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Edito

par Arthur de Boutiny

le 18/02/2020

Et Paris dépassa enfin Londres…

C’était le chant des sirènes qui revenait aux oreilles des investisseurs depuis le jour fatal du 24 juin 2016, où un monde hébété apprenait que la veille, le Royaume-Uni avait fait le choix...
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Édito
par Arthur de Boutiny

le 18/02/2020

Et Paris dépassa enfin Londres…

C’était le chant des sirènes qui revenait aux oreilles des investisseurs depuis le jour fatal du 24 juin 2016, où un monde hébété apprenait que la veille, le Royaume-Uni avait fait le choix de quitter l’Union Européenne. Jusqu’à quand Londres s’imposerait comme La Mecque de l’immobilier, avec le ralentissement de l’économie et la sortie annoncée de l’Union Européenne ? Et surtout, quand est-ce que Paris prendrait la place, en mettant en avant sa situation prépondérante sur le continent et le Grand Paris en construction ? Ce fut chose faite en 2019, puisque Paris a dépassé Londres en termes de capitaux étrangers investis dans l’immobilier, rapporte BNP Paribas Real Estate, se plaçant juste derrière New York.

En effet, le marché français a connu en 2019 une hausse de 19 %, avec plus de 41 milliards d’euros investis sur l’ensemble de l’année, un niveau historique, rendu notamment possible avec la percée des investissements asiatiques, représentant 5 milliards répartis sur des actifs « core ». Le bureau, dopé par la baisse des taux et la hausse des loyers, s’est bien sûr taillé la part du lion, avec plus de 25 milliards d’euros engagés, dont 22 en Ile-de-France, soit une hausse de 8 %. Les opérations supérieures à 100 millions d’euros représentent 70 % du volume global en Ile-de-France. L’investissement en régions reste stable, à 3,5 milliards d’euros, malgré les Vefa représentant plus de 40 % du marché, soit 1,2 milliard d’euros, et se répartissant notamment entre Lille, Lyon et Bordeaux.

Les autres secteurs se portent tout aussi bien. Le commerce, qui représente 6,2 milliards d’euros investis, est ainsi en augmentation de 38 % par rapport à 2018, notamment grâce à un 4ème trimestre particulièrement dynamique et 3 milliards d’euros investis dans le « high street » ; la logistique franchit un nouveau record, en doublant le volume d’investissement de 2018, soit 5 milliards d’euros, équivalant à plus de 6 millions de mètres carrés vendus, dont notamment 11 opérations de plus de 100 millions d’euros. Enfin, l’hôtellerie complète la danse, avec 2,6 milliards d’euros en 2019, contre 1,7 en 2018, avec 49 % des volumes engagés en régions et 46 % concentrés dans les portefeuilles.

Outre ce panorama assez traditionnel, la valeur qui grimpe est, ça n’aura échappé à personne, la résidence services, qui peut se prévaloir de sa résilience, de sa visibilité à long terme, de sa sécurité et de sa facilité de gestion, promettant des rendements de l’ordre de 4 à 5 %. Les fonds d’investissement sont assez présents et ont acquis près de la moitié des logements vendus en bloc au cours des deux dernières années, tandis que les volumes d’investissement en bloc dans les résidences seniors et étudiantes augmentent sensiblement.

2020 devrait-elle être une nouvelle année de tous les records ? Outre la mise en place effective du Brexit, la résistance et l’attractivité de l’économie française, les taux de vacance relativement bas, les loyers en hausse, ainsi que la perspective de plus-values en capital devraient séduire les liquidités mondiales, toujours plus abondantes. Une moyenne de 35 milliards d’euros d’investissement est à prévoir pour les prochaines années, prévoit BNP Paribas Real Estate, avec une nouvelle compression des taux de rendement dans toutes les classes d’actifs…

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