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Le choix Immoweek : Ieoh Ming Pei, un siècle au service de l’architecture

ActualitésTerritoires

le 17 Mai 2019

On le connait sous nos latitudes surtout comme étant l’orfèvre de la Pyramide du Louvre, tant décriée à son édification, mais à présent indissociable du paysage parisien : Ieoh Ming Pei, Prix Pritzker 1983, est décédé hier. Dans sa vie exceptionnellement longue (102 ans !), les réalisations architecturales sont, bien sûr, nombreuses, et nous vous proposons d’y revenir avec ce « pro de la semaine ».

Né à Guangzhou (Canton) dans une famille aisée en 1917, Ieoh Ming Pei décide, fasciné par la culture américaine, de partir faire ses études d’architecture aux Etats-Unis à seulement 17 ans, à l’université de Pennsylvanie : lassé par le style Beaux-Arts en vogue à l’époque, il abandonne l’architecture pour devenir ingénieur au MIT, où il reprend finalement son art d’origine. Diplômé en 1940, il rejoint la Harvard Graduate School of Design, où il n’obtiendra sa maîtrise qu’en 1946, en raison de l’interruption de la Seconde Guerre Mondiale. Après avoir étudié Frank Lloyd Wright et Le Corbusier au MIT, il aura le privilège de travailler à Harvard avec Walter Gropius et Marcel Breuer, les maîtres du Bauhaus exilés par l’Allemagne nazie.

Naturalisé américain en 1954 (l’avènement de la Chine communiste l’a convaincu de rester aux Etats-Unis), Ieoh Ming Pei travaille d’abord chez Webb and Knapp, sous l’égide de William Zeckendorf, de 1949 à 1960, avant qu’il ne créé I. M. Pei & Associates en 1955 avec son équipe, devenu I.M. Pei & Partners en 1966, Pei Cobb Freed & Partners en 1989. D’abord très marqué par le Bauhaus et Le Corbusier, dont il va jusqu’à adopter les mêmes lunettes rondes, Ieoh Ming Pei se crée rapidement un style bien à lui, moderne, influencé par le cubisme et la géométrie, utilisant des matériaux aussi variés que la pierre, le béton, le verre et l’acier.

Ayant commencé sa carrière en 1949 avec un immeuble de bureaux pour Gulf Oil à Atlanta, Ieoh Ming Pei multipliera les projets à travers les Etats-Unis : le centre commercial de « L’Enfant Plaza » (Washington DC), les Society Hill Towers (Philadelphie, Pennsylvanie), le « Green Building » du MIT (Cambridge, Massachusetts), le « Mesa Laboratory » du National Center for Atmospheric Research (Boulder, Colorado), la bibliothèque présidentielle John F. Kennedy (Columbia Point, Massachusetts), la mairie de Dallas (Texas), la rénovation urbaine des centre-villes d’Oklahoma City et d’Augusta (Géorgie), la Hancock Tower de Boston (Massachusetts), la Galerie Est de la National Gallery of Art de Washington DC, le Javits Convention Center de New York, le Myerson Symphony Center de Dallas et le Rock and Roll Hall of Fame de Cleveland (Ohio).

L’artiste ne sera pas en reste à l’étranger. Revenant dans son pays natal en 1974, après près de 40 ans d’absence, grâce au réchauffement des relations sino-américaines, il sera très bien reçu en Chine, où il livrera l’hôtel du Parc Xiangshan (Pékin), la tour de la Bank of China à Hong-Kong et le Macao Science Center. A Luxembourg, il construira le Musée d’art moderne du Grand-Duc Jean ; à Berlin, le Deutsches Historisches Museum ; à Doha (Qatar), le Musée d’Art Islamique et le Miho Museum, à Kyoto, au Japon. Son chef-d’oeuvre sera, bien sûr, la rénovation du musée du Louvre, voulue par François Mitterrand, qui verra, outre la Pyramide emblématique, la réalisation du Caroussel et du Hall Napoléon.

La liste des honneurs reçus par Ieoh Ming Pei ressemble à une litanie des prix que peut espérer recevoir tout architecte. Citons notamment, outre le Prix Pritzker, le « Nobel de l’Architecture », décroché en 1983, la Médaille d’Or en Architecture de l’Académie américaine des Arts et des Lettres (1979), la Médaille d’Or de l’AIA (1979), le Praemium Imperiale de l’Association des Arts Japonaise (1989), la Médaille Edward McDowell pour les Arts (1998) et la Royal Gold Medal de la part du Royal Institute of British Architects (2010), sans compter la Presidential Medal of Freedom, l’équivalent américain de la Légion d’Honneur, en 1992. Le « New York Times » déclara 1989, année de l’ouverture de la Pyramide de Louvre, « l’année de Pei ». Il est également consultant chez Pei Partnership Architects, le cabinet fondé par ses fils en 1992.

Après une vie longue et chargée, Ieoh Ming Pei s’est éteint à Manhattan à l’âge canonique de 102 ans. Ses oeuvres continueront à émailler les grandes villes du monde entier !

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Thierry Mouthiez

le 22/07/2019

En manque de neuf…

Face à une offre disponible de bureaux en Ile-de-France qui « se réduit de nouveau » (2 856 000 m2 vacants, soit -7 % en un an), « l’offre de première main ne représente que 15 % de l’offre totale (418 000 m2 disponibles), soit à peine la moitié de ce qui est consommé en surfaces neuves, en moyenne, chaque année en Ile-de-France » souligne JLL dans son « Baromètre des livraisons futures en Ile-de-France » pour le 1er semestre.

Le conseil précise que « 310 000 m2 de bureaux ont été livrés en Ile-de-France à mi-2019 : 62 % de ces opérations sont des constructions, le solde étant des restructurations. Ces surfaces ont été pré commercialisées à 77 %, ne permettant pas de renouveler suffisamment le stock neuf francilien ». En ajoutant : « d’ici à la fin de l’année, près de 630 000 m2 supplémentaires pourraient être livrés, dont plus de la moitié a déjà trouvé preneur »…

A plus longue échéance, « près de 2,3 millions de bureaux livrables à 36 mois étaient en chantier à fin juin 2019, dont plus d’1,3 million de mètres carrés vacants » selon le conseil, précisant que « la 1ère couronne, et plus particulièrement le Nord, concentre l’essentiel des surfaces disponibles (30 %) » ou encore que « Paris concentre 17 % des surfaces disponibles, situées pour l’essentiel dans le secteur de Paris Centre Ouest (22 programmes, dont 13 dans le quartier central des affaires) ».

Côté investissement, « près de 652 millions d’euros ont été investis sur le marché des Vefa, soit 7 % des investissements réalisés au 1er semestre en bureaux en Ile-de-France ». Une performance « en baisse de 43 % en un an », mais qui « demeure supérieure de 5 % à la moyenne décennale (620 millions d’euros environ) ». Surtout, « compte tenu du faible niveau d’offre de qualité, les taux de rendement « prime » des Vefa pré-louées se situent aux mêmes niveaux ou quasiment (à la rémunération des fonds près le plus souvent) que ceux des immeubles livrés ». Et JLL de conclure : « concernant les programmes acquis « en blanc », dans Paris, l’appréciation du risque se fait en priorité sur le taux de rendement et sur le loyer prévisionnel : avec des loyers en hausse et des taux de rendement bas, la pression se maintient sur le marché des Vefa »…

Portrait

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