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Questions Pour un Après à… Julien Pemezec

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le 27 Mai 2020

La construction bois massif est son cheval de bataille, à tel point que ses trois enfants en sont eux-mêmes convaincus ! Le président du directoire de Woodeum a fait le pari que l’économie de la construction devait devenir bas carbone. Déjà, 350 logements ont été livrés, 700 ont été mis en travaux en 2019 et plus de 2 000 seront livrés dans les années à venir. Le passionné Julien Pemezec répond à notre « QPA ».

Vous aussi vous souhaitez témoigner ? Une seule adresse : redaction@immoweek.fr

Quel lieu de travail idéal pour vous ?

On ne peut plus parler d’un seul lieu depuis le Covid-19. Cette période nous a montré que nous étions capable de travailler dans une cuisine, un salon, une chambre, sur un balcon ou dans un jardin… Le lieu de travail idéal devient, donc, un subtil mélange entre notre propre lieu de vie personnel et nos bureaux.

Quel aménagement de bureau idéal ?

Les bureaux doivent être, plus que jamais, le lieu où l’on prend plaisir à se retrouver. J’ai pu le constater à la réouverture du siège de Woodeum le 11 mai dernier : nous n’étions pas pressés de revenir au bureau pour imprimer des documents ou avoir une bonne connexion internet, nous étions impatients de ce moment pour nous voir, en vrai !
Nos bureaux ont été réalisés en surévaluation bois d’un ancien bâtiment. Ils expriment bien notre ADN, résolument bas carbone. Retrouver l’odeur du bois, la vision de ces grands pans de bois apparents, l’acoustique si particulière de notre espace de travail… et notre terrasse sur le toit, théâtre régulier de grands moments de convivialité, ont indéniablement participé au succès de ses retrouvailles.
Les logements que nous créons vont devoir également s’adapter, en proposant des espaces modulables, aptes au télétravail. Les grands espaces extérieurs, déjà ancrés dans la culture produits de Woodeum, ne sont plus une variable d’ajustement.

Etes-vous devenu 100 % digital ?

Je suis déjà très « accro » au téléphone, sur lequel je navigue en permanence, le jour, le soir, le week-end… J’aime rester connecté et me tenir informé « en live ». La communication en flux tendue est ancrée dans la culture de Woodeum et reste un gage d’efficacité dans les organisations « commando » comme la nôtre.
Zoom, Teams, Whereby, Skype, FaceTime… nous sommes devenus des experts de la visioconférence en quelques jours dès le début du confinement, que nous avons consommé sans modération pendant cette période, jusqu’a parfois l’indigestion !
Ce mode de communication s’intégrera définitivement dans nos habitudes de travail, avec les bénéfices de réduire l’empreinte carbone de nos déplacements… et d’imposer la ponctualité !
Nous avons digitalisé en moins de 10 jours l’intégralité du parcours de commercialisation de nos résidences, depuis la découverte du logement jusqu’à sa réservation, en mixant plateforme de vente interactive, vidéoconférence et signature dématérialisée. Les commercialisateurs de Woodeum ont, ainsi, eu des expériences inédites de vente, depuis le salon ou le jardin de certains clients, confortablement installés dans leurs fauteuils, ravis et amusés de pouvoir faire cet achat si personnel dans ce contexte. C’est une grande évolution de notre métier.
Après cela, quel plaisir toutefois de pouvoir retrouver les contacts directs, sans l’intermédiation d’un écran ! Il ne faut pas, non plus, tomber dans l’illusion que nous n’avons plus besoin de nous voir.

Une œuvre de fiction qui traduit votre vision idéale du futur ?

Pas une œuvre. Des œuvres ! Celles de mes trois enfants ! Je me suis régalé pendant la période de confinement à découvrir chaque jour leurs dessins, sortis tout droit de leurs rêves : un train pour aller à Ibiza, des immeubles en bois posés sur des nuages ou des arbres… Ils me rappellent qu’il ne faut surtout pas oublier ses rêves d’enfants et prendre le temps de les réaliser… Ils sont un moteur pour cette quête d’un monde décarboné.

Une chanson qui traduit votre état d’esprit actuel ?

Les Sunlights des Tropiques du groupe Pas Sages. Une version décalée du célèbre tube français ! La mer me manque…

Un mot d’ordre pour l’avenir ?

N’attendons plus. La révolution bois et bas carbone, c’est pour maintenant !

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 19/10/2020

Le télétravail en question…

L’analyse des conséquences du développement du télétravail à la suite de la crise sanitaire est loin d’être achevée. Ainsi, le 13 octobre dernier, le quotidien « Les Echos » consacrait sa « une » au thème « bureaux : l’onde de choc du Covid-19 », avec des sous-titres tels que « la généralisation du télétravail pour cause d’épidémie favorise la chasse aux mètres carrés » ou encore « l’impact sur l’immobilier de bureaux pourrait être majeur ».

Le lendemain, « Libération » titrait, pour sa part, un article ainsi : « le télétravail abandonné malgré la « deuxième vague » du Covid-19 ».

De son côté, Jean-Marc Peter publiait une analyse dans laquelle le directeur général de Sofidy soulignait, entre autre, qu’« au vu de ses nombreux effets négatifs et nocifs, il peut paraître étonnant de vouloir faire du télétravail la nouvelle règle. L’exemple d’IBM est, à ce titre, très instructif. Pionnier dès 1998 et champion du télétravail pendant près de deux décennies, le géant américain a fait machine arrière en 2017. Certes, IBM a économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux, mais le retour d’expérience est sévère : selon la direction, le télétravail altère la créativité et l’enthousiasme de ses salariés. Pour redynamiser l’innovation et accompagner sa transformation vers le « cloud » et l’intelligence artificielle, IBM a donc demandé au cinquième de ses effectifs qui travaillaient à temps plein à domicile de retourner au bureau. Ce n’est d’ailleurs pas la seule entreprise américaine à avoir fait volte-face. Yahoo !, Best Buy, Honeywell International ou encore Bank of America avaient déjà, plus tôt, stoppé net l’expérience »…

Bien sûr, dans un tel contexte, la référence aux enquêtes d’opinion réalisées auprès des salariés apporte des éléments de réflexion non négligeables. Ainsi, récemment, la société de gestion de SCPI Atland Voisin « a sollicité l’institut OpinionWay pour interroger les Français dont le métier permet le télétravail (55 % des actifs) afin d’avoir leur vision du sujet en dépassant le cadre de la crise sanitaire ». Parmi les résultats, on relève que si « plus de quatre actifs dont le métier leur permet de télétavailler sur cinq estiment que le recours au télétravail en entreprise va se développer à l’avenir en France (85 %) », « seuls 4 % des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15 % à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63 % pensent qu’il se pratiquera un à deux jours par semaine ». Autre enseignement : « si 81 % des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne »… Et « in fine, 73 % des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel (0, 1 ou 2 jours par semaine) ». En précisant que « 80 % des répondants pensent que la visio aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Cet outil va remplacer les déplacements professionnels selon 83 % des répondants »… Et Jean-Christophe Antoine, président d’Atland Voisin, de conclure : « il est très clair que la crise sanitaire a accéléré l’adoption forcée du télétravail par les entreprises, dans un processus qui était déjà entamé depuis plusieurs années. Et il est également clair que le télétravail a montré son efficacité pour maintenir un certain niveau d’activité. Toutefois, nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas (…) Loin d’être « mort » comme certains ont pu l’annoncer, le bureau va néanmoins devoir s’adapter et se réinventer pour mieux prendre en compte des situations inédites telles que celle que nous venons de traverser. Le rapport à l’open space va sans doute changer, la gestion des flux de personnes sera sans doute repensée, la prise en compte des enjeux environnementaux va sans doute s’accélérer, mais ici aussi ce sont des processus entamés que la pandémie n’a fait qu’accélérer… »… De son côté, la Chaire Workplace Management de l’Essec Business School, qui a réalisé une enquête en ligne sur ce sujet, conclut que « le bureau n’a pas dit son dernier mot ! »…

Et, si les institutionnels poursuivent leurs investissements dans les bureaux, c’est bien qu’ils considèrent que le tout télétravail n’est pas pour demain…

Portrait

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