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Edito

par Jean-Baptiste Favier

le 24/05/2019

Un immeuble, un artiste… une source inépuisable d’inspiration

« La musique adoucit les moeurs ». Et l’art graphique, inspirant et apaisant, procure une valeur immatérielle inestimable au patrimoine urbain. Et si l’architecture est considérée,...
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Édito
par Jean-Baptiste Favier

le 24/05/2019

Un immeuble, un artiste… une source inépuisable d’inspiration

« La musique adoucit les moeurs ». Et l’art graphique, inspirant et apaisant, procure une valeur immatérielle inestimable au patrimoine urbain. Et si l’architecture est considérée, classiquement, comme un art à proprement parler, l’immobilier comme toile artistique connaît un engouement renouvelé depuis peu.

De nombreux professionnels de l’immobilier y sont sensibles, ce qui a donné naissance, il y a deux ans et demi et avec le patronage du ministère de la Culture, à la charte « un immeuble, une oeuvre » : Accor, Ardian Investment, BNP Paribas Real Estate, Bouygues Bâtiment Ile-de-France/Sodéarif, BPD Marignan, la Compagnie de Phalsbourg, Eiffage Immobilier, Emerige, Gecina, Hines France, Ogic, Pitch Promotion et Vinci Immobilier se sont ainsi engagés à commander ou acheter une oeuvre d’art (tableau, fresque, sculpture…) à chaque réalisation. 13 au départ, ils sont aujourd’hui 32 à avoir adhéré à la démarche et ce sont, ainsi, près de 1 000 oeuvres qui sont installées tous les ans. Une occasion aussi, trêve de candeur, de redorer le blason d’une profession – promotion en tête – souvent décriée. Et ces pionniers l’ont bien compris. Soulignons d’ailleurs que le ministère de la Culture remettra, le 3 juin prochain, trois prix à des promoteurs et des artistes récompensant des projets exemplaires de la démarche.

Dernière réalisation en date à répondre à cette charte, la résidence « O’fil du Bois », à Clamart (92) : Vinci Immobilier et Pitch Promotion, les deux constructeurs ont confié à l’artiste Martin Berger la réalisation d’une œuvre d’art pour agrémenter l’entrée de la résidence. Installée au plafond, elle sera composée de feuilles en aluminium découpées au laser.
A plus grande échelle, la ville de Versailles, via son office municipal d’HLM Versailles Habitat, lance un plan de rénovation de 1 096 logements sociaux sur 22 bâtiments au sein de la résidence Bernard de Jussieu. Un défi à relever pour ne pas tomber dans le piège des grands ensembles de logements sociaux engoncés et isolés du reste de la ville. Le premier vecteur utilisé est, naturellement, l’architecture : plus douce, « hybridation entre classicisme et architecture contemporaine », la brique comme matériau principal… Mais le maire François de Mazières et le président de Versailles Habitat Michel Bancal ont également proposé à la maison de production d’art urbain Quai 36 de s’associer à cette réhabilitation pour faire réaliser, par des artistes muralistes français et internationaux, neuf grands pignons d’immeubles de 150 m2 en moyenne. Hommage à la nature et au botaniste français Bernard de Jussieu – un beau clin d’oeil au quartier éponyme, donc -, les neuf murs pignons d’immeubles sont livrés en trois temps : les artistes Eron, Telmo Miel et Waone ont, à ce jour, livré leurs fresques végétales et animales, tandis que Aryz, Jade Rivera, Mona Caron, Pastel, Sainer ou encore Seth dévoileront leurs œuvres en septembre 2019 et avril 2020. Voici donc que l’art urbain vient nourrir les artistes émergents ou confirmés et permet de promouvoir une culture populaire accessible au plus grand nombre.

Autre stratégie « win-win » où l’immobilier sert l’art : l’urbanisme temporaire (vous trouverez, d’ailleurs, un dossier sur ce sujet dans notre prochain magazine « Immoweek », à paraître fin juin). Pourquoi laisser vide un ensemble désaffecté, en attente d’une réhabilitation ou d’une démolition/reconstruction, lorsque l’on peut y héberger, à des loyers modestes, des artistes ou créateurs, toujours en recherche de refuge pour leurs réalisations ? Ces derniers gagnent ainsi un cadre, parfois inédit, souvent inspirants – vous imaginez un peintre, faute d’avoir une place en atelier, se livrer à son art dans un centre de coworking ? -, mais surtout à moindre coût. Le propriétaire, de son côté, économise des frais de gardiennage et reçoit un subside pour entretenir l’ensemble – lorsqu’il ne le délègue pas à des spécialistes du secteur, comme Plateau Urbain ou Manifesto – et payer les charges de fonctionnement. Le secteur aide, ainsi, à faire éclore des générations d’artistes, pour nous inspirer, nous réjouir, nous apaiser… Une richesse immatérielle à poursuivre et encourager !

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