Chargement

fredday : bool(true)
retour Accueil > Bureaux > Chroniques > Julie Cittadini (LPA-CGR) : « Covid-19, comment...

Julie Cittadini (LPA-CGR) : « Covid-19, comment préparer la sortie de crise ? »

ChroniquesBureaux

le 15 Mai 2020

« Après deux mois de confinement, période marquée par une mise en sommeil forcée de l’économie française en raison de la crise sanitaire liée à l’épidémie du Covid-19, ce lundi 11 mai 2020 a constitué un jour symbolique pour la majorité des entreprises qui se préparent à la reprise de leurs activités » entame Julie Cittadini, avocate associée au sein du cabinet LPA-CGR avocats. Elle pointe, pour les entreprises, dans cette nouvelle chronique, la préservation de la trésorerie et le recours aux procédures de préventions des difficultés.

Cette reprise tant attendue, également par les entreprises du secteur immobilier, n’est néanmoins pas synonyme de retour à la normale. L’évolution de la crise sanitaire étant actuellement incertaine, le secteur de l’immobilier devra aujourd’hui faire face à de nouveaux défis : comment prévoir la reprise de l’activité sans pouvoir anticiper l’évolution de la crise sanitaire ? En effet, la préparation de la sortie de la crise repose nécessairement sur des analyses prévisionnelles de l’activité, dont la reprise dépend uniquement de l’évolution sanitaire, contrairement à d’autres crises passées.

En conséquence, tout l’enjeu sera pour ces entreprises d’anticiper au mieux leurs besoins de trésorerie et de profiter des mesures et dispositifs existants pour maintenir le niveau de trésorerie suffisant, afin d’échapper à la faillite.

1. L’enjeu principal de la gestion de la crise liée au Covid-19 : la préservation de la trésorerie

En raison de la crise sanitaire du Covid-19, la plupart des entreprises ont connu un gel partiel, voire total, de leurs activités. Ce gel de l’activité est synonyme d’absence de rentrée d’argent. Or, la survie d’une entreprise dépend d’une bonne gestion de la trésorerie. D’un côté, les entreprises subissent une perte de revenus et, de l’autre, elles doivent poursuivre l’exécution de leurs obligations et honorer le paiement de diverses charges, telles que le paiement des loyers, le remboursement des échéances bancaires, le paiement des salaires, les taxes fiscales et sociales…

C’est dans ce contexte qu’ont été mises en place des mesures gouvernementales afin de soutenir la trésorerie des entreprises, à savoir notamment :

  • chômage partiel simplifié et renforcé ;
  • fonds de solidarité pour les très petites entreprises ;
  • mise en place de prêts garantis par l’Etat pour les entreprises de toute taille ;
  • rééchelonnement des crédits bancaires ;
  • suspension du paiement des loyers commerciaux pour les très petites entreprises ;
  • report du paiement de charges sociales, voire l’exonération du paiement de ces charges pour certaines entreprises.

Il convient, tout de même, de rappeler aux entreprises que la suspension des obligations posées par ces différentes mesures ne signifie aucunement une annulation de ces obligations, celles-ci devant, à un moment donné, être honorées par les entreprises qui en bénéficient.

Ainsi, les entreprises devront se préparer à pouvoir honorer à nouveau les loyers, les échéances de prêts et cotisations qui ont été suspendus jusqu’à présent, mais également ceux à venir. Or, la reprise de l’activité ne permettra pas nécessairement aux entreprises de régler l’ensemble de ces charges. Les entreprises devront s’adonner à un jeu d’équilibriste dans la gestion de leur trésorerie et anticiper les paiements ultérieurs, et de manière générale prévoir l’état de la trésorerie à court, moyen et long termes.

L’anticipation doit donc être le maître-mot dans le contexte actuel en matière de gestion d’entreprise, afin de prévenir les difficultés et éviter que la situation financière de l’entreprise ne soit trop dégradée pour envisager un sauvetage in bonis, hors procédures collectives.

En sus des mesures gouvernementales susvisées qui, pour la plupart, ont pour objet de suspendre uniquement l’exécution d’obligations, il pourra être nécessaire de recourir aux outils de prévention des difficultés, qui présentent l’avantage additionnel d’offrir la possibilité pour les entreprises de négocier avec leurs principaux partenaires et de sécuriser les restructurations nécessaires.

2. Le recours aux procédures de préventions des difficultés

Les dispositifs mis en place par le gouvernement tels que visés ci-avant sont évidemment bienvenus et nécessaires au soutien de la trésorerie des entreprises.

Toutefois, ceux-ci peuvent sembler insuffisants pour un grand nombre d’entreprises en ce que les mesures gouvernementales ont essentiellement pour effet de suspendre le paiement de certaines charges et non pas de les exonérer.

Les actionnaires vont avoir un rôle important à jouer, de même que les managers qui ne subiront pas l’aléa moral de la dégradation financière de la société dans cette situation.

Les dispositifs de préventions des difficultés, telles que le mandat ad hoc ou la conciliation, permettront de sécuriser les opérations de restructuration nécessaires (spin-off), mais également les opérations de consolidation vers lesquelles vont devoir se tourner les entreprises.

Les entreprises bénéficiaires de ces procédures en profiteront également pour négocier non seulement des reports ou des rééchelonnements de paiements avec leurs créanciers principaux (autres que les dettes non visées pas les mesures gouvernementales précitées), mais également des remises de dettes.

Ces remises de dettes constituent de véritables mesures d’assainissement de la trésorerie et ce, bien plus que de simples reports de paiement. Toutefois, restera à savoir quels sont les créanciers qui seront disposés à accorder de telles remises compte tenu de la crise sanitaire actuelle, mais également le rôle que les banques vont être prêtes à jouer pour financer des entreprises en difficulté financière ne résultant pas d’une mauvaise gestion.

Par ailleurs, bien que nous connaissions les conséquences catastrophiques de cette crise sur la vie des entreprises, celle-ci devrait également constituer pour elles l’occasion de repenser et de réfléchir à nouveau sur leur modèle, leurs besoins et leurs perspectives d’avenir…

La rédaction d'Immoweek

Édito
par Thierry Mouthiez

le 20/09/2021

Bureaux en régions : des signes encourageants…

Les marchés tertiaires régionaux semblent plutôt bien évoluer.

S’agissant du premier d’entre eux, en l’occurrence celui de Lyon, une récente étude signée Brice Robert Arthur Loyd met en avant une demande placée à fin juin de 126 523 m2, en hausse de 34 % par rapport au 1er semestre 2020, cependant « à relativiser puisqu’un mega deal de plus de 28 000 m2, signé par l’EM Lyon, a été comptabilisé à Gerland ». Il n’empêche que le nombre de transactions est également en hausse de 34 % à 246 et que le loyer « prime » atteint 340 euros (HT, HC) du mètre carré, contre 320 euros (HT, HC) du mètre carré au 1er semestre 2020. « Sur le terrain, nous constatons que les entreprises ont le souhait d’aller de l’avant et de concrétiser leur projet immobilier, tout en ayant pleinement conscience qu’elles devront adapter leur consommation de mètres carrés à l’émergence des nouvelles façons de penser le « bureau » : télétravail, « desk sharing »… » souligne Jonathan Garcia. Le consultant associé ajoute : « les mesures d’accompagnement proposées par les bailleurs sont également revues : durée d’engagement adaptée, possibilité de restitution de surface par anticipation, franchise de loyer… Ces mesures adaptées au contexte actuel permettent de maintenir l’équilibre des valeurs »…

Plus généralement, « le marché des bureaux en régions montre des signes encourageants de reprise dans un contexte de crise sanitaire » affirme BNP Paribas Real Estate, faisant valoir un volume de 730 000 m2 placés dans ce créneau du marché tertiaire au cours du 1er semestre, en hausse de 35 % par rapport au 1er semestre de l’année dernière. Un volume qui « est même supérieur au niveau enregistré en 2016, par exemple, et affiche une progression de 6 % en comparaison à la moyenne sur dix ans » précise Jean-Laurent de La Prade, directeur général adjoint de BNP Paribas Real Estate Transaction France, en charge du pôle régions.

Pour ce qui concerne les principales tendances de ce marché, « les transactions dans le neuf tirent leur épingle du jeu avec une progression de 45 % », sachant que le seconde main reste majoritaire et représente plus de la moitié des transactions, « avec une croissance de 29 % par rapport au 1er semestre 2020 ». Par ailleurs, « les transactions de grandes surfaces (supérieures à 5 000 m²) sont de retour sur un marché dominé dernièrement par les petites et moyennes surfaces » précise BNP Paribas Real Estate, soulignant qu’« avec près de 107 000 m² placés, le volume de transactions de grandes surfaces enregistre une hausse significative de 38 % par rapport au 1er semestre 2020 »… Si Lyon reste en tête des marchés tertiaires régionaux, « Lille se positionne en 2ème place avec 80 000 m² placés, soit une légère progression de près de 1 %. Aix/Marseille monte sur la troisième marche du podium avec un volume de transactions qui progresse de 10 %. De son côté, Nantes totalise près de 67 000 m² placés, soit une hausse significative de 74 %. Montpellier crée la surprise avec un volume de transactions presque trois fois plus élevé que l’an dernier passant devant Bordeaux (+32 %) et Toulouse (+46 %) ».

Quant aux perspectives, « pour la fin de l’année 2021, nous sommes plutôt confiants » affirme Jean-Laurent de La Prade. « D’une part, les indicateurs macro économiques en régions sont très bien orientés et surperforment l’Ile-de-France, notamment sur l’Arc Atlantique, la région Rhône-Alpes et le bassin méditerranéen. D’autre part, la demande exprimée auprès de nos équipes a augmenté de 22 % en volume et de 43 % en nombre par rapport au 1er semestre 2020. Enfin, les régions représentent une vraie alternative pour les salariés qui privilégient de plus en plus un bon équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle et pour les entreprises qui y trouvent des loyers plus attractifs ». Au final, « nous anticipons un atterrissage autour de 1,55 million de mètres carrés d’ici fin 2021, soit légèrement en-dessous de la moyenne des cinq dernières années qui s’élève à 1,65 million de mètres carrés »…

Portrait

Chargement

Page 0 /

Vis à vis

Zoom 1

Vous devez être connecté pour télécharger le magazine