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En confinement avec… Henry Buzy-Cazaux

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le 10 Avr 2020

Professionnel du secteur particulièrement atypique, Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du Management des Services Immobiliers, s’est volontiers prêté au jeu du questionnaire « à la Proust » lancé par notre rédaction depuis le premier jour du confinement. De son appartement parisien, il lève un coin du voile sur sa vie de confiné.
Vous souhaitez témoigner vous aussi ? Une seule adresse : redaction@immoweek.fr

Où êtes-vous ?

Dans mon appartement parisien. Je n’ai pas eu un instant l’intention de quitter la Capitale : j’ai l’impression d’y mieux sentir le pouls de l’immobilier et de la vie des affaires, et d’y avoir moins de mal à rester en éveil permanent. Mes enfants, qui étaient loin de moi, m’y ont rejoint.

Comment votre journée se déroule-t-elle ?

Mes écoles continuent à fonctionner, avec des enseignements dispensés à distance par des professionnels de l’immobilier qui se sont spontanément prêtés à l’exercice. Mes équipes à Paris, Lyon, Toulouse, Aix-en-Provence, Bordeaux et Rennes, ont fait preuve d’une réactivité remarquable. Je ne sers qu’à entretenir le moral des troupes. Le recrutement des étudiants de l’an prochain et des entreprises qui les accueilleront en alternance est évidemment embarrassé par la crise, mais je suis confiant. Enfin, nous sommes en train de créer un authentique catalogue de modules digitaux de formation continue : nous avions du retard en la matière.

Par ailleurs, je consacre beaucoup de temps à éclairer les pouvoirs publics pour que les textes découlant de l’état d’urgence permettent l’activité et n’emportent pas de conséquences néfastes, et pour que les aides aux entreprises du secteur soient bien calibrées. J’ai également des échanges très fréquents avec la presse, qui veut connaître avec précision la situation de l’immobilier et anticiper l’après-confinement. Je joue aussi mon rôle de conseil auprès des acteurs immobiliers qui recourent à moi et cette période est de nature à augmenter les sollicitations. Plus que jamais en outre, j’ouvre des moments de débats sur les grands sujets immobiliers.

Je fais un usage immodéré des réunions virtuelles. Je trouve d’ailleurs savoureux que nous entrions désormais dans l’intimité des autres à longueur de journée…

Enfin, j’ai des discussions émouvantes avec des femmes et des hommes de notre communauté professionnelle : d’évidence, cette séquence renforce les liens de confraternité et épanouit les amitiés.

Quelle pièce de votre logement préférez-vous ?

Le salon, parce qu’il abrite un meuble qui m’inspire, une armoire béarnaise monumentale de 1761, que mon père m’avait offerte en échange de la promesse de ne jamais m’en défaire. Il n’en existe plus que trois exemplaires, une dans le château royal de Pau, l’autre dans l’école d’ébénisterie qui l’a vue naître. Elle porte des fleurs de lys dont les deux pétales latéraux ont été coupés pour qu’elle puisse passer la Révolution sans être brûlée. Elle est éternelle et elle me donne un sentiment d’éternité. Utile par les temps qui courent.

Que lisez-vous ? Avez-vous un livre à nous recommander ?

« Les propos de O.L. Barenton, confiseur, ancien élève de l’École Polytechnique », d’Auguste Detœuf. Un bijou d’intelligence, de finesse et d’humour. À consommer sans modération, par nos élites et par tous. Un remède définitif contre l’esprit de sérieux et l’arrogance, bien dérisoires quand des compatriotes passent chaque jour par centaines.

Un film ou une série télé que vous allez revoir ? Que vous nous recommandez ?

Je m’étais prophétiquement procuré l’intégrale de la série culte britannique « Le Prisonnier » trois jours avant le confinement. Je me la distille un peu chaque jour, pour la profondeur philosophique du scénario, et pour la Lotus Seven de Patrick McGoohan, peut-être la voiture la plus désirable du monde. Avec dix-sept épisodes, je ne tiendrai pas jusqu’au bout de la période. J’enchaînerai sur l’intégrale de Mister Bean, pour aller de Charybde en Scylla…

Un album de musique à nous conseiller ?

« Hotel California », des Eagles, mais pas pour le titre phare, pour le deuxième, « A new kid in town ». Un chef d’œuvre. Les autres méritent aussi le détour, bien sûr. Quand tout nous attire vers le sol, cette chanson, qui avait été élue aux États-Unis un an après sa sortie en 1977 meilleur morceau pour les arrangements des voix, vous met en lévitation. Pour moi, j’ai ces temps-ci un furieux besoin de cette apesanteur.

Comment faites-vous pour garder la forme ?

J’avais anticipé en suivant le précepte de Churchill. Pas de privation, par conséquent. J’ai fait beaucoup de sport jadis, y compris en compétition, et je me sens toujours en forme. J’ai une grosse capacité d’adaptation aux circonstances et, alors que j’étais très nomade, je m’accommode plutôt bien de l’assignation à résidence. Enfin, je reste épicurien : je ne transige pas sur la bonne chère. Elle m’est consubstantielle.

Avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs et aux autres confinés ?

Sortez de cette terrible période plus attachés que jamais à la vie et luttez sans pitié contre tout ce qui nous distrait de l’essentiel : la petitesse, la déloyauté, l’égoïsme, la méchanceté, la jalousie, la bêtise.

Une photo qui illustre pour vous le confinement ?

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 11/10/2021

Bureaux : le locatif redresse la tête…

Réagissant à la publication, la semaine dernière, des indicateurs Immostat pour le marché locatif tertiaire francilien (1 207 900 m2 commercialisés sur les neuf premiers mois de l’année, soit une hausse de 32 % par rapport à la même période de 2020), Eric Siesse fait remarquer que, néanmoins, ce résultat « reste en deçà de sa moyenne long terme (- 25 %) ».

Mais le directeur général adjoint en charge du pôle bureaux location Ile-de-France de BNP Paribas Real Estate Transaction France souligne également que « le marché des grandes surfaces (plus de 5 000 m2) confirme son rebond, totalisant 340 000 m2 pour 36 transactions (par rapport à 15 un an auparavant) ». Ou encore que « de son côté, le créneau des petites et moyennes surfaces se caractérise par une résilience accrue avec 868 000 m2 placés, en retrait de seulement 12 % sur la moyenne long terme ». 

Chez CBRE, Alexandre Fontaine, « executive director » bureaux Ile-de-France, fait valoir que « si l’activité reste encore en deçà de sa moyenne de longue période, l’écart se réduit progressivement, soulignant les besoins immobiliers des utilisateurs dans cette phase de reprise économique et de (re)création d’emplois ». La société de conseil précise : « souvent animée par une réduction de mètres carrés, la demande placée porte, elle aussi, davantage sur des espaces plus efficients et des localisations centrales bien desservies. Les immeubles neufs ou restructurés sont privilégiés, plus à même de répondre aux nouveaux enjeux d’aménagement, autour du flex office et du collaboratif »…

Une évolution de la demande soulignée chez JLL. Face aux résultats, le conseil estime que « la reprise observée au cours des derniers mois sur le marché locatif se confirme ». Surtout, Marie-Laure Leclercq de Sousa note que « tous les projets des grands groupes pour lesquels nous travaillons actuellement s’articulent autour de deux questions majeures que sont la réduction de surfaces et la rétention des talents ». La directrice du département « leasing markets advisory » de JLL précisant que « nombre de grandes entreprises ont, en effet, des consignes de leur direction internationale pour faire des économies et, dotées d’organes de représentation du personnel, elles ont déjà mis en place des jours réguliers de télétravail. Cela aboutit à une réduction marquée des surfaces prises à bail aujourd’hui. En parallèle, le souhait de garder leurs talents les oriente vers des actifs de bonne qualité, dotés de hauts niveaux de service, et bien localisés ». A ce propos, JLL relève que « la recherche de centralité pousse naturellement les entreprises à porter leur choix vers les secteurs les plus centraux et les mieux desservis en transports en commun ; le quartier central des affaires, les arrondissements centraux de Paris et La Défense affichent, ainsi, un niveau d’activité conforme à leur moyenne de long terme, alors que sur la plupart des autres secteurs, l’écart est toujours de l’ordre de 40 %, en moyenne »…

Finalement, dans ce marché où l’offre et les valeurs locatives ont, parallèlement, tendance à se stabiliser, les anticipations pour l’ensemble de l’année sont, du coup, mieux orientées. Ainsi, « après un certain attentisme, une reprise graduelle des projets immobiliers selon la typologie et la taille des utilisateurs s’est bel et bien amorcée afin de répondre aux nombreux enjeux des directions générales. Au final, le volume des transactions pourrait dépasser les 1,7 million de mètres carrés placés sur l’ensemble de l’année 2021, puis retrouver le seuil symbolique des 2 millions de mètres carrés à horizon 2022 » estime Eric Siesse chez BNP Paribas Real Estate. Un avis partagé par Marie-Laure Leclercq de Sousa chez JLL pour qui « au regard du niveau d’activité atteint à fin septembre et des sujets sur lesquels nous travaillons actuellement, nous anticipons à présent une demande placée d’1,7 million de mètres carrés en 2021, voire davantage selon la comptabilisation ou non de gros mouvements qui nécessitent l’accord des IRP ou des autorisations administratives »… D’ailleurs, chez CBRE, Alexandre Fontaine considère, effectivement, qu’« il est fort à parier que l’atterrissage de la demande placée autour de 1,6/1,7 million de mètres carrés ne reflètera pas pleinement le dynamisme du marché impulsé par une reprise économique plus favorable qu’initialement prévue »…

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