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Groupe Idec : cap vers l’avenir avec des projets toujours plus ambitieux…

InterviewsLogistique

le 15 Mai 2020

Patrice Lafargue, président du groupe Idec, revient sur les mesures immédiates prises par le groupe pour protéger la santé de tous, à travers la mise en place d’un plan de continuité d’activité en favorisant le télétravail pour ses salariés et l’accompagnement proposé à ses clients, mais aussi à ses entreprises partenaires dans un souci de solidarité économique. L’entreprise se tourne désormais vers l’avenir, marquée par sa volonté de réaliser des projets toujours plus ambitieux auprès de ses clients, tant en France qu’à l’international, tout en intégrant une dimension énergétique et environnementale au cœur de ses réflexions.

Comme la plupart des acteurs de l’immobilier, votre activité a été fortement perturbée par l’épidémie du Covid-19. Comment le groupe Idec a t-il affronté cette pandémie ?

Avec responsabilité. Dès le 17 mars, sans attendre les recommandations des autorités, nous avons pris la décision de suspendre pour une durée indéterminée l’ensemble de nos chantiers. Ce choix s’est imposé à nous pour garantir la sécurité des collaborateurs, de nos entreprises partenaires, de nos clients et des nôtres. Dans nos rangs, nous avons fermé l’ensemble de nos agences sur le territoire, qui emploient environ 400 personnes, et imposé le télétravail à une grande partie de nos collaborateurs.

La reprise de l’activité dans le BTP a connu de nombreux aléas, comment vous et vos équipes vous êtes-vous positionnés pendant cette période de flottement ?

Nous avons réuni chaque jour un comité de direction exceptionnel pour suivre l’évolution de la situation sanitaire et réglementaire. Nous étions constamment en contact avec nos clients et nos entreprises partenaires. Il était évident que sans cadre précis pour garantir la sécurité des femmes et des hommes qui interviennent sur nos chantiers, nous ne relancerions pas la construction de nos opérations. Dès la parution du Guide de Préconisations édité par l’OPPBTP, l’organisme de prévention de référence dans la construction avec lequel nous sommes liés depuis plus de trois ans, nous avons travaillé activement pour établir des stratégies de relance partielle de nos chantiers. Nos équipes techniques se sont ainsi mobilisées pour appréhender ces nouvelles contraintes nécessaires à la bonne exécution de nos chantiers avec pour objectif principal, la sécurité et la santé de tous les intervenants.

Concrètement, comment les chantiers se sont réorganisés face à cette épidémie ?

Avec l’appui des directeurs de nos différentes filiales et de notre responsable QSE, nous avons déployé des actions fortes pour nous assurer de la sécurité de tous les intervenants. Nous avons adapté l’activité sur nos chantiers en favorisant une organisation qui limite la co activité autant que possible et mis en place des mesures d’hygiènes strictes. L’ensemble de ces démarches nous ont permis de relancer la quasi-totalité de nos opérations en mode dégradé. Nous avons privilégié un travail collaboratif et concerté avec nos partenaires dans l’intérêt de la sécurité tout en permettant cette relance d’activité nécessaire.

Comment le groupe aborde-t-il désormais l’avenir ?

En parallèle de cette gestion de crise que nous avons piloté avec mes équipes dirigeantes et mes associés historiques, nous anticipions déjà les nouveaux défis à relever. Le groupe Idec possède de solides atouts humains et financiers pour accompagner ses clients dans le changement. Plus que jamais, nous souhaitons mettre toute notre énergie et celle de nos collaborateurs au service de nos clients. Nous avons vu que cette crise va revoir complètement notre vision du monde économique et de l’entreprise. Certaines industries vont s’attacher à re-localiser une partie de leur activité en France ou en Europe pour ne pas se confronter à nouveau aux dépendances sur des biens stratégiques. Nous voulons apporter notre expertise et notre savoir-faire pour accompagner ces industriels de l’agroalimentaire ou des sciences de la vie, pour ne citer qu’eux, dans la refonte de leur modèle organisationnel. Nous avons également à cœur de nous tenir aux côtés du secteur de la logistique qui a également connu pendant cette période une mutation de son activité et montrer son rôle stratégique dans l’approvisionnement dans cette période. Cette tendance devrait se poursuivre dans la prochaine décennie. D’une manière plus générale, nous explorons, dès à présent, l’ensemble des enjeux auxquels sont ou vont être confrontés nos clients afin de leur apporter une réponse adaptée pour bâtir un immobilier différent, plus durable, intelligent et connecté.

Justement, quels sont vos atouts pour accompagner ces clients ?

Nous sommes l’un des rares acteurs du marché à intervenir sur tous les segments de l’immobilier. Avec notre filiale Faubourg Promotion, nous accompagnons les collectivités dans l’aménagement de leur territoire avec des parcs logistiques, d’activités ou tertiaires pleinement intégrés dans leur environnement. Nous nous tenons également aux côtés des entreprises pour développer, concevoir et construire tous types de projets d’immobilier d’entreprise ou résidentiel. Nous sommes à même de financer et d’assurer la gestion locative des opérations de nos clients à travers notre filiale Groupe Idec Invest. Cette approche globale avec un interlocuteur unique et cette complémentarité de nos métiers représentent, selon nous, la meilleure façon d’apporter une réponse cohérente et adaptée aux enjeux de l’ensemble de nos partenaires et clients. 

Le groupe Idec s’est bâti en une vingtaine d’années une réputation d’acteur majeur de l’immobilier. Sur quels secteurs vous démarquez-vous ?

En tant qu’aménageurs, nous avons déjà réalisé près de 500 hectares sur le territoire et presque autant en développement de parcs d’activités. Par ailleurs, nous bâtissons chaque année près de 500 000 m² d’immobilier. Nous nous positionnons en spécialiste de l’agroalimentaire avec nos sociétés dédiées Idec Agro & Factory, Cecia et Gedouin Ingenierie, tant avec des offres en clé en main qu’en maîtrise d’œuvre. Le secteur de la logistique représente, quant à lui, notre cœur de métier à travers Idec avec la construction de projets de 10 000 à 200 000 m², avec des certifications environnementales les plus exigeantes (plus de 2 millions certifiés à ce jour). Avec Idec Santé, nous nous démarquons aussi auprès des acteurs de l’industrie pharmaceutique, des sciences de la vie et de la santé avec des experts en bâtiment, en process et des pharmaciens qui bâtissent les infrastructures et les établissements indispensables à notre santé, celle de nos enfants et de nos aînés. Enfin, l’immobilier résidentiel représente également une part en fort développement dans le mix de notre activité avec notre promoteur Faubourg Immobilier, tout comme l’immobilier d’entreprise avec, notamment, Sequabat.

Quelles sont les clés de la réussite du groupe, selon vous ?

Mes équipes abordent chaque nouveau projet comme un défi à relever. Je tiens, d’ailleurs, à les féliciter et les remercier pour leur implication complète pendant cette période, y compris nos bureaux d’études qui ont télétravaillé sur des sujets tous plus passionnants les uns que les autres. Ils puisent certainement cette inspiration auprès des sportifs de haut niveau que nous soutenons dans leurs exploits. Leurs expertises et savoir-faire acquis auprès de leurs clients sont certainement l’un de nos principaux atouts. Les offres et services complémentaires que nous proposons à nos clients sont également des facteurs clés à mes yeux. Assurer la maintenance de leur bâtiment, réaliser la réhabilitation ou la mise aux normes de leurs installations, la mise en place de démarches QSE, la proposition de projets à l’architecture audacieuse avec une forte possibilité de personnalisation, le BIM ou encore le pilotage des certifications environnementales les plus ambitieuses, tout cela représente des démarches pensées pour satisfaire l’ensemble de leurs enjeux économiques, environnementaux ou de productivité. 

Vous parliez de bâtiments « plus intelligents, durables et connectés », comment illustrez-vous ces propos ?

Malgré la crise qui nous a tous impactés, nous avons plus que jamais le souhait et la responsabilité de bâtir un immobilier plus vertueux, économe en énergie et neutre en carbone. Nos experts de l’énergie et des questions environnementales travaillent au quotidien avec leurs clients pour imaginer des parcs autonomes en énergie, à faible impact sur la biodiversité, et des bâtiments qui deviennent de véritables centrales d’énergie à travers l’installation de panneaux photovoltaïques, systèmes de biomasse ou de géothermie. L’environnement a toujours été dans les gènes du groupe Idec, la meilleure illustration en est Francis Joyon, notre skipper qui a remporté à bord du maxi-trimaran Idec Sport les plus grands succès du milieu de la voile, fait un nombre de fois incalculable le tour du monde sur les océans, uniquement propulsé par une énergie verte, le vent, et réduisant à son minimum l’énergie fossile nécessaire à ses besoins électriques.

Un dernier mot sur votre développement à l’international ?

Depuis plusieurs années, nous accentuons également le développement de notre activité à l’international. Nous accompagnons nos clients dans la réalisation de leurs projets aux quatre coins du monde. Europe, Asie, Etats-Unis, nous ne nous donnons aucune limite et nous appuyons sur des implantations locales ou des partenaires associés et des spécialistes pour aménager, développer, concevoir et construire tous types de projets. Nous travaillons sur de nombreux sujets passionnants qui devraient aboutir rapidement sur de belles histoires…

La rédaction d'Immoweek

Édito
par Thierry Mouthiez

le 30/11/2020

Investissement : Paris numéro 1 pour le bureau !

« Paris toujours en (très) bonne place » : tel était le titre de notre édito de la semaine dernière, faisant référence aux cibles des investisseurs internationaux, en général et à une étude de M&G Real Estate, en particulier. Encore mieux au niveau des résultats puisque « trois villes font la course en tête du palmarès européen de l’investissement de bureaux » relève Primonial REIM dans une étude (« Convictions Immobilières ») datée de novembre à propos du marché de l’immobilier tertiaire.

Surtout, l’institutionnel précise que « Paris confirme son rôle de valeur refuge auprès des investisseurs, Londres toujours sanctionnée et Berlin ferme le classement ».

Dans un marché européen de l’investissement en bureaux où le volume placé sur les neuf premiers mois de l’année s’élève à 65 milliards d’euros, en retrait de 25 %, « Paris arrive en tête du classement avec plus de 12 milliards d’euros, suivi par Londres, qui a perdu sa place de numéro un, avec 9 milliards d’euros et Berlin ferme le classement avec 7,8 milliards d’engagements ». Sachant que « les autres capitales européennes ne dépassent pas les 5 milliards d’euros »…

En prenant quelques précautions, Primonial REIM dessine des « perspectives immobilières 2021-2025 ». Dans ce cadre, à propos des bureaux, le gestionnaire d’actifs souligne que « la maîtrise des livraisons dans les cinq prochaines années de l’offre à venir restera stratégique pour ne pas créer de déséquilibre (suroffre). Les actifs/marchés « core » avec des locataires solides et des baux longs devraient connaître les perspectives les mieux orientées sur la valorisation et la croissance future des loyers, alors que les actifs les moins sécurisés pourraient connaître des corrections (emplacements secondaires, vacance importante), ce qui pourrait impacter la capacité de ces biens/marchés à délivrer un haut niveau de performance à moyen terme ». En concluant pour cette classe d’actifs : « à court terme, une nouvelle hiérarchie des taux semble dorénavant actée selon les fondamentaux de chaque marché en Europe »…

A noter : dans son analyse du secteur des commerces, Primonial REIM note que 23,2 milliards d’euros ont été investis en Europe au cours des neuf premiers mois de l’année, « soit une baisse limitée à -14 % sur un an » (ici, la France arrive en troisième position avec 2,7 milliards d’euros placés, derrière l’Allemagne, qui « confirme sa première place » avec 6,4 milliards d’euros et le Royaume-Uni avec 3,7 milliards). Et de relever, entre autres, que « concernant les centres commerciaux, la tendance à la décompression (des taux de rendement, ndlr) s’est poursuivie, mais l’ampleur perd en intensité et de plus en plus de marchés semblent avoir fini leur repositionnement »…

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