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Edito

Les marchés et acteurs du logement font face à une période de mutation considérable, riche d’inquiétudes mais aussi, sans doute d’opportunités. Si les avis divergent sur les réformes en cours, tous savent que la révolution technologique (le mot n’est pas trop fort) en cours ne sera pas sans conséquences sur leurs métiers, leurs immeubles, leurs fonctions. Ajoutons-y un peu (beaucoup !) de Grand Paris, l’arrivée tonitruante des startup, et donc des nouvelles générations, qui précisent leurs ambitions (et ce n’est pas fini !) et on comprendra que le « monde du logement » se doit de réfléchir et de penser son avenir.

Comme toujours, et en rappelant le beau mot de Churchill : « un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté », nous nous placerons dans la peau du second : des difficultés actuelles, des remises en question, des exemples étrangers (à suivre ou pas…), peuvent naître de réelles (et souvent formidables) opportunités et faire bouger un secteur qui, comme tous les secteurs d’activité, avait sans doute besoin de l’être ! Le 14 novembre prochain, lors des « Trophées Logement & Territoires », nous ferons également le point sur « l’exemple » (pas forcément au sens d’exemplaire…) allemand, en se demandant s’il est transposable en France. Nous aurons aussi – surtout – le plaisir de récompenser les projets les plus innovants, les professionnels les plus en pointe dans ce « nouveau paysage ». Car l’optimisme peut (doit ?) être accompagné de la reconnaissance. Dire « bravo » et « merci » aux acteurs d’aujourd’hui (et de demain – jeunes professionnels n’oubliez pas de présenter votre candidature sur immoweek.fr !) constitue une autre manière d’avoir confiance en l’avenir, et ce, quelles que soient les difficultés.

Pascal Bonnefille,
Fondateur des « Trophées Logement & Territoires »

Édito
par Thierry Mouthiez

le 25/05/2020

Commerce : le « core » dans tous ses états…

Le contexte dans lequel s’inscrit actuellement le commerce en général et les centres commerciaux en particulier amène, logiquement, à anticiper un moindre attrait de cette classe d’actifs auprès des investisseurs.

La plupart des conseils (comme certains institutionnels également) l’ont souligné dans leurs récentes analyses du marché de l’investissement. Mais toujours en distinguant le qualitatif. Ainsi, dernièrement, Savills parlait, dans une étude ad-hoc et à propos de perspective, d’« expectative pour le commerce et l’hôtellerie, dès lors qu’on sortira des segments « core » ».

Mais, actuellement, cette notion de « core » est parfois rendue plus flou, notamment s’agissant du segment particulier des centres commerciaux. En effet, en matière d’actifs « core », les grands ensembles bien placés, en font, sans aucun doute, partie. Néanmoins, dans ce contexte de crise sanitaire, ils ne sont donc pas tous traités à la même enseigne, suivant leur gabarit et leur situation géographique.

Un « paradoxe » pour l’Alliance du Commerce, le Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC) et la Fédération pour la Promotion du Commerce Spécialisé (Procos), que cette « décision de maintenir fermés certains centres commerciaux de plus de 40 000 m2, situés principalement en Ile-de-France et dans l’agglomération lyonnaise ». Et de souligner que cette catégorie de centres « est celle qui est la mieux équipée pour accueillir ses clients en toute sécurité, disposant des moyens techniques et humains pour ce faire » ou encore que « ces équipements et les commerces qui y sont implantés représentent un quart du chiffre d’affaires de la filière et jouent donc un rôle économique et social essentiel dans leurs territoires d’implantation ». Sans compter que « la coexistence de lieux de commerce ouverts et d’autres qui restent fermés conduit les clients à se déplacer pour leurs achats vers des lieux plus éloignés de leurs domiciles et, donc, à la concentration des flux »…

Ce qui a amené, le 19 mai dernier, le CNCC, associé à Procos et à l’Alliance du Commerce (première organisation professionnelle dans l’équipement de la personne) à appeler « le gouvernement à reconsidérer sa position en autorisant la réouverture, dès que possible, des centres commerciaux de plus de 40 000 m2 ».

La décision du tribunal administratif de Paris de suspendre, dans une ordonnance prise en référé le même jour, l’arrêté de fermeture du centre Beaugrenelle pourrait peut-être accélérer la décision, même s’il s’agit d’un centre dont la surface commerciale utile est inférieure à 40 000 m2…

Une décision d’autant plus importante que l’activité des centres commerciaux semble, en matière de reprise, sur la bonne voie. En tous cas, Eurocommercial, qui détient 11 actifs en France (dont Les Grands Hommes, à Bordeaux), mais tous d’une surface inférieure à 40 000 m2, « a pu ré-ouvrir l’ensemble de ses centres commerciaux le lundi 11 mai dernier ». Surtout, pour la foncière, le « bilan de la première semaine de reprise d’activité est positif et encourageant pour la suite » et fait valoir, entre autre, une « fréquentation globale équivalente à deux tiers de la fréquentation du lundi au samedi sur la même semaine en 2019 »…

De quoi redonner de l’attrait à ce segment de marché (à condition que tous les centres puissent être en activité) et peut-être faire cesser le massacre en Bourse de certains titres de grandes foncières spécialisées…

Portrait

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