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Questions Pour un Après à… Philippe Pelletier

ActualitésGreen & Innovations

le 20 Mai 2020

Le président du Plan Bâtiment Durable et de Seqens Solidarités, Philippe Pelletier, n’a pas attendu la crise sanitaire pour être force de proposition en matière notamment de transition énergétique et d’initiatives solidaires. C’est donc très logiquement que nous lui avons soumis ce « Questions Pour un Après »…

Quel lieu de travail idéal pour vous ?

J’ai toujours aimé travailler chez moi, à Paris ou en Bretagne, au milieu de mes livres et souvent en musique, bougeant du bureau à un fauteuil ou au canapé : concentration et créativité se nourrissent chez moi d’un mouvement intermittent ; la période de confinement a renforcé encore cette appétence.

Quel aménagement de bureau idéal ?

Mon bureau idéal est toujours un plan de travail dépouillé, à peine quelques photos et objets, jamais de papiers ou dossiers en attente.

Etes-vous devenu 100 % digital ?

Je me suis inventé un équilibre digital , sûrement durable : pas mal d’informatique pour les choses simples, les contacts, les messages ; mais encore beaucoup d’écriture manuscrite, toujours à l’encre bleue, pour le plaisir de tracer, raturer, corriger.

Une œuvre de fiction qui traduit votre vision idéale du futur ?

Demain, le joli film de Mélanie Laurent, qui nous dépeint un univers de solutions pour transformer le monde.

Une chanson qui traduit votre état d’esprit actuel ?

Elle pleure ma planète (Ridan).

Un mot d’ordre pour l’avenir ?

Ensemble, résolument ensemble !

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Catherine Bocquet

le 24/11/2020

Transition énergétique : « doit mieux faire », dit le Haut Conseil pour le Climat à la France

La France ne va pas assez loin ni assez vite dans sa politique en faveur de la transition énergétique. C’est le constat que pose le Haut Conseil pour le Climat (HCC) présidé par la climatologue Corinne Le Quéré dans un rapport qui vient d’être remis à la ministre de la Transition Ecologique, Barbara Pompili.

Alors, certes, le HCC concède  que « l’effort de transition » dans notre pays est « déjà en route », mais il dit surtout que celui-ci doit s’accélérer. Pour cela, le Conseil considère que seule la bonne volonté ne suffira pas et que, si l’axe  « rénovation énergétique » traduit dans le plan France Relance est une bonne idée, des moyens autrement plus significatifs devraient y être consacrés. Se référant notamment au « bon élève »  en la matière qu’est la Suède (le seul pays à avoir réussi une décarbonation quasi-totale du secteur des bâtiments) , le HCC préconise à la France de s’en inspirer, avec une stratégie en trois points : une bonne efficacité énergétique des bâtiments, en particulier via une construction neuve performante ; la décarbonation des vecteurs énergétiques pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire, via notamment le développement massif et continu des réseaux de chaleur en milieu urbain et péri-urbain et, enfin, l’évolution du parc de bâti afin d’éradiquer les situations de précarité énergétique (les fameuses « passoires thermiques »). Les moyens qui devraient être consacrés à ces objectifs sont autrement plus colossaux que ceux engagés aujourd’hui. « La massification de la rénovation énergétique nécessite d’accroître fortement et de manière pérenne les montants investis par rapport aux tendances passées »  estiment les membres du Conseil qui affirment que l’investissement annuel total (public et privé) en rénovation énergétique, actuellement estimé à environ 13 milliards d’euros, devra être multiplié au moins par deux en quelques années. Pour soutenir cet effort, les dispositifs de soutien public, actuellement de l’ordre de 4 milliards d’euros, devront être quadruplés. Et de plaider, comme l’a proposé la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC) de compléter le dispositif public en fixant une trajectoire d’obligation de rénovation globale avec un fort soutien  financier des ménages modestes, « ceci dans une logique de justice sociale ». Ainsi, le Haut Conseil propose tout simplement de supprimer, d’ici trois ans, toutes les aides aux gestes individuels pour MaPrimeRénov’ et les certificats d’économie d’énergie (CEE), pour ne proposer que des aides « conditionnées à l’atteinte d’un niveau de performance (que l’aide soit globale ou qu’elle inclue un groupe de gestes cohérents avec un parcours global) et au recours à une assistance à la maîtrise d’ouvrage (AMO), qui doit devenir la clé de voûte du soutien public à la rénovation ». A noter que ce même HCC plaide aussi en faveur de l’éco-PTZ – dispositif qui peine à trouver son public et ses banquiers (litote) – pour augmenter son montant et sa durée en s’inspirant de l’exemple allemand (jusqu’à 120 000 euros sur 30 ans)…

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