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Léon Bressler sort de son silence… et passe à l’attaque…

ActualitésBureaux

le 15 Oct 2020

« Une décision malheureuse prise par un management prisonnier de la stratégie désastreuse qu’il a engagé avec l’acquisition de Westfield » ; une acquisition qui « a affaibli la position dominante d’URW en Europe avec, en contrepartie, une position marginale aux Etats-Unis, un marché beaucoup moins attractif », qui « a endetté la société », « distrait le management » et « conduit à une très mauvaise allocation des ressources » : autant de déclarations d’une rare dureté s’agissant d’un communiqué de presse.

Celui-ci, en l’occurrence, émane « d’un consortium d’investisseurs de premier plan », qui « lance une action pour s’opposer au projet « reset » » d’URW. Surtout, des déclarations signées par Léon Bressler, l’ancien président du groupe Unibail et première « Pierre d’Or » du « Professionnel de l’Année » en 1999 et réélu en 2005. Autant dire que ce pro hors norme, qui avait gardé le silence depuis qu’il avait quitté ses fonctions au sein du groupe, connaît son sujet !

Directement à ses côtés, Xavier Niel, qui ajoute : « un renforcement du conseil de surveillance est nécessaire de toute urgence pour élaborer une stratégie qui créera de la valeur pour les actionnaires dans la durée »… Et, indirectement, Guillaume Poitrinal, lui aussi ancien président d’Unibail-Rodamco et, également, lauréat de la « Pierre d’Or » du « Professionnel de l’Année » en 2008, puis en 2013, qui, s’exprimant sur les réseaux sociaux, déclare : « bravo à Léon Bressler et Xavier Niel. Unibail n’a pas besoin d’une augmentation de capital, mais d’une nouvelle stratégie pour regagner la confiance des actionnaires »…

Soulignons que ce communiqué de presse est publié deux jours après qu’URW ait annoncé la cession de l’ensemble de 47 000 m2 « Shift », à Issy-les-Moulineaux. Comme si la poursuite de la vente d’actifs en Europe par le numéro un des centres commerciaux avait rendu urgente la mise en place d’une nouvelle stratégie…

Bref, la ligne de conduite actuelle d’URW et, surtout, ce plan « reset » avec l’augmentation de capital qui l’accompagne, passent définitivement mal auprès de ces actionnaires non seulement de renom, mais aussi de grande expérience. Et pas qu’eux ! Gageons qu’ils n’en restent pas là…

A noter : le titre URW a pris plus de 10 % ce matin !…

Thierry Mouthiez

Directeur de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 19/10/2020

Le télétravail en question…

L’analyse des conséquences du développement du télétravail à la suite de la crise sanitaire est loin d’être achevée. Ainsi, le 13 octobre dernier, le quotidien « Les Echos » consacrait sa « une » au thème « bureaux : l’onde de choc du Covid-19 », avec des sous-titres tels que « la généralisation du télétravail pour cause d’épidémie favorise la chasse aux mètres carrés » ou encore « l’impact sur l’immobilier de bureaux pourrait être majeur ».

Le lendemain, « Libération » titrait, pour sa part, un article ainsi : « le télétravail abandonné malgré la « deuxième vague » du Covid-19 ».

De son côté, Jean-Marc Peter publiait une analyse dans laquelle le directeur général de Sofidy soulignait, entre autre, qu’« au vu de ses nombreux effets négatifs et nocifs, il peut paraître étonnant de vouloir faire du télétravail la nouvelle règle. L’exemple d’IBM est, à ce titre, très instructif. Pionnier dès 1998 et champion du télétravail pendant près de deux décennies, le géant américain a fait machine arrière en 2017. Certes, IBM a économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux, mais le retour d’expérience est sévère : selon la direction, le télétravail altère la créativité et l’enthousiasme de ses salariés. Pour redynamiser l’innovation et accompagner sa transformation vers le « cloud » et l’intelligence artificielle, IBM a donc demandé au cinquième de ses effectifs qui travaillaient à temps plein à domicile de retourner au bureau. Ce n’est d’ailleurs pas la seule entreprise américaine à avoir fait volte-face. Yahoo !, Best Buy, Honeywell International ou encore Bank of America avaient déjà, plus tôt, stoppé net l’expérience »…

Bien sûr, dans un tel contexte, la référence aux enquêtes d’opinion réalisées auprès des salariés apporte des éléments de réflexion non négligeables. Ainsi, récemment, la société de gestion de SCPI Atland Voisin « a sollicité l’institut OpinionWay pour interroger les Français dont le métier permet le télétravail (55 % des actifs) afin d’avoir leur vision du sujet en dépassant le cadre de la crise sanitaire ». Parmi les résultats, on relève que si « plus de quatre actifs dont le métier leur permet de télétavailler sur cinq estiment que le recours au télétravail en entreprise va se développer à l’avenir en France (85 %) », « seuls 4 % des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15 % à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63 % pensent qu’il se pratiquera un à deux jours par semaine ». Autre enseignement : « si 81 % des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne »… Et « in fine, 73 % des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel (0, 1 ou 2 jours par semaine) ». En précisant que « 80 % des répondants pensent que la visio aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Cet outil va remplacer les déplacements professionnels selon 83 % des répondants »… Et Jean-Christophe Antoine, président d’Atland Voisin, de conclure : « il est très clair que la crise sanitaire a accéléré l’adoption forcée du télétravail par les entreprises, dans un processus qui était déjà entamé depuis plusieurs années. Et il est également clair que le télétravail a montré son efficacité pour maintenir un certain niveau d’activité. Toutefois, nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas (…) Loin d’être « mort » comme certains ont pu l’annoncer, le bureau va néanmoins devoir s’adapter et se réinventer pour mieux prendre en compte des situations inédites telles que celle que nous venons de traverser. Le rapport à l’open space va sans doute changer, la gestion des flux de personnes sera sans doute repensée, la prise en compte des enjeux environnementaux va sans doute s’accélérer, mais ici aussi ce sont des processus entamés que la pandémie n’a fait qu’accélérer… »… De son côté, la Chaire Workplace Management de l’Essec Business School, qui a réalisé une enquête en ligne sur ce sujet, conclut que « le bureau n’a pas dit son dernier mot ! »…

Et, si les institutionnels poursuivent leurs investissements dans les bureaux, c’est bien qu’ils considèrent que le tout télétravail n’est pas pour demain…

Portrait

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