valeur Unibail-Rodamco-Westfield. Il est vrai que tout le monde, ou presque, est dans ce même « trend » baissier. Là aussi, nulle inquiétude apparente chez notre homme qui dit aimer beau- coup la musique (le rock, mais oui !). Ce père de famille comblé adore les voyages, mais il avoue que lors de son dernier périple familial aux States, il a effectué quelques visites de « ses » flagships… Rien d’étonnant à cela : à la tête d’un tel empire, notre « Pierre d’Or » est un homme qui, à l’évidence,  » ne lâche rien »..

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Sébastien Bazin
AccorHotels

Laurent Dumas
Emerige

Antoine Flamarion
Tikehau Capital

Christophe Kullmann
Covivio

Pierre d'Or du Jury

Tony Estanguet

Président du Comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques

Lire le portrait

Des JO 2024... en or !

Pour les rares qui n’auraient pas suivi les étapes de notre « Pierre d’Or », quelques rappels d’une histoire peu commune… Né dans une famille de kayakistes palois (notamment son frère Patrice, médaillé de bronze à Atlanta en 1996 et son père qui fut trois fois vice-champion de France), Tony Estanguet se qualifie pour ses premiers championnats du monde en 1997, au Brésil, sans obtenir de résultats probants. Mais, patience… Trois ans plus tard, il passe devant son aîné Patrice, éliminé, et décroche sa première sélection aux Jeux Olympiques de Sydney. Bonne pioche ! Le voici médaillé d’or. Mais en 2002, il chute en demi-finale aux championnats du monde en France, à Bourg-Saint-Maurice. Pourtant, un (très !) grand champion comme lui apprend au moins autant de ses défaites que de ses réussites. Deux ans plus tard, à Athènes, il remporte… de 12 centièmes de seconde la médaille d’or face à son grand rival Michal Martikán… En 2006, le voici couronné du titre de champion du monde (qui manquait à son palmarès, pourtant déjà très complet), toujours devant le « deuxième » Martikán… qui se rattrapera l’année suivante en terminant premier, juste devant Estanguet. Nouveau rebondissement d’une si belle carrière : il est, en 2008, le porte-drapeau de la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin…, mais est éliminé en demi-finale, terminant à la mauvaise neuvième place au classement final. « Faire face » pourrait être, à l’instar de Guynemer, la devise de notre champion qui ne veut pas en rester là : il reprend rapidement son titre de champion du monde à son rival et, consécration suprême, décroche à Londres, en 2012, un troisième titre olympique, devenant ainsi le premier Français triple champion olympique en individuel et dans la même discipline ! A la fin de cette même année, sur un tel (incroyable !) bilan, notre « Pierre d’Or » se décide à prendre sa « retraite » sportive.

Cependant, nous n’avons parlé que de sport et notre homme sait bien que la « carrière » de champion est, par définition, aussi courte qu’intense. Il a toujours pensé « à l’avenir ». En 2004-2005, il avait obtenu un Master Sport, Management et Stratégies d’Entreprise de l’Essec, rédigeant dans ce cadre un mémoire sur « le développement des sports de nature en milieu urbain ». Une source d’inspiration pour les JO ? Il n’oublie pas non plus les médias, indispensables à un tel parcours et devient un des chroniqueurs, chaque samedi matin, dans les Grandes gueules du sport sur RMC…

En août 2012, le voici élu par ses pairs à la très prestigieuse commission des athlètes du CIO (Comité International Olympique) où il rejoint deux autres stars du sport hexagonal, Jean- Claude Killy et Guy Drut. A ce niveau, et au sein du Comité français, il est un des initiateurs du projet « Paris JO 2024 » : il propose, ainsi, une étude d’opportunité sur une candidature de Paris aux Jeux Olympiques d’été de 2024, qui permet la création d’une association dédiée à la candidature de la Capitale. Tony Estanguet en prend la co-présidence avec Bernard Lapasset. Le voici désormais sur tous les fronts. Lors de la COP 21, il prononce un discours remarqué sur l’ambition du projet Paris 2024 pour mener des Jeux « propres et responsables ». Et c’est le choix, lors de la 131ème session du Comité International Olympique, à Lima : après une rude confrontation, et de nouveau un très beau plaidoyer de Tony Estanguet (il y évoque, non sans émotion, ses rapports avec son frère qui eut une médaille de bronze… puis fut éliminé au profit de notre champion…), Paris est retenue pour organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été 2024. Dans la foulée, notre « Pierre d’Or » en prend la présidence du Comité d’organisation. Chapeau l’artiste…

Depuis, notre star n’a pas chômé, et c’est une litote. Présent sur tous les fonts, il défend avec brio les projets, les initiatives. Parmi celles-ci, la création du label « Terres de jeux 2024 ».

Répondant aux questions du « Parisien », il affirme vouloir « que ces Jeux soient ceux de tous les Français et dépasse[nt] le cadre strict de l’événement sportif ». Le label est « créé afin d’encourager les territoires à s’engager. On a besoin d’eux pour toucher les Français. Il y a de la place pour toutes les collectivités, ce n’est pas une question de taille ou de moyen, mais d’envie. L’enjeu est de développer un héritage fort, de décliner des programmes autour du sport comme enjeu de santé, d’inclusion, d’éducation. Il y aura des cases incontournables — comme la participation à la semaine olympique et à la journée olympique — à cocher. Il y aura aussi des possibilités d’engagement autour de l’olympiade culturelle, de la célébration. Un territoire peut être « Terre de jeux 2024″ en organisant une fan zone, en participant au relais de la flamme ou au programme des bénévoles. Il peut aussi proposer des animations qui n’existaient pas auparavant, en lien avec les JO ». En instaurant ainsi un lien fort avec les collectivités, le président du comité d’organisation se lance aussi dans la bataille médiatique et dans l’envie de faire partager par le plus grand nombre de nos concitoyens la joie de cet événement exceptionnel, enjeu pour les territoires concernés et bien au-delà !

Celui que Philippe Bana, le président de l’association des directeurs techniques nationaux, appelle « le grand idéal » (on approuve !) trouve encore, malgré un agenda (vraiment !) sur- chargé, le temps de retrouver sa famille. À « Paris Match », le père de Léandre, 5 ans, Gabin, 7 ans et Titouan,11 ans, raconte ses bonheurs partagés dans « sa » ville de Pau : « j’essaie de préserver ces moments. C’est ici que j’ai grandi, que je me ressource, que ma femme et moi avons choisi d’élever nos enfants. J’essaie de passer huit jours à la maison toutes les six semaines, au moment des vacances scolaires. Quand je repars, je suis gonflé à bloc ». Une manière de réaliser avec brio encore le si difficile équilibre entre vie professionnelle exaltante, responsabilités au niveau mondial, contacts avec les médias… et vie de famille. Le jury, fidèle à la devise « Excellence et Réussite », ne s’est décidément pas trompé…

Pascal Bonnefille

Quelques étapes :

1978 : naissance à Pau
2000 : médaille d’or olympique à Sydney
2002 : diplômé d’une licence STAPS, il devient professeur de sport (jusqu’en 2012) 2004 : deuxième titre olympique, à Athènes
2005 : obtient un Master spécialisé en Marketing Sportif à l’Essec
2012 : troisième médaille d’or olympique à Londres
2015 : coprésident de la candidature de Paris aux JO de 2024
2017 : président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024
2019 : Pierre d’Or du Jury

Manager

Fabrice Allouche

CBRE France

Lire le portrait

Combinaison gagnante

Les lauriers lui appartiennent. Pour cette « Pierre d’Or 2019 » dans la catégorie « Managers », les lecteurs d’Immoweek ont élu Fabrice Allouche.

Le président de CBRE France avait déjà été nommé dans cette même catégorie en 2017, soit quelques mois seulement après avoir pris la présidence du groupe, dont il était précédemment directeur général depuis 2013. « Trop tôt » diront les mauvaises langues. Qu’elles persiflent ; Fabrice Allouche, lui, s’en moque, continue d’avancer et de porter haut les couleurs de sa société de conseil.

Invité au siège de CBRE en France pour rencontrer notre « Pierre d’Or », l’auteur de ces lignes découvre le fameux « 76 Prony » : au cœur d’un quartier discret et huppé de la Capitale, une façade se dégage. Le hall d’entrée, quasi intégralement vitré, laisse pénétrer toute la lumière possible de ces journées hivernales. Au loin, dans un espace café/détente, de la musique résonne, au grand étonnement des visiteurs et sans même perturber les fumeurs qui vont prendre leur pause dans la cour arborée. C’est aussi cela, le succès d’un bon manager : livrer à ses collaborateurs un écrin dans lequel ils s’épanouissent. « Je pensais que 2018 serait l’année du retournement ; cela n’a pas été le cas. Bien au contraire, notre groupe a signé les meilleurs résultats de toute son histoire. Et, vraisemblablement, 2019 devrait également bien démarrer » explique ce passionné de rugby (il a monté le « club 1823 », une association de pros du secteur qui roule pour l’ovalie ; ils sont près de 130 membres et ont une règle : ne jamais parler boulot). Son amour pour son métier, conjugué à une volubilité naturelle, a fait de lui un incontournable observateur des marchés immobiliers : marchés locatifs, investissement, agrégats macro-économiques, situations géopolitiques… « Je lis énormément ; je me documente, lis la presse spécialisée, généraliste et, surtout, internationale » donne-t-il comme explication.

Mais revenons aux éléments clés qui ont fait l’année 2018 pour CBRE France. Tout d’abord, bien sûr, ce déménagement. Comme un marqueur de son empreinte sur la société, Fabrice Allouche a d’abord voulu fédérer, passant de trois sites à un seul. 7 896 m2 de surface utile, mais surtout une organisation en « flex office » qui sied bien à l’expression « charité bien or- donnée commence par soi-même » : « pourquoi plébisciter un modèle que l’on vante à tous nos clients sans jamais l’avoir testé ? » explique ce pragmatique convaincu. « Nous offrons à nos clients un formidable reporting de ce modèle et nous engageons, ainsi, une véritable relation de confiance ». La confiance est, pour notre lauréat, une qualité intrinsèque du bon manager. Et avec une part des moins de 30 ans représentant le quart de sa masse salariale, l’enjeu est de taille ! N’hésitant pas à déléguer, ce pro qui partage les objectifs qu’il fixe à sa société comme si c’étaient les siens, estime qu’ »il faut recevoir de la confiance pour pouvoir en donner ». Et ce n’est pas uniquement pour lui qu’il le dit, mais aussi pour ses salariés : « peu de temps après ma prise de fonction en tant que directeur général, j’ai sélectionné trois cadres pour leur confier des postes à responsabilité. Je leur ai simplement « donné les clés » : un reporting tous les trimestres ; les mauvaises nouvelles sont communiquées tout de suite ; en cas de difficultés, je suis là… Ils m’ont tous rappelé le jour même pour accepter. Ils sont encore aujourd’hui à ces postes et font partie des moteurs de la société ». Actuellement, CBRE France compte près de 1 400 collaborateurs et son président, qui fourmille d’idées — « j’en ai au moins une par minute ! » blague-t-il… ou pas —, a mis en place un plan de développement pour 2019, considéré d’ailleurs comme « osé » par ses patrons : outre la poursuite des recrutements, il compte développer les régions « et offrir à nos clients, partout où ils sont, toute notre palette de métiers, sur une plateforme locale ». Suite au rachat de son filialisé FICI, la Côte d’Azur fait partie des secteurs, selon lui, les plus porteurs. « Nos actionnaires sont contents, notre puissance de frappe internationale fonctionne bien, notre réseau de connexions in- ter-personnel rend l’activité hors de nos frontières beaucoup plus fluide et efficace… Tout cela fonctionne très bien ». Une « Pierre d’Or » pour un manager qui fonce sans encombre vers les en-buts !

Jean-Baptiste Favier

Les nommés :

Laurent Boucher
BNP Paribas Real Estate Transaction France

Valérie Britay
Gecina

Antoine Derville
Cushman & Wakefield

Pauline Duval
Groupe Duval

Ingénierie Financière

Delphine Benchetrit et Michaela Robert

Finae Advisors

Lire le portrait

Double(s) expérience(s)

Créée en 2010 par Delphine Benchetrit et Michaela Robert, Finae Advisors est une société in- dépendante qui propose aux investisseurs immobiliers de les accompagner dans la mise en place de solutions de financements personnalisées, quelle que soit la taille de leurs projets. En moins de dix ans, elle est devenue un acteur incontournable du marché de « debt advisory ».

Delphine Benchetrit a développé une double expérience dans l’immobilier et dans les banques d’affaires étrangères. Après avoir débuté sa carrière dans l’immobilier d’investissement chez Affine, puis dans la banque (Natixis), elle a créé le pôle immobilier de Lehman Brothers. Elle a pour principale qualité « l’enthousiasme d’un animal social ». Son plus grand défaut : la susceptibilité.

Avocate de formation, Michaela Robert a débuté sa carrière dans des cabinets où elle se spécialise dans l’immobilier. Elle abandonne la robe en 2005 pour rejoindre Morgan Stanley. En qualité de « chief financial officer » des fonds gérés par Morgan Stanley (fonds opportunistes, fonds « core »), elle est alors en charge de structurer des financements dans le cadre des investissements réalisés par ces fonds. La ténacité est sa plus grande vertu, l’impatience son plus grand défaut.

Si Delphine Benchetrit apprécie l’art contemporain sous toutes ses formes, Michaela Robert préfère, quant à elle, les sports de glisse (ski, planche à voile) et le golf.

La Compagnie La Lucette les fait se rencontrer en 2006. La foncière, dont un fonds géré par Morgan Stanley était le principal actionnaire, avait fait de très gros investissements : le portefeuille KanAm, le portefeuille Casino… « J’ai rencontré Delphine en 2006 sur ce dossier » se souvient Michaela Robert. « On a monté et structuré un financement assez complexe avec une mezzanine avec Lehman Brothers qui avait remporté l’appel d’offres ».

Leurs expériences dans de « grandes maisons américaines » les amènent à constater la quasi absence sur le marché français du métier de « debt advisory », par ailleurs très présent en Angleterre et aux Etats-Unis. « Delphine côté bancaire, moi côté investisseurs, nous avions une très bonne complémentarité. Dans un paysage bancaire en pleine mutation, nous nous sommes dit que c’était le bon moment pour tenter une aventure entrepreneuriale » remarque Michaela Robert. Les deux partenaires devenues associées, mais « avant tout amies », mettent à profit leurs propres réseaux. « Petit à petit, nous nous sommes positionnées sur des clients institutionnels (fonds américains, compagnies d’assurances, foncières, promoteurs) car c’était un peu notre ADN ». Tishman Speyer, notamment, leur fait confiance. Depuis, Finae Advisors a accompagné l’investisseur dans toutes ses acquisitions en France.

« Nous avons énormément travaillé notre réseau bancaire, déjà assez solide de par nos histoires professionnelles. Les banques sont, pour nous, un partenaire. Quelque part, elles sont aussi importantes que nos clients » souligne Delphine Benchetrit. « Ce sont nos bonnes relations bancaires qui nous permettent d’optimiser les conditions de financement pour nos clients, de leur assurer la meilleure exécution possible ».

En 2018, Finae Advisors a notamment accompagné JP Morgan pour l’acquisition du « Colysée » ; Apsys pour le refinancement de « Muse » et l’acquisition du 10, rue de Solférino ; Aermont Capital et PW Real Estate sur la tour Aurore. « Avoir un intermédiaire, entre les banques et l’investisseur, permet, dans une dynamique de négociation, d’optimiser le financement ». Leur plus grande réussite ? « Avoir le soutien des banques. Nous parlons le même langage. Pour certaines, c’est rassurant de nous avoir dans le dispositif » constate Michaela Robert.

L’essentiel de l’activité de Finae Advisors consiste en des financements hypothécaires, mais la société met aussi en place des financements mezzanine. « Nous sommes une petite équipe. Si nous prenons un mandat, c’est que nous jugeons le dossier finançable dans des conditions attendues par notre client que nous accompagnons toujours du début du processus de recherche du financement jusqu’au « closing ». Les banques l’ont bien compris » souligne Michaela Robert.

Anne Peyret

Les nommés :

Nicolas Dutreuil
Gecina

Renaud Jézéquel
Helaba France

Inès Reinmann Toper
Edmond de Rothschild Corporate Finance

Harold de Villemandy
BNP Paribas

Promoteur

Sabine Bourrut-Lacouture Lépine

Bouygues Immobilier

Lire le portrait

Atypique

Sabine Bourrut-Lacouture Lépine, aujourd’hui directrice générale immobilier Ile-de-France de Bouygues Immobilier, n’a pas choisi le chemin le plus direct pour être promoteur.

Dans un premier temps, elle s’est dirigée vers l’architecture d’intérieur. « J’ai une vraie appétence pour ce qui est créatif » avoue-t-elle. Parallèlement à ses cours à l’école Camondo, dont elle est diplômée, elle fait ses armes chez différents architectes, avant de rejoindre l’agence JM Wilmotte & Associés où elle a travaillé à la conception architecturale de projets, ainsi qu’au design de produits et équipements. « C’était très intéressant, mais particulièrement désorganisé. Je ne trouvais pas mon équilibre ici ». En 1999, elle rejoint Bouygues Immobilier pour travailler sur le projet de l’hôtel Park Hyatt, place Vendôme. « Chez Bouygues Immobilier, j’ai suivi mon petit bonhomme de chemin. Le métier de responsable de programmes m’a intéressée, le commercial aussi, puis le développement, la direction du développement, puis une première « business unit », celle des grandes affaires. J’ai trouvé qu’il y avait un bon équilibre entre la structure, la rigueur et la création ». Depuis 2015, à la tête d’une équipe de 76 personnes, elle assure notamment le pilotage de l’activité tertiaire et élabore la stratégie en termes de territoires de développement et de produits. En 2018, l’innovation est au rendez-vous. Avec la Caisse des Dépôts, le promoteur développe dans la Zac Clichy Batignolles, « Enjoy », son premier bâtiment à énergie positive en structure bois. « C’est un produit extrêmement innovant, très beau, adapté aux nouveaux usages ». Dessiné par les cabinets d’architectes Baumschlager Eberle et Scape, cet immeuble GreenOffice® de 18 000 m2, labellisé BBCA, est « une fierté pour Bouygues Immobilier » explique-t-elle. D’autres opérations en structure bois sont à l’étude. « Cela a plusieurs vertus au delà du carbone : plus léger, on peut faire plus de mètres carrés, c’est labellisé et, en terme d’espace, c’est une autre ambiance ». L’année 2018 a vu aussi la livraison, à Issy-les-Moulineaux, de « Prisme » (8 000 m2), nouveau siège de Colas dessiné par Christian de Portzamparc, et d’ « Opale » (17 000 m2), une extension du Village La Poste. Le promoteur a aussi engagé la réhabilitation de 12 000 m2 en CPI pour le compte de la CNP, avec Franck Hammoutène, avenue de Malakoff, dans le 16ème arrondissement ; celle de « Sway’s », à Issy-les-Moulineaux, où le promoteur a acheté un immeuble de 35 000 m2 à réhabiliter qu’il transforme en ajoutant un socle de service et commerce de 5 000 m2. Enfin, à Nanterre, le chantier d’un ensemble urbain de 100 000 m2 (commerces, logements et bureaux) se poursuit au pied de la gare RER A Universités, pour une livraison début 2020 des immeubles de bureaux « Nanterre Cœur Universités ».

Sabine Bourrut-Lacouture Lépine observe avec intérêt la montée en puissance du coworking. L’existence de Nextdoor au sein du groupe aide à anticiper les demandes des utilisateurs sur leur façon de travailler. « Aujourd’hui, nous essayons de concevoir les bâtiments les plus flexibles possible. On densifie énormément. Mais, en contrepartie, il faut apporter des services. Pour qu’ils fonctionnent, il faut être dans des zones tertiaires massifiées ou dans des cœurs de ville » remarque-t-elle.

« Flexibilité, souplesse, moins d’engagement » sont les demandes des utilisateurs. « La mutualisation des espaces (parkings, auditorium) peut être une solution pour une entreprise de réduire ses coûts, mais cela doit se concevoir en amont. Sur « Nanterre Cœur Université », tout le parking est mutualisé ».

Mère de trois enfants, dont deux ados et une fillette de quatre ans, « j’adorerais que le bureau me facilite un peu la vie, qu’il y ait des services, que je puisse acheter des plats qui n’ont pas été consommés à midi au restaurant, que les restaurants des autres entreprises du quartier me soient ouverts ». Malgré cela, elle reconnaît avoir « parfaitement trouvé [s]on équilibre vie pro/vie perso. A condition de hiérarchiser les priorités »… Une stratégie gagnante.

Anne Peyret

Les nommés :

Patrick Bosque
Hines France

Christophe Condamin
Sogelym Dixence

Emmanuel Launiau
Ogic

Philippe Zivkovic
Woodeum

Conseil

Marie-Laure Leclercq de Sousa

JLL

Lire le portrait

Un conseil quatre étoile

En 2018, le département Agence de JLL a bouclé pas moins de 2 500 transactions (dont les 51 000 m2 pris par Technip dans « Origine », développé par Icade, à Nanterre), contre un millier environ quatre ans auparavant, avec une équipe comprenant 220 collaborateurs, contre 135 en 2015 et, au final, un chiffre d’affaires qui a quasiment doublé. C’est dire le travail accompli par Marie-Laure Leclercq de Sousa à la tête de ce département depuis décembre 2014.

Il est vrai que cette professionnelle, dont le sourire n’a d’égal que son dynamisme, connaît aussi bien les marchés que la société de conseil dans laquelle elle exerce. En effet, après ses études de Droit et l’ICH, elle rejoint JLL comme stagiaire en septembre 1998. « En vingt ans, cette belle maison m’a permis de découvrir le marché de l’immobilier d’entreprise francilien, mais aussi national, ainsi que le management au fur et à mesure de ma carrière » précise-t- elle. D’abord responsable de la rive gauche parisienne, elle y ajoutera la Boucle Sud, puis le 1ère Couronne Sud, des secteurs qu’elle couvre, au final, avec une équipe composée d’une quarantaine de collaborateurs. En 2011, elle se voit confier, en plus, la stratégie digitale des offres. Ce qui conduira à la création d’un site internet (qu’elle dupliquera en Grande-Bretagne et en Allemagne lui permettant, au passage, de mieux connaître les marchés de ces pays) et, surtout, lui fait découvrir le digital…

Lorsque les rênes de l’Agence lui sont confiés, elle décide de réorganiser le département qui passe d’une organisation géographique à une organisation par taille de surfaces. Ainsi, trois équipes sont mises en place pour s’occuper des petites, moyennes et grandes surfaces afin d’apporter « des réponses différentes et adaptées selon les besoins des utilisateurs et des investisseurs ». Parallèlement, elle crée la JLL Académie, pour mieux former les nouveaux arrivants, mais aussi les collaborateurs en place en fonction des demandes des clients, des outils disponibles, ainsi que des données. Objectif : « faire du sur-mesure ». Ou encore un département d’administration des ventes qui gère les mandats, les factures, les obligations liées à Tracfin… bref, « tout ce qui empiète sur le travail des commerciaux dans leur approche clients ». A l’ordre du jour, également, la transversalité avec mise en place d’un pôle marketing dédié à l’Agence, ainsi que d’un pôle analystes pour « répondre encore mieux aux clients en fonction de la taille des surfaces recherchées ». Transversalité aussi avec Tétris afin de « fluidifier le travail » entre l’Agence et la filiale d’aménagement d’espaces, toujours « pour mieux servir les clients ». Création encore avec une équipe ventes utilisateurs. Le digital est, bien sûr, de la partie avec la mise en place de l’application et de la salle immersive de l’outil NxT, pour « offrir une expérience client beaucoup plus ouverte ». Ce sera la création de NxT Office fin 2016 et de NxT Live Retail Intelligence l’année suivante pour le commerce. Car le développement touche aussi les autres classes d’actifs dans lesquelles intervient l’Agence. Qu’il s’agisse du commerce avec, par exemple, l’acquisition de la société Véronique Nocquet ou encore de la ligne industrielle, afin de « créer beaucoup plus de cohésion entre le monde de la logistique et la supply chain. Nous sommes désormais en mesure de proposer un vrai parcours entre le consulting en supply chain, l’implantation en logistique, en activités, jusqu’à la logistique du dernier kilomètre ». Sa connaissance des marchés, des clients et de l’international amène Marie-Laure Leclecq de Sousa à accompagner JLL, l’an passé, dans la mise en place d’une cellule européenne, « pour mieux échanger et répondre aux demandes nationales et internationales ».

On imagine aisément l’énergie que cette épicurienne (grande cuisinière, elle possède des centaines de livres de cuisine et cultive l’art de recevoir) a dû déployer. Mais, visiblement, elle n’en manque pas s’étant désormais fixé comme objectif de « consolider la transformation du métier de « broker » pur en consultant immobilier, quelle que soit la classe d’actifs, en intégrant plus de conseil et de services ». Sans compter qu’elle a été élue, en octobre dernier, présidente de la Fnaim Entreprises. Une première s’agissant d’une femme. Décidément, une « Pierre d’Or » hautement méritée.

Thierry Mouthiez

Les nommés :

Vincent Bollaert
Knight Frank

Jean-Laurent de La Prade
BNP Paribas Real Estate Transaction France

François Le Levier
CBRE

Benjamin Rombaut
Strategies and Corp

Asset Manager et Investisseur

Stéphanie Bensimon

Ardian

Lire le portrait

Talent confirmé

A nouveau sous les feux de la rampe : en 2008, alors « investment manager » chez CarVal Investors, Stéphanie Bensimon était distinguée par une « Pierre d’Or » dans la catégorie « Jeunes Talents », pour signaler une grande « pro » en devenir.

Plus de dix ans après, c’est un talent confirmé, puisqu’à 42 ans, Stéphanie Bensimon se voit lauréate dans la catégorie « Assets Managers & Investisseurs » : il faut dire qu’en étant « managing director real estate » d’Ardian, construire un nouvel acteur de l’immobilier, ce n’est pas rien !

Dernière d’une fratrie de huit enfants, née à Casablanca et arrivée en France à l’âge de six ans, Stéphanie Bensimon, après un Master en Finance à Dauphine, entre en 1999, à l’âge de 22 ans, chez GE Capital Real Estate comme « risk manager ». « J’avais envie de faire de la finance d’entreprise, je ne savais pas que j’allais me retrouver dans l’immobilier ». Elle sera formée à l’école américaine, « où on sait donner sa chance à celui qui fait ses preuves, où on m’a permis de découvrir des marchés différents, mais où la créativité est moindre qu’en France ». Cherchant de plus en plus à faire du terrain, elle évolue ensuite, en 2003, à l’acquisition chez GE, puis à l’investissement en 2006 chez Cargill (qui deviendra CarVal Investors peu après). L’approche y était moins industrielle et plus opportuniste, avec un fonds de 5 milliards d’eu- ros dont l’immobilier constituait le quart. Cinq ans plus tard, elle entre chez Invesco comme « head of transactions » France, Espagne et Italie, où le maître-mot est la stratégie à long terme.

En 2016, elle quitte l’entreprise anglo-saxonne pour Ardian, l’ex-AXA Private Equity fondée par Dominique Senequier en 1996 et indépendante depuis 2013. La société de gestion de quelque 80 milliards d’euros d’actifs, souhaite lancer véritablement son activité immobilière. Stéphanie Bensimon jouit d’une page blanche, avec des contacts aux quatre coins du monde et se lance dans des projets de création de valeur dans le bureau « core + », en France, en Allemagne et en Italie, levant ainsi 750 millions d’euros de fonds propres.

Aujourd’hui, Ardian Real Estate dispose d’un portefeuille d’une quinzaine d’actifs, pesant 1,5 milliard d’euros. Quatre projets sont français : l’ancien siège de Lagardère Active, à Levallois-Perret (27 000 m2) ; trois sites, dont l’ex-siège d’Europe 1, rue François 1er (10 000 m2), place de Rio de Janeiro, près du Parc Monceau (1 500 m2) et le siège de CCI France avenue de la Grande Armée (8 000 m2). Berlin, Munich, Milan et Rome complètent l’ensemble. « L’année charnière » que fut 2018 s’achève par le « closing » du deuxième fonds. « C’est une chose d’investir, mais on doit se placer dans un marché ultra-compétitif. Notre objectif vise à donner une nouvelle vie aux immeubles et à les penser véritablement pour les utilisateurs. Plus que de la surface, nous rajoutons de la flexibilité et de l’efficacité, des services à différents ni- veaux. Nos problématiques sont le rapport de l’immeuble à son environnement et comment donner envie d’y rester. Les modes ne durent jamais longtemps »… Ardian, d’après Stéphanie Bensimon, « souhaite rendre son âme aux immeubles, respecter leur histoire et les projeter sur les vingt prochaines années ». Le « cinquième pilier d’Ardian » reste ouvert quant à investir dans d’autres classes d’actifs, mais le souhait est d’abord de capitaliser sur ce qui est à l’ordre du jour.

Outre ses fonctions chez Ardian, Stéphanie Bensimon est également administratrice indépendante de Poste Immo et de Mercialys depuis 2017. Egalement membre du Cercle des Femmes de l’Immobilier, elle constate que de plus en plus de femmes accèdent à de hauts postes de responsabilité, mais qu’il reste beaucoup à faire, notamment en terme de transparence salariale.

Ne pouvant s’imaginer vivre sans musique (du classique au jazz, citant Miles Davis, Sarah Vaughan et Keith Jarrett parmi ses musiciens préférés), elle est cependant éclectique : « je suis allée au dernier concert de NTM » ! Elle a même chanté du jazz, un temps, avec des amis : « c’est un moyen d’expression qui permet de mieux me connaître »… Ne dit-on pas que la voix est le miroir de l’âme ?

Arthur de Boutiny

Les nommés :

Isabelle Clerc
AG2R La Mondiale

Sigrid Duhamel
BNP Paribas REIM France

Arnaud Malbos
Ivanhoé Cambridge

Raphaël Raingold
GCI (Générale Continentale Investissements)

Programme

"Tour Hekla" (La Défense)

Hines/AG Real Estate

Lire le portrait

Volcanique !

Rose de Cherbourg : c’est le joli nom du terrain de 1 800 m2 appelé à accueillir la nouvelle tour de bureaux conçue par Jean Nouvel pour Hines.

Situé en limite sud-ouest du boulevard circulaire de La Défense, ce terrain a la particularité de cœxister avec une fraction du périphérique qui sera conservée, mais transformée en anneau de promenade de 400 mètres, passant sous la tour. Réservé aux piétons et aménagé en jardin, il permettra aux occupants de vivre quelques instants au ralenti face au rythme trépidant de La Défense.

Le projet remonte à la signature d’un protocole avec l’Epadesa en juillet 2013. Déposé en 2015, le permis de construire définitif a été obtenu en avril 2016, sans recours. L’implantation d’un bâtiment de 76 000 m2 de surfaces utiles ne peut que susciter l’attention vigilante des associations de riverains, mais Patrick Bosque, directeur général adjoint de Hines, y voit le succès du travail engagé en amont avec elles.

L’accès piéton de la tour sera double : soit côté haut sur l’esplanade, soit côté bas pour la façade sur l’avenue. Conscient que le projet va marquer l’environnement de nombreuses personnes, Patrick Bosque souligne l’importance du travail engagé avec la ville de Puteaux et l’Epadesa pour soigner les abords du bâtiment. Par sa hauteur (ses 48 étages culmineront à 220 mètres), la tour Hekla est appelée à changer la ligne d’horizon de La Défense.

« Le secret de la tour, c’est son noyau » confie le directeur général adjoint, qui explique avoir particulièrement soigné celui de la tour Hekla et choisi un noyau en croix, ce qui permet non seulement aux occupants d’avoir une circulation fluide, mais aussi un éclairage naturel à des paliers généreux.

Le promoteur a fait appel à Vinci comme entreprise générale et à de nombreux bureaux d’étude. L’aménagement de l’espace dans les plateaux sera très souple, car il n’aura pas de contrainte de faux-plafonds. Le plan d’étage courant est conçu pour pouvoir être utilisé de di- verses manières : présenté en espace ouvert permettant d’accueillir 160 postes ; cloisonné en aménagements mixtes, pour 130 postes, ou encore disposé pour de nouveaux modes de travail comportant jusqu’à 380 places assises. Les bureaux auront une hauteur libre uniforme de 2,90 mètres, avec des trames de façade de 1,50 mètre et un accès à l’extérieur par des loggias.

Travaillant à un projet antérieur sur ce même terrain (mais qui n’a pas abouti), Patrick Bosque songeait déjà à un projet mixte, bureaux et locaux pour l’université Dauphine, ainsi qu’une résidence pour les étudiants, qui puisse contribuer à la mixité des usages sur le site de La Défense et diversifier les flux de ceux qui viennent pour travailler ou pour habiter. Le projet qui est en passe de voir le jour a repris cette vocation d’ouverture à la mixité d’usage puisqu’un immeuble voisin est programmé pour accueillir une résidence pour étudiants.

L’ensemble sera doté d’un hall sur deux niveaux qui permettra d’accéder à des espaces lounge. Il abritera des restaurants de trois catégories différentes et un auditorium, situé au-dessus de l’anneau. Plus près du sol, cet auditorium de 250 places sera, bien sûr, accessible aux occupants de la tour, mais il pourra, de plus, recevoir du public venu de l’extérieur. Ses façades vitrées lui assureront un éclairage naturel. Il sera donc d’usage mixte, pour accueillir événements d’entreprise, concerts ou manifestations culturelles.

Plus près des étoiles, du 46ème au 48ème étages, les espaces ouvrent sur de grandes terrasses destinées à des restaurants d’affaires. Surplombé d’une coiffe métallique de 20 mètres de haut, le 49ème étage abritera un jardin suspendu, également accessible pour des évènements.

L’immeuble est conçu pour bénéficier d’une gamme de labels de qualité : HQE, Leed, Effinergie, BREEAM, ainsi que du label Well, tourné sur le bien-être des utilisateurs.

Une étape a été franchie le 13 décembre 2017, lors de la vente de la tour à Amundi/ Primonial. L’étape suivante sera celle du choix de ses occupants, mais qui devront patienter jusqu’en 2022 pour pouvoir s’installer.

Pourquoi Hekla ? C’est le nom d’un volcan islandais et c’est aussi ce qu’évoquent les lignes de la tour en pans coupés qui vont renvoyer l’éclat du jour.

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

"Cambon/Saint-Honoré"
Chanel

"Grand Central"
Bouygues Bâtiment/Union Investment Real Estate/Carlyle Group

"Iconic"
Compagnie de Phalsbourg

"Kosmo"
Altarea Cogedim

Utilisateur

Laëtitia George

Groupama Immobilier

Lire le portrait

Iconoclaste

Quand Laëtitia George parle, on sent les idées fuser et les neurones s’électriser. Dans sa vie privée, elle peint, lit, écrit, va au cinéma, pratique la planche à voile…

« Les gens disent souvent que je suis perchée, mais je suis d’abord intéressée par eux ». Elle prime le contact humain : elle a rencontré Philippe Chiambaretta lorsqu’elle était chez Arthur Andersen. La directrice de l’asset management de Groupama Immobilier parle de « coup de foudre immobilier » avec Eric Donnet et va demander aux jeunes de son équipe des conseils pour toujours progresser et apprendre. « La création de valeur, c’est 50 % d’humain, 30 % de technicité et 20 % de qualité de l’information et de la communication ». Tenter d’imaginer ce que sera l’avenir et se remettre perpétuellement en question sont ses maître-mots. « Le pouvoir est masculin, la création de valeurs ne l’est pas forcément ». Tout un programme pour la « Pierre d’Or Utilisateur » 2019 !

De Béthune, où elle est née voici 45 ans, Laëtitia George garde un souvenir tendre et heureux. Grâce à une bourse à vocation scientifique, elle devient ingénieur en Génie Civil et Urbanisme de l’Insa Lyon. Pour approfondir l’urbanisme, elle décroche un Master en Management Urbain, Environnement et Service à l’Essec, tout en suivant les cours de la Chaire Immobilier. « Je suis arrivée à l’Insa au lendemain de la crise : on m’a appris que lorsqu’on décroche un travail, il faut imaginer le suivant ». Elle commence donc sa carrière en 1997, comme consul- tante en expertise immobilière chez Arthur Andersen.

En 2000, elle devient responsable de programmes chez Ogic, où elle travaille dans la réhabilitation comme dans le neuf, puis directrice opérationnelle à Paris et dans les Hauts-de-Seine en 2004 pour Kaufman & Broad. « La culture logement m’a appris qu’avec peu de mètres carrés, on pouvait faire pas mal de choses ». En 2007, elle passe au tertiaire, chez CBRE Global Investors, comme « head of asset management et portfolio manager ». Membre du comité de direction, elle est certifiée RICS en 2008, et réagit à la crise financière en passant en cours du soir un Master 2 en Finance d’Entreprise et des Marchés à l’IAE de Paris-Sorbonne « pour se préparer aux business plans ». C’est en 2014 que Laëtitia George accède à sa fonction actuelle, elle qui se disait « qu’à 40 ans, elle serait directeur immobilier d’une boîte » et qui avait envie de se lancer dans l’investissement tertiaire. Membre du comité exécutif, certifiée AMF, administratrice de l’IFPEB, membre associé de l’IFEI… N’en jetez plus !

Si 2018 a vu l’entrée de Laëtitia George au Cercle des Femmes de l’Immobilier et comme auditrice à la Fondation Palladio, elle avait à peine récupéré de « The Link » et de « Window » que le « Groupama Campus » s’est imposé. « 2017-2018 a été un tunnel… J’ai une famille de trois enfants et j’ai réussi à les voir malgré tout ! ».

L’idée qui plane depuis 2016 de trouver 50 000 mètres carrés à moins de 300 euros le mètre carré, proche du RER A, est on ne peut plus ardue. Bertrand Renaudeau d’Arc (Savills) la pousse à voir du côté de Nanterre, et la solution s’impose d’elle-même. Il s’agit de six bâtiments disparates avec des propriétaires différents (CNP Assurances, DTZ Investors, LBO France, AXA IM, Icade, BNP Paribas REIM, Artea, Immovalor Gestions) : qu’à cela ne tienne, « cinq « term sheets » ont été signés du 7 au 29 juillet auprès des immeubles voisins, générant 30 % d’économies, à 280 euros (HT, HC)/m2 et sans TVA étant assureurs, per- mettant de payer les travaux d’aménagement ». Maud Caubet est recrutée pour harmoniser l’ensemble des prestations et s’assurer que le campus, quel que soit l’immeuble, soit adapté et adéquat pour tous. Un vrai tour de force et de volonté pour installer onze entités Groupama, soit 4 000 salariés sur 73 000 m2 à deux pas de La Défense, placés sous le signe du bien-être, de la communauté et du développement durable. Un véritable événement créé par notre « Pierre d’Or » !

Arthur de Boutiny

Les nommés :

Clément Alteresco
Bureaux à Partager

Bertrand Jasson
Orange – Direction de l’immobilier du groupe

Frédéric Mion
Sciences Po

Benoit Quignon
SNCF Immobilier

Innovation

Catherine Papillon

BNP Paribas Real Estate

Lire le portrait

Donner du sens à l'immobilier

Au lumineux cinquième étage du siège de l’entreprise, quai de Stalingrad, à Issy-les-Moulineaux, le nouvel aménagement est flambant neuf.

« Nous avons décidé de nous installer nous-mêmes dans une configuration flex office, ce qui nous permet de pouvoir mieux conseiller nos clients » explique Catherine Papillon, directrice développement durable et RSE chez BNP Paribas Real Estate.

Rien de tel, en effet, qu’un test grandeur nature pour appréhender les nouveaux modes de travail. Dotés de moquettes mœlleuses pour étouffer les bruits, les espaces sont sobres et spacieux, ponctués de box dédiés pour travailler en petits groupes en toute discrétion ou s’isoler pour boucler un dossier. Une salle ouverte avec des tables hautes permet d’organiser un meeting informel en buvant un café, l’espace d’attente est décoré comme une bibliothèque et des œuvres d’art ponctuent les différents espaces. Finis les bureaux attribués, place aux casiers pour y déposer son ordinateur chaque soir et passer au zéro papier. « C’est une très bonne expérience pour nos collaborateurs et, pour ma part, je m’y adapte avec bonheur » confie Catherine Papillon en souriant.

Son enthousiasme, c’est sans doute ce qui a marqué sa carrière, alors qu’elle est arrivée dans le secteur de l’immobilier par hasard, après avoir passé une maîtrise de Lettres Modernes à la Sorbonne et obtenu un troisième cycle en Sciences de la Communication au Cnam : « j’ai répondu à une annonce publiée dans « Le Figaro » et j’ai été embauchée chez Auguste-Thouard, au département commerce, rue d’Astorg, à Paris » raconte cette amatrice de ski, qui aime passer des heures à arpenter les rues de Paris au gré des expositions et des spectacles, concerts ou pièces de théâtre. « Ma première mission consistait à identifier des clients potentiels. Alors, je lisais beaucoup les journaux pour suivre l’actualité des entreprises et constituer une base de données ». De fil en aiguille, elle prend en charge le marketing et la communication de l’entreprise : « j’ai rédigé des mailings, j’allais dans les salons, je prenais déjà contact avec des journalistes… J’ai, depuis, participé à tous les Mipim » précise-t-elle. En 1990-1991, avec la crise, « on m’a fortement recommandé de passer à l’opérationnel » se souvient cette membre du Cercle des Femmes de l’Immobilier. « Ce n’était pas ma formation initiale, mais je n’avais rien à perdre et, pendant un an, je me suis consacrée à la transaction, en créant ainsi mon propre poste. En m’adaptant à chaque fois, j’ai grandi avec l’entreprise, au fil des rachats, des réorganisations et de ses évolutions. Au fur et à mesure, cela m’a permis d’évoluer à l’international et de passer de la communication au marketing et, aujourd’hui, de devenir directrice internationale du développement durable-RSE ».

De fait, cette professionnelle pragmatique n’a jamais quitté l’entreprise, devenue BNP Paribas Real Estate, accompagnant notamment, chemin faisant, pas moins d’une dizaine de changements de marque ! « En 30 ans de carrière, j’ai eu une bonne quinzaine de patrons et non des moindres. De ces multiples expériences, j’ai retenu deux choses fondamentales. D’une part, il faut être proche de l’opérationnel et servir le business. Ensuite, tout suit. Aujourd’hui, je dois développer une stratégie pour tous les métiers, tous les pays et toutes les fonctions sur les volets économique, environnemental et social. D’autre part, il faut toujours dire ce que l’on pense et lorsque l’on n’est pas d’accord, il faut le dire. Ensuite, c’est accepté ou non, mais, en tous cas, c’est dit. Il faut poser ses valeurs » estime-t-elle. Parmi ses multiples initiatives, citons-en deux : le prix des espoirs de l’Architecture, qui prépare déjà sa douzième édition et qui récompense d’une bourse, au terme d’un concours, des étudiants inscrits en quatrième ou cinquième année d’écoles d’architecture ; et l’initiative Solid’Office, une association dont l’objectif est de proposer des bureaux à prix modique pour des chercheurs d’emploi, en partenariat avec Bureaux à Partager, pour la gestion des espaces rendus disponibles, en attendant une transaction par exemple, et CoJob, qui anime des ateliers et des sessions de coaching. De quoi donner du sens à l’immobilier solidaire…

Virginie Grolleau

Les nommés :

Marianne de Battisti
Icade

Eric Costa
Citynove – Groupe Galeries Lafayette

Dominique Ozanne
Covivio

Lauranne Schied
Compagnie de Phalsbourg

Jeune Talent

Hélène de Clisson

Gecina

Lire le portrait

Un parcours d'élite

La « Pierre d’Or » du « Jeune Talent » récompense ceux qui feront l’immobilier de demain : aucun doute en la matière en ce qui concerne Hélène de Clisson !

Avant même d’entrer dans l’immobilier, elle suit un parcours d’élite : originaire de Chatou, dans les Yvelines, elle obtient un Bac S au Centre Madeleine-Daniélou et enchaîne avec une khâgne B/L à Henri IV, puis HEC. Peu avant son diplôme en 2005, lors d’un salon de rencontres étudiants-entreprises, elle est remarquée par un représentant de la Royal Bank of Scotland (RBS). Cherchant un poste dans le financement structuré, qui lui avait plu après un stage chez Natixis, elle est recrutée dans l’équipe immobilière. « Je dois être l’une des rares « success stories » de ces salons : mes camarades y trouvaient des stages, j’y ai obtenu un contrat. On peut dire que j’ai passé de très bonnes vacances ! ».

C’est l’époque d’avant la crise financière : RBS est en pleine croissance et Hélène de Clisson baigne dans une culture d’entreprise de grande famille, où elle réalise des financements hypothécaires, corporate et des investissements en fonds propres pour la banque. Mais la crise des « subprimes » arrive et trouver de nouveaux financements tient du « mouton à cinq pattes ». Elle rejoint brièvement, en 2008, Weinberg Capital, avant d’entrer au sein du groupe Commerz Real un an après, d’abord comme chargée d’affaires financières chez Cégéréal, puis, à partir de 2011, comme asset manager au sein de Commerz Real. Un rôle très opérationnel, où elle pilote le property et la commercialisation. Multiplier les expériences dans d’autres langues (en anglais chez RBS, en allemand chez Commerz Real) convient à Hélène de Clisson, qui se définit comme logique et apprécie cette gymnastique intellectuelle, « même si c’était difficile de travailler en allemand… On m’a dit qu’il valait mieux parler un mauvais allemand qu’un bon anglais ! ».

En 2014 enfin, elle à qui l’aspect financier de l’asset manque, arrive chez Gecina, où la direction de l’asset management est en cours de constitution par Vincent Moulard, qui lui donne un poste de responsable, en charge de la feuille de route des immeubles tout en échangeant avec les équipes opérationnelles. En 2017, elle devient directrice de portefeuilles au sein de l’équipe de Valérie Britay (voir son portrait en page 25). Hélène de Clisson est une digne représentante de la méthode Méka Brunel : une femme à un haut poste de responsabilité, avec une belle carrière inspirante et un « état d’esprit positif ». Parfait pour Gecina et sa poli-tique de parité absolue.

Après avoir participé à l’intégration du portefeuille Eurosic, chargée du property et de l’as- set management, elle gère à présent 5 milliards d’euros de patrimoine, répartis en actifs récents, localisés à La Défense, Boulogne-Billancourt, Colombes et Lyon, loués à des clients grands comptes. L’année 2018 a été marquée par la fusion avec Eurosic et le renouvelle- ment des équipes de gestion, une affaire rondement menée « grâce à la qualité des équipes d’Eurosic, plus concentrées sur la création de valeurs alors que nous sommes dans le cash flow récurrent, et cette nouvelle façon de penser a été très stimulante ». Mais il faut aussi citer la renégociation de baux à Colombes, la livraison de « Be Issy », à Issy-les-Moulineaux et « Sky 56 », à Lyon, la tour Horizon et, enfin, le réaménagement du siège de Gecina. Les défis sont nombreux pour elle : « des immeubles de moins de dix ans doivent déjà être restructurés ; on travaille beaucoup sur le capacitaire, les services, les espaces communs et la flexibilité ».

Hélène de Clisson est passionnée de voyages : lors de ses études à HEC, elle a fait des « 4L Trophies » (raid automobile étudiant de Paris jusqu’au Maroc) ; a passé cinq mois à Vienne dans le cadre du programme CEMS, où elle courait « les opéras grâce aux places debout » ; est restée cinq semaines au Pérou et en Bolivie, avant son embauche par RBS et est même allée au Tibet ! Notre « Pierre d’Or » aime lire les classiques (tout récemment, celle que ses deux petites filles accaparent beaucoup a terminé « Les Thibault » de Roger Martin du Gard) et l’architecture des années 1930. Par-dessus tout, elle est une femme à suivre !

Arthur de Boutiny

Les nommés :

Célia Alliti
Thibierge & Associés

Lisa Flanquart
Hines France

Julien Nataf
Ivanhoé Cambridge

Marie Schneegans
Workwell

Édito
par Thierry Mouthiez

le 14/10/2019

Investissement : Paris, numéro 1 en Europe pour les opportunités…

La plupart des conseils le soulignent, l’appréciation des investisseurs internationaux envers le marché tertiaire parisien a fortement évolué dans le positif au cours des derniers mois.

Une preuve supplémentaire : « Paris, Munich et Copenhague (dans cet ordre, ndlr) forment le top trois des villes d’Europe en matière d’opportunités d’investissement dans le secteur des immeubles de bureaux » souligne Allianz Real Estate dans un rapport baptisé « Cities that work 2019 ». Plus encore, « l’étude, qui examine 34 villes européennes de catégorie 1 et qui s’appuie sur le premier classement d’Allianz en 2018 », souligne l’institutionnel, « place également Dublin, Paris et Munich comme les trois premières villes en terme d’opportunités de développement à valeur ajoutée ».

Allianz Real Estate, qui gérait près de 67,1 milliards d’euros d’actifs au 30 juin dernier, précise : « première ville « core », Paris, qui était deuxième l’an dernier derrière Munich, est devenue l’un des marchés de bureaux les plus liquides d’Europe, avec le deuxième volume moyen d’investissement sur les 10 dernières années et un taux de vacance record de 1,8 % dans le quartier d’affaires à la fin du deuxième trimestre 2019, soit le plus bas depuis fin 2001″.

« Le secteur continue d’offrir d’excellents rendements à long terme pour les investisseurs et se maintient comme le pilier du portefeuille européen d’Allianz Real Estate. Nos actifs sous gestion dans le secteur ont augmenté de 1,8 milliard d’euros au cours du premier semestre 2019 et nous prévoyons une continuation de cette forte activité à l’avenir » affirme François Trausch, président d’Allianz Real Estate. Et Olivier Téran, directeur des investissements, d’ajouter : « nous restons prudents quant à l’environnement macroéconomique et géopolitique, tant en Europe qu’à l’échelle mondiale, mais il est clair que d’excellentes opportunités sont présentes sous formes de développements « core » et valeur ajoutée dans les grandes villes bien établies comme Paris, Londres, Berlin ou Copenhague »…

Et c’est ainsi que Paris n’arrive plus systématiquement à la deuxième place dans les classements européens

Portrait

Chargement