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Commerce : retour des beaux jours dans le physique…

ActualitésCommerces

le 07 Juin 2021

Certes, le développement du e-commerce est incontestable. « Alors que les ventes de e-commerce ont progressé de 140 % ces cinq dernières années, représentant désormais 18 % du commerce total, la crise de la Covid a encore accéléré cette tendance, entraînant au passage une demande exponentielle des surfaces logistiques » souligne CBRE dans une étude « des principaux moteurs de croissance du e-commerce dans le monde, à travers l’analyse de 27 indicateurs dans 43 pays ».

Le conseil fait notamment valoir que « six moteurs clés conditionnent et orientent plus particulièrement la croissance du e-commerce, tels que la part de la population urbaine, les compétences informatiques, les ventes en ligne sur mobile, le recours au paiement par carte bancaire et les abonnements haut-débit ». Ou encore que « dans les cinq prochaines années, 138 millions de mètres carrés de surfaces logistiques supplémentaires seront nécessaires pour soutenir la hausse des ventes en ligne à travers le monde »…

Mais avec leur réouverture, les commerces physiques retrouvent des couleurs. Ainsi, Carmila a annoncé, la semaine dernière, que ses centres commerciaux « retrouvent le niveau de fréquentation de 2019″. La foncière précise qu’ils « enregistrent une hausse de fréquentation de 20,9 % entre le 19 mai et le 30 mai 2021 par rapport à la même période en 2020. Ils atteignent 97 % de la fréquentation enregistrée sur la même période en 2019 ». Des résultats qui « démontrent, comme lors des réouvertures précédentes, une véritable appétence des Français pour les centres commerciaux ancrés dans leur territoire »…

Et dans cette coexistence du e-commerce et du physique, les propriétaires de commerce ont bien compris la nécessité d’innover. Dernier exemple en date : Hammerson avec son offre co.lab, « concept unique de boutique « prête à exploiter » testé en exclusivité aux Terrasses du Port, à Marseille (13) ». En précisant qu’il s’agit d’un « service clé-en-main et flexible pour faciliter l’installation physique, sur une durée limitée, des DNVB (digital native vertical brands, ndlr) ou marques ne disposant pas encore d’un réseau de magasins étendu ou en centre commercial ». Sachant que l’offre se décline en deux formats : la cellule dédiée à une marque et le concept store multimarques…

Bref, les beaux jours reviennent pour le physique…

Thierry Mouthiez

Directeur de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 25/10/2021

Commerces : un vent plus favorable…

« Après 18 mois d’activité massivement perturbée, les centres commerciaux commencent à entrevoir une normalisation de leur environnement sur fond d’amélioration de la situation sanitaire et économique » souligne Vincent Ravat, directeur général de Mercialys, lors de la publication de l’activité de la foncière à fin septembre.

Et de faire valoir que « la fréquentation des centres commerciaux de Mercialys s’établit, en cumul sur le 3ème trimestre 2021, à 91,7 % de la même période en 2020 et 83,6 % de celle normalisée de 2019 » ; que « la dynamique des loyers facturés à fin septembre est encourageante » ; que « les actions de commercialisation menées depuis le début de l’année permettent d’ores et déjà de constater à fin septembre une nette réduction du taux de vacance financière courante » ou encore que « l’amélioration tendancielle de l’activité économique supporte cette dynamique positive », Mercialys « confirmant, par ailleurs, constater un renouveau d’intérêt pour le développement en France de la part des enseignes »… 

De son côté, Klépierre, « leader européen des centres commerciaux », précise, parmi les principaux faits marquants de son activité au cours des neuf premiers mois de l’année, un « objectif 2021 de cash-flow net courant relevé ». Et ce, grâce à « une bonne réouverture des centres commerciaux ». La foncière met en avant le « fort rebond du chiffre d’affaires des commerçants au troisième trimestre » ou encore une « activité locative soutenue ». Autres facteurs qui expliquent le relèvement des objectifs, « un recouvrement des loyers proche des niveaux d’avant pandémie », une « amélioration du recouvrement des loyers de 2020 et du premier semestre 2021 au-delà des prévisions » ou encore des « revenus locatifs nets des centres commerciaux du 3ème trimestre en hausse de 11,1 % sur un an ».

Ajoutons la récente décision de la Commission Européenne qui, la semaine dernière, a donné son feu vert à la France, qui avait promis de payer les loyers impayés des magasins des centres commerciaux de plus de 20 000 m2. Une enveloppe de 700 millions d’euros est attendue pour payer les loyers, entre février et mai, de plusieurs milliers de magasins… 

Autre information positive à l’heure où l’ISR est devenu incontournable : à l’occasion du Siec (Salon du retail & de l’immobilier commercial) qui s’est tenu les 20 et 21 octobre à la Porte de Versailles, le CNCC (Conseil National des Centres Commerciaux), son organisateur, a présenté les résultats d’une étude réalisée par EY « évaluant l’impact environnemental et sociétal de la vente de produits non-alimentaires selon leurs différents circuits d’achat ». Résultat : « en consommant 10 fois moins d’emballages carton et en ayant un impact positif de 4,2 (pollution des milieux) à 10 fois (utilisation des sols) supérieur s’agissant de la protection de la biodiversité (rejet, occupation des sols…), l’achat en centre commercial se révèle plus vertueux » affirme le CNCC, qui précise que ce constat « s’explique par le fait qu’à la différence du commerce physique, l’achat en ligne implique une plus forte consommation d’emballages (et moins de valorisation des déchets) et de nombreux circuits logistiques »…

Sans compter la montée de Xavier Niel, via des sociétés qu’il contrôle, dans le capital d’Unibail-Rodamco-Westfield, le patron d’Iliad détenant, en effet, désormais, 23,24 % du capital du leader mondial des centres commerciaux. Au-delà du soutien qu’il apporte à la foncière et à la nouvelle stratégie mise en place, on peut aussi voir dans cette opération une certaine confiance dans le secteur. 

Autant d’informations qui ne devraient pas manquer de relancer l’intérêt pour ce créneau de marché particulier et, plus généralement, pour celui des commerces. En tous cas, Pierre Rochard en semble convaincu. « Bien que les montants investis en commerce en France affichent un net recul, notamment pour le secteur des portefeuilles qui signe une baisse de 82 % au 1er semestre 2021, cette tendance reste à nuancer avec une lecture plus fine des différentes problématiques que connait le commerce » fait valoir le directeur associé commerce d’Arthur Loyd Investissement. Ainsi, « le nombre de produits à la vente, tant en unitaire qu’en portefeuille, a nettement diminué depuis janvier. D’une part, il était nécessaire d’assainir les relations entre bailleurs et locataires, de trouver des accords sur les loyers impayés et, ainsi, de pérenniser la valeur des actifs. D’autre part, de nombreux investisseurs ont redoublé de prudence face à l’absence de jurisprudence concernant le jugement de différents litiges entre bailleurs et locataires. Enfin, les décrets d’application quant aux aides gouvernementales ont mis du temps à être publiés. Tous ces éléments ont donc entrainé un décalage des arbitrages plutôt qu’un arrêt, faisant ressortir des chiffres bien moroses au 1er semestre 2021 avec moins d’1 milliard d’euros investis en commerce. Et même si le 3ème trimestre a été plus dynamique, cette classe d’actifs continue de pâtir de la crise du Covid-19 ». Cependant, pour le conseil, « nul doute que 2022 sera plus intense : entre le rattrapage des arbitrages, des valeurs locatives plus en adéquation avec le « business model » des locataires et des taux de rendement bien plus attractifs que pour d’autres classes d’actifs, l’investissement en commerce devrait retrouver des couleurs d’ici peu ! »…

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