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Le palmarès des Trophées Logement & Territoires

L'édition 2020

2019

Le Professionnel de l'année

Meka Brunel

Gecina

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Foncièrement logement

L’histoire de notre « Trophée du Logement » 2020 commence en Iran, à Téhéran où elle a vécu jusqu’à l’adolescence. C’est dire que son parcours, exemplaire, fascine. A force de travail, mais aussi de volonté, la voici diplômée de l’Ecole Spéciale des Travaux Publics en un temps où les femmes ingénieures étaient encore bien minoritaires. Au sein du groupe Fougerolle d’abord, elle fera « du chantier » à sa demande expresse. Et ses collègues et subordonnés (tous des hommes ou presque) comprennent très vite que cette « petite bonne femme » (elle aime à rappeler qu’elle mesure 1,56 mètre) ira loin. Après quelques autres étapes, la voici, à 40 ans, directrice patrimoine chez Simco dont elle deviendra membre du comité exécutif. Puis, après la fusion des deux entités, en 2002 chez Gecina dont elle assurera la direction du développement stratégique. Poste qu’elle quittera (mais l’aventure Gecina n’est pas finie…) pour prendre la présidence d’Eurosic puis, en 2009, la vice-présidence exécutive d’Europe de la SITQ (filiale de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec) devenue Ivanhoé Cambridge : elle y fera merveille et dirigera le projet « Duo » (des tours dans Paris intra-muros) qui lui vaut — notamment — en 2013 une (première) « Pierre d’Or de la Professionnelle de l’Année ». En 2017, nouveau rebondissement dans ce parcours impeccable : Méka Brunel retrouve la rue des Capucines et devient directrice générale de Gecina. Elle y conduit de main de maître la négociation pour la fusion avec Eurosic, après une très rude bataille dans le rapprochement avec Foncière de Paris.

Aujourd’hui, le bilan (provisoire) de la directrice générale est salué par tous. A la tête de la quatrième foncière européenne au patrimoine de plus de 20 milliards d’euros d’actifs, concentré à 90 % sur Paris et la première couronne… Très vite notre « Trophée » s’investit dans deux dossiers importants : le Grand Paris d’abord. Comme présidente du conseil de développement (Codev) de la Métropole du Grand Paris, elle veut occuper une « fonction prospective sur les enjeux du Grand Paris ».

Deuxième sujet clé où l’on attendait peu Gecina qui avait (beaucoup !!!) vendu son patrimoine résidentiel : l’habitation. Très vite, Méka Brunel a réaffirmé son attachement au sujet, sa volonté de voir les institutionnels revenir dans le secteur en développant un discours structuré et réaffirmé, et en multipliant les initiatives.

Le patrimoine résidentiel global de Gecina, qui représente aujourd’hui 18 % du patrimoine total du groupe et compte plus de 6 000 logements, répartis dans une quarantaine de résidences situées à Paris intra-muros — dans les quartiers les plus plébiscités par la population active — et en proche couronne. Dix-huit campus étudiants complètent le tableau, pour près de 3 200 lits. Le credo de Méka Brunel, maintes fois réaffirmé ? Les institutionnels, au premier rang desquels les foncières, peuvent utilement contribuer à régler la question du logement des classes moyennes, grâce à leur capacité financière et leur expertise. Elles sont aussi, dit-elle, les mieux placées pour mettre en œuvre la transition énergétique toujours plus indispensable. Et la crise du Covid ne remet pas en cause — c’est le moins que l’on puisse dire — sa stratégie. Elle a même recruté, pour ce qui est devenu la filiale résidentielle de Gecina, un nouveau directeur exécutif résidentiel, le préfet Thomas Degos (un fin connaisseur des enjeux du Grand Paris) qui sera épaulé par Franck Lirzin, qui a mené à bien la filialisation de l’activité.

Dernière en date des initiatives qui font du bruit dans le secteur : Gecina et Nexity ont signé un partenariat afin de développer 4 000 nouveaux logements sur quatre ans à Paris, en région parisienne et dans les grandes métropoles régionales françaises. Commentaire de notre « Trophée » : « ce partenariat marque une nouvelle étape dans l’ambition de Gecina de déployer son offre dans le résidentiel locatif. Avec la création de cette société de co-promotion avec Nexity, Gecina se dote d’un outil puissant et flexible pour réaliser ses ambitions de développement. Cet accord nous permettra d’accélérer la mise en place à grande échelle de notre marque YouFirst Residence pour nos clients ». On aura noté qu’ »ambition » apparaît deux fois dans ce commentaire. Un mot, noble, qui, décidément, va bien à Méka Brunel.

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Vincent Mahé
CDC Habitat

Nathalie Robin
BNP Paribas Cardif

Alain Taravella
Altarea

Trophée du Jury

Benoist Apparu

In'li

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Sans perdre de temps

C’est son air assuré, sa voix volontaire et sa faculté de concentration qui frappent au premier abord avec notre « Trophée du Jury » 2020. Benoist Apparu n’est, à l’évidence, ni un rêveur, ni un dilettante : un homme d’action qui n’aime pas perdre son temps. Son — beau — parcours en témoigne, comme ses fonctions actuelles.

Ce jeune quinqua (il fait dix ans de moins) est natif de Toulouse (son père était journaliste et son frère aîné a aussi embrassé cette noble profession). Son DESS de Droit International des Affaires en poche il sera, un temps, maître auxiliaire puis, dès 25 ans, assistant parlementaire de celui qui sera son mentor en politique : Bruno Bourg-Broc, député de la Marne. Il lui succédera au Palais Bourbon et à la mairie de Chalons-en-Champagne. La politique la plus active le mobilise sans tarder — il sera président national des jeunes RPR —, puis après un passage rapide chez Euro RSCG Corporate, le voici dans les cabinets ministériels : chef de cabinet auprès de Xavier Darcos, puis directeur adjoint auprès de Catherine Vautrin. Lui-même élu adjoint au maire de Chalons, il s’implante très fortement dans la région et gravit tous les échelons : conseiller régional, vice-président de la communauté d’agglomération, avant d’être élu député. Cette connaissance du terrain, sa vie d’élu local sont à l’évidence très importantes pour lui. Il fait partie de ces maires qui s’investissent « à fond pour leur ville » : la confiance renouvelée de leurs électeurs est gage de leur satisfaction.

Mais notre homme voit aussi plus loin. Nicolas Sarkozy le nomme ainsi, en 2009, secrétaire d’Etat au Logement, puis il sera ministre délégué, toujours dans le gouvernement de François Fillon. Celui que « Libération » qualifie alors de « trentenaire aux dents longues » n’a, en effet, pas perdu de temps. Pas son genre… Pendant ces deux années, il montrera ses capacités d’écoute… et lui, qui était plutôt spécialisé dans les questions d’enseignement, aimera beau- coup la matière « logement »… Devenu maire de Chalons-en-Champagne en 2014, il quitte son siège de député en 2017 (après avoir été le seul de son groupe, avec Franck Riester, à voter pour le mariage pour tous).

Logiquement donc, quand Action Logement lui propose en 2017 de s’occuper de la fusion des structures permettant la naissance d’In’li, puis d’en occuper la présidence, il accepte. In’li — on le sait — est la filiale d’Action Logement dédiée au logement intermédiaire. Son patrimoine ? 43 000 logements répartis dans les différentes communes franciliennes des zones tendues. L’ambition de Benoist Apparu ? Construire 80 000 nouveaux logements intermédiaires en dix ans. Et, fidèle à son habitude, il n’a pas perdu de temps, multipliant les initiatives, les partenariats. Derniers en date : en juillet 2020, In’li et AXA IM – Real Assets s’alliaient pour la création d’une foncière de développement. Avec un objectif de production annuelle de pas moins de 1 500 logements, cette foncière ambitionne donc de détenir un patrimoine de plus de 25 000 logements à horizon 2030.

Rebelote, en octobre 2020, notre « Trophée » actait la signature définitive avec Primonial, Pro BTP et Midi 2i pour la création d’une autre foncière de développement. Là aussi, In’li reste associée à hauteur de 25 % dans cette foncière et l’ensemble des logements sont confiés en gestion à In’li Property Management. Aujourd’hui, la structure comprend 330 logements existants et trois commerces, localisés au cœur du Grand Paris, et sera dotée, dans une deuxième phase, de 336 logements intermédiaires, soit cinq opérations neuves toujours situées en zones tendues. Une troisième phase du partenariat long terme prévoit le développement d’environ 700 logements intermédiaires neufs par an à destination des salariés franciliens.

Bref, devenu un grand pro du logement intermédiaire, l’ancien ministre (qui déteste juger ses successeurs et successeuses…) s’est lancé à fond dans l’aventure logement et ce, malgré les vicissitudes touchant Action Logement. Ce grand baroudeur (il aime découvrir le monde – plus en routard qu’en touriste dorloté) a encore du « pain sur la planche ». Le jury des « Trophées Logement & Territoires » a voulu, en tout cas, saluer son action passée et présente. Et — pourquoi pas ? — à venir.

Pascal Bonnefille

Jeune Talent

Nathalie Allegret

Engie Solutions

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Formidablement challenging !

Déjà nommée l’an dernier dans la catégorie des jeunes talents, Nathalie Allégret, « une « tekos » qui sait communiquer », comme nous l’avions qualifiée alors, n’a pas fait qu’attendre que le temps passe. Nous l’avions quittée directrice marché villes et territoires et directrice du marketing opérationnel en 2019 ; nous la retrouvons « head of organic growth », rien de moins, nouvelle direction transverse à l’ensemble du groupe Engie, et non plus en charge de la seule filiale hexagonale Engie Ineo, nouvelle fonction qu’elle exerce désormais « all over the world », d’où le recours à la langue de Shakespeare. Si elle ne dirige plus directement des équipes opérationnelles, elle a maintenant pour mission de « faire travailler ensemble plus et mieux, d’animer les commerciaux, de les faire s’organiser en transverse, où qu’ils se trouvent au sein des 15 entités d’Engie et des 15 pays d’implantation d’un groupe de 119 000 personnes ».

Cette enthousiaste professionnelle, doublement formée à Centrale Supélec et Sciences Po Paris, n’a pas tari les éloges qu’elles formulaient déjà — bien au contraire — sur la performance et l’adaptation des services qu’offre son groupe : elle qui avait intégré Engie, en 2010, dès la fin de ses études, à la direction de l’innovation, comme ingénieure de recherche « smart grid », a passé les cinq dernières années chez Ineo : « j’étais principalement engagée dans la conception, l’installation et la maintenance de systèmes électriques et de télécommunications auprès des collectivités. Années au cours desquelles on a réellement participé à leur faire réaliser des économies d’énergie, à mettre en place des solutions de sécurité urbaine et de mobilité . Franchement, je peux dire qu’on a visé juste. Comme si nous avions sciemment anticipé ce qui nous arrive en ce moment »…

Veut-elle parler du confinement ? Des mesures sanitaires pour contrer la pandémie de la Covid ? Ou de l’accélération du réchauffement climatique ou bien encore de l’insécurité croissante des métropoles ?

La première période de confinement de mars/avril aurait agi sur le marché des élus et gestionnaires de collectivités comme un catalyseur, accélérant la prise de conscience de l’impact conjugué du changement climatique et de la pollution. Sans que l’on puisse encore, faute de recul, saisir le lien de cause à effet entre confinement et maturité.

« On peut dire que notre vocation, globalement, c’est d’accompagner nos clients vers la neutralité carbone… Mon nouveau poste est en soi un formidable poste d’observation, surtout focalisé sur l’Europe, et particulièrement sur la France, bien sûr. Mais pouvoir observer la diversité des plans de relance, tout ce qui se passe simultanément à l’échelle européenne, est formidablement challenging ! »

Le Pacte PME, association paritaire réunissant des grandes entreprises et des collectivités, avait lancé, quelques mois avant la crise Covid, un programme dédié au secteur de la « smart city ». Nathalie Allégret y a côtoyé ses collègues et concurrents de Siemens, Schneider Electric ou encore Suez, Veolia, Alstom. Les fournisseurs de solutions et services aux collectivités préparent l’émergence de la ville intelligente. Ce petit milieu de professionnels de l’urba- nisme « up to date » assiste à l’arrivée des Gafa sur ce nouveau marché. N’est-il pas déjà trop tard pour conserver leur avance technologique pertinente pour la ville de demain, alors que les géants du numérique s’intéressent de plus en plus à la smart city ?

« Je suis confiante dans la capacité de notre écosystème ; nous avons une histoire commune, des gens qui se connaissent. Avec Suez, par exemple, nous avons remporté le dossier « smart city » de la ville d’Angers. C’est un très bon exemple de partenariat ».

Que pense-t-elle de l’état du quartier de La Défense, où se situent ses bureaux, quartier phare des affaires, réalisation emblématique d’une époque qui n’est plus la sienne ? Sans reproduire ici littéralement sa réponse, on peut toutefois qualifier son constat d’ironique, de sévère et exigeant tout à la fois. Cela dit avec la franchise de la génération Y. Celles des jeunes talents.

Brice Lefranc

Les nommés :

Loeiz Bourdic
PriceHubble France

Simon Guibert
Caracol

Nicolas Sidot
Seqens

Territoire

Dominique Estrosi-Sassone

Métropole Nice Côte d’Azur

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Honneur, bonheur et humilité

« La meilleure spécialiste logement du Sénat » concèdent ses collègues du Palais du Luxembourg, « … avec peut-être Marc-Philippe Daubresse ». Rappelons que ce dernier a été secrétaire d’Etat au Logement et à la Ville, en 2004 et 2005, dans un gouvernement Raffarin. C’est dire l’estime dans laquelle est tenue par ses collègues, madame la vice-présidente de la Commission des Finances de la Chambre Haute.

C’était il y a quelques jours, à la mi-octobre : il fallait l’entendre bousculer notre ministre des Finances Bruno Le Maire, venu présenter son projet de loi de finances 2021, pour comprendre la confiance dont elle jouit auprès de ses pairs, et maintenant des pros de l’immobilier.

Questionné sur la prorogation, au-delà de 2021 — et au-delà des seuls territoires dits « tendus » — du dispositif Pinel/PTZ, le ministre botta en touche : « on y réfléchit ». Puis, Interrogé sur le sort d’une TVA réduite en faveur du logement social, et pourquoi pas de son élargissement au-delà des zones Anru, il ne sera pas plus précis. Bercy ne perd rien pour attendre ; il est apparemment remonté jusqu’aux oreilles de Bruno Le Maire que « l’infatigable madame Sassone » a déjà rallié un groupe trans partisan de collègues prêts à ferrailler avec les Finances nationales au sujet de la refonte d’Action Logement. Le milliard d’euros ponctionné par l’Etat dans les caisses de l’organisme paritaire, bientôt suivis de 300 autres millions, « vont cruellement manquer à nos territoires ».

« Mais je suis, moi aussi, un élu territorial ! » lui rétorqua Bruno Le Maire, sur la défensive. Réflexion de dépit d’un ministre d’Etat, mais également — en même temps, pourrait-on dire — formidable reconnaissance de la légitimité du territoire.

Et, en ce qui concerne Dominique Estrosi-Sassone, on ne parle pas de n’importe quel territoire : le comté de Nice, devenu français depuis un siècle et demi, où l’on cultive un amour et une histoire exigeants à l’égard de l’Etat central. Ce n’est pas une injure de rappeler qu’elle fût d’abord la fille de son père, Jean Sassone, élu municipal niçois pendant vingt ans, pilier du médecinisme, premier mentor du jeune Christian Estrosi, qui deviendra son gendre avant la carrière qu’on lui connaît et le père des deux filles de sa fille.

Munie d’une maîtrise de Droit de la faculté de… Nice Sophia-Antipolis, Dominique Estrosi-Sassone intégra la Fonction Publique Territoriale, au sein des services de sa ville, puis de son département, avant de se présenter aux suffrages des Niçois dès 2001. Une précieuse expérience pour connaître de l’intérieur les dossiers locaux, et les fonctionnaires qui les gèrent, avant d’en débattre en politique. Membre du conseil municipal sans discontinuer depuis presque 20 ans, elle sera très tôt adjointe au maire, déléguée à la politique de la ville, au logement et à la lutte contre les discriminations, devenant également vice-présidente de la Communauté d’agglomération Nice Côte d’Azur et présidente de Côte d’Azur Habitat. Elle est élue, en 2004, conseillère régionale (puis départementale). En 2011, elle se lance dans la campagne des cantonnales et remporte le 14ème canton de Nice, année où elle devient secrétaire générale de la Fédération des OPH. En 2014, elle est adjointe au maire déléguée au logement, à la rénovation urbaine et à la proximité, puis conseillère métropolitaine.

Elue une première fois sénatrice en 2014, elle est réélue en 2020. Et quitta « sans hésiter, mais avec regret » ses fonctions de conseillère départementale, puis d’adjointe au maire, en raison de la loi sur le cumul des mandats.

Quelques heures après que la tempête « Alex » ait ruiné l’arrière-pays niçois dans la nuit du 2 au 3 octobre dernier, elle est là sur le terrain, et déjà alertant les services de l’Etat de la nécessité de d’assouplir la Loi montagne et repenser les logements des vallées dévastées.

« Etre là, c’est l’honneur, le bonheur et l’humilité de ma fonction politique ». Aussi forte à Paris que présente dans son territoire. Où l’on voit bien que mener un débat expert avec un ministre n’empêche jamais cette élue d’aller à la découverte des choses telles qu’elles sont, ni d’user de tous ses mandats pour déjouer la complexité de l’action publique.

Brice Lefranc

Les nommés :

Frédéric Aguilera
Ville de Vichy

François Rebsamen
Ville de Dijon

Christian Robache
Ville de Montévrain

Promoteur

Caroline Fortier

Sogeprom

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L'immobilier, toujours...

« Quand j’étais gamine, je jouais avec des gares et des fermes, plutôt qu’avec des poupées »… Quand on demande à Caroline Fortier, qui remporte son premier Trophée « Promoteur » cette année, pourquoi elle a choisi l’immobilier, la réponse fuse. Notre primée, dont les racines normandes sont restées vivaces (elle a vécu ses 17 premières années à Caen dans une famille de médecins et vétérinaires), a voulu devenir ingénieure : c’était chose faite en 1989, année où elle sort de l’Ecole Spéciale des Travaux Publics (un point commun avec un autre « Trophée » 2020, Méka Brunel). Mais elle ne s’engage pas immédiatement dans la vie active car elle souhaitait compléter son cursus par une formation juridique. « J’avais été frappée en Grande-Bretagne par la formation permettant de cumuler les connaissances d’ingénieur, d’architecte et de juriste… » explique-t-elle. La voici donc à l’ICH dont elle obtient le diplôme deux ans plus tard (et elle complètera encore son CV avec un Programme d’études avancées à Sciences Po Paris et un International executive program à l’Insead en 2005). Presque par hasard, elle dépose une candidature à la SCIC (future Icade)… Elle y est engagée dans sa chère Normandie. Au sein du groupe Caisse des Dépôts, elle effectuera ainsi quinze années marquées par la diversité des fonctions : de directeurs de projets urbains en quartiers prioritaires à responsable du patrimoine de 25 000 logements de la SCIC à Paris, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne, sans oublier la direction des projets concession d’Egis, puis la direction régionale de la Caisse… en Basse Normandie, bien sûr ! L’occasion pour notre « Trophée » de saluer les patrons avec qui elle a eu le plaisir de travailler : de Thierry Déaut à Daniel Lebègue, « un grand Monsieur »… C’est aussi pour Caroline Fortier l’opportunité de rencontrer quelques personnalités fortes : Bernard Cazeneuve, pas encore Premier ministre, mais déjà maire de Cherbourg (un « élu de grande classe ») ou Alain Lambert, maire d’Alençon qui l’a impressionné « par sa parfaite connaissance des dossiers ».

Après plus de deux septennats à la Caisse, il était temps « d’aller dans le privé ». Une rencontre avec Eric Duval la convainc de se lancer : elle restera dix ans dans la structure, profondément remaniée et développée, dont elle assurera la direction générale adjointe. Après une courte mission chez Rabot Dutilleul, la voici depuis 2018 chez Sogeprom. « J’avais toujours rêvé de cette maison » confie-t-elle. Dans l’équipe immobilière de belle tenue constituée par Eric Groven, elle relève de Béatrice Lièvre-Thierry. Après avoir beaucoup écouté et consulté, elle propose un plan d’organisation et de développement. Quelques chiffres (de 2019…) pour montrer les contours de l’entreprise : un chiffre d’affaires de 872 millions d’euros, 320 collaborateurs, 3 300 logements réservés (7 075 en développement) et en tertiaire : près de 26 000 m2 livrés et près de 40 000 m2 en développement. Et les ambitions de notre « Trophée » ne sont pas petites, même si l’épidémie de Covid a évidemment de beaucoup ralenti les progressions espérées. Caroline Fortier a ainsi proposé un projet baptisé « UP » (pour utiles et performants). Avec quatre objectifs : présenter des projets mixtes au service de l’attractivité des territoires ; axer sur le bas carbone (une communauté interne de 80 personnes planche sur le sujet tout au long de l’année) ; digitaliser le parcours client et la signature des marchés ; créer une Sogeprom Académie afin d’associer l’ensemble du personnel à la démarche.

Et les résultats suivent, avec une belle victoire emportée avec la réalisation du village des médias des JO 2024 (avec Demathieu et Bard immobilier) : 91 000 m2 (1 300 logements à l’échéance 2025) en Seine-Saint-Denis. « Le fait d’avoir été choisis par la Solideo nous a fait chaud au cœur » commente-t-elle avec un sourire. On aura compris que la responsable de la structure promotion de la grande maison Société Générale est une femme passionnée. Aimant Nicolas de Staël, comme Georges Pompidou (ou Napoléon !), elle conclut : « j’ai besoin de me sentir utile ». Le jury, comme les votants des « Trophées Logement & Territoires », lui ont donné raison.

Pascal Bonnefille

Les nommés :

Martial Desruelles
Linkcity

Franck Hélary
Crédit Agricole Immobilier

Marc Verrecchia
Verrecchia

Conseil

Sébastien Lorrain

CBRE France

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Observateur passionné

Il fait partie de ces pros incontournables du secteur résidentiel, à la tête d’une équipe précurseure en matière de « brokerage » dans le résidentiel… Et le jury des « Trophées Loge- ment & Territoires » a proposé à deux reprises — en 2016 et en 2018 — son nom dans la catégorie « Conseil ». Voilà qui est chose faite : les lecteurs d’ »Immoweek » ont choisi d’attribuer ce « Trophée 2020 » à Sébastien Lorrain, directeur de CBRE Résidentiel.

« Les « brokers » aiment parler de record, d’année toujours meilleure par rapport à la précédente… Nous avons bénéficié, en 2019, d’une hausse sans précédent de notre activité, en bouclant 800 millions d’euros d’actifs. La tendance devrait se poursuivre cette année » explique ce jeune quadra, à la tête d’une équipe d’une quinzaine de collaborateurs. En fin observateur de son marché, il constate surtout « une typologie d’acquéreurs qui change — et cela faisait longtemps qu’on attendait ce retour — au bénéfice des investisseurs long terme. Ceux-ci ont représenté, en 2019, près de la moitié du marché. Et cette année, ils devraient passer à environ 70 % des volumes traités, le quart d’entre eux étant des investisseurs étrangers et nouveaux entrants ». Sébastien Lorrain aime à rappeler que, si le phénomène de « deals » importants, réalisés par des investisseurs long terme, est apparu il y a trois ans, cette ouverture du marché est aujourd’hui prégnante : « nous avons d’abord vu des institutionnels gravitant autour de la Caisse des Dépôts, puis ensuite des fonds dédiés au logement – je pense à AEW Ciloger ou encore Primonial. Depuis le milieu de l’année dernière, et même cette année, nous constatons une ouverture du marché, avec la multiplication de fonds dédiés, de fonds paneuropéens… ». Voici pourquoi il est toujours intéressant de prendre le pouls du marché auprès des « brokers » !

Notre juriste de formation — titulaire d’un DESS en Droit Immobilier d’Assas — a vite pris le chemin du conseil. Après un stage en cabinet d’avocats, « qui m’a confirmé le fait que ce métier n’était pas fait pour moi, j’aspire à plus de terrain », il est recruté en 2001, à la direction immobilière d’Allianz, « au début des mouvement que l’on a pu observer à cette époque de structuration des équipes immobilières au sein de ces grands institutionnels », comme responsable d’arbitrages — « nous avons beaucoup vendu à cette époque ». Trois ans plus tard, il rejoint CBRE, au moment du montage de l’équipe résidentiel, d’abord comme consul- tant. Il en prend la direction en 2015. Aujourd’hui, l’équipe qu’il dirige peut se targuer de couvrir la quasi totalité du marché : « une partie de l’équipe intervient dans la vente par lot d’actifs à Paris et en Ile-de-France, une autre partie est spécialisée dans la vente d’immeubles de logement et, enfin, deux personnes pour l’immobilier géré — résidences étudiants, résidences seniors avec services, coliving, mais aussi les actifs de santé » explique ce passionné, qui ambitionne de poursuivre le développement de cette équipe. « 50 % de notre marché se trouve en régions. C’est pourquoi nous nous développons au sein des grandes métropoles depuis deux ans. D’abord à Lyon et à Nice, nous recrutons actuellement à Lille et à Bordeaux ». Le but : pouvoir sourcer une offre locale autant pour une clientèle de proximité que des investisseurs internationaux. « Je crois fortement à l’intérêt du résidentiel français comme classe d’actifs performante et résiliente ». « Les volumes transactés sont encore très faibles, à peine 10 % du volume global d’investissement immobilier en France. Nous avons, certes, du retard à rattraper par rapport à nos pays voisins et anglo-saxons, mais je reste très optimiste… ».

Des raisons d’espérer ? Assurément. Ce passionné de sport — « en ce moment, je fais plus de jogging que de boxe et ne désespère pas de bientôt voyager pour reprendre la plongée » — reste convaincu de changements majeurs pour la société française. « Métropolisation, mouvements de population de plus en plus forts, attentes plus importantes en matière d’offres de services : nous sommes à l’orée de ces changements-là, à nous de les accompagner »…

Jean-Baptiste Favier

Les nommés :

Stéphane Genty & Céline Schwartz
Allowa

Stéphane Imowicz

Cyril Gonzalez-Rocher
Trans’Actif Immobilier

Programme Solidaire

"Les Jardins de Stains/ Le logement solidaire"

Bouygues Bâtiment Ile-de-France/ Linkcity Ile-de-France/Seine-Saint-Denis Habitat

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Solide et solidaire

Pour l’emporter dans la catégorie « Programme Solidaire », quoi de mieux qu’un programme estampillé « Le Logement Solidaire » ? En effet, la future résidence du 125, rue Jean Durand, à Stains (93), est la première à bénéficier de cette démarche développée de concert par Bouygues Bâtiment Ile-de-France et l’association Action Tank Entreprise et Pauvreté. Pour penser ces 59 logements sociaux, construits par Linkcity Ile-de-France pour le compte de Seine-Saint-Denis Habitat, la solidarité est présente d’un bout à l’autre pour le lauréat 2020 des « Trophées Logement & Territoires » dans cette catégorie.

L’idée derrière « Le Logement Solidaire », initiative lancée en 2012 par Bouygues Bâtiment Ile-de-France-Habitat Social et l’Action Tank Entreprise et Pauvreté, association présidée par Martin Hirsch et Emmanuel Faber, c’est de mettre les besoins prioritaires et spécifiques des habitants du territoire au centre de la construction. La démarche a séduit le jury de l’appel à manifestation d’intérêt Ville Durable et Solidaire porté par le Commissariat Général à l’Investissement et confié à l’Anru. Une étude a été réalisée auprès des demandeurs pour déterminer les besoins spécifiques du territoire. Après l’achat d’un foncier auprès de la SPL Plaine Commune Développement, les différents acteurs ont collaboré à la réalisation proprement dite du lot 8D de la Zac des Tartres.

Les intervenants du projet ont accepté de réaliser les travaux à prix coûtant, mais aussi de « concevoir un ensemble de deux bâtiments offrant les meilleures conditions de confort aux habitants, et dont le coût global, qui englobe la construction, mais également les charges des locataires et l’entretien du bailleur pendant 60 ans, est inférieur de 20 % à celui d’un bâtiment classique » résume Pascal Gontier, architecte du projet. L’idée étant de réduire la facture du futur résident tout en augmentant son « reste à vivre », grâce à des arbitrages en phase construction.

La solution ? L’Atelier Pascal Gontier a proposé « deux bâtiments compacts, mais généreux, largement vitrés, dotés de prolongements extérieurs, et qui répondent aux exigences très strictes du standard allemand PassivHaus. Cet ensemble bâti est caractérisé par une enveloppe ultra performante, une réduction extrême des ponts thermiques, des surfaces vitrées généreuses et conçues de façon à optimiser l’éclairage naturel des logements, et une attention particulière aux détails architecturaux ».

En effet, le label PassivHaus, venu d’Outre-Rhin, n’est accordé qu’aux logements neufs dont les besoins en chauffage sont inférieurs à 15 kWh/m2/an. Il révèle la performance énergétique du programme, qui vise aussi les certifications RT 2012 -20 % et NF Habitat HQE. Or, il compte aussi 260 m2 de panneaux photovoltaïques en toiture et se passe totalement de système de chauffage traditionnel, grâce à un système ingénieux qu’explique Pascal Gontier : « un dispositif de ventilation double flux permet de chauffer l’air des logements grâce à la récupération de 90 % des calories de l’air extrait. Il en résulte un grand confort hygrothermique pour les habitants ainsi qu’une excellente qualité de l’air ». Les quittances sont donc réduites, le coût de chauffage diminue comme peau de chagrin et l’utilisation de produits particulièrement robustes (façade rideau en parpaings isolés, menuiseries triple vitrage) réduit, en plus, la provision annuelle pour grosses réparations du bailleur. Tous les acteurs se retrouvent gagnants, en particulier le locataire…

La livraison de ce programme véritablement solidaire est prévue pour le quatrième trimestre 2022 : les futurs locataires seront désignés douze mois avant. En effet, charge à eux de concevoir, puis de gérer, les parties communes et les espaces extérieurs de leur propre résidence, leur permettant de s’approprier totalement leur espace de vie. L’Action Tank Entreprise et Pauvreté continuera à les suivre pour l’appropriation du bâtiment passif et des règles de vivre-ensemble, la mesure des économies effectives réalisées et étudier le déploiement de la démarche ailleurs…

Arthur de Boutiny

Les nommés :

L'EcoVillage Enfants de Sablons
Careit Promotion/Action Enfance

La Maison des Sages
ISA

Synesens
Projectim/Loger Habitat/Oria - SCCV Lille Jean Macé

Programme Innovant

"Le Passage Partagé"

Immobilière 3F

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Réinventer le passage

Au cœur du 11ème arrondissement de Paris, non loin du Bataclan, entre le boulevard Voltaire et la rue Amelot, Immobilière 3F engage une opération d’envergure qui a vocation à transformer totalement le passage Saint-Pierre-Amelot.

Le bâtiment des années 1970 de structure béton, abritait un garage. Renault ayant décidé de le vendre, le projet a été repris dans la démarche Réinventer Paris. L’un des objectifs était de mettre en valeur la belle charpente du grand bâtiment en forme de halle construite au début du siècle dernier.

Le principe général retenu pour la restructuration du site est le recyclage des matériaux. Une partie des bâtiments est conservée. Le principe conduit, d’une part, à réutiliser sur place des matériaux et, d’autre part, à recycler 70 % des matériaux non remployés sur place. Ces derniers sont revendus après mise en ligne par la plateforme Cycle Up. Certains éléments, comme les rampes de parking, n’étaient pas réutilisables et doivent être démolies. Exemples de réutilisations : le béton est concassé pour être enserré dans des structures métalliques et utilisé comme gabion. Certains escaliers ou garde-corps peuvent aussi être remployés. Ce choix de multiplier les remplois permet de limiter les nuisances dans le voisinage.

L’exiguïté de la parcelle contraint la logistique des travaux, d’autant que la présence d’un porche d’entrée ne permet pas un mouvement facile des engins de chantier. Mais la rotation des camions est allégée puisque le principe de conserver 45 % du bâti permet d’éviter le passage de 400 camions et de réduire de 30 % les émissions de CO2.

Une ferme urbaine de 1200 m2 sera installée en toiture du bâtiment silo, surélevé. Autre avantage du circuit court : les produits maraîchers d’Agripolis cultivés sur le sommet du bâtiment seront proposés à la vente dans une boutique au rez-de-chaussée. Nulle crainte d’un excès de poids sur la structure : les cultures seront faites en hydroponie, culture sans apport de pleine terre, mais hors sol, par apport d’eau et de nutriments. La ferme urbaine sera complétée de 800 m2 d’espaces en pleine terre.

Les permis de construire accordés pendant le confinement sont en voie de purge et les appels d’offre en cours. Les difficultés logistiques imposent des délais un peu allongés à 26 mois. Le démarrage des travaux est prévu pour le deuxième semestre 2021.

Juliette Thomas-Charbit, responsable de programme chez Immobilière 3F, explique que le projet est mené avec une équipe pluridisciplinaire. Deux équipes d’architectes, Gaëtan Le Penhuel Architectes et SAM Architecture, mais aussi une grande diversité d’acteurs. Arkose sera en charge de la salle d’escalade. Plateau Urbain, qui a animé une mission similaire aux Grands Voisins, est chargé de faire vivre le lieu pendant la phase d’étude du projet et organise des événements sur les lieux : salons, tournages, ventes de vêtements de créateurs…

La maîtrise de l’empreinte carbone est aussi appuyée par le choix de construire une partie en bois. La partie silo (jusqu’à présent à usage de parking) sera démolie, mais reconstruite avec une ossature bois. Le projet sobre en carbone est éligible au label E+C-. De plus, le bâtiment une fois achevé sera très isolé et la production d’énergie nécessaire à son chauffage sera réduite. Un puits canadien doit être installé pour la salle d’escalade. Puisant dans le sol une température constante à 12°, il renvoie en hiver un air plus chaud que la température extérieure et, en été, un air rafraichi. Des panneaux photovoltaïques seront posés en toiture. Le chauffage, collectif gaz, sera équipé de pompe à chaleur air/eau.

L’ensemble représente 8 740 m2 de surface de planchers. Il comprendra 134 logements et 3 000 m2 d’activités diversifiées, de commerces et d’équipements de proximité. Outre une crèche, il est prévu des espaces de travail partagé et des lieux de restauration. Les logements sont, pour partie, dédiés à l’accession privée et, pour partie également, à des logements locatifs du PLAI au PLUS, conservés en patrimoine par le groupe 3F.

Si le bâtiment n’est pas classé, il a fait l’objet de consultation auprès de l’architecte des Bâtiments de France en raison du voisinage d’espaces classés.

Bertrand Desjuzeur

Les nommés :

"2e Element"
Quartus

"Parc'Cœur"
Nexity - Tours Habitat

Zac Victor Hugo
Groupe Gambetta

Édito
par Thierry Mouthiez

le 20/09/2021

Bureaux en régions : des signes encourageants…

Les marchés tertiaires régionaux semblent plutôt bien évoluer.

S’agissant du premier d’entre eux, en l’occurrence celui de Lyon, une récente étude signée Brice Robert Arthur Loyd met en avant une demande placée à fin juin de 126 523 m2, en hausse de 34 % par rapport au 1er semestre 2020, cependant « à relativiser puisqu’un mega deal de plus de 28 000 m2, signé par l’EM Lyon, a été comptabilisé à Gerland ». Il n’empêche que le nombre de transactions est également en hausse de 34 % à 246 et que le loyer « prime » atteint 340 euros (HT, HC) du mètre carré, contre 320 euros (HT, HC) du mètre carré au 1er semestre 2020. « Sur le terrain, nous constatons que les entreprises ont le souhait d’aller de l’avant et de concrétiser leur projet immobilier, tout en ayant pleinement conscience qu’elles devront adapter leur consommation de mètres carrés à l’émergence des nouvelles façons de penser le « bureau » : télétravail, « desk sharing »… » souligne Jonathan Garcia. Le consultant associé ajoute : « les mesures d’accompagnement proposées par les bailleurs sont également revues : durée d’engagement adaptée, possibilité de restitution de surface par anticipation, franchise de loyer… Ces mesures adaptées au contexte actuel permettent de maintenir l’équilibre des valeurs »…

Plus généralement, « le marché des bureaux en régions montre des signes encourageants de reprise dans un contexte de crise sanitaire » affirme BNP Paribas Real Estate, faisant valoir un volume de 730 000 m2 placés dans ce créneau du marché tertiaire au cours du 1er semestre, en hausse de 35 % par rapport au 1er semestre de l’année dernière. Un volume qui « est même supérieur au niveau enregistré en 2016, par exemple, et affiche une progression de 6 % en comparaison à la moyenne sur dix ans » précise Jean-Laurent de La Prade, directeur général adjoint de BNP Paribas Real Estate Transaction France, en charge du pôle régions.

Pour ce qui concerne les principales tendances de ce marché, « les transactions dans le neuf tirent leur épingle du jeu avec une progression de 45 % », sachant que le seconde main reste majoritaire et représente plus de la moitié des transactions, « avec une croissance de 29 % par rapport au 1er semestre 2020 ». Par ailleurs, « les transactions de grandes surfaces (supérieures à 5 000 m²) sont de retour sur un marché dominé dernièrement par les petites et moyennes surfaces » précise BNP Paribas Real Estate, soulignant qu’« avec près de 107 000 m² placés, le volume de transactions de grandes surfaces enregistre une hausse significative de 38 % par rapport au 1er semestre 2020 »… Si Lyon reste en tête des marchés tertiaires régionaux, « Lille se positionne en 2ème place avec 80 000 m² placés, soit une légère progression de près de 1 %. Aix/Marseille monte sur la troisième marche du podium avec un volume de transactions qui progresse de 10 %. De son côté, Nantes totalise près de 67 000 m² placés, soit une hausse significative de 74 %. Montpellier crée la surprise avec un volume de transactions presque trois fois plus élevé que l’an dernier passant devant Bordeaux (+32 %) et Toulouse (+46 %) ».

Quant aux perspectives, « pour la fin de l’année 2021, nous sommes plutôt confiants » affirme Jean-Laurent de La Prade. « D’une part, les indicateurs macro économiques en régions sont très bien orientés et surperforment l’Ile-de-France, notamment sur l’Arc Atlantique, la région Rhône-Alpes et le bassin méditerranéen. D’autre part, la demande exprimée auprès de nos équipes a augmenté de 22 % en volume et de 43 % en nombre par rapport au 1er semestre 2020. Enfin, les régions représentent une vraie alternative pour les salariés qui privilégient de plus en plus un bon équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle et pour les entreprises qui y trouvent des loyers plus attractifs ». Au final, « nous anticipons un atterrissage autour de 1,55 million de mètres carrés d’ici fin 2021, soit légèrement en-dessous de la moyenne des cinq dernières années qui s’élève à 1,65 million de mètres carrés »…

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