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Le palmarès des Trophées Logement & Territoires

Le Professionnel de l'année

Alain Taravella

Altarea

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Le Logement Majuscule

Premier parmi ses pairs, celui que Pascal Bonnefille avait qualifié d’ « Entrepreneur Majuscule » lors de la dernière remise des « Pierres d’Or » il y a quelques mois, Alain Taravella, président-fondateur d’Altarea, est élu « Professionnel de l’Année 2021 » des « Trophées Logement & Territoires ». De l’avis généralement partagé (rappelons que les lauréats sont librement désignés par un jury de professionnels, puis départagés par les votes de plusieurs milliers d’acteurs du secteur), il demeure le premier aujourd’hui parce qu’il fût le premier… à avoir organisé sous une même enseigne l’offre la plus complète. L’explication paraît simple, tautologique. Il y a pourtant un mystère Alain Taravella. 

Interrogé à nouveau cette année pour réaliser ce portrait (il a connu plus de 10 nominations dans les différentes catégories de l’excellence immobilière célébrée par « Immoweek », un record !), Monsieur le président use avec nous de son exquise politesse et d’une égalité d’humeur. En tout. « J’ai très tôt exposé une vision globale de la ville et de l’immobilier, je ne suis plus le seul. Je me développe depuis 25 ans, je continue encore et encore, ce qui me singularise peut-être en ces temps pas faciles ».

L’acquisition du gestionnaire d’actifs Primonial en juillet dernier pour près de 2 milliards d’euros a fait parler d’elle. Elle est venue « compléter » l’activité de foncière et de promoteur du groupe. Multiplier les classes d’actifs et étendre la géographie du réseau, favoriser la croissance autant interne qu’externe : la stratégie est explicite.

« Je raconte toujours la même chose. Notre stratégie multi marques avec Pitch, Woodeum, Histoire et Patrimoine, Altarea ou Cogedim, et notre présence dans les métropoles françaises, mais également les villes moyennes nous donne agilité et relais de croissance ».

Rappelons qu’Altarea, créé en 1994 « à partir de rien », a pu racheter Cogedim en 2007 et devenir objectivement un groupe, grâce aux moyens dégagés par son entrée précoce en Bourse, deux années plus tôt.

L’installation en majesté du nouveau siège rue de Richelieu, à quelques centaines de mètres du Palais Brongniart – moins de 15 ans après y avoir été coté pour la première fois – dans plus de 30 000 m2 bon chic bon genre signés Wilmotte, puis l’arrivée dans l’asset management avec l’acquisition de Primonial, ont pu donner l’image d’une apothéose. Et laisser penser qu’Alain Taravella, jusque-là plus secret que démonstratif, préparait sa retraite…

C’était compter sans la passion du « beau logement » et celle de « l’habitat bien-être » qu’il dit être les siennes depuis qu’étudiant, il vendait ses premiers appartements à Parly 2, tout en achevant ses Hautes Etudes Commerciales (promo 74). L’entrée récente (2019) à 50% dans le capital de Woodeum, le promoteur d’immeubles en structures bois obéit, à n’en pas douter, à cette quête du beau et du bien.

Si l’on avait cru percevoir un léger ennui sous l’aménité des propos, l’évocation des nouveaux modes constructifs chassent bien vite cette impression : « Woodeum a un temps d’avance. Guillaume Poitrinal et Philippe Zivkovic ont anticipé un mouvement de fond. Il n’y a pas que le bois, bientôt le béton bas carbone. Et il n’y a pas que les matériaux. On a pris conscience de la nécessité de changer les choses en profondeur, sans attendre les règlements climatiques. Il s’agit du bien-être des gens ! On a pas fini de modifier notre métier, moi le premier ».

« Etre nommé aux « Trophées Logement & Territoires » me touche. J’ai toujours cherché à faire comprendre aux élus territoriaux que si la vocation première des collectivités est de procurer un toit, celle du promoteur – et je ne suis pas que promoteur – est, d’abord et avant tout, d’améliorer la qualité du logement. Les maires que je rencontre en conviennent de plus en plus, même si certains sont plus malthusiens que d’autres… Pas le moment de lâcher ».

Comme si le mystère évoqué plus haut commençait à se dissiper.

Brice Lefranc

Les nommés :

Véronique Bédague
Nexity

Anne-Sophie Grave
CDC Habitat

Emmanuel Launiau
Quartus

Trophée du Jury

Jean-Louis Borloo

UDI (Union des Démocrates Indépendants)

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Une action (très) durable

Peu d’hommes, sous la Vème République, auront autant marqué de leur empreinte les ministères qu’ils ont occupés. Singulièrement dans les domaines du développement durable, de la rénovation urbaine et du logement. Le jury des « Trophées Logement et Territoires » ne s’y est pas trompé qui, à l’unanimité, a souhaité saluer l’action de Jean-Louis Borloo : une action qui s’est durablement inscrite et dont la modernité des choix et la constance de l’action forcent l’admiration. Un personnage clé du secteur. Et bien au-delà.

Résumons un parcours particulièrement riche et divers. La formation ? Au regard de cette diversité : double licence en droit et philosophie, mais aussi… en sciences économiques et histoire. Pour faire bonne mesure, un MBA d’HEC complète son CAPA (Certification d’aptitude à la profession d’avocat). Très vite, le voici un des principaux avocats d’affaires des années 1980 (avec, parmi ses clients, un certain Bernard Tapie). A 35 ans, le virus de la politique le touche. Il devient le président du club de football de Valenciennes : dans cette ville sinistrée avec un fort taux de chômage, et tout ce qui en découle, il est élu maire en 1989, dès sa première tentative, avec plus de 76% (!) des voix. Ses treize années de mandat municipal vont transformer profondément « sa » ville : reconstruction du centre (projet Coeur de ville), appel aux subventions européennes (il obtient le classement de la ville, et des arrondissements limitrophes, dans les régions les plus aidées par les fonds structurels de l’Union) avec, déjà, une forte implication dans le logement… et l’action culturelle (notons, parmi beaucoup d’autres, la réhabilitation du très intéressant Musée des Beaux-Arts). Son action municipale a été saluée à de très nombreuses reprises… même parmi ses adversaires politiques, avec qui il a toujours entretenu des rapports cordiaux. Un des aspects du « style Borloo ».

2022 marque le franchissement d’une étape : Jacques Chirac lui confie le ministère délégué à la Ville, puis en 2004, l’Emploi, le Travail et la Cohésion Sociale, dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin. Dans l’équipe de Dominique de Villepin, il hérite, en plus, officiellement, du Logement. Une date à retenir, celle du 1er août 2003 : la « loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine », dite « loi Borloo », était promulguée. Elle décidait un ambitieux programme national de rénovation urbaine, rien moins que la destruction de 200 000 logements, autant de reconstructions, ainsi que la « résidentialisation » de 400 000 logements et 200 000 remises à niveau.

Pour piloter son action, était créée l’Anru (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine), dont l’action allait être décisive, et beaucoup d’autres dispositions. Avec des résultats très concrets : après une forte baisse, la production française de logements atteignait les 450 000 unités en 2007. Mais l’action de Jean-Louis Borloo allait aussi se développer autour du « plan de cohésion sociale », ayant pour objectif la baisse du chômage, en n’oubliant jamais le volet « logement » de l’insertion. De ces années, tous les acteurs du secteur ressentent une grande nostalgie. Ils aimaient « leur ministre »… qui leur rendait bien et dont la cote de popularité, bien au-delà des professionnels, était à son zénith.

Sous Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo sera, très brièvement, ministre de l’Economie et, plus de trois ans, ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, bataillant comme toujours pour ses convictions, assumant bien des conclusions du Grenelle de l’Environnement, mettant en place, notamment, le Plan Bâtiment dès 2009 et le confiant à Philippe Pelletier qui allait faire de cet instrument un des acteurs clés du développement durable dans le monde de l’immobilier… En 2014, il décidait de quitter l’action politique : une décision qu’il allait parfaitement respecter…

A l’évidence, Jean-Louis Borloo n’est pas de ses ministres dont on peut se poser la question de leur bilan. Il a ferraillé, lutté, défendu ses dossiers et engagements dans les arbitrages budgétaires toujours difficiles avec Bercy. Sa force de conviction, son talent oratoire, son style même, fait de confidence et de proximité avec son auditoire, sans oublier la hauteur de vue nécessaire, sa vision des problèmes emportèrent une adhésion quasi générale. Elle demeure intacte aujourd’hui car, dans le secteur comme ailleurs, les « années Borloo » apparaissent comme une période où (presque) tout paraissait possible. C’était en grande partie grâce à cet homme qui incarne avec talent l’aphorisme du philosophe Alain : « le pessimisme est d’humeur : l’optimisme de volonté ».

Pascal Bonnefille

Jeune Talent

Blandine d'Estaintot

Bouygues Immobilier

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Un talent pour la ville

Après avoir suivi une classe préparatoire scientifique, Blandine d’Estaintot démarre son parcours par une solide formation scientifique aux Mines de Nantes. Mais dès cette formation généraliste, elle y aborde par une spécialité le thème de la ville durable. En 2014, en stage outre-Manche pour The Bay Trust, elle travaille sur le thème de la performance énergétique du bâtiment.

Traversant l’Atlantique, à l’occasion d’un échange avec l’école polytechnique de l’université de Montreal en 2013-2014, elle étudie les questions d’énergie, de traitement des déchets et de ville durable. Elle y découvre qu’au-delà de son goût pour les questions théoriques et la compréhension des domaines scientifiques, elle apprécie surtout dans son travail la vision transversale des matières.

Elle parachève sa formation en 2015-2016 à HEC par un master spécialisé de management de grands projets. Elle a particulièrement apprécié l’aspect très professionnalisant de ce cursus, avec sa dimension de travail en groupe, permettant d’aborder des questions aussi diverses qu’apprendre à monter une entreprise ou à négocier un contrat, sans oublier des aspects de sociologie, maniant aisément les concepts de gestion de projets complexes ou de management de l’innovation.

Blandine d’Estaintot a aussi complété ses premières découvertes en entreprise chez Cofely Services France en 2015 comme ingénieur de projet, puis chez Egis en 2016 comme consultante pour le développement commercial.

Ses premiers pas dans l’entreprise sont ainsi franchis avec l’énergie. Blandine d’Estaintot y a apprécié la transversalité de ce thème, mais elle a discerné que le sujet de la ville était, de ce point de vue, plus fort encore que celui de l’énergie.

Voilà qui explique son arrivée en 2016 à la direction de l’innovation de Bouygues Immobilier qu’elle intègre d’abord au titre d’un stage de fin d’étude. « Génial de commencer chez Bouygues ! » s’exclame-t-elle, s’enthousiasmant de pouvoir travailler à développer de nouveaux produits et services pour les clients, pour découvrir comment faire avancer des projets en interne à travers l’intelligence collective…

Passant du stage à l’intégration dans l’entreprise, elle a conforté sa découverte de Bouygues Immobilier grâce au « graduate programme » qui lui a permis de s’atteler à quatre missions de quatre mois pour découvrir les différents métiers du groupe.

Echangeant avec d’autres participants de ce programme, celui-ci lui a permis de découvrir des facettes de l’immobilier aussi variées que le développement en immobilier d’entreprise par le projet parisien de l’Hôtel Dieu ou le logement à Marseille ou encore différents projets au Maroc et, enfin, le projet Charenton, à Bercy. Ce dernier projet l’a tant intéressée que, trois ans plus tard, elle y travaille toujours ! Ce concentré de visites, de rencontres, de voyages l’a passionnée.

Cette même passion se poursuit aujourd’hui pour son travail au sein de la direction UrbanEra. Au menu : des projets mixtes, de logements, de bureaux, où le groupe intervient à la fois comme aménageur ou comme promoteur. Les projets sont passionnants, conduits par une équipe, ce qui suppose de travailler ensemble à la réalisation des objectifs.

La voici pleinement intégrée dans une équipe des 26 personnes comme responsable de programme de l’un des bâtiments du projet, travaillant notamment sur la dimension artistique du programme… sans pouvoir à ce stade en dévoiler davantage. Des échanges nourris sont menés avec la municipalité de Charenton ; elle apprécie que la réflexion puisse ainsi être menée à l’échelle d’un quartier.

L’équipe travaille en flex office dans l’immeuble « Galeo » d’Issy-les-Moulineaux. Comme ceux de sa génération, si Blandine d’Estaintot peut apprécier la souplesse d’un peu de télétravail, elle lui préfère la qualité de relation d’un travail mené sur un lieu dédié.

De sa formation, elle garde, avant tout, le précieux atout d’avoir appris au-delà des connaissances techniques, une manière d’être au monde, de converser avec des personnes d’horizons et de profils différents, des communicants aux bureaux d’études techniques ou des artistes aux juristes. Cette curiosité de la rencontre de personnes différentes rejoint son appétence pour le caractère transverse des compétences. Un parcours prometteur !

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

Boris Bouchet
Boris Bouchet Architecte

Thomas Dutey-Harispe
BNP Paribas Real Estate

Paula Szejnfeld Sirkis
Immobel

Territoires

François Rebsamen

Ville de Dijon

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Progressisme et pragmatisme

L’ancien ministre du Travail s’est vu confier, au printemps dernier, la présidence d’une commission consacrée à la relance durable de la construction de logements. Preuve de la confiance témoignée par le gouvernement à l’endroit de l’ex-ministre socialiste, élu de terrain aguerri et volontaire.

Ils ne sont pas nombreux, les élus socialistes à s’attirer les bonnes grâces de la Macronie. Depuis son élection à la tête de l’État, Emmanuel Macron semble avoir fait table rase de son « passé gouvernemental » au contact de quelques- uns des caciques du parti à la rose, qu’il a côtoyés presque quotidiennement lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Élysée, puis ministre de l’Économie. Il y en a pourtant un avec lequel des points d’accord politiques semblent s’être noués en marge des conseils des ministres. François Rebsamen, nommé ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social le 2 avril 2014, au sein du gouvernement Valls II, a eu l’occasion d’apprendre à connaître le futur candidat à la présidentielle. Il n’a, d’ailleurs, jamais hésité à se montrer élogieux envers l’exécutif, une fois Emmanuel Macron aux manettes du pays. Des proximités idéologiques, notamment sur l’« œuvre transformatrice » de la social-démocratie, ont permis au maire de Dijon de se voir confier la présidence d’une commission dédiée à la relance durable de la construction de logements, dont le rapport a récemment été remis, en deux temps, à la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon.

Dans ce document figure des mesures devant permettre de relancer un marché de la construction de logements aujourd’hui atone. Des mesures, notamment d’incitation fiscale, dont le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé qu’elles pourraient être intégrées au Projet de loi de finances 2022… Cette mission témoigne de la crédibilité entourant François Rebsamen, figure incontournable du Parti Socialiste, élu de terrain portant une vision politique à la fois progressiste et pragmatique. Il faut dire que ce natif de Dijon, en 1951, a été biberonné à la politique, lui le petit-fils du professeur chirurgien Edouard Agron, élu radical-socialiste au conseil municipal de Dijon sous l’étiquette Front Populaire. Jeune adulte, François Rebsamen effectue une maîtrise de droit public et un DESS de sciences économiques. Il est aussi diplômé de sciences politiques. Il débute sa carrière comme haut fonctionnaire, en exerçant les fonctions d’administrateur territorial. C’est sa rencontre avec Pierre Joxe, éminent personnage de la Vème République, socialiste et plusieurs fois ministre au cours du double septennat de François Mitterrand, qui va impulser un vrai tournant à sa carrière. François Rebsamen est nommé chef de cabinet de Pierre Joxe dans ses différentes fonctions ministérielles.

François Rebsamen va ensuite se concentrer sur le territoire qui l’a vu naître, la Côte-d’Or, d’abord comme conseiller général du département en 1998, puis, surtout, comme maire de Dijon, où il est élu aux élections municipales de 2001 (il devient, du même coup, président de Dijon Métropole). L’exploit n’est pas mince quand on connaît l’histoire politique de cette ville, conservatrice par tradition, qui n’avait pas assis un représentant de gauche sur le fauteuil de maire depuis… 1935 ! L’essai est transformé lors du scrutin municipal suivant, en mars 2008, lorsqu’il est confirmé à son poste dès le premier tour, en obtenant 56,22 % des suffrages exprimés. Plusieurs projets d’envergure sont entrepris et menés à leur terme pour la ville de Dijon, comme la construction d’un tramway, inauguré en septembre 2012.

Au mois d’octobre 2008, il est élu sénateur de la Côte-d’Or, son premier mandat national. L’arrivée de son ami François Hollande au pouvoir va, paradoxalement, le refréner dans sa volonté de mener le combat politique sur deux fronts, local et national. Le vote de la loi sur le non-cumul des mandats, en février 2014, l’empêche de continuer à exercer simultanément les fonctions de maire et de sénateur. Il choisit la mairie de Dijon après une troisième victoire municipale en mars 2014, mais se voit aussitôt proposer un portefeuille ministériel par François Hollande. Le voici ministre du Travail, pour un an et demi seulement. Une expérience de courte durée, avant de retrouver sa ville de toute une vie. Sans oublier son engagement national, sous la forme de cette commission dédiée au logement qu’il s’est fait un devoir de présider. En attendant d’autres missions ?

Anthony Denay

Les nommés :

Marie-Hélène Amiable
Ville de Bagneux

Jean-Didier Berger
Ville de Clamart

Johanna Rolland
Ville de Nantes

Promoteur

Nordine Hachemi

Kaufman & Broad

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Constructeur dans l'âme

Sacré parcours pour le « Trophée du Promoteur » de l’année 2021 : Nordine Hachemi, à la tête de Kaufman & Broad depuis 2013, a développé et rajeuni la maison de belle manière. Dans son bureau de l’avenue Charles de Gaulle, à Neuilly, vaste et confortable, mais sans ostentation, il dirige un des plus importants promoteurs de la place dont il a souhaité diversifier l’activité, même si le logement y occupe toujours une place de premier plan. Retour sur une réussite saluée par toute la profession…

Né à Juvisy-sur-Orge, d’un père algérien, devenu conducteur de travaux en partant de la base, et d’une mère bourguignonne, qui s’est consacrée à sa famille, notre « Trophée » est ce que l’on appelle un « bon élève ». Son rêve d’alors ? « L’industrie pétrolière… car je voulais voyager ». Le voici donc jeune ingénieur de ce que l’on appelait alors l’Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs. L’objectif voyage est atteint sans tarder : il part en Indonésie, dans le secteur para pétrolier, puis à Hong Kong pendant quatre ans pour développer, cette fois, des projets autoroutiers. Il s’agit de relier la cité à Canton, « ce qui nécessitait dix heures avant » pour deux heures après la construction. Nous sommes au début de « l’ouverture » chinoise. Un projet de pont à Taiwan plus tard, il retourne en France pour un MBA à l’Insead (on sent l’idée de manager des équipes derrière ce temps d’étude ; intuition confirmée par l’intéressé : « j’aime bien animer une équipe » conclut-il). Bingo ! Il rejoint le groupe Bouygues et s’envole vers l’Allemagne tout juste réunifiée, pour notamment construire le tunnel de Rostock, dans l’ex-Allemagne de l’Est. « Une opération de ce type, avec ses multiples aspects, financiers, de rapport avec les collectivités, de montage d’opération est en fait très proche de l’immobilier… mais je ne le savais pas encore » explique-t-il en souriant. En effet, il va partir, une nouvelle fois, hors de France, pour le projet ambitieux d’une autoroute reliant Johannesbourg et Maputo dans une Afrique du Sud sortant depuis peu du régime de l’apartheid. Le groupe lui confiera ensuite une filiale à redresser, dans le domaine de l’eau cette fois (le groupe Saur). Et après quelques nouveaux défis, notre « Trophée 2021 » rejoint Kaufman & Broad en 2013, dont PAI est devenu actionnaire. Trois ans plus tard, Nordine Hachemi fait une proposition d’introduction en Bourse qu’il remporte : avec les salariés du groupe, il contrôle désormais 15 % du capital.

« Et nous avons bien fait » explique-t-il : l’entreprise aujourd’hui n’est pas endettée, elle dispose d’un beau portefeuille (représentant 3,5 milliards d’euros), elle s’est beaucoup diversifiée dans tous les métiers relevant de la promotion : logement, bien sûr, mais aussi bureaux, logistique…

Ses plus grandes fiertés ? « Notre belle opération de 900 logements à Villepreux », mais aussi la tour en bois Silva, à Bordeaux (« nous y mettons en œuvre tous nos savoir-faire » ajoute-t-il non sans satisfaction), sans oublier « Iconic », au Cap d’Agde, qui bénéficie, rappelle-t-il, d’un système de chauffage (et de climatisation !) par thalassothermie… Et on en passe, car on se contente ici de citer les immeubles résidentiels !

Diversification toujours avec cette opération menée avec la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts) : 150 millions d’euros pour la première tranche de constructions de résidences seniors dans des villes moyennes car « il y a, dans ces villes, une demande conséquente qu’il est important de satisfaire ». Et Kaufman & Broad constitue également un portefeuille de résidences étudiantes (150 millions d’euros pour commencer). Et a vendu, au début de l’année, en Vefa, plus de 500 logements situés sur huit sites en France et destinés à la location, commercialisés par CBRE et achetés par Hines, « signe de l’attrait du résidentiel pour des investisseurs institutionnels publics et privés, que l’on ne voyait plus depuis longtemps dans le secteur »….

Ce fan de la mer, de voile et de plongée – qu’il pratique beaucoup en Bretagne, dans le secteur de Pornichet – est un grand adepte de l’Egypte ancienne. Il suit même les cours de l’institut Khéops pour apprendre à déchiffrer les hiéroglyphes. Il est vrai qu’un promoteur qui sait faire face aux contraintes du Code de la construction et de l’habitation, aux normes environnementales et tutti quanti… ne saurait être vaincu par l’écriture des pharaons. Cela méritait bien un Trophée !

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Julie de Roujoux
Groupe Pichet

Norbert Fanchon
Groupe Gambetta

Julien Pemezec
Woodeum

Conseil

Anne-Sophie Cantaloube

Daniel Féau Immeubles

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Un seul secteur, plusieurs métiers

Aujourd’hui directrice de Féau Commercialisation, Anne-Sophie Cantaloube, quadragénaire dynamique et curieuse, dispose d’un bagage professionnel pour le moins garni, entre des activités de promotion, d’asset management, de property et, aujourd’hui, de conseil et d’intermédiaire.

«J’ai besoin d’opérationnel, j’aime voir l’aboutissement des projets que j’ai engagés » informe d’emblée Anne- Sophie Cantaloube. Cette description qu’elle fait d’elle-même explique les multiples casquettes qu’elle a endossées au fil de sa riche carrière. Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique en 1996, elle enchaîne avec un DUT gestion des entreprises et des administrations à l’université Paris Descartes. Pour parfaire sa formation, elle poursuit son cursus en école de commerce, à l’ISC. C’est à cette occasion qu’elle met un premier pied dans le monde professionnel, en intégrant, pour sa seconde année de master, l’entreprise Sorif, aujourd’hui Vinci Immobilier (après la fusion de Sorif avec Elige, en 2005). Elle y découvre le métier de promoteur, avant de se faire embaucher par Meunier (aujourd’hui BNP Paribas Real Estate) à la fin de ses études. « J’y ai occupé le poste de responsable de programmes, axée sur la promotion résidentielle dans le département de la Seine-et-Marne » explique-t-elle.

Désireuse de diversifier son approche du métier et ses activités, Anne-Sophie Cantaloube prend, dès 2005, le virage de l’asset management, aussi appelé gestion d’actifs, pour le compte de SCPI appartenant à BNP Paribas. « L’asset management m’a permis de toucher à autre chose qu’au logement, de rester dans l’immobilier tout en changeant de métier » détaille- t-elle. « J’ai été amenée à gérer d’autres catégories d’actifs, comme le bureau ou la logistique, et j’ai élargi mon champ d’action géographique, en prenant en charge des biens situés en région Paca et près de Toulouse, en plus de l’Ile-de-France». L’aspect gestion de projets lui plaît, ainsi que la dimension financière attachée à l’activité d’asset management. « J’aime valoriser un bien, le rendre attractif sur un marché » exprime-t-elle.

En 2007, Anne-Sophie Cantaloube intègre Nexity Saggel Property Management, en charge du développement du pôle services. «Je me suis vite aperçue qu’il était difficile de mettre en place le property dans une société car, la plupart du temps, les budgets alloués à cette activité sont réduits » se désole-t-elle.

C’est en janvier 2012 que Daniel Féau Conseil Immobilier se rapproche d’elle pour en faire sa nouvelle responsable de la découpe. « Ce secteur avait le vent en poupe à l’époque, surtout la découpe pour le compte d’acteurs institutionnels » poursuit l’intéressée. « Féau a été l’un des plus importants découpeurs de Paris au cours des années 2000 ! ». La découpe pratiquée à cette époque peut être définie de la façon suivante : la mise en copropriété d’un immeuble, avec la possibilité, pour des locataires, de devenir propriétaires. La formule rencontre son « moment de gloire », avant qu’une réglementation plus stricte ne rende ces opérations plus complexes à mettre en œuvre. Les institutionnels sont aujourd’hui plus frileux à vendre à la découpe et Daniel Féau resserre petit-à-petit son activité sur la vente en bloc ou encore la Vefa. Anne-Sophie Cantaloube s’entoure d’une équipe de jeunes profils polyvalents qu’elle n’hésite pas à responsabiliser pour l’accompagner dans sa fonction de directrice de la structure Féau Commercialisation. Ces « têtes bien faites », comme elle aime à les appeler, au nombre de cinq actuellement, participent à certains des projets les plus importants développés par Féau récemment : la vente en bloc d’immeubles prestigieux, à l’image de l’hôtel de Miramion (Paris 5ème), dans la cadre d’un appel d’offres organisé par l’AP-HP. Mais aussi la vente de l’immeuble situé au 12, rue Oudinot (Paris 7ème), où Féau a été conseil auprès d’une banque dans le cadre d’une vente aux enchères au tribunal. « Je peux être à la fois “broker”, accompagner les foncières dans leurs projets d’acquisitions, être conseil à l’acquisition… Les configurations sont toujours particulières et jamais similaires, c’est ce que j’aime dans le secteur de l’immobilier ! » synthétise-t-elle.

Anthony Denay 

Les nommés :

Vincent Borrel
La Coopérative de l’immobilier

Danielle Dubrac
Union des Syndicats de L’Immobilier (UNIS)

Stéphane Imowicz
Ikory

Programme Solidaire

Le Jardin du Carmel

Habitat & Humanisme

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Le Jardin du Carmel

Fidèle à sa vocation du logement pour tous, Habitat et Humanisme, bailleur social voué aux familles les plus pauvres, s’étend (déjà 56 associations locales, 10 000 logements dans 80 départements et 5 000 bénévoles), se dote d’une Fondation, se développe pour répondre au mieux à l’exigence de sa Charte originelle : accueillir les fragilités et les accompagner sur un chemin d’humanité… La dernière opération, Le Jardin du Carmel, regroupe 37 logements, proches du centre-ville de Douai, et innove encore. Douai, ville moyenne qui se bat pour résister à l’attraction de la métropole lilloise et sauver son âme…

Quel autre promoteur qu’Habitat et Humanisme aurait osé appeler une opération « Le Jardin du Carmel » ? Heureusement, Habitat et Humanisme n’a pas de directeur du marketing. Il a, en effet, semblé impossible de débaptiser les arcades de briques et le couvent « sans architecture particulière », comme l’avait négligemment classé les Bâtiments de France, au départ récent des dernières carmélites, trop peu nombreuses désormais pour incardiner le lieu. Le notaire anticipant qu’une vente des murs leur faisait courir le grand risque qu’on les rase, contacta Bernard Devert, fondateur d’Habitat et Humanisme (mais aussi éditorialiste très suivi dans les colonnes d’« Immoweek »). La transaction fut rapidement conclue et le projet revint très vite dans les mains de Françoise Delvoye, présidente de l’antenne régionale Habitat et Humanisme Nord-Pas-de- Calais. L’architecte Benoît Sailly, avec l’équipe locale de bénévoles, bien décidés à faire du neuf avec du vieux, fixèrent sans tarder le cadre du projet : 26 logements T2, 11 logements T3, une salle/cuisine commune, deux bureaux pour l’équipe d’encadrants salariés et bénévoles, le tout ouvert sur une cour intérieure et un parc boisé doté d’un potager. Des logements adaptés à la mission de l’association, au loyer abordable, et permettant de préserver l’intimité de chaque résident tout en favorisant la rencontre. Une combinaison innovante de moyens, décidés sur place par les bénévoles, les élus et partenaires, et mis au service de l’oeuvre.

Subsidiarité et solidarité, deux vertus théologales prônées par la doctrine sociale de l’Eglise. Sans bruit, les petites sœurs consacrées ont quitté leur Carmel de Douai en 2015 et gagné une communauté voisine à Saint-Amand-les-Eaux, laissant place non pas à une simple réhabilitation, mais bien à une refonte totale des lieux ; sol, toiture et même l’étage, construits en 1847, ont disparu. Les travaux sont en cours, le chantier est conduit rênes serrées et budget de même. Le financement se monte à 6,7 millions d’euros, le besoin de mécénat à 607 000 euros.

Mais en quoi ce projet fait-il œuvre de solidarité ? Le Jardin du Carmel a pour vocation d’accueillir des personnes cabossées par la vie, mais pas que. Dans ce site sont attendues tout à la fois des personnes âgées isolées à faibles ressources, des jeunes familles monoparentales ayant besoin de « soutien bienveillant », enfin des jeunes en insertion ou début de vie professionnelle et des étudiants engagés dans le prendre soin.
On y retrouve tout le savoir-faire accumulé par Habitat et Humanisme et son fondateur Bernard Devert – il était lui-même agent immobilier depuis 1973 et jusqu’en 1985, l’année de création de son mouvement, tout en poursuivant des études de théologie qui devaient le conduire au sacerdoce. Il a été nommé en juillet dernier président du Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées et le suivi du droit du logement opposable (HCLPD). Un prêtre chef d’entreprise nommé par décret du Président de la République est désormais l’arbitre du fameux DALO !

Conséquemment à cette nomination, Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable (et, par ailleurs, président du jury des « Trophées Logement et Territoires »), vient d’accepter de remplacer Bernard Devert à la présidence du directoire d’Habitat et Humanisme. C’est donc à lui qu’il reviendra d’inaugurer Le jardin du Carmel à l’été 2022.

Brice Lefranc

Les nommés :

La Coop' à Fourchon
3F Notre Logis

La Grange de la Téoule
Association Equipollence

La résidence Ariane
Groupe Galia/Samusocial de Paris

Programme Innovant

Albizzia

Woodeum

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Quand l'immobilier réduit l'empreinte carbone

Installé dans le quartier de la Confluence, « Albizzia » est la premier îlot bois et bas carbone de la ville de Lyon. Livré par Woodeum courant 2023, ce projet innovant d’une valeur de 32,5 millions d’euros permettra de réduire l’emprunte carbone du bâtiment.

Après la tour Hypérion de Bordeaux, Woodeum évolue cette fois-ci aux côtés de la ville de Lyon pour réaliser l’en- semble immobilier « Albizzia ». « Avec ce nouveau projet, nous souhaitons contribuer au renouvellement du paysage urbain existant » explique Julien Pemezec, le président du directoire de Woodeum. Comme pour « Hypérion », à Bordeaux, les équipes de Woodeum ont d’abord réalisé un long travail de recherche et de conception pour s’adapter au style architectural de l’agglomération lyonnaise, mais aussi à ses besoins en logements et en bureaux. « Nous voulions respecter le style intemporel et audacieux du quartier de la Confluence en proposant quatre bâtiments, dont une tour de seize étages. Chaque élément a été conçu en bois massif CLT » décrit Julien Pemezec. Au-delà de sa conception écoresponsable, « Albizzia » fait aussi le pari de mixer les usages entre les bureaux et différents types de logements (libres, sociaux ou à prix maîtrisé). Un projet qui plait puisque sur 82 logements libres, douze ont déjà été cédés à des familles lyonnaises sous condition de revenu.
Le nom d’Albizzia n’a pas été choisi au hasard. En effet, après « Hypérion », qui est une espèce de séquoia d’Amérique du Nord, le terme Albizzia correspond, quant à lui, à un arbre de soie. « Un clin d’œil à la soie de Lyon ! » s’amuse Julien Pemezec qui précise, par ailleurs, qu’environ 85 % des entre- prises liées au projet Albizzia sont issues de la région lyonnaise. De plus, en utilisant du bois massif CLT, un matériau biosourcé vertueux, Woodeum choisit un procédé de construction qui permet au bâtiment de réaliser un gain carbone considérable de plus de 4 320 tonnes de CO2, « soit l’équivalent de 18 allers/ retours de la Terre à la Lune » avance le président de Woodeum. Par ailleurs, le promoteur s’engage à planter en France, un arbre pour dix mètres carrés de logements réalisés. Ainsi, à travers le projet Albizzia, ce sont plus de 1 400 arbres qui sortiront de terre. « Nous sommes alignés avec l’ambition écologique de la nouvelle mairie de Lyon » poursuit Julien Pemezec qui rappelle, dans la foulée, les précieux soutiens de la ville de Lyon et de Lyon Confluence.

Entre la hauteur de la tour, les façades entièrement en bois et les innovations énergétiques qui en découlent, « Albizzia » constitue une réelle prouesse technique et architecturale. Le choix d’un matériau noble comme le bois a d’ailleurs tout son sens. « Le bois est plus cher, certes, mais il permet de réduire l’emprunte carbone du bâtiment et de réaliser de réelles économies de charges » explique le responsable de Woodeum. C’est, d’ailleurs, dans cette même démarche qu’Albizzia se dotera d’un système de chauffage urbain couplé à une production ECS (eau chaude sanitaire, ndlr) obtenue grâce à la pose d’un ballon électrique thermodynamique double flux par logement. Une volonté, là aussi, de réduire sérieusement la facture de chauffage des futurs résidents et ce, dès leur installation. Autre choix énergétique : des panneaux photovoltaïques seront disposés en toiture pour produire de l’électricité en autoconsommation partielle, c’est-à-dire pour les parties communes et les espaces extérieurs. Et pour éviter tout gaspillage, le surplus pourra être revendu à Enedis.

La tour en bois de seize étages, qui culminera à 53 mètres, devrait offrir aux futurs habitants une vue époustouflante sur toute la métropole. « L’idée est de proposer un nouvel art d’habiter» explique Julien Pemezec. Il faut dire qu’entre le confort du bois et les isolations thermiques et sonores, les résidents découvriront un nouvel habitat qui devrait, à coups sûrs, leur assurer une vraie qualité de vie. Diverses études ont d’ailleurs prouvé que vivre à la vue et au contact du bois, procure de vrais bénéfices en terme de santé : une qualité d’air plus saine, mais aussi une réduction de la pression artérielle. Et c’est sans compter sur les nombreux espaces verts extérieurs qui participeront, eux aussi, à la création d’un îlot de fraicheur en plein paysage urbain.

Pauline Riglet

Les nommés :

Iconic
Kaufman & Broad

Liberty
Groupe Gambetta

Wood Up
REI Habitat

Édito
par Thierry Mouthiez

le 17/01/2022

Investissement : encourageant !

« Avec 6 milliards d’euros investis au cours des trois derniers mois (de 2021), le marché francilien de l’investissement a connu un 4ème trimestre dynamique, mais légèrement décevant au regard de ce qui peut être traditionnellement observé (9,3 milliards d’euros, en moyenne, au 4ème trimestre au cours des cinq dernières années) » note JLL face aux résultats du marché de l’investissement l’an passé. Et de poursuivre : «  seuls 14,7 milliards d’euros ont ainsi été investis sur l’ensemble de l’année, un résultat en recul de 25 % sur un an et inférieur de 34 % à la moyenne des cinq dernières années.

Le marché français dans son ensemble ne recule, lui, que de 10 % d’une année sur l’autre et de 20 % par rapport à sa moyenne sur cinq ans, avec 24,9 milliards d’euros d’investissements en 2021 ». Pour Stephan von Barczy, directeur du département investissement de JLL, « ce résultat n’est pas étonnant ; après un démarrage poussif, en raison notamment du report du Mipim, le marché francilien a été impacté par une inadéquation entre la collecte et les produits proposés par le marché. Par ailleurs, nous avons observé dans certains cas un « pricing mismatch » entre acquéreurs et vendeurs. Ceci a abouti à des délais de négociation plus longs pour les meilleurs dossiers, voire des abandons. De plus, les interrogations des investisseurs vis-à-vis de l’actif bureau ont réduit le périmètre des acheteurs sur cette typologie d’actif, ainsi que les volumes unitaires par acquisition ».

De son côté, CBRE souligne, entre autre, qu’au cours du dernier trimestre 2021, « 10,3 milliards d’euros ont été investis en immobilier d’entreprise, contre 5,9 milliards le trimestre précédent, grâce notamment au dynamisme des grandes opérations (de plus de 100 millions d’euros) ». Nicolas Verdillon, « executive director investment properties », souligne que « les différentes opérations initiées ont pu se concrétiser grâce aux liquidités disponibles importantes, à une amélioration de la conjoncture économique, la confirmation de la reprise du marché locatif et dans un contexte où la prime de risque est toujours attractive ». Pour ce qui est des bureaux, le conseil précise que « plus averses au risque, les investisseurs adoptent des stratégies de recentrage, en se positionnant davantage sur des actifs « prime » et/ou « core ». A l’inverse, cela reste compliqué pour les actifs à risque et localisés en dehors des secteurs établis, et notamment à travers l’accès à la dette pour financer des acquisitions en value add » précise-t-il.

Pour sa part, BNP Paribas Real Estate estime qu’au 4ème trimestre 2021, « les investissements en immobilier d’entreprise ont représenté un total de près de 11 milliards d’euros en France, portant le volume global annuel à 26,7 milliards d’euros, soit une réduction de -8 % sur un an. Avec cette accélération récurrente de fin d’année, les placements retrouvent en 2021 un niveau plus proche de ceux observés dans la moyenne long terme ». Le conseil met en valeur, notamment, le fait que « les investisseurs continuant à privilégier les actifs sans risque, les taux de rendement « prime » se stabilisent pour le bureau et le commerce, se situant à, respectivement, 2,70 et 3,20 % au 1er janvier 2022. Seule la logistique affiche une compression de son taux autour de 50 points de base sur un an pour atteindre 3 % fin 2021. Et Olivier Ambrosiali, directeur général adjoint, en charge du pôle vente et investissement de BNP Paribas Real Estate Transaction France, d’anticiper qu’« au cours de l’année 2022, les volumes d’investissement pourraient connaître un rebond de l’ordre de 10 %, principalement lié à l’amélioration de la situation sur les marchés locatifs et au maintien des taux financiers qui devraient rester attractifs ». De même, d’ailleurs, Stephan von Barczy chez JLL prévoit que  « le marché de l’investissement devrait connaître un regain de dynamisme en 2022 ; le pipeline de transactions identifiées en cours est nettement plus important qu’il y a un an et les pitchs plus nombreux depuis le mois de décembre. Le marché locatif, mieux orienté notamment sur le segment des grandes transactions, va nous aider par l’apport de nouveaux produits calibrés pour le marché de l’investissement. Nous n’anticipons pas de hausses des taux, qu’ils soient financiers ou immobiliers, d’autant que l’indexation aura un effet modérateur sur ces derniers ». Encourageant ! 

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