Chargement

fredday : bool(true)
retour Accueil > Bureaux > Actualités > Westfield : la fin de la foncière mondialisée ?

Westfield : la fin de la foncière mondialisée ?

ActualitésBureaux

le 16 Oct 2020

L’affaire URW, ou plutôt l’offensive choc lancée par deux noms aussi prestigieux dans le sérail que Léon Bressler (qui s’imposait déjà , il y a plus de vingt ans, comme première « Pierre d’Or du Professionnel de l’Année ») et Xavier Niel, dont la place dans le capitalisme français n’est pas à démontrer, pose de manière crue la question de la faisabilité d’une foncière monde.

Il y a encore deux ou trois décennies, les avis semblaient partagés : la dimension, même européenne, pour les foncières était risquée car les cultures, les pratiques, les réglementations nationales étaient si diverses que le risque était jugé par certains trop élevé. Depuis, les choses ont bien changé et URW ou Covivio, pour ne citer qu’elles, ont montré que le modèle était tout à fait adaptable au Vieux Continent. On peut détenir et gérer de manière tout à fait satisfaisante un centre commercial à Varsovie et à Paris des logements ou des bureaux à Berlin ou à Milan…
Mais cela est-il possible en élargissant la sphère d’intervention aux dimensions planétaires ? C’est le pari, risqué, pris par l’actuel management d’Unibail-Rodamco-Westfield qui a décidé d’unifier l’ensemble de ses centres commerciaux sous l’enseigne au W rouge. Et c’est bien là que le bât blesse… Le duo Bressler/Niel, soutenu sans ambiguïté par le successeur du premier aux manettes d’Unibail, Guillaume Poitrinal, note à quel point le « core business » de la maison se trouve en Europe… et combien le « rêve américain » lui a coûté. Combien sa légitimité (et sa dimension !), incontestables dans les grandes métropoles de notre côté de l’Atlantique, devenaient beaucoup plus aléatoires et minoritaires au delà. Que la bien connue puissance d’URW (qui faisait bien des envieux et des jaloux « chez nous ») impressionnait beaucoup moins les yankees.
Bref, que la World company des foncières n’était pas le bon modèle. La réponse d’URW n’a, pour l’instant, été que de pure forme et de pur refus. Rendez-vous le 10 novembre, à la veille de la célébration de l’armistice…

Pascal Bonnefille

Directeur de la publication

Édito
par Thierry Mouthiez

le 19/10/2020

Le télétravail en question…

L’analyse des conséquences du développement du télétravail à la suite de la crise sanitaire est loin d’être achevée. Ainsi, le 13 octobre dernier, le quotidien « Les Echos » consacrait sa « une » au thème « bureaux : l’onde de choc du Covid-19 », avec des sous-titres tels que « la généralisation du télétravail pour cause d’épidémie favorise la chasse aux mètres carrés » ou encore « l’impact sur l’immobilier de bureaux pourrait être majeur ».

Le lendemain, « Libération » titrait, pour sa part, un article ainsi : « le télétravail abandonné malgré la « deuxième vague » du Covid-19 ».

De son côté, Jean-Marc Peter publiait une analyse dans laquelle le directeur général de Sofidy soulignait, entre autre, qu’« au vu de ses nombreux effets négatifs et nocifs, il peut paraître étonnant de vouloir faire du télétravail la nouvelle règle. L’exemple d’IBM est, à ce titre, très instructif. Pionnier dès 1998 et champion du télétravail pendant près de deux décennies, le géant américain a fait machine arrière en 2017. Certes, IBM a économisé 100 millions de dollars par an en location de bureaux, mais le retour d’expérience est sévère : selon la direction, le télétravail altère la créativité et l’enthousiasme de ses salariés. Pour redynamiser l’innovation et accompagner sa transformation vers le « cloud » et l’intelligence artificielle, IBM a donc demandé au cinquième de ses effectifs qui travaillaient à temps plein à domicile de retourner au bureau. Ce n’est d’ailleurs pas la seule entreprise américaine à avoir fait volte-face. Yahoo !, Best Buy, Honeywell International ou encore Bank of America avaient déjà, plus tôt, stoppé net l’expérience »…

Bien sûr, dans un tel contexte, la référence aux enquêtes d’opinion réalisées auprès des salariés apporte des éléments de réflexion non négligeables. Ainsi, récemment, la société de gestion de SCPI Atland Voisin « a sollicité l’institut OpinionWay pour interroger les Français dont le métier permet le télétravail (55 % des actifs) afin d’avoir leur vision du sujet en dépassant le cadre de la crise sanitaire ». Parmi les résultats, on relève que si « plus de quatre actifs dont le métier leur permet de télétavailler sur cinq estiment que le recours au télétravail en entreprise va se développer à l’avenir en France (85 %) », « seuls 4 % des répondants croient au « tout télétravail », alors qu’ils sont 15 % à penser qu’il se pratiquera de façon exceptionnelle et 63 % pensent qu’il se pratiquera un à deux jours par semaine ». Autre enseignement : « si 81 % des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne »… Et « in fine, 73 % des Français dont le métier est compatible avec le télétravail souhaiteraient que cette pratique reste minoritaire dans leur quotidien professionnel (0, 1 ou 2 jours par semaine) ». En précisant que « 80 % des répondants pensent que la visio aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Cet outil va remplacer les déplacements professionnels selon 83 % des répondants »… Et Jean-Christophe Antoine, président d’Atland Voisin, de conclure : « il est très clair que la crise sanitaire a accéléré l’adoption forcée du télétravail par les entreprises, dans un processus qui était déjà entamé depuis plusieurs années. Et il est également clair que le télétravail a montré son efficacité pour maintenir un certain niveau d’activité. Toutefois, nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas (…) Loin d’être « mort » comme certains ont pu l’annoncer, le bureau va néanmoins devoir s’adapter et se réinventer pour mieux prendre en compte des situations inédites telles que celle que nous venons de traverser. Le rapport à l’open space va sans doute changer, la gestion des flux de personnes sera sans doute repensée, la prise en compte des enjeux environnementaux va sans doute s’accélérer, mais ici aussi ce sont des processus entamés que la pandémie n’a fait qu’accélérer… »… De son côté, la Chaire Workplace Management de l’Essec Business School, qui a réalisé une enquête en ligne sur ce sujet, conclut que « le bureau n’a pas dit son dernier mot ! »…

Et, si les institutionnels poursuivent leurs investissements dans les bureaux, c’est bien qu’ils considèrent que le tout télétravail n’est pas pour demain…

Portrait

Chargement