Chargement

fredday : bool(true)
retour Accueil > Green & Innovations > Actualités > Le mythe du tout télétravail démenti par le...

Le mythe du tout télétravail démenti par le baromètre Paris Workplace Ifop/SFL

ActualitésGreen & Innovations

le 03 Déc 2020

Le 7ème baromètre Paris Workplace, réalisé par SFL en partenariat avec l’Ifop*, vient mesurer l’impact du confinement et de la crise sanitaire sur les attentes des salariés en matière d’environnement de travail.

« Les crises sont souvent des grands moments de vérité. Celle-ci n’échappe pas à la règle : des réalités sous-jacentes nous apparaissent avec une clarté aveuglante. Ainsi la privation de déplacements et de relations sociales que nous avons endurée au printemps, puis cet automne, nous renvoie à notre condition profonde : l’homme est un animal social en quête de mouvement et d’interactions avec ses semblables. Ce simple constat explique pourquoi la majorité des salariés n’imagine pas renoncer au bureau, comme lieu de vie sociale intergénérationnelle et comme possibilité de s’extraire de son environnement quotidien » constate Dimitri Boulte, directeur général délégué de SFL.

En effet, selon les résultats de ce passionnant baromètre, le bureau est loin de n’être qu’un souvenir pour la majorité des salariés puisque l’enquête montre que seule une ultra minorité d’entre eux souhaite travailler exclusivement à distance : 63 % des salariés souhaitent travailler la majorité de leur temps au bureau (au moins trois jours par semaine) ; seuls 8 % des salariés voudraient dans l’idéal travailler exclusivement à distance. Cette demande n’est pas liée à la crise puisqu’en février dernier, avant le premier confinement, si 87 % des salariés voulaient déjà télétravailler un jour par semaine, seuls 3 % d’entre eux (contre 8% en septembre dernier) demandaient à le faire sur une semaine entière.

Le télétravail… pour les autres

C’est l’un des paradoxes relevés par ce Paris WorkPlace ; si les salariés interrogés estiment que le télétravail prendra de plus en plus de place dans leur vie, ce mode d’organisation leur semble plus adéquat pour les autres : 76 % d’entre eux considèrent que le travail s’effectuera de plus en plus à distance, mais ils ne sont que 37 % à désirer travailler de chez eux plutôt qu’au siège de l’entreprise.

Le lieu de travail, lieu de relations

Parmi les motivations à revenir en présentiel, le lien social que constitue le lieu bureau : « la vie sociale avec les collègues » est la première raison de venir « sur site » pour 55 % des salariés (+ 8 points entre février et septembre). Dans les faits, 83 % des salariés préfèrent échanger en face à face avec leurs collègues plutôt qu’en zoom, teams et autres outils de  contacts virtuels. Etonnement, les salariés jeunes (moins de 30 ans) sont les plus demandeurs d’un retour au bureau. Et si, pour l’heure, la mesure reste difficile, les télétravailleurs réguliers sont deux à trois fois plus nombreux à se dire « souvent » sujet à l’isolement ou à la solitude. Le baromètre montre que ce sentiment concerne 60 % de ceux qui sont en télétravail permanent et 48 % de ceux qui télétravaillent « plusieurs fois par semaine ».

La marque employeur, inscrite plus que jamais dans l’immeuble

Parmi les motivations à travailler dans un bureau physique, le fait que les salariés, et en particulier les plus jeunes, « consomment » leur environnement de travail au sens large, comme le quartier et les services qui s’y trouvent.  Nombre d’activités réalisées auparavant « près de chez soi », sont désormais réalisées près ou dans le bureau : sport, réception d’un colis…. Pour Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies de l’Ifop, l’explication de ce constat est simple : pour la jeune génération dont la sphère familiale n’est pas encore constituée, fournir des bureaux dans des quartiers attractifs est un plus que peuvent revendiquer les entreprises qui feront le choix de garder les espaces. A partir du moment où certaines entreprises basculent de manière exagérée dans le télétravail, celles qui auront fait l’effort de maintenir des mètres carrés de bureaux, des lieux de convivialité, des espaces de créativité bénéficieront d’un avantage comparatif important. Elles seront à même de dire à leurs collaborateurs : « à l’inverse d’autres entreprises, nous avons à coeur de vous proposer un cadre de travail agréable ».

L’immeuble de bureau, toujours d’actualité

Le baromètre Paris WorkPlace Ifop/SFL montre clairement que non, le bureau n’est pas de l’histoire ancienne et que l’immeuble dédié au travail a encore toute sa place dans l’organisation de l’entreprise. Une bonne nouvelle pour le secteur de l’immobilier tertiaire.  « D’un point de vue sanitaire, réduire l’accessibilité aux bureaux s’entend évidemment, mais une fois la crise passée, quel sera le prix à payer ? L’immobilier d’entreprise, c’est l’endroit où se créé le lien qui nourrit l’engagement des salariés dont leur performance découle. Une entreprise, aussi, doit retrouver ses racines. L’immobilier, c’est cet endroit « incarné » qui permet de « faire le plein » d’échanges transversaux, de management, de leadership. Sans cette « recharge », une entreprise peut continuer à avancer sur sa lancée, mais à mesure que le temps passe, comme un train lancé à grande vitesse, elle finit par ralentir, puis s’arrêter. Certes, en télétravail les Français ont été productifs, mais à quel prix et pour combien de temps ? » conclut Aude Grant, directrice générale adjoint asset management et investissement de SFL…

* 3 000 salariés interrogés, travaillant dans un bureau, à Paris et première couronne

Une nouvelle géographie du travail se dessine

La nouvelle géographie du travail, régie par une volonté de raccourcissement des distances avec le domicile et par la recherche de quartiers de travail « serviciels » et mixtes va sans doute renforcer l’attractivité de certains territoires en même temps qu’elle va en obliger d’autres à se réinventer.
Voilà donc une décennie incertaine, difficile mais néanmoins passionnante qui s’ouvre pour tous les professionnels qui s’intéressent à l’environnement de travail.

Dimitri Boulte, directeur général délégué de SFL

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Thierry Mouthiez

le 20/09/2021

Bureaux en régions : des signes encourageants…

Les marchés tertiaires régionaux semblent plutôt bien évoluer.

S’agissant du premier d’entre eux, en l’occurrence celui de Lyon, une récente étude signée Brice Robert Arthur Loyd met en avant une demande placée à fin juin de 126 523 m2, en hausse de 34 % par rapport au 1er semestre 2020, cependant « à relativiser puisqu’un mega deal de plus de 28 000 m2, signé par l’EM Lyon, a été comptabilisé à Gerland ». Il n’empêche que le nombre de transactions est également en hausse de 34 % à 246 et que le loyer « prime » atteint 340 euros (HT, HC) du mètre carré, contre 320 euros (HT, HC) du mètre carré au 1er semestre 2020. « Sur le terrain, nous constatons que les entreprises ont le souhait d’aller de l’avant et de concrétiser leur projet immobilier, tout en ayant pleinement conscience qu’elles devront adapter leur consommation de mètres carrés à l’émergence des nouvelles façons de penser le « bureau » : télétravail, « desk sharing »… » souligne Jonathan Garcia. Le consultant associé ajoute : « les mesures d’accompagnement proposées par les bailleurs sont également revues : durée d’engagement adaptée, possibilité de restitution de surface par anticipation, franchise de loyer… Ces mesures adaptées au contexte actuel permettent de maintenir l’équilibre des valeurs »…

Plus généralement, « le marché des bureaux en régions montre des signes encourageants de reprise dans un contexte de crise sanitaire » affirme BNP Paribas Real Estate, faisant valoir un volume de 730 000 m2 placés dans ce créneau du marché tertiaire au cours du 1er semestre, en hausse de 35 % par rapport au 1er semestre de l’année dernière. Un volume qui « est même supérieur au niveau enregistré en 2016, par exemple, et affiche une progression de 6 % en comparaison à la moyenne sur dix ans » précise Jean-Laurent de La Prade, directeur général adjoint de BNP Paribas Real Estate Transaction France, en charge du pôle régions.

Pour ce qui concerne les principales tendances de ce marché, « les transactions dans le neuf tirent leur épingle du jeu avec une progression de 45 % », sachant que le seconde main reste majoritaire et représente plus de la moitié des transactions, « avec une croissance de 29 % par rapport au 1er semestre 2020 ». Par ailleurs, « les transactions de grandes surfaces (supérieures à 5 000 m²) sont de retour sur un marché dominé dernièrement par les petites et moyennes surfaces » précise BNP Paribas Real Estate, soulignant qu’« avec près de 107 000 m² placés, le volume de transactions de grandes surfaces enregistre une hausse significative de 38 % par rapport au 1er semestre 2020 »… Si Lyon reste en tête des marchés tertiaires régionaux, « Lille se positionne en 2ème place avec 80 000 m² placés, soit une légère progression de près de 1 %. Aix/Marseille monte sur la troisième marche du podium avec un volume de transactions qui progresse de 10 %. De son côté, Nantes totalise près de 67 000 m² placés, soit une hausse significative de 74 %. Montpellier crée la surprise avec un volume de transactions presque trois fois plus élevé que l’an dernier passant devant Bordeaux (+32 %) et Toulouse (+46 %) ».

Quant aux perspectives, « pour la fin de l’année 2021, nous sommes plutôt confiants » affirme Jean-Laurent de La Prade. « D’une part, les indicateurs macro économiques en régions sont très bien orientés et surperforment l’Ile-de-France, notamment sur l’Arc Atlantique, la région Rhône-Alpes et le bassin méditerranéen. D’autre part, la demande exprimée auprès de nos équipes a augmenté de 22 % en volume et de 43 % en nombre par rapport au 1er semestre 2020. Enfin, les régions représentent une vraie alternative pour les salariés qui privilégient de plus en plus un bon équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle et pour les entreprises qui y trouvent des loyers plus attractifs ». Au final, « nous anticipons un atterrissage autour de 1,55 million de mètres carrés d’ici fin 2021, soit légèrement en-dessous de la moyenne des cinq dernières années qui s’élève à 1,65 million de mètres carrés »…

Portrait

Chargement

Page 0 /

Vis à vis

Zoom 1

Vous devez être connecté pour télécharger le magazine