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Raphaël Raingold (GCI) : « la reprise sera lente et graduelle »…

InterviewsBureaux

le 14 Avr 2020

Générale Continentale Investissements (GCI) vient de vendre à un institutionnel français, en l’occurrence une compagnie d’assurances, le 7, rue Magdebourg, dans le Nord du 16ème arrondissement. Ancien siège d’Humanis, cet hôtel particulier, qui fait actuellement l’objet d’une restructuration complète confiée à l’architecte Axel Schoenert, développe 2 600 m² (avec 15 parkings annexes) dans le quartier central des affaires de Paris, près de la place du Trocadéro. On parle d’un prix entre 65 et 70 millions d’euros. La transaction a été réalisée par Knight Frank, dans le cadre d’un mandat co-exclusif avec Rothschild & Co.
Une vente qui « intervient quelques mois après la pré location, par GCI, de la totalité de l’immeuble auprès de Morning Coworking, détenu majoritairement par Nexity ». Un bail ferme de 10 ans a été signé, qui « prendra effet à la livraison de l’immeuble, prévue pour décembre 2020 ». Et une transaction qui « valide la stratégie de restructuration mise en place par GCI, ainsi que le succès et le regain d’attractivité de cet actif acheté il y a 24 mois » précise le vendeur… Et Raphaël Raingold d’ajouter : « nous espérons que cette transaction contribuera à maintenir le dynamisme du marché immobilier et que d’autres se concrétiseront prochainement ». Le directeur de GCI en dit plus aux lecteurs d’Immoweek…

Comment avez-vous procédé pour boucler cette transaction ?

Nous avons signé la promesse de vente en décembre 2019. Nous avons eu beaucoup de travail et de conditions à lever avant l’acte de vente. Depuis le confinement, la majorité des intervenants étaient en télétravail. Par conséquent, nous avons eu de nombreuses visioconférences, nous avons parcouru l’acte de vente en écran partagé, beaucoup de conférences téléphoniques. Nous avions également une personne de notre bureau qui était en charge de récupérer et faire déposer les documents nécessaires chez le notaire. Pour la signature, un pouvoir avec l’acte final annexé a été donné par l’acquéreur et le vendeur aux notaires.
Tous les intervenants ont fait preuve de flexibilité et de souplesse pour s’adapter aux conditions.

Il est important de souligner et de féliciter l’ensemble des conseils qui ont réalisé un travail incroyable et c’est grâce à la persévérance et l’intelligence de tous que cette transaction a pu aboutir. Pour notre part, le cabinet Gide, l’Etude C&C Notaires, Europtima et Knight Frank sont intervenus à nos côtés. L’acquéreur était, pour sa part, conseillé par Lexfair Notaires et LPA-CGR.

Envisagez-vous d’autres transactions et, plus généralement, comment êtes-vous organisés pour pouvoir poursuivre vos activités ?

Nos équipes sont en télétravail et nous avons mis en place les outils afin de poursuivre notre activité. Nous échangeons quotidiennement via les systèmes de visioconférence et les messageries instantanées. Nous avons des transactions en cours et nous continuons à étudier de nouveaux dossiers, avec les précautions que nous oblige la situation actuelle.

Quelles opérations en cours pour GCI ?

S’agissant du 7, rue Magdebourg, si l’acte de vente est signé, nous sommes en charge de suivre les travaux et d’accompagner le locataire dans l’immeuble.
Pour ce qui concerne notre ensemble « Opéra Italiens » (9ème), dont les 7 500 m2 ont été pris en location par WeWork sur la base d’un bail ferme de 12 ans, les travaux de restructuration sont en cours et nous tablons sur une livraison en septembre prochain, en fonction de la reprise de chantiers…
Pour l’ensemble de 12 000 m2 du 61-63, rue des Belles Feuilles (16ème), le permis de construire est en cours d’obtention et nous avons lancé la campagne de commercialisation.
Les travaux de restructuration de l’ensemble de 22 000 m2 « Latitude », que nous réalisons avec Benson Elliot Capital Management à La Défense (92), sont en cours et la livraison est prévue en fin d’année. Concernant l’ensemble de 22 000 m2 « Curve », à Saint-Denis (93), le taux de pré commercialisation est proche de 70 % auprès d’une entité publique de premier rang sur la base d’un bail long terme et la livraison est prévue en juin prochain.
Et, enfin, les 20 000 m2 de l’immeuble « Citylife », à Nanterre (92), ont été livrés.

Selon vous, quelles conséquences aura cette crise sanitaire sur l’investissement en immobilier ?

La crise financière actuelle est liée à une pandémie que les acteurs de toute l’économie n’ont jamais connue. Nous sommes devant une grande inconnue et la priorité, pour tous, est de rester en bonne santé. Il est particulièrement difficile de prévoir les conséquences sur l’immobilier, mais il y a beaucoup de liquidités dans le marché, nombre d’investisseurs qui souhaitent déployer leurs capitaux. L’immobilier tertiaire va rester attractif avec, certainement, de nombreux investisseurs qui vont être en « standby » quelques mois, le temps de voir comment la situation va évoluer. Mais nous restons confiants sur le secteur de l’immobilier tertiaire compte tenu des fondamentaux du marché en Ile-de-France et de l’appétit pour les actifs de qualité.
La reprise sera graduelle et lente, le temps de retrouver la confiance, en espérant que nous pourrons reprendre des échanges physiques, car l’humain est au cœur de notre métier.




Plus généralement, comment voyez-vous l’après ?

Le monde a changé, nous avons tous été touchés directement ou indirectement dans nos vies par cette crise sanitaire. Nous sommes face à un ennemi invisible et, pour l’instant, nous sommes tous contraints de rester chez nous.
 Nous devons faire confiance au gouvernement pour prendre les décisions qui s’imposent afin que nous soyons mieux préparés à l’avenir. Nous attendons également du gouvernement qu’il protège l’ensemble des commerçants, entrepreneurs, entreprises qui sont le cœur de notre économie. Nous devons éviter la précarité et encourager une solidarité sociale. Nous avons la chance d’être dans ce secteur de l’immobilier qui nous passionne tous, mais aujourd’hui il faut rendre hommage à toutes ces personnes qui sauvent des vies au quotidien et toutes les personnes qui travaillent afin d’améliorer comme ils le peuvent notre quotidien. La France doit être soudée et c’est par des efforts collectifs que nous pourrons nous en sortir et reprendre une vie plus « normale », mais qui ne sera plus jamais comme avant…

Thierry Mouthiez

Directeur de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 16/03/2022

Un ministre et rien d’autre !

L’absence d’un titulaire du portefeuille du Logement est révélatrice de bien des aspects de la France contemporaine : d’abord, elle montre combien libéraux et interventionnistes sont d’accord sur un seul point : il (leur) faut un ministre (on lira à ce sujet le « Point de vue » de Philippe Pelletier). Tous les professionnels, comme les analystes, même ceux qui réclament à grands cris moins d’État ont communiqué leur frustration, voire leur colère à l’énoncé de la nouvelle équipe gouvernementale.

Logiquement, les partisans d’une action publique forte en cette matière ont entonné le même lamento. Il est donc probable que le remaniement post législatives fasse apparaître un ministre délégué ou un secrétaire d’État affecté au Logement et attribué à un rallié de la majorité sortie des urnes (si c’est le cas).

Mais cette absence est surtout le signe d’un phénomène que nous avons déjà évoqué (on le retrouve d’ailleurs dans notre série documentaire de podcasts « Ma vie de ministre du Logement ») : quand le chef de l’État, ou à tout le moins, la Première ministre (qui, au début de sa carrière dans le cabinet de Lionel Jospin avait portant le logement dans ses attributions — mais c’est à l’époque Serge Contat qui suivait spécifiquement les questions de logement —), ne s’intéressent pas au sujet, celui-ci est relégué dans les questions techniques… que le politique néglige. Et ce désintérêt se traduit immédiatement par des conséquences budgétaires : Bercy en profite comme au début du précédent quinquennat. Il n’est donc pas impossible que nous vivions un scenario du même type que la diminution forcée des APL, il y a cinq ans ; cette fois, c’est le blocage des loyers qui se profile à l’horizon. Personne n’ignore les effets dévastateurs, à terme, d’une telle mesure. Mais c’est une des rares dispositions qui ne coute rien — en apparence et au début — au budget de l’Etat, ce que, même en période de « quoi qu’il en coûte » est délicieusement apprécié par le grand argentier. Ajoutons que ce blocage est populaire (il y a beaucoup plus de locataires que de bailleurs) : il n’est donc pas impossible qu’Amélie de Montchalin (qui a fini par revendiquer ce sujet parmi ses attributions) ou mieux, son ministre délégué ait à défendre, demain, cette mesure qui devrait, elle aussi, réaliser la quasi-unanimité des acteurs contre elle…

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