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Mathieu Descout (Novaxia) : « continuer et renforcer notre stratégie »

InterviewsFinance & Bourse

le 28 Mai 2020

Novaxia a tout récemment modifié la gouvernance de sa société de gestion afin, explique le groupe, de « saisir les opportunités à venir ». Ont ainsi été nommés, respectivement, président et directeur général de Novaxia Investissement, Bruno Cossé et Mathieu Descout. Ce dernier nous en dit plus…

Cette modification de la gouvernance traduit-elle un changement de stratégie pour Novaxia Investissement et, plus largement, pour Novaxia ?

Cette modification vise, au contraire, à permettre la continuation et le renforcement de la stratégie en cours qui est de remettre la transformation urbaine au cœur du dispositif. Nous sommes, avant tout, en effet, des « transformateurs » de l’immobilier et menons cette action au travers de deux gammes de fonds que sont les fonds de rendement et les fonds de capitalisation. Or, s’agissant de cette dernière gamme, dont l’objet est de racheter des biens « décotés » afin de les transformer et valoriser, nous avions constaté, avant la crise Covid-19, une érosion des décotes, en lien avec l’important niveau de liquidités sur les marchés qui conduisait, d’une part certains acteurs à chercher le « value add » et, d’autre part, des promoteurs à acheter sans condition ; prime était donnée à la vacance, à l’obsolescence. Mais la période actuelle a marqué l’ouverture d’une nouvelle ère d’opportunités et il devrait y avoir désormais une augmentation de la prime de risque pour l’achat d’actifs vacants et obsolètes. Les immeubles « impactés » par la crise créeront des opportunités à travers la baisse de leur prix. La décision de changement de gouvernance s’inscrit pleinement dans cette analyse et traduit la volonté du président fondateur du groupe, Joachim Azan, de disposer, dans une seule entité, d’une vision à 360 degrés des sujets. J’étais, depuis mon arrivée chez Novaxia il y a six ans, en charge de l’activité développement ; je reprends, aujourd’hui, celle de l’investissement. Ce choix de gouvernance permet de renforcer très fortement la société de gestion en y plaçant tout l’investissement du groupe à destination de nos fonds, pour une meilleure performance au service de nos investisseurs.

Quelle est la nouvelle feuille de route ?

Elle est, elle aussi, dans la continuité de ce qui a été défini précédemment, avec des objectifs ambitieux tant en matière de collecte que d’investissement, et tant sur les fonds historiques que sur la SCPI dédiée à la transformation urbaine. Plus précisément, ces objectifs sont de 100 millions d’euros pour la collecte « classique » et de 60 millions d’euros également sur notre SCPI.

Y a-t-il volonté de lancer de nouveaux fonds ?

Nous réfléchissons à la création, d’ici la fin de l’année, de fonds de retournement. Nous poursuivons, par ailleurs, nos acquisitions et regardons à nouveau (mais il est trop tôt pour en dire plus) des sujets de transformation de bureaux en logements. La crise a, en effet, montré la très certaine résilience du logement ; la conjonction d’éléments juridiques (comme la loi Elan) et conjoncturels, comme la décote d’actifs obsolètes, fait qu’il est aujourd’hui possible de trouver un modèle économiquement viable de transformation de bureaux en logements.

Vous ne serez pas seuls sur ce sujet…

Les investisseurs institutionnels sont très présents depuis quelque temps sur le sujet logement « classique », mais pas sur la transformation urbaine, qui est notre cœur de métier. Les promoteurs, quant à eux, qui ont besoin en ce moment en particulier de préserver leur trésorerie, n’iront pas non plus sur l’achat de bureaux vides pour les transformer ou sur l’acquisition de friches industrielles… Les fonds d’investissement dont dispose Novaxia sont, eux, en revanche, pertinents pour se positionner sur ce maillon de la chaîne. Je lance, d’ailleurs, un appel aux promoteurs dont certains nous voient comme des concurrents : nous avons une compétence de développement qui peut – et c’est déjà le cas puisque nous travaillons avec une quinzaine de promoteurs – les aider à déployer rapidement, grâce aux fonds dont nous disposons dans nos différents véhicules, leurs projets, qu’il s’agisse d’acquisitions sans conditions suspensives ou de besoins de trésorerie.

Le « périmètre » d’intervention de Novaxia est pour l’heure parisien, cela va-t-il évoluer ?

Il n’est déjà pas uniquement parisien puisque nous avons réalisé notre première acquisition à Bordeaux, en partenariat avec ID&al groupe. Nous regardons également des opérations à Lyon, Nantes et sommes présents à Nice. Seul point commun à tous nos projets, actuels et futurs : nous serons métropolitains !

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Thierry Mouthiez

le 13/07/2020

Vive la Reprise !

Quel impact pourrait avoir le développement du télétravail sur la demande de bureaux ? Quelles conséquences la période de confinement pourrait-elle avoir sur celle des logements ? Comment pourraient évoluer les différentes classes d’actifs immobiliers ? A ces questions et bien d’autres, le prochain numéro de notre magazine « Immoweek », que nos abonnés vont recevoir, apporte des éléments de réponse.

En effet, il s’agit d’un numéro réellement exceptionnel de quelque 140 pages, conçu pendant et après le confinement. Ce qui explique sa constitution en deux parties. Dans la première, notre rédaction a réalisé une sélection des réponses des professionnels à notre questionnaire sur leur expérience du confinement. La seconde, pour sa part, rassemble non seulement une autre sélection, cette fois des réponses à notre questionnaire sur « le monde d’après », mais aussi de nombreux points de vue, interviews et analyses portant sur l’évolution possible des différents métiers et des différents marchés de l’immobilier.

Au total, plus de 150 professionnels de l’immobilier interviennent dans ce numéro (à conserver) qui couvre, à n’en pas douter, une période réellement unique dans l’histoire de ce secteur. Avec un objectif qui, pour nous, demeure toujours le même : faire circuler l’information afin pour que les « pros » puissent toujours mieux anticiper. Et dans ce moment où l’incertitude règne, avoir les outils pour anticiper devient primordial. « Immoweek » a la prétention d’être l’un de ces outils.

Alors, vive la reprise !

A noter : ce numéro de notre magazine est distribué avec un supplément intitulé « Crises, Société & Habitat » qui reprend l’ensemble des chroniques publiées dans nos colonnes au cours de la crise sanitaire et signées par André Yché, alors président du directoire de CDC Habitat.

Vous pouvez commander ce numéro en cliquant ici.

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