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Le palmarès des Trophées Logement & Territoires

L'édition 2019

2018

Le Professionnel de l'année

Nadia Bouyer

Seqens

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Discernement et détermination

Seqens, nouvel acteur du logement social en Ile-de-France, né en septembre dernier de la fusion de six filiales régionales d’Action Logement, devient un des acteurs majeurs du secteur et affiche un objectif à sa taille : « le développement de 4 500 logements par an  » ! Nadia Bouyer en devient la directrice générale. Ce n’est pas une surprise. 

Seqens, présidé par Jérôme Bédier, ce sont 100 000 logements, tous dans la Région Capitale, dont 90 000 destinés aux familles (gérés par Seqens Accession) et 10 000 confiés à Seqens Solidarités. Cette seconde filiale, dédiée aux étudiants, aux personnes âgées, aux maisons relai ou autres foyers pour personnes handicapées est, elle, présidée par Philippe Pelletier, que Nadia Bouyer avait croisé dès 2007 chez Jean-Louis Borloo, lors de la préparation du Grenelle de l’Environnement, puis à la présidence de l’Anah. « Un homme qui fédère énergies et compétences ».

La carrière de Nadia Bouyer est faite de rencontres et d’expériences. Qu’elle sollicite et provoque.

Cette polytechnicienne, ingénieure en chef des Ponts et Chaussées, passe cinq ans à la Direction de l’Equipement en Bretagne ; elle apprend sur le terrain les problématiques des territoires, les réseaux, les transports, l’énergie et le logement. Très vite, son intérêt se porte sur le logement. Ce qui ne passe pas inaperçu de sa tutelle qui lui confie, en 2006 et 2007, la responsabilité nationale du pôle de financement des grandes opérations d’urbanisme, au ministère de l’Equipement. Un début de parcours qui n’apprend pas à voir petit.

Suivent cinq années de cabinet politique ; deux comme conseillère technique (pour le logement bien sûr) chez le Premier ministre Fillon, puis deux années comme « dircab » chez Benoist Apparu… au ministère du Logement. Où l’on voit que l’autorité se construit autant à partir de compétences réelles que de détermination personnelle.

En 2011, Nadia Boyer, 34 ans, a déjà trois enfants ; elle est alors « déterminée à mieux appréhender les conséquences des décisions publiques en matière de logement, à mieux discerner les enjeux de ce secteur », qui décidément la passionne.

Aussi décide-t-elle de candidater au tour extérieur de la Cour des Comptes. Ce qui lui réussit. Elle y passera 7 ans, à contrôler, évaluer « les résultats de ceux qui font ». Madame la conseillère référendaire sera rapidement chargée du secteur recherche de la Cour, puis nommée adjointe du rapporteur général. Quand on est décidé, tout va vite…

Pendant ses années à la Cour des Comptes, Nadia Bouyer n’hésite pas à répondre à Cécile Duflot, la réformatrice ministre du Logement d’alors, qui lui demande de « simplifier le trop de normes qui asphyxie la construction ». L’ingénieure transparaît sous la magistrate ; connaît, d’expérience, les blocages et les surcoûts que génèrent, entre autres certificats, les Atex. Ces appréciations techniques d’expérimentations, nées du génie français de la réglementation et objet de crispations. Une mission bénévole de médiatrice entre le CSTB et les entreprises de la filière. Et qui débouche sur la naissance du Conseil Supérieur de la Construction et de l’Efficacité Energétique. « Je suis toujours membre du CSC2E, présidé par Thierry Repentin, même si c’est lourd. Mais c’est tellement déterminant… J’ai également accepté de travailler sur un appel à projets sur l’innovation dans la rénovation. Une recherche/action vraiment concrète pour réaliser les plus grosses économies d’énergie ».

A chaque fois, le président de la Cour, Didier Migaud, autorise ces extras. Peut-on endiguer l’autorité professionnelle ?

Précisons qu’entre-temps, en mars 2018, Nadia Bouyer avait quitté la Cour des Comptes pour la direction générale de Domaxis, puis celle de Sogemac Habitat six mois plus tard, puis celle de Seqens en septembre 2019. Fonctionnaire en détachement, mais présidente.

« J’ai été, du jour au lendemain, confrontée à l’opérationnel du logement social, au moment où son modèle était déstabilisé par une ponction de deux milliards d’euros. Moderniser le logement social, favoriser la synergie avec la filière immobilière, c’est un job hyper empathique, qui me challenge ».

Quand discernement et détermination font autorité…

Brice Lefranc

Les nommés :

Anne-Sophie Grave
Groupe 3F

Philippe Jossé
Cogedim

Jean-Philippe Ruggieri
Nexity

Trophée du Jury

Hugues Périnet-Marquet

Université Paris II Panthéon-Assas

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Du Poitou au Panthéon

Fidélité à un métier, l’enseignement du droit, à une matière, le droit immobilier, Hugues Périnet-Marquet a su se faire apprécier des professionnels vers qui il envoie chaque année une trentaine d’étudiants dotés d’une solide formation, dont la réputation n’est plus à faire. 

Des questions posées, il semble toujours voir le côté positif. Démonstration. Le niveau des étudiants ? Certes il y a beaucoup plus d’étudiants en début de cursus, mais en cinquième année, on retrouve la même qualité d’étudiants, les meilleurs sont… toujours très bons. Il est vrai que pour accéder au très prisé Master de Droit Immobilier et de la Construction, il faut être sélectionné parmi les 300 candidats, dont seuls 30 seront admis.

La complexité du droit ? Il ne faut pas en imputer la faute au législateur. Qui demande aux pouvoirs publics de supprimer un texte ? Les demandes sont toujours inverses ; elles visent plus de statut, plus de protection, plus de garantie et, donc, plus de réglementation.

Avec le droit immobilier, les textes abondent, mais Hugues Périnet-Marquet les maîtrise de longue date. Agrégé de Droit à Poitiers, il a consacré sa thèse aux droits à construire en 1979. Après avoir enseigné dans sa faculté d’origine pendant une quinzaine d’années, il est venu à Paris II en 1998 où il a pris la succession de Philippe Malinvaud pour tout le droit immobilier. Sa mission est rude car, outre ses fonctions d’enseignement, il a la charge de la présidence du département de droit privé de l’université et de ses quelque quatre-vingts enseignants.

L’esprit étudiant ? Sa trentaine d’étudiants contribue à une bonne ambiance de groupe et sa cohérence se fortifie au cours d’un voyage.

Les relations avec les entreprises ? Bonnes également. Elles permettent aux universitaires de garder un contact avec la pratique et aux étudiants de commencer à tisser des liens avec le monde de l’entreprise. Les professionnels s’en félicitent et découvrent, ainsi, leurs futurs embauchés.

Le CNTGI (Conseil National de la Transaction et de la Gestion Immobilière) ? Hugues Périnet-Marquet observe qu’il est rare qu’un universitaire soit nommé comme président d’un groupe de travail, mais, décrivant la marche de ce conseil, il constate que tous jouent le jeu et que les pouvoirs publics tiennent compte des avis du conseil. C’est donc une véritable instance de concertation. Son président n’y est pas pour rien, d’autant qu’on le sait sollicité pour des missions d’arbitrage ou de conciliation.

Si Paris II est une institution d’envergure, avec mille salariés au service de 18 000 étudiants, la compétence de ses professeurs est plus honorée du prestige du lieu que du luxe de ses bâtiments et Hugues Périnet-Marquet n’est aidé que d’une assistante.

Si sa fonction l’oblige à lire beaucoup, c’est encore dans la lecture qu’il trouve à se détendre, avec des biographies historiques notamment. Sa passion du droit n’en a pas dégoûté ses enfants car sur ses trois filles, une a choisi le notariat.

Avec le droit immobilier, il défend une vision pragmatique du droit : « on a les pieds dans la terre et les mains dans le ciment » ; on voit vite les résultats. Sa vision pragmatique et enracinée des choses, il la vit aussi, indirectement, par son épouse, adjointe au maire d’une commune de sa région et chargée… de l’urbanisme. Il a ainsi une vue sur la vie des territoires qui complète celle, très parisienne, d’un enseignant au coeur du 6ème arrondissement.

Consulté par les pouvoirs publics, il a ainsi été auditionné par l’Assemblée lors de la loi Elan et rédigé un rapport sur le champ d’application de l’assurance construction. Il l’est aussi à l’étranger.

La description de ses missions multiples ne serait pas complète sans y ajouter un volet international. Il contribue aux travaux de l’International Association for Construction Law et a présidé l’Association européenne pour le droit de la construction. Son expertise est prisée de cénacles étrangers : il a ainsi participé, pour l’île Maurice, à un groupe de travail sur les « smart cities » qui a donné lieu au vote d’une loi à l’automne 2018.

Son attachement à la province où il a passé sa jeunesse, le conduit à faire souvent des allers-retours avec la Capitale et lui permet d’avoir un regard large sur tous les territoires, du Poitou… au Panthéon.

Bertrand Desjuzeur

Jeune Talent

Clothilde Buisson, Clara Piolatto et Gwenaëlle Rivière

Faireavec.org

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Dé(s)fi(lles) de savoir-faire (avec)

Trio gagnant pour ce « Trophée Logement & Territoires 2019 » du « Jeune Talent » : trois architectes qui allient le réemploi des matériaux et la lutte contre le mal-logement. 

Clothilde Buisson, Clara Piolatto et Gwenaëlle Rivière ont créé « Faire avec » il y a bientôt deux ans, lors du concours « Faire » 2017 organisé par le Pavillon de l’Arsenal. Les lecteurs d’« Immoweek » plébiscitent ainsi ce positionnement inédit, qui appelle à la réflexion de nouveaux modes de créer la ville… tout en donnant un regard plus humain sur ce que l’on appelle le logement solidaire.

« Nous nous sommes rencontrées à la cafétéria d’un espace de coworking » raconte Clara Piolatto. « Nous avion toutes les trois un parcours différent, mais avec des intérêts communs sur notre idéal en matière de faire l’architecture ». Gwenaëlle Rivière, architecte à son compte depuis une dizaine d’année, souhaitait ne plus travailler en solo. Clothilde Buisson, au sein de 1 000 Architecture, appliquait déjà une démarche de réemploi des matériaux sur ses projets d’aménagement de boutiques de luxe… lorsqu’elle le pouvait. Clara Piolatto, cadette du trio, était en stage chez Vincent Hérault Architectes et faisait « majoritairement du calepinage de faux-plafonds ! » dit-elle, un brin amusée. « Une tâche que les ateliers confient souvent aux stagiaires en architecture et qui requiert pourtant tellement de minutie et de précision qu’elle devrait revenir à une architecte expérimentée, pas un débutant ». Quoi qu’il en soit — faux-plafonds ou pas —, elle reconnaît un intérêt accru pour la question des centres d’hébergement et la dimension sociologique du logement sur la réinsertion.

« Gwenaëlle nous a appelé un jour pour participer à l’édition 2017 du concours « Faire » organisé par le Pavillon de l’Arsenal » explique la tout juste trentenaire. Un leitmotiv pour démarrer : « qu’est-ce qu’on veut faire ensemble ? ». Les trois architectes se mettent autour de la table avec Anne-Claire Poirson, du cabinet ACO2 Consulting, et créent « Faire avec », avec les sensibilités de chacune comme moteur : le réemploi pour Clothilde, l’importance de la scénographie pour Gwenaëlle, le pouvoir d’inclusion sociale pour Clara, la touche environnementale d’Anne-Claire en bonus. Leur proposition ne remporte pas le concours, mais il en naît une solution conciliant réemploi et mission sociale de l’architecture. « Quand on récupère des matériaux de chantier qui auraient pu devenir des déchets et qu’on les utilise au service d’un projet de logements modestes et qui n’aurait pas pu avoir accès à ces matériaux — où qui n’auraient tout simplement pas pu voir le jour —, on arrive à une solution ». Tout cela à moindre coût ? « Hélas non, cela se fait à coût constant » répond Clara, qui reste lucide : « c’est frustrant de devoir répondre à cette question par la négative ». Du coup, cette optimiste préfère évoquer le moindre coût pour la planète, l’idée de devoir se gratter un peu plus la tête pour gérer les aléas… »Sortir du simple cadre individuel et essayer de trouver d’autres perspectives pour valoriser les matériaux et les parties prenantes ».

Premier projet significatif à leur actif, la réhabilitation d’un centre d’hébergement dans le 14ème, quartier Alésia. Elles s’installent sur place, posent leurs cartons et réalisent la maquette dans le réfectoire – dans l’esprit de la permanence architecturale initié par Patrick Bouchain. « Nous avons proposé une grande transparence dans notre projet : nous en savions autant que les salariés et les habitants et étions disponibles pour eux. Ils nous ont souvent fait remonter les problèmes… sans même parfois sans rendre compte. Ces échanges, même informels, donnent une autre dynamique au montage de projet ». Deux autres chantiers sont actuellement en cours de développement et, pour accompagner une activité croissante, deux nouvelles personnes ont rejoint l’équipe.

« Même si nous avons perdu « Faire 2017″, j’estime que nous avons gagné beaucoup plus, avec notre propre création » résume Clara Piolatto. Ajoutons également un « Trophée Logement & Territoires » pour couronner des procédés qui gagnent à être connus.

Jean-Baptiste Favier

Les nommés :

Nathalie Allegret
Engie Ineo

Pierre-Emmanuel Arnal
Groupe Panhard

Cédric Nicard
Horizon Asset Management France

Territoire

Benoît Quignon

SNCF Immobilier

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Grand serviteur des territoires

Il est des hommes qu’on qualifie de grand serviteur de l’Etat ; on pourrait dire de Benoît Quignon qu’il est un grand serviteur des territoires. 

Une importante partie de sa carrière a été marquée par son travail à Lyon, en lien étroit avec Gérard Collomb. L’étendue de la tâche a fini par le conduire à quitter la capitale des Gaules, même si l’insistance du maire l’a incité à prolonger son engagement de cinq ans. S’il a finalement rejoint Paris en 2016, il continue à parler avec passion de la vie lyonnaise.

Accueil dans un vaste espace ouvert des bureaux contemporains de la SNCF dans les terres de Seine-Saint-Denis, entre voies ferrées et voies urbaines. La vue plonge sur des fonciers dans l’attente d’un usage nouveau, comme la mission de SNCF Immobilier y invite.

Benoît Quignon pilote ses équipes réparties en six directions régionales, dont une implantation à Saint-Denis, au total près de six cent personnes. Voici trois ans et demi qu’il est à la tête du patrimoine immobilier de la SNCF, ce qui englobe tous les actifs, sauf les gares. Vaste mission tournée vers l’interne, pour rénover le patrimoine, et vers l’extérieur, pour céder à des collectivités locales des terrains souvent très bien placés. Objectif : réduire la facture immobilière annuelle qui voisine le milliard d’euros et valoriser les actifs. Accélérer, pour transformer l’entreprise, lui permettre de disposer d’installation fiables comme des ateliers de maintenance et transformer les villes par un rôle actif sur les territoires. Des terrains sous-utilisés peuvent donner lieu à des regroupements d’activités ou à un déménagement avec valorisation des actifs. Ce sont trente sites représentant un million de mètres carrés de surface de plancher qui vont ainsi être réurbanisés. A Rennes, la création d’un technicentre industriel a permis de regrouper 24 bâtiments sur une moindre superficie. Le travail est bien engagé à Toulouse Matabiau ou à Bordeaux Saint-Jean…

Plus que l’Etat, Benoît Quignon a toujours voulu servir l’intérêt général. Démarrant sa carrière avec les lois de décentralisation de 1981, cet HEC a travaillé dans les collectivités territoriales, d’abord dans les environs de Nantes, puis a été recruté par la CDC qui préparait la transformation de la distribution de crédit aux collectivités. Chargé de développement au Crédit Local de France, il en a ensuite assuré la direction régionale en Normandie, puis en Aquitaine.

Avec Jean-Pierre Balligand, il découvre un autre aspect de la vie publique en étant, pendant trois ans, directeur général des services du département de l’Aisne.

Et c’est en 2001 qu’il rejoint Lyon avec Gérard Collomb, maire, puis président du Grand Lyon. Il y est resté quinze ans, jusqu’à 2016, assurant l’animation d’une belle administration de 4 500 personnes. Il en garde un excellent souvenir, soulignant avoir pu associer des profils ouverts avec de nombreux ingénieurs INSA. Les équipes mixant expertise technique et visée entrepreneuriale, leur travail a transformé la ville. A la SNCF, Benoît Quignon retrouve cette ambition de la transformation.

Son goût pour le service des territoires ne l’a pas conduit à franchir le pas pour briguer un mandat électif. Une question de tempérament. Sa place est au service des élus, ce qui lui laisse aussi liberté de pensée et autonomie. Une situation exigeante.

Benoît Quignon défend avec fougue le concept d’urbanisme transitoire. Sa position y incite. Lorsque la SNCF quitte un lieu dans l’attente d’une occupation pérenne, le site doit trouver le temps d’un usage. Et de citer l’exemple de Pantin avec la Cité Fertile. Accompagner une coopérative, créer de la ville plus durable, faciliter l’économie circulaire. A Lyon, le festival Nuits Sonores est né sur des friches, mais un vrai éco-système y a éclos et sert de lieu d’accueil pour la Biennale d’Art Contemporain. Quand le transitoire mène au durable…

Un agenda minuté est son quotidien. Alors quels espaces pour prendre de la hauteur de vue ? Des pays où se côtoient les espaces libres de la Patagonie ou des espaces urbains du nouveau monde, Valparaiso, Santiago, qu’il a arpentés le temps d’une respiration professionnelle de trois mois. Ou encore un voyage plus récent sur les routes de la soie.

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

Stephan de Faÿ
EPA-Bordeaux Euratlantique

Sylvie Josse
SPL Lyon Confluence

Catherine Léger
Plaine Commune Développement

Promoteur

Helen Romano

Nexity Immobilier Résidentiel

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Première marche

Helen Romano aime voyager. Un goût qui lui vient de sa double culture, franco-italienne et acquis jeune par les déplacements liés au métier de son père, dans la construction. D’où une ouverture et une curiosité sur ce qui se fait ailleurs et l’émergence d’une envie de faire différemment.

C’est aussi d’un voyage qu’est venu son déclic en faveur du développement durable. Visitant en Chine un musée de l’urbanisme en 2006 qui montrait l’industrialisation à marché forcée du pays, avec sa cohorte de décharges sauvages et d’eaux polluées, Helen Romano a puisé de ces images violentes la conviction de l’urgence d’un changement, mais un « changement mis en oeuvre par chacun, à son échelle ». En effet, « il ne suffit pas », poursuit Helen Romano, « de prendre conscience d’une préoccupation générale, il faut passer à sa déclinaison concrète ». Et un promoteur qui construit des morceaux de ville a, sur ces questions, une place singulière qui lui confère une responsabilité particulière. Helen Romano prend donc sa part à cette mission.

Objectif en 2019 : construire des logements plus vertueux dans l’usage de la ressource des matériaux et sans être trop onéreux, pour éviter que seuls certains y aient accès. D’où le choix du bois ou du béton bas carbone. D’autres pistes tendent à laisser plus d’espace aux terres en jardins ou au verdissement de toitures, à prendre de la hauteur, sans perdre en beauté, comme en témoigne l’opération « Habiter le ciel », à Aubervilliers, à un prix maîtrisé de 4 500 euros le mètre carré.

Helen Romano souligne l’importance de l’autre aspect du développement durable : le management. Ce qui correspond d’ailleurs, avec l’économie, à sa formation initiale : elle est titulaire d’un DESS de Management de l’IAE. Une mission d’envergure car, en tandem avec un autre vice-président, elle se partage l’animation de quelque 35 filiales. Helen Romano encourage, auprès de ses collaborateurs, une certaine forme de contradiction. Un état d’esprit qu’elle trouve volontiers auprès des millenials, moins regardants que leurs ainés sur la pyramide de l’organigramme. Elle soutient ceux qui parlent moins qu’ils n’agissent, les invite à dire ce qu’ils font, à l’expliquer et à oser. Ses jeunes collaboratrices notamment sont incitées à revendiquer l’origine de leur action, à ne pas se mettre en retrait.

C’est un moyen pour Helen Romano de soutenir les opérationnels et son expérience passée l’aide à le faire, car elle a elle-même expérimenté ces métiers. Elle a commencé comme prospecteur foncier chez Eiffage en 1987, ce qui lui a permis, pendant une dizaine d’années, d’avoir une vision large des facettes du métier.

Arrivant en 2008 chez Fereal, filiale de Nexity, le choc de la crise était rude : 1 000 logements produits en 2007, seulement 400 en 2008, ce qui a imposé un plan social. Il a fallu, en 2009 et 2010, s’atteler à la reconstruction, à la réécriture des procédures pour redémarrer. La filiale produit aujourd’hui  2 200 logements. En 2010, Helen Romano assure, de Paris, l’animation de la direction régionale Hauts-de-France et enchaîne des responsabilités dans d’autres régions. Elle a aussi été chargée de missions transversales comme l’accompagnement de la relation client. Le but était de fluidifier cette relation pour que les particuliers soient mieux servis.

A 57 ans, notre lauréate évoque son sens aigu de la responsabilité. Un promoteur se doit de faire édifier des lieux pour abriter des vies. Cette dimension a conduit Nexity à une réflexion forte sur l’usage et le service. Plus qu’il ne produit des logements, le promoteur rend des services. Il produit la ville, pour des gens divers ; en familles ou non, fortunés ou pas, jeunes ou vieux. En réfléchissant à ce qu’ont fait dans la ville, il faut partir du terrain pour pouvoir ensuite proposer une multitude de services. Le groupe veut répondre aux besoins qui s’expriment dans leur diversité. Autre exemple, la filiale Patrimoine et Valorisation s’intéresse à la rénovation de bâtiments de type Malraux ou à la reconversion d’anciens bâtiments industriels.

Avec les élus, c’est le dialogue qui prévaut : le promoteur apporte sa connaissance des clients que lui permet le contact avec les acquéreurs des 20 000 logements qu’il construit par an, l’élu fournit sa connaissance fine du territoire.

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

Joachim Azan
Novaxia

Martial Desruelles
Linkcity

Moïse Mitterrand
Les Nouveaux Constructeurs

Conseil

Chrystèle Villotte

Cushman & Wakefield

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Passion intermédiation

C’est son année ! Après une première nomination en 2017, Chrystèle Villotte est consacrée « Conseil » de cette année 2019 à ces « Trophées Logement & Territoires ». Plus de dix ans dans la commercialisation, plus de vingt dans le secteur immobilier « après y être entrée sur un malentendu » comme aime à rappeler la responsable du résidentiel au sein du département Capital Markets de Cushman & Wakefield, qui déborde toujours d’énergie… et c’est toujours aussi contagieux !

Il faudrait plus qu’un simple entretien d’une heure pour pouvoir profiter pleinement de ce tempérament solaire, dynamique et chaleureux ; le temps passe très vite en sa compagnie, surtout lorsque l’on parle d’immobilier. « 2019 ? Une année riche et dense, où le marché résidentiel a trouvé toute sa place au sein de notre département » explique notre lauréate. Ainsi, le Capital Markets peut se targuer de proposer à ses clients potentiels du résidentiel en bloc, de la Vefa, des résidences gérées seniors, des résidences étudiants, de l’immobilier de santé — ouvert cette année — et, grande mode en ce moment, du coliving. « L’activité en matière d’investissement résidentiel va encore nous surprendre cette année, avec des volumes autour des quatre milliards d’euros, soit la deuxième meilleure année depuis 2017, qui avait connu la vente d’un portefeuille colossal, Vesta » dit-elle avec entrain, sans cacher son enthousiasme. Et pourtant, c’est bien un confrère qui avait réalisé cette opération ; mais pas de jalousie pour elle, le fair-play et le respect entre « chapelles » prévaut. Tout comme le sens du service : « l’intermédiation — la définition même de notre métier — n’aura jamais aussi bien collé à cette année passée ». Quelques minutes avant notre entretien, elle était encore avec une partie prenante d’un dossier pour rassurer, conseiller, faire remonter les informations… Business is business, la dose d’humanité en plus.

Cette extravertie, qui se destinait à la décoration d’intérieur, milite aussi pour une meilleure transparence du marché. Une transparence qui passe par la compilation, l’agrégation et la publication des chiffres du marché : voici venir Immostat Résidentiel. Une déclinaison indépendante du GIE tertiaire, ouvert aux acteurs incontournables du logement. Premiers résultats en fin d’année. « C’est aussi une manière de prouver le poids du résidentiel dans l’investissement global. Aujourd’hui, notre marché fait plus que le commerce ! ». Une manière aussi de faire de la pédagogie, tout en douceur.

Alors 2019, année certes compliquée, mais qui tutoie les records du secteur résidentiel… « et attendez de voir 2020, qui devrait surperformer toutes les autres années en matière d’investissement. Quant aux taux, nous ne connaissons plus de cycles classiques, il faut savoir s’adapter et réagir vite » dit notre passionnée de la pierre, qui a anticipé : parallèlement à l’ouverture de nouvelles lignes de produits, deux recrutements ont permis d’étoffer le département Capital Markets. « Dans notre métier, c’est l’individu qui fait la différence. D’abord, parce que le contact est primordial ; pas seulement dans le métier de conseil, mais dans toutes les sphères du secteur. Ensuite, parce que nous sommes quasiment tous des mordus de la pierre. Et il est rare de trouver un autre secteur d’activité peuplé d’autant de passionnés » constate-t-elle. Pas de faux semblant dans cette déclaration, notre presque quinqua — vous aussi vous avez du mal à le croire ? — n’a pas besoin de le prouver.

Son autre passion ? Les voyages. Elle avoue « avoir toujours la bougeotte ». Et la découverte de nouveaux horizons passe par… l’urbanisme qui y a été développé. Dernier en date, un voyage personnel, une découverte bouleversante en tous points : Cuba. « A chaque coin de rue, c’est un pan d’histoire fascinant qui s’affiche, le témoignage encore « debout » d’une architecture d’un autre siècle. Mais qui s’arrête à la moitié du vingtième siècle et dont la vétusté des bâtiments fait souvent mal au cœur ». Pour autant, elle sait garder son attitude positive : « chaque jour, il faut savoir s’émerveiller. Et à Paris comme partout en France, c’est facile : il suffit de regarder au détour d’une rue »…

Jean-Baptiste Favier

Les nommés :

Olivier Boussard
Crédit Foncier Immobilier

Christine Fumagalli
Orpi

Stéphane Imowicz
Belvédère Valorisation Immobilière (Belvi) – Ikory

Programme Solidaire

"Solidarités et Handicap" à Egly

Crédit Agricole Immobilier

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Un modèle à reproduire

Les lecteurs d’ »Immoweek » ont du cœur ! En attribuant le « Trophée Logement & Territoires 2019 » du « Programme Solidaire » au projet « Solidarité et Handicap », mené par Crédit Agricole Immobilier à Egly (91) pour l’Association d’Appui à la Participation, à l’Inclusion Sociale et Environnementale (Aapise), ils récompensent une démarche inclusive, innovante et résolument tournée vers une catégorie de population particulièrement précarisée : les personnes en situation de handicap, notamment les jeunes et les seniors.

« Cela fait maintenant un peu plus de deux ans que nous nous interrogeons sur la problématique du handicap et, de manière générale, de l’économie sociale et solidaire (ESS) » indique Franck Hélary. Le directeur général adjoint de Crédit Agricole Immobilier en a fait « un axe stratégique de notre développement. Nous avons créé une équipe spécialisée pour réfléchir aux enjeux sociétaux qui relève de l’ESS, aux sujets de précarité liée au logement et aux solutions innovantes qu’un acteur comme nous peut apporter au sein de la ville ; en adoptant davantage une vision d’opérateur urbain que strictement promoteur. Dans un contexte où les dotations de l’Etat sont globalement en baisse sur ces sujets-là, il importait pour notre groupe de prendre des résolutions pour apporter notre pierre à l’édifice ». Loin de vouloir se substituer à l’aide publique, mais plutôt dans une idée de relai — financier et technique — permettant de faire naître une opération, Crédit Agricole Immobilier cherche plusieurs partenaires dans son réseau associatif. Un premier contact fructueux se noue avec l’Aapise…

Dans la commune d’Egly, l’association est propriétaire d’un institut médico-éducatif (IME), dans une zone pavillonnaire tout à fait à l’Est de la ville. Plusieurs problèmes se posent : un bâtiment vétuste, pas aux normes handicapés et à la performance énergétique déplorable, sur une surface foncière bien supérieure aux besoins de l’IME – donc des coûts d’entretien plus élevés. Sa réhabilitation aurait engendré un coût prohibitif pour cette structure, qui gère des établissements destinés à l’accompagnement de personnes en situation de handicap mental et dépend directement de l’Agence Régionale de la Santé (ARS).

A partir de là, tout est à faire, tout doit être inventé ; « nous n’avions que peu d’expérience de ce monde-ci et passions, ainsi, de la théorie à la pratique, avec un test grandeur nature. Comment faire cohabiter, au sein d’une même opération mixte, un projet associatif fort et engageant avec du logement plus classique ? Comment le rendre à la ville, le désenclaver ? Et, enfin, comment équilibrer financièrement l’opération afin qu’elle puisse voir le jour ? » souligne Franck Hélary, qui croit à une nouvelle forme de partenariat public privé. « Solidarité et Handicap » comprend, ainsi, 85 logements sociaux, vendus à Immobilière 3F ; un nouvel IME neuf et agrandi de 1 800 m2, qui fait l’objet d’une démarche de co-construction avec les salariés et les usagers ; une crèche et une halte garderie de 20 berceaux, gérés par l’Aapise, inclusive et mixte ; une conciergerie qui permettra de rendre des services aux riverains et emploiera des adultes en situation de handicap ; un service d’accompagnement « tremplin »pour les jeunes majeurs de l’IME afin de les aider dans leur projet de vie ; un centre médical ouvert à tous qui va pallier le déficit de certaines spécialités médicales du département ; plusieurs logements en colocation, proposés à des loyer sociaux, qui accueilleront 19 personnes seniors en situation de handicap mental et, enfin, un logement d’apprentissage pour les jeunes majeurs de l’IME. Le partenariat est aussi financier : Crédit Agricole Immobilier y participant à hauteur de 60 %.

« Les acteurs privés que nous représentons ont une véritable responsabilité et un grand rôle à jouer dans le monde social et sociétal » estime Franck Hélary. Son équipe dédiée peut se féliciter d’un premier succès : avoir été reconnu par l’ARS comme un « modèle à reproduire » pour de futures opérations. Deuxième succès aujourd’hui : ce « Trophée Logement & Territoires », amplement mérité.

Jean-Baptiste Favier

Les nommés :

"L'Oasis" à Paris
REI Habitat/SemPariSeine

"Nexity Non Profit" à la Ciotat
Nexity

"Vivre en Béguinage" à Perpignan
Vivr'Alliance

Programme Durable

"2, rue Beaubourg" dans le 4ème arrondissement de Paris

Paris Habitat/RATP

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Métro, au chaud, dodo

Le métro parisien, c’est 119 ans d’existence, 16 lignes, 302 stations, 220 kilomètres de réseau, près de 5 millions de voyageurs par jour. Mais cette fois-ci, nous ne parlerons pas dans « Immoweek » du métropolitain par rapport au Grand Paris Express, mais plutôt d’une innovation qui a permis à Paris Habitat de l’emporter dans la catégorie « Programme Durable » aux « Trophées Logement & Territoires » 2019.

A l’origine de ce projet, une idée simple : en période de forte chaleur, comme peut en connaître la Ville de Paris, la température intérieure du réseau du métro peut frôler les 40 degrés. Cette chaleur est produite en pure perte et évacuée par les bouches d’aération qui parsèment la Capitale. Aussi, ont réfléchi d’ingénieux ingénieurs, pourquoi ne pas l’utiliser pour lutter contre des dépenses énergétiques toujours plus élevées ? Et, plus précisément, pourquoi ne pas s’en servir pour chauffer des logements ?

Le lieu retenu pour cette initiative pionnière est au 2, rue Beaubourg, un ensemble de 20 logements sociaux, datant des années 1930 et géré par Paris Habitat. L’immeuble a été choisi pour cette expérience de la RATP et du bailleur social, tous deux signataires de la Charte du Plan Climat de Paris, parce qu’il est situé juste au-dessus de la ligne et bénéficie d’une température souterraine constante, avec peu d’humidité et de poussière.

Alors que la rue est parcourue en-dessous par la ligne 11 et les stations Hôtel de Ville, Rambuteau et Arts et Métiers, une pompe à chaleur a été installée dans les sous-sols du bâtiment, afin de filtrer et d’acheminer la chaleur émise par la ligne. L’air chaud sorti du métro passe par un évaporateur et un échangeur, tandis que le fluide frigorigène de la pompe récupère les calories de l’air chaud de la ligne pour les amener jusqu’au circuit d’eau de l’immeuble. L’énergie ainsi produite permet de chauffer les 20 logements de l’immeuble. Et surtout, de couvrir, en moyenne, 35 % des besoins de chauffage de l’ensemble du bâtiment. Dans les poches des résidents de la rue Beaubourg, cela se traduit par des économies au niveau des charges de l’ordre de 70 euros par an et par logement. Même les usagers de la ligne 11 ont trouvé leur compte dans la formule, puisqu’une telle réutilisation permet des couloirs mieux ventilés et moins pollués.

Pour Stéphane Dauphin, directeur général de Paris Habitat, « ce partenariat avec la RATP confirme nos engagements pour améliorer la performance énergétique du patrimoine et agir plus efficacement sur la maîtrise des charges des locataires », tandis que la RATP salue une innovation qui permet « des villes 100 % compatibles avec les Accords de Paris ». Paris Habitat avait déjà obtenu, en 2016, la certification environnementale ISO 50001 pour son action en faveur de la performance énergétique. Le bailleur social avait auparavant mis en place un système de management de l’énergie qui permet de renforcer la maîtrise des consommations énergétiques des locataires et d’augmenter la part des énergies renouvelables. Sur le seul volet de la consommation énergétique, la démarche doit permettre d’accélérer la réduction des besoins et des consommations énergétiques ; à surface équivalente, de l’ordre de 1,7 à 2 % par an, soit environ 23 gigawatt-heures par an. En 2018, dans le 15ème arrondisse- ment, Paris Habitat avait mis en place un procédé de récupération de chaleur émise, cette fois-là, par un « data center », qui permet de couvrir 80 % des besoins en chauffage et 50 % des besoins en eau chaude sanitaire de l’immeuble adjacent.

Notons déjà qu’outre-Manche, si le métro de Londres est plus ancien que celui de Paris, le « Tube » passe, là encore, la vitesse supérieure avec le « Bunhill Heat and Power Network », lancé en 2012. L’idée est d’utiliser l’air chaud rejeté par la Northern Line, dans le nord de la Capitale britannique, pour chauffer… 800 à 1 350 logements. Paris n’est pas en reste, puisque les futures stations Porte de Clichy et Mairie de Saint-Ouen (ligne 14) devront permettre, via un système de géothermie en parois moulées dans leurs murs d’enceinte, de chauffer un bâtiment de 80 logements et de rafraîchir les couloirs. En tout cas, la chaleur souterraine a de beaux jours devant elle…

Arthur de Boutiny

Les nommés :

"Arbre Blanc" à Montpellier
Opalia - Crédit Agricole Immobilier / Promeo - Evolis Promotion

"Natural Square" dans le 7ème arrondissement de Lyon
Arkadea

"Treed It" à Champigny-sur-Marne
Vinci Construction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 20/01/2020

Investissement : vers la poursuite de la croissance des valeurs…

« 2019 a été une excellente année pour le marché de l’investissement, avec un volume approchant les 40 milliards d’euros placés en immobilier non résidentiel dans l’Hexagone, positionnant la France en numéro 3 au niveau européen, derrière l’Allemagne et la Grande-Bretagne » constate Emmanuel Schreder.

Le coprésident de Catella France rappelle qu’après le « pic » de 2007 à 30,8 milliards d’euros, les volumes avaient été divisés par deux en 2008 (à 14 milliards) et en 2009 (à 8 milliards) « et depuis, la croissance est continue et quasi exponentielle »… Pour 2019, le conseil relève « le poids des grosses opérations avec 57 transactions de plus de 100 millions d’euros représentant les deux tiers du volume global, dont 23 supérieures à 300 millions d’euros » ; le fait qu’ »à l’exception des locaux d’activités et de l’immobilier de santé, toutes les classes d’actifs ont progressé, de 9 % pour les bureaux, 14 % pour le commerce ou encore… 57 % pour la logistique », ainsi que le poids des investisseurs étrangers « dans un marché où les investisseurs nationaux ont accru de 22 % (4 milliards d’euros) leurs interventions ».

Pour ce qui est de l’année qui s’ouvre, le conseil estime que « les premières semaines s’inscrivent dans la même dynamique qu’en 2019 » avec des collecteurs d’épargne, notamment des assureurs-vie qui, « après avoir placé leur forte collecte à taux négatifs l’an passé, sont, désormais, résolument orientés vers l’immobilier »… Surtout, Emmanuel Schreder souligne que le taux des OAT 10 ans est « repassé en terrain positif à 0,05 % » et que le « spread » entre taux d’intérêt et taux de rendement immobilier « demeure élevé à près de 300 points de base en se basant sur un taux de rendement « prime » dans Paris intra-muros qui tourne autour des 3 % ». Il fait également valoir que le marché locatif, « bien que son évolution ait été nuancée en 2019, se porte bien, avec des taux de vacance historiquement bas dans de nombreux secteurs, ce qui permet d’anticiper de la réversion positive avec un différentiel positif entre le loyer existant et le loyer de marché potentiel. Ce qui ne manque pas d’encourager les investisseurs à parier sur un tassement des rendements et ce qui participe, ainsi, à la valorisation des actifs ». Enfin, le conseil ajoute l’insuffisance de l’offre sur le marché de l’investissement. Si celle-ci avait répondu à la demande, « ce sont, certainement, au minimum entre 5 et 10 milliards d’euros supplémentaires qui auraient pu être investis sur le marché » !

Au final, ces trois évolutions du marché de l’investissement « sont les garants de la poursuite de la croissance des valeurs en 2020 ». Cependant, le coprésident de Catella estime qu’il « convient de conserver à l’esprit que, dans le cadre de valorisations déjà élevées, tout évènement lié à la conjoncture économique ou géopolitique pourrait entraîner un « repricing » ». Néanmoins, « ce n’est pas le cas pour l’instant »…

Portrait

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