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Trois questions à Christine Turquet de Beauregard, directrice attractivité et immobilier d’entreprise de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines

InterviewsBureaux

le 25 Mai 2022

La communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines va connaître une exposition importante à l’occasion des prochains Jeux Olympiques de Paris 2024, en accueillant quatre sites. Une consécration pour ce territoire, intégrant douze communes, à l’activité tertiaire particulièrement dynamique. Point d’étape avec sa directrice attractivité et immobilier d’entreprise, Christine Turquet de Beauregard.

Deux ans après le début de la crise sanitaire, qu’en est-il du marché de l’immobilier tertiaire au sein de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines ?

Concernant le bilan du marché immobilier à Saint-Quentin-en-Yvelines pour l’année 2021, les transactions ont totalisé 172 000 m2. Pour le tertiaire, nous avons enregistré 65 transactions locatives, représentant 34 000 m2, contre 9 400 m2 en 2020. En 2021, neuf transactions ont dépassé les 1 000 m2. 16 immeubles tertiaires ont été vendus à des utilisateurs pour une superficie de 36 500 m2. De plus, nous avons eu 39 transactions locatives pour des locaux d’activités (37 500 m2) et 34 ventes de ces mêmes locaux à des utilisateurs (29 400 m2) et six ventes à des investisseurs (34 450 m2).

Depuis une quinzaine d’années, le territoire de Saint-Quentin offre aux entreprises locales « historiques », dont les locaux immobiliers étaient devenus obsolètes, des programmes neufs ; cela entraîne un jeu de chaises musicales, une entreprise quittant un site obsolète pour un neuf, soit à l’issue d’une opération de démolition-reconstruction, soit après des travaux de réhabilitation lourde, ce qui conduit à ce que le propriétaire du site obsolète se retrouve avec un immeuble vacant sur les bras et entreprenne le même type de travaux… Un cercle vertueux se met en place, incitant l’ensemble des acteurs à agir.

Grâce à ce procédé, nos grands comptes ont confirmé leur ancrage au sein de la communauté d’agglomération qui est, tout de même, le deuxième pôle économique de l’Ouest parisien, ainsi que le troisième bassin de recrutement pour les cadres et les ingénieurs en R&D (recherche et développement) d’Ile-de-France. Sur notre territoire, qui compte une cinquantaine de zones d’activités, résident donc de nombreux leaders français et internationaux dans des secteurs stratégiques (automobile, aéronautique, filières de la « smart city », construction…). Grâce à cet éclectisme, nous avons pu traverser la crise sanitaire de manière relativement confortable. D’ailleurs, très peu d’entreprises quittent la communauté d’agglomération, qui regroupe douze communes depuis 2016, avec l’incorporation de Clayes-sous-Bois, Plaisir, Villepreux, Coignières et Maurepas. Les entreprises présentes, pour les plus anciennes d’entre elles, sont implantées depuis les années 1970. Saint-Quentin est aussi une terre d’accueil historique d’entreprises internationales, originaires majoritairement d’Allemagne, des Etats-Unis et du Japon. Nous avons plus de 250 entreprises à capitaux internationaux (plus de 15 % des emplois privés du territoire).

Quels ont été les projets emblématiques des années précédentes, ainsi que ceux à venir ?

Nous avons travaillé sur une opération emblématique de restructuration de l’immeuble « International », qui a été le premier immeuble de bureaux construit au pied de la gare en 1976 et auquel est venu s’adosser un bâtiment de 132 logements pour devenir le premier projet mixte de la communauté d’agglomération. Nous avons également un projet de démolition-reconstruction de l’ensemble de l’ »Anneau Rouge », un immeuble en forme de cercle situé au pied de la gare, qui va laisser place à trois bâtiments tertiaires représentant une surface totale de 25 000 m2. De plus, les places principales vont faire l’objet d’un réaménagement complet, afin de recréer une entrée de ville structurante et valorisante. Nous accompagnons les projets ambitieux de développement immobilier.

Sur le pôle hypercentre, c’est au total 185 000 m2 qui vont être construits/rénovés/restructurés. Nous allons accueillir le premier opérateur de coliving sur l’un des immeubles démolis et reconstruits (surface de 10 000 m2), ce qui va contribuer à renforcer l’attractivité du centre de Saint-Quentin.

Nous avons un deuxième projet d’envergure qui s’appelle SQY High-Tech, qui a réuni autour d’une même table les édiles de Trappes, Clayes-sous-Bois, Plaisir et Élancourt. Ce parc d’activités stratégiques à l’échelle francilienne concentre environ 300 hectares, 600 entreprises et 17 000 emplois. De grands comptes tels que Thales, Airbus, Safran ou JC Decaux sont présents dans ce secteur ; de plus, 142 000 m2 de surface supplémentaire sont également en projets avancés.

Comment percevez-vous l’évolution du marché de l’immobilier à Saint-Quentin, mais également de manière plus générale, à l’échelle nationale ?

Il ne faut pas se voiler la face : nous savons très bien que les entreprises sont plutôt en phase d’attentisme et souhaitent se recentrer sur leur cœur de métier et leurs activités propres. Avec la démocratisation du télétravail et du flex-office, ainsi que la prégnance des thématiques écologiques, les entreprises songent de plus en plus à réduire leurs mètres carrés de bureau ou, à défaut, à les transformer. A Saint-Quentin, nous étions dans une répartition d’environ 70 %-30 % entre espaces de bureaux et espaces de services ; actuellement, nous observons un basculement vers la tendance inverse.

Une évolution qui démontre que les entreprises privilégient dorénavant la dimension expérientielle de leurs locaux afin d’en faire des lieux attractifs à même d’y attirer de nouveau les salariés. En clair, il faut que ces derniers retrouvent sur leur lieu de travail ce qu’ils n’ont pas chez eux, comme des espaces projets pour travailler en groupes, des box individuels, des espaces convivialité qui dépassent le simple horizon de la machine à café, avec des canapés, des espaces détente… Concernant les services, cela passe par une offre restauration satisfaisante, des commerces, des espaces dédiés à l’activité sportive… Il est aussi à souligner que flexibilité et modularité doivent être les maître-mots des entreprises dans l’aménagement de leurs nouveaux espaces de travail. Enfin, la santé des collaborateurs ne doit pas être réduite à sa portion congrue, ce qui passe par une bonne qualité de l’air, ainsi qu’une végétalisation des espaces extérieurs.

Anthony Denay

Édito
par Pascal Bonnefille

le 16/03/2022

Un ministre et rien d’autre !

L’absence d’un titulaire du portefeuille du Logement est révélatrice de bien des aspects de la France contemporaine : d’abord, elle montre combien libéraux et interventionnistes sont d’accord sur un seul point : il (leur) faut un ministre (on lira à ce sujet le « Point de vue » de Philippe Pelletier). Tous les professionnels, comme les analystes, même ceux qui réclament à grands cris moins d’État ont communiqué leur frustration, voire leur colère à l’énoncé de la nouvelle équipe gouvernementale.

Logiquement, les partisans d’une action publique forte en cette matière ont entonné le même lamento. Il est donc probable que le remaniement post législatives fasse apparaître un ministre délégué ou un secrétaire d’État affecté au Logement et attribué à un rallié de la majorité sortie des urnes (si c’est le cas).

Mais cette absence est surtout le signe d’un phénomène que nous avons déjà évoqué (on le retrouve d’ailleurs dans notre série documentaire de podcasts « Ma vie de ministre du Logement ») : quand le chef de l’État, ou à tout le moins, la Première ministre (qui, au début de sa carrière dans le cabinet de Lionel Jospin avait portant le logement dans ses attributions — mais c’est à l’époque Serge Contat qui suivait spécifiquement les questions de logement —), ne s’intéressent pas au sujet, celui-ci est relégué dans les questions techniques… que le politique néglige. Et ce désintérêt se traduit immédiatement par des conséquences budgétaires : Bercy en profite comme au début du précédent quinquennat. Il n’est donc pas impossible que nous vivions un scenario du même type que la diminution forcée des APL, il y a cinq ans ; cette fois, c’est le blocage des loyers qui se profile à l’horizon. Personne n’ignore les effets dévastateurs, à terme, d’une telle mesure. Mais c’est une des rares dispositions qui ne coute rien — en apparence et au début — au budget de l’Etat, ce que, même en période de « quoi qu’il en coûte » est délicieusement apprécié par le grand argentier. Ajoutons que ce blocage est populaire (il y a beaucoup plus de locataires que de bailleurs) : il n’est donc pas impossible qu’Amélie de Montchalin (qui a fini par revendiquer ce sujet parmi ses attributions) ou mieux, son ministre délégué ait à défendre, demain, cette mesure qui devrait, elle aussi, réaliser la quasi-unanimité des acteurs contre elle…

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