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Edito

Les marchés et acteurs du logement font face à une période de mutation considérable, riche d’inquiétudes mais aussi, sans doute d’opportunités. Si les avis divergent sur les réformes en cours, tous savent que la révolution technologique (le mot n’est pas trop fort) en cours ne sera pas sans conséquences sur leurs métiers, leurs immeubles, leurs fonctions. Ajoutons-y un peu (beaucoup !) de Grand Paris, l’arrivée tonitruante des startup, et donc des nouvelles générations, qui précisent leurs ambitions (et ce n’est pas fini !) et on comprendra que le « monde du logement » se doit de réfléchir et de penser son avenir.

Comme toujours, et en rappelant le beau mot de Churchill : « un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté », nous nous placerons dans la peau du second : des difficultés actuelles, des remises en question, des exemples étrangers (à suivre ou pas…), peuvent naître de réelles (et souvent formidables) opportunités et faire bouger un secteur qui, comme tous les secteurs d’activité, avait sans doute besoin de l’être ! Le 14 novembre prochain, lors des « Trophées Logement & Territoires », nous ferons également le point sur « l’exemple » (pas forcément au sens d’exemplaire…) allemand, en se demandant s’il est transposable en France. Nous aurons aussi – surtout – le plaisir de récompenser les projets les plus innovants, les professionnels les plus en pointe dans ce « nouveau paysage ». Car l’optimisme peut (doit ?) être accompagné de la reconnaissance. Dire « bravo » et « merci » aux acteurs d’aujourd’hui (et de demain – jeunes professionnels n’oubliez pas de présenter votre candidature sur immoweek.fr !) constitue une autre manière d’avoir confiance en l’avenir, et ce, quelles que soient les difficultés.

Pascal Bonnefille,
Fondateur des « Trophées Logement & Territoires »

Édito
par Pascal Bonnefille

le 16/03/2022

Un ministre et rien d’autre !

L’absence d’un titulaire du portefeuille du Logement est révélatrice de bien des aspects de la France contemporaine : d’abord, elle montre combien libéraux et interventionnistes sont d’accord sur un seul point : il (leur) faut un ministre (on lira à ce sujet le « Point de vue » de Philippe Pelletier). Tous les professionnels, comme les analystes, même ceux qui réclament à grands cris moins d’État ont communiqué leur frustration, voire leur colère à l’énoncé de la nouvelle équipe gouvernementale.

Logiquement, les partisans d’une action publique forte en cette matière ont entonné le même lamento. Il est donc probable que le remaniement post législatives fasse apparaître un ministre délégué ou un secrétaire d’État affecté au Logement et attribué à un rallié de la majorité sortie des urnes (si c’est le cas).

Mais cette absence est surtout le signe d’un phénomène que nous avons déjà évoqué (on le retrouve d’ailleurs dans notre série documentaire de podcasts « Ma vie de ministre du Logement ») : quand le chef de l’État, ou à tout le moins, la Première ministre (qui, au début de sa carrière dans le cabinet de Lionel Jospin avait portant le logement dans ses attributions — mais c’est à l’époque Serge Contat qui suivait spécifiquement les questions de logement —), ne s’intéressent pas au sujet, celui-ci est relégué dans les questions techniques… que le politique néglige. Et ce désintérêt se traduit immédiatement par des conséquences budgétaires : Bercy en profite comme au début du précédent quinquennat. Il n’est donc pas impossible que nous vivions un scenario du même type que la diminution forcée des APL, il y a cinq ans ; cette fois, c’est le blocage des loyers qui se profile à l’horizon. Personne n’ignore les effets dévastateurs, à terme, d’une telle mesure. Mais c’est une des rares dispositions qui ne coute rien — en apparence et au début — au budget de l’Etat, ce que, même en période de « quoi qu’il en coûte » est délicieusement apprécié par le grand argentier. Ajoutons que ce blocage est populaire (il y a beaucoup plus de locataires que de bailleurs) : il n’est donc pas impossible qu’Amélie de Montchalin (qui a fini par revendiquer ce sujet parmi ses attributions) ou mieux, son ministre délégué ait à défendre, demain, cette mesure qui devrait, elle aussi, réaliser la quasi-unanimité des acteurs contre elle…

Portrait

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